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Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ]

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MessageSujet: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Dim 13 Juin - 1:42

Encore une fois, le loup ne pouvait s'empêcher de retourner auprès de ses brebis, ou plutôt sa brebis, comme s'il en était dépendant. Le loup, s'il désire survive, se devait d'entretenir sa relation, même si elle n'était pas des plus belles, avec ces êtres inférieurs, comme ça il pouvait les manger, il pouvait survivre. Jason avait besoin, lui aussi, de cette proie pour survivre, pas de se sentir fort, de se sentir infaillible lorsqu'il jetais à James une insulte, c'était quelque chose de plus, il avait besoin de lui, mais avait aussi besoin d'être loin de lui. Il avait besoin d'être seul, à deux. Et malheureusement, le seul fait de penser à lui ne suffisait pas, il lui fallait une présence physique. Lorsqu'il était seul, il le voulait près de lui, et lorsqu'il était près de lui, il voulait l'éloigner. C'était peut-être du masochisme, ou rendu là du sadomasochisme, mais il ne le contrôlait pas. Il était capable du pire pour le faire souffrir, à condition que personne ne s'approche de lui.

Il n'arrêtait pas de penser à James, constamment, comme toujours. Son arrivée à l'hôtel avait été désastreuse pour sa tête, elle n'avait pas l'habitude de réfléchir. Pourtant, même si elle n'en avait pas l'habitude, elle se débrouillait plutôt bien, plutôt bien considérant qu'il ne dormait plus, qu'il mangeait moins et que... il avait commencé à s'entraîné. Oui, oui, il allait à la salle d'entraînement à chaque deux jours depuis sa dernière rencontre avec sa dépendance dans les bois. Cela faisait déjà un moment, trois semaines peut-être... il avait arrêté de compter les jours, ou n'y arrivait plus.

L'élément déclencheur qui avait chamboulé cette belle routine était survenu l'après-midi même. Comme souvent, Jason travaillait, chose qui l'aidait parfois à oublier la présence de James dans la résidence. Il lui arrivait de passer des heures entières sans penser à lui et dès qu'il revenait hanter ses pensées, il se félicitait de l'avoir oublier aussi longtemps. Le temps savait bien faire son boulôt lui aussi, presque aussi bien que Jason savait baiser. Ce matin-là, il n'avait pas occupé sa tête depuis plus de trois heures déjà et son sourire ne faisait qu'en ressortir davantage, son service se rendant distingué et très professionnel: une vraie machine. C'est vers les 13h28... bon, à 13h28, qu'on lui assigna la table 27. Naturellement, elle faisait partie de son coin, alors il était normal qu'il se doive d'aller la servir. Il s'était dirigé vers l'avant, silex de café à la main et toujours du côté réservé au personnel, il observa la table. Tellement distrait par ce qu'il y vu, il ne se rendit pas compte de tout le café qui coulait sur le sol, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il avait plutôt chaud sur le dessus du pied. Il détourna son regard du revenant et alla chercher la vadrouille, déjà plutôt distrait. Il alla voir directement la superviseur, annonçant qu'il refusait de servir la table 27. On lui demanda pourquoi, il utilisa son pouvoir pour la forcer à assigner quelqu'un d'autre. D'ailleurs, cette autre personne, c'était un joli garçon, James pourrait donc se rinser l'oeil, vous savez ce menteur qui refuse de dire qu'il a couché avec Marek pour une raison encore inconnue. Pourquoi voulait-il lui cacher? « j'ai pas couché avec ce Marek, Jason. J'ai couché avec aucun mec depuis... »C'est ça, Va chier James Harris.

Jason avait passé près de 5 minutes à observer la table 26. Les clients n'avaient plus de café, mais la table était à côté de la 27... Que faire? Il arrêta quelqu'un au passage, un autre serveur et alors qu'il allait lui demander d'aller porter du café, il laissa faire cette idée, il se devait d'être plus fort que James, plus fort que le vide qu'il avait créé un lui. Il avait cette carapace, cette fausse représentation de lui à laquelle tout le monde croyait sauf la seule personne qui l'avait réellement connu et il ne voulait pas perdre cette image. Il se leva et se dirigea directement vers la table 26, tout souriant, ignorant totalement l'inconnu assit juste à côté. Il leur servit du café, leur demanda si tout était à leur goût, blablabla, blablabla, il en rajouta pour impressionner l'inconnu. Puis la 28 avait elle aussi besoin d'un refill de café? Tant mieux. Il fit demi-tour et fit trois pas en direction de la 28. Son regard croisa celui de l'inconnu, le silex de café ne se rendit pas jusqu'à destination et s'arrêta contre le plancher. Le bruit de la vitre et du café qui s'éparpillait sur le plancher arrêta la plupart des conversations autour tandis que Jason restait là sans trop savoir quoi faire. Il prit finalement la direction de l'arrière-restaurant afin d'aller chercher de quoi ramasser le dégât. Il revint rapidement, tout juste après avoir soufflé un bout puis à s'être encouragé. Vadrouille à la main, il arriva près du gachit, la vitre n'était plus sur le sol... l'inconnu la tenait dans la main. Il lui arracha d'un seul coup en faisant bien attention de ne pas le regarder dans les yeux. Il lança la vitre dans le sceau de la vadrouille, créant un autre bruit qui attira l'attention des trois ou quatres tables voisines tandis que d'autres s'occupaient à rire de la situation. Il ramassa tout le café et lorsqu'il vit que l'inconnu avait ramassé le morceau de silex qu'il n'avait pas vu avant sur le plancher, il lui arracha aussi des mains.

-Aide-moi pas, j'ai pas besoin de toi. Tu me fais déjà assez honte comme ça.
Puis il partit en emportant avec lui le sceau de la vadrouille. Il resta à l'arrière du restaurant pendant un long moment sans même parler, il regardait un peu partout sans regarder quoi que ce soit. Il réfléchissait, encore. Puis il se leva, mit son tablier sur la table et s'en alla, il en avait assez de cette journée, de ce boulôt qui le forçait à côtoyer des gens qu'il n'appréciait même pas, qui le forçait à avoir des clients insuportables et le poussait à revoir des inconnus qu'il ne voulait pas revoir.

Il avait passé toute l'après-midi sur son lit, ordonnant à Emyria de se trouver quelque chose d'autre à faire même si elle ne travaillait pas. Elle avait toutes les qualités elle, surtout celle de savoir ce qu'il fallait faire quand il fallait le faire; par exemple lorsque Jason lui demandait d'être seul. Il avait passé toute l'après-midi à ne savoir quoi faire, jusque là. Il se trouvait devant la porte de l'inconnu et cogna trois solides coups, même pas hésitants. Dès que la porte fût ouverte ne serait-ce qu'un peu, il entra et referma la porte derrière lui, personne ne devait le voir comme ça, personne ne devait savoir qu'il était capable d'avoir des sentiments lui aussi. Il percha son regard dans celui de l'inconnu et même si sa voix aurait voulut lui crier après, il en fût incapable. Elle n'était capable que d'être méchante mais de laisser transparaître une forme de tristesse, d'émotions.


-Je peux savoir c'est quoi problème James? Je croyais que t'avais compris la dernière fois que je ne voulais plus rien savoir de toi. Tu m'as dit de te laisser seul, et je l'ai fait. Fais en sorte de le rester la prochaine fois, laisse-le chez toi ton grand coeur si généreux la prochaine fois, j'en veux pas. En plus, tu sais quoi? Ma journée allait très bien, vraiment très bien, avant que tu viennes au restaurant. Et pour ton renseignement, c'est toujours la section de laquelle je m'occupe, la prochaine fois arrenge toi pour être dans un autre coin, j'te verrai pas la face. J'arrive pas à croire que tu puisses encore me tourner autour.


Dernière édition par Jason Badley le Mer 7 Juil - 10:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Dim 13 Juin - 10:56

[Ton... namoureux? N'oublie pas que je te déteste, hein...;) ]

Il avait fallu quelques jours à James pour se remettre complètement de sa rencontre dans la forêt avec son monstre favori. Complètement, c'était en surface, bien sûr. Il avait recommencé à donner l'impression qu'il vivait très normalement, commandant à manger à sa chambre, travaillant juste assez, sortant parfois même un peu de son antre pour se montrer au reste du monde, lequel semblait croire que James allait aussi bien qu'il voulait en donner l'impression.

Certaines personnes lui avaient parlé, car l'histoire d'Amber qui se jette du haut du toit lui avait donné une popularité morbide qui lui apportait l'intérêt de parfaits étrangers qui voulaient en savoir plus. C'était dégueulasse. Généralement, James se contentait de les transpercer d'un regard noir qui voulait tout dire... Pourquoi s'intéressaient-ils autant à la mort et au désespoir? N'avaient-ils pas assez de leur propre vie? Le genre humain était étrange... Toujours à vouloir mieux explorer l'horreur et ignorer la beauté. Un journal de bonnes nouvelles n'auraient aucun succès. Les gens préféraient le scandale. La douleur des autres leur rappelait qu'ils n'étaient pas seuls, qu'il y avait même pire qu'eux. Connaître les détails affreux de la douleur d'autres personnes les comblait, leur montrait que d'autres pouvaient se sentir petits, vides, à vif... Amber, ou sa mort, était l'exemple parfait de la douleur humaine à son plus extrême. Choisir de se donner la mort... Quel humain n'y a jamais pensé, une seule fois? Certains osent, certains essaient et n'y parviennent pas, comme si le mince fil qui les retenait à la vie était plus solide qu'eux. Se jeter du haut d'un toit, sentir le vide qui vous aspire, le monde qui arrête de tourner alors que vous tombez pour la dernière fois... Un cauchemar ou rêve, c'est selon la personne. Amber y avait vu la seule solution, et tous ces gens fascinés voulaient probablement comprendre la lumière, la dernière lueur, qui avait pu y briller pour elle. Le désespoir pouvait-il éclairer ce genre de chemin?

Amber n'existait plus. Personne n'avait pu la sauver. James n'avait pas pu la sauver. Encore une fois, il avait échoué. Il avait l'impression d'être un échec, carrément. Et il ne savait pas comment changer. Avec ou sans son pouvoir, il serait toujours coupable de la mort d'Amber, et de celles de tous les gens qu'il n'avait pas pu sauver. En choisissant lui-même de s'amputer de sa partie magique, il se rendait presque meurtrier de ne pas essayer d'empêcher des décès qu'il aurait pu voir. C'était égoiste, mais il se sentait incapable d'essayer de sauver tout le monde. En même temps, il se sentait incapable de faire autrement... S'il choisissait de laisser son pouvoir lui montrer les derniers instants de chaque personne, il tenterait par tous les moyens d'aider chacune de celles qui mourraient avec trop de douleur ou trop tôt. Il finirait par se tuer à la tâche... et c'était sans compter que les gens se laissaient très rarement aider volontiers. Il fallait les approcher en douceur, apprendre à les connaître, les aimer... pour, au final, les perdre car, parmi les gens que James avait essayé d'aider, très peu avaient pu échapper aux visions du jeune homme. Chaque personne était condamnée, c'était indéniable, et James était celui qui ne savait faire autrement que tenter de repousser la fin, quitte à tout perdre. C'était pourquoi il avait choisi de faire taire son pouvoir avec un collier qui lui avait coûté quinze ans de sa vie.

D'ailleurs, ce foutu collier avait des effets secondaires plutôt ennuyants qui arrivaient sans prévenir. Ce jour-là, par exemple, James ne s'était douté de rien. Il s'était réveillé dans un état très normal et il avait même décidé de sortir un peu de sa chambre, une fois quelques détails réglés sur son dernier travail. Il s'était rendu au restaurant, persuadé que Jason ne travaillait pas, ce jour-là. Seulement, une fois installé à une table, il l'avait vu arriver. Très vite, il avait regardé ailleurs, cherchant comment il avait pu se tromper. Pourtant, il avait bien été regarder l'horaire alors que personne ne pouvait le voir. Y avait-il eu un changement? Ou peut-être avait-il mal vu... Il restait néanmoins que Jason était là et que James devait l'ignorer, car il n'était pas question qu'il parte. De toute manière, la présence de Jason avait suffi à le paralyser sur place. Puis, cet imbécile de silex à café avait voulu faire l'intéressant et il s'était jeté sur le sol. Pauvre con. Et James s'était alors aperçu que ses yeux s'étaient relevés, sans permission, vers le Jason qui tenait ledit silex. Jason partir et James ne put résister à l'envie de l'aider, tout en se maudissant de le faire.


-Aide-moi pas, j'ai pas besoin de toi. Tu me fais déjà assez honte comme ça.

Plus que la profonde entaille que Jason venait de faire dans sa main en lui arrachant le morceau de vitre, ce furent ses paroles qui firent que James se leva et partit sans rien commander. De toute manière, il n'avait pas faim. Depuis des semaines.

Plusieurs heures plus tard, on cogna à la porte de sa chambre. Le jeune homme se leva et se dirigea vers la porte en laissant sa main glisser sur le mur. Puis, il ouvrit la porte sans regarder dans l'oeil magique... On entra et on referma la porte subitement.


-Je peux savoir c'est quoi le problème James?

*Parce que tu penses qu'il n'y en a qu'un seul?*

-Je croyais que t'avais compris la dernière fois que je ne voulais plus rien savoir de toi. Tu m'as dit de te laisser seul, et je l'ai fait.

*Et quand tu es venu me parler, dans la forêt, c'était quoi alors? Tu me laissais tranquille, peut-être? Foutaises, Jason Badley...*

-Fais en sorte de le rester la prochaine fois, laisse-le chez toi ton grand coeur si généreux la prochaine fois, j'en veux pas.

James baissa instinctivement les yeux vers le sol. Il aurait l'air étrange de garder son regard fixé vers Jason après tout ce temps.

-En plus, tu sais quoi? Ma journée allait très bien, vraiment très bien, avant que tu viennes au restaurant. Et pour ton renseignement, c'est toujours la section de laquelle je m'occupe, la prochaine fois arrange toi pour être dans un autre coin, j'te verrai pas la face.

-Tu aurais simplement pu m'ignorer...

James soupira. Il n'allait pas se jeter encore dans une discussion de ce genre avec Jason. Il ne voulait plus le voit au restaurant? Parfait: il n'irait plus. Si ça pouvait suffire à le faire partir...

-D'accord. Tu ne me verras plus au restaurant... Maintenant, est-ce que tu peux sortir de ma chambre?

Il ne releva toujours pas son regard du sol, ce regard étrangement vide et froid. Ses yeux avaient vraiment quelque chose d'étrange, quelque chose de différent, quelque chose qui ne se voyait pas, plus tôt dans la journée, au restaurant.

-J'arrive pas à croire que tu puisses encore me tourner autour.

Sa tête se releva tellement vite qu'il en eut mal dans le cou. Jason venait-il vraiment de dire ce truc impensable?

-Pardon?! Je crois que j'ai mal entendu... Jason, je ne te tourne pas autour... Je ne t'ai jamais tourné autour. J'aime les femmes... Désolé.

Le dernier mot avait été prononcé sur un ton plutôt méchant, juste pour essayer de blesser Jason. James commençait à s'endurcir au contact désagréable de son ancien ami. Avec le temps, il perdrait peut-être ce qui restait encore de sa gentillesse. Et peut-être deviendrait-il aussi doué pour faire du mal à Jason que celui-ci l'était pour toujours dire les choses les plus douloureuses pour lui...
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Dim 13 Juin - 14:11

«-Aide-moi pas, j'ai pas besoin de toi. Tu me fais déjà assez honte comme ça.»
Il se demandais lui-même à quoi il faisait vraiment hallusion en parlant de honte, comme si de connaître James pouvait être une honte. Physiquement, ça n'avait absolument rien de honteux, il était plutôt beau garçon, peut-être un peu plus que plutôt beau, mais bon. C'était peut-être psychologiquement le problème, mais comparé à Amber, il n'y avait rien de honteux à le fréquenter, il était même un peu normal, avec les autres. C'était donc sur les effets que provoquaient James, pas les effets sur les autres, sur ceux qu'il provoquait chez Jason. Il lui en voulait d'être capable de le percer comme ça, de fendre la coquille qu'il avait construit autour de lui et qui le faisait sentir bien, cette coquille qui faisait fuir tout le monde tout en les rapprochant, contrairement à James qui lui ne faisait que rester aussi près et loin de Jason. Physiquement, ils essayaient de s'éloigner, pas mentalement. Ils essayaient probablement tous les deux de faire comme s'ils esseyaient, mais ils ne devaient pas faire beaucoup d'efforts, c'était des lâches, ou alors des dépendants.

C'était un peu avant l'heure normale du souper, vous savez ce repas que les deux jeunes hommes semblaient oublier de prendre assez régulièrement, que Jason fit son apparition dans le couloir. Il croisa une des serveuse qui lui demanda si tout allait, mais évidemment que tout allait bien! Jamais il ne lui aurait dit que ça n'allait pas du tout, qu'il allait voir la source de ses problèmes qui était à la fois la solution, même son sourire parrut sincère, pour quelqu'un qui ne le connaissaît qu'en surface. Il s'était arrêté devant une chambre bien innofensive, contenant un méchant monstre. Les trois coups qu'il frappa lui donna envie de fuir, doutant qu'il devait vraiment venir le voir. Peut-être devrait-il le laisser seul pour une fois... C'est à se demander lequel des deux était le pire, lequel ressemblait le plus à un animal battu qui ne cesse de revenir. Mais dès que la porte laisser entrevoir un bout d'appartement, il fit le reste du chemin, refermant la porte derrière lui. James avait naturellement reculé puisque Jason l'avait presque poussé pour entrer, mais il n'avait plus bougé, peut-être était-il figé sur place? Quelqu'un l'avait collé là? Tandis que Jason lui monologuait quelques problèmes qu'il trouvait chez le Harris, l'autre ne répondit même pas. *Tu pourrais au moins me regarder, je suis si insignifiant?*. Il aurait aimé se faire couper, se faire dire qu'il a tord de croire des choses comme ça, ou peu importe, quelque chose qui l'aurait réconforté, qui l'aurait fait se taire à tout jamais. Cette demande d'attention semblait trop grande, trop importante après tout ce que lui avait fait Jason depuis le grand retour, James devait être fatigué de devoir faire des efforts. Il avait été courageux pendant un instant, et maintenant il quittait la guerre peut-être. Et que faisait-il de Jason qui a besoin de savoir que quelqu'un l'apprécie au fond, même si en surface c'était pas vraiment ça?


-Tu aurais simplement pu m'ignorer...

*Ah oui, parce que c'est facile comme ça d'abord*

-D'accord. Tu ne me verras plus au restaurant... Maintenant, est-ce que tu peux sortir de ma chambre?

Quoi? C'est tout, pas de : Je vais bien faire ce que je veux, t'es pas ma mère, tu contrôles pas ma vie, blablabla, blablabla? Non, rien de ça? Il abandonnait aussi rapidement? Jason ne voulait-il plus rien dire aux yeux de James? Enfin?...
Vous savez, on se rend compte de l'importance d'une chose que lorsqu'on l'a perdue. Imaginez que vous perdez votre raison de vivre au moment où vous la perdez pour toujours.


-J'arrive pas à croire que tu puisses encore me tourner autour.

Pour quiconque d'assez fou pour se faire des idées, ces paroles n'avaient rien de relation privée ou quoi que ce soit. Il ne s'agissait pas de 'tourner autour' comme l'expression populaire le suggérait, c'était un ''tourner autour'' plus physique, plus : tu m'aides, tu me parles, etc. Alors comment James pouvait-il imaginer des choses comme ça? Oui, il était bipolaire, mais à ce point? Il fallait être plutôt dérangé, obsédé?

... Désolé

Le Badley allait en rire, jusqu'au dernier mot. La façon dont il l'avait prononcé, c'était plutôt dérangeant, offusquant. Et si James tenait tant à lui faire de mal, pourquoi ''s'excusait''-il d'être ''hétéro''? Peut-être Jason n'était-il pas un problème finalement pour le Harris, ce devait être mental. Cotoyer Amber l'avait rendu disjoncté.

Saleté de James, comment arrivait-il encore à exister après tout ce temps? Pourquoi Jason ne l'avait-il pas assassiné à son retour, dès qu'il avait refait son apparition, dès qu'il avait menacé de le toucher à nouveau? Très bien alors, si James voulait jouer aux plus durs, Jason en ferait autant, il le tuerait, là. L'hésitation n'était plus permise, James Harris mourrait à l'âge de 23 ans, c'était déjà plutôt vieux pour quelqu'un qui méritait de mourir depuis sa naissance. Il franchit le pas qui le séparait du monstre et se retrouva à le regarder droit dans les yeux et un petit soupçon de haine se fit sentir à travers le regard qu'il lui lançait, même si la peur y était encore plus présente. Encore une fois, il aurait aimer lui faire du mal verbalement, sa voix ne voulait pas. Son ton s'était ramoli et ralentit, comme s'il pouvait être sincère.


-Et toi j'espère que tu vas me pardonner pour ça...

Comment pardonner à son assassin? Jason se rapprocha davantage, prêt à l'étrangler sur place. James semblait figé, encore, ce qui facilitait les choses. Il passa les mains autour de son cou, doucement puis détruisit l'espace qui le séparait de lui. Ses lèvres vinrent plonger contre celles que portait sa drogue préférée tandis qu'un frisson immense le parcourut de tout son long, le pire de tous. Il s'en retrouva hérissé sur le bout des pieds pour faciliter l'accès alors qu'il n'arrivait pas à croire lui-même ce qu'il faisait. La seconde d'avant, il allait le tuer, maintenant il savait qu'il ne pourrait réellement vivre sans sa présence.
Il aurait dû s'arrêter là, laisser les choses comme elles étaient, tout cela annonçait encore un désastre, mais ses mains furent plus forte que lui. Jouant dans le cou de l'inconnu, elles séparèrent le pendentif de l'être, offrant la possibilité aux deux êtres d'êtres vrais. Jason n'utilisa pas son pouvoir, ni pour recommencer ce qu'il avait déjà fait il y a longtemps, ni pour le forcer à tout oublier, il resta le plus humain possible. C'est plutôt son autre don qui s'empara de lui. Son subconscient était plus fort que sa volonté, on prenait tranquillement le dessus sur lui.

Ce qu'il vit, il n'en fut absolument pas surpris. Les deux personnes qu'il voyait, alors qu'il profitait du contact physique pour observer le passé, il les connaissait toutes les deux. Ce qui le surpris le plus, c'était le dégoût à la fois de cette vision un peu vicieuse, puis celui causé par le fait que James avait pu lui mentir si bien, à nouveau. Il y avait cru, un instant, et il avait espéré qu'au fond, James disait la vérité, qu'il n'avait pas touché au déchet qu'était Marek d'Alembert. Il aurait espéré que la vision s'arrête là, l'idée de voir James embrasser un homme le dégoûtait, surtout qu'il venait de lui mentir à nouveau la seconde d'avant. Par contre, cela ne s'arrêta pas là. Un mal de tête horrible le surpris alors que des flashs lui transperçaient l'esprit. Un couloir, un long couloir et un être piteux tentant aussi bien que mal de se promener. Magané, épuisé, détruit. Puis un second flash: un endroit sombre, trois êtres sombres. La faible lumière montrait que celui couché, James, supportait une douleur des plus grandes, tandis qu'un être étrange se tenait à ses côtés et ne faisait rien pour l'aider... Drake? Puis finalement, comme si les visions d'horreur ne voulaient pas arrêter, James se retrouvait avec un fusil près de la tempe, dans un lieu inexplicable, tandis qu'il soulevait le bout de son pendantif.

Jason réouvrit les yeux aussitôt. Les visions, il ignorait depuis combien de temps il les avait. Parfois, il pouvait voir des heures d'événement en 2 secondes, parfois une heure ne lui suffisait à peine pour combler 2 minutes du futur. Il fût prit d'un vertige tellement puissant qu'il ne put dire dans quelle position il se trouvait à son réveil, ni avec qui, ne sachant même pas expliquer comment la terre pouvait bouger sous lui, alors qu'il croyait que c'était dans sa tête.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Dim 13 Juin - 17:00

Les nuits les plus longues ne sont pas les nuits blanches; ce sont les nuits grises, ces longues suites d'heures pendant lesquelles on essaie de se faire croire qu'on peut dormir. On se tourne et se retourne sans cesse, gardant obstinément les yeux fermés, comme si le sommeil pouvait vraiment venir nous prendre. Et pourtant, on sent qu'on ne dormira pas, encore une fois. Trop d'idées se bousculent, trop d'images nous transpercent... Tout est trop vide et ce vide aspire le sommeil bien loin, là où il devient inaccessible. Alors on passe la nuit couché, mais sans dormir; éveillé, mais sans vivre. Et la journée, lorsqu'on se lèvera, ne voudra rien dire; elle sera aussi grise et vide que la nuit précédente.

James avait des tonnes de nuits grises à son actif. S'il n'était pas intervenu, il aurait fini par s'épuiser considérablement à courir après le sommeil. Las de passer des heures à chercher comment s'endormir, pour finalement se lever, plus épuisé que lorsqu'il s'était couché, le jeune homme s'était mis aux somnifères. Ses nuits étaient toujours aussi vides, mais elles étaient moins grises. Pas encore assez noires, mais un peu plus reposantes... D'ailleurs, peut-être exagérait-il, parfois, sur les somnifères, mais il avait tellement besoin de dormir. Jusqu'à maintenant, il n'en avait connu aucun mauvais effet secondaire. Doubler la dose, après tout, ce n'était pas si grave... Et puis, c'était le seul moyen de vraiment arriver à dormir.

Pourquoi avait-il été stupide au point d'aider Jason à ramasser le cadavre de vitre? Son ancien ami avait raison d'être fâché... Ils s'étaient mis d'accord, d'une certaine manière, pour ne plus exister l'un pour l'autre. James n'avait pas à aller aider Jason à quoi que ce soit. Il aurait dû regarder ailleurs, partir, ne jamais être allé au restaurant... En réalité, il aurait dû quitter cet hôtel et ne plus jamais revenir. Jason aurait eu ce qu'il voulait... Mais James était incapable de partir aussi loin, de manière aussi définitive. Il ne supportait pas l'idée de fuir aussi lâchement. Si son ancien ami ne voulait plus le voir, il n'avait qu'à partir, lui, s'il en avait la force...

D'ailleurs, qu'est-ce qui lui prenait de venir le traquer jusque dans sa chambre? Le restaurant restait encore un lieu public et leur rencontre avait été un accident, mais venir directement à la chambre de James était un peu poussé, non? Et pourquoi était-il entré? Il aurait pu dire ce qu'il avait à dire en restant sagement planté devant l'entrée pour ensuite repartir tout aussi gentiment d'où il était venu, mais il avait choisi d'entrer dans la chambre et, même, d'en refermer la porte. C'était sérieux...

Jason fit un pas vers lui et James eut envie de reculer le plus loin possible. Seulement, il était dos au mur; il ne pouvait pas aller bien loin. Il garda les yeux fixés dans la direction de Jason, toujours avec ce quelque chose d'indescriptiblement vide au fond de ceux-ci.


-Et toi j'espère que tu vas me pardonner pour ça...

Si James avait prévu ce que Jason allait faire, il l'aurait probablement poussé le plus fort possible sur le sol et il se serait peut-être même enfui de sa propre chambre. Cependant, il n'eut même pas un léger doute sur ce qui allait se passer, ce qui l'empêcha de préparer une réaction violente et hostile. Les mains de Jason se glissèrent dans son cou et James aurait certainement préféré que ce soit pour l'étrangler. Il ne comprit pas tout de suite ce qui se passait... jusqu'à ce que les lèvres de Jason assassinent les siennes. Les mains de James attrapèrent alors le corps de l'autre homme et le pressèrent contre le sien avec quelque chose qui ressemblait à de la passion. Ou du désespoir.

Et, au bout d'un moment peut-être un peu trop long, sa tête se remit à fonctionner. James repoussa Jason au point de l'envoyer dans le mur derrière lui. En voyant le corps de l'autre jeune homme heurter le mur avant de glisser au sol, les yeux de James s'agrandirent et il porta la main là où aurait dû être le collier. Rien. Il eut à peine le temps de commencer à le chercher du regard avant que les visions viennent chasser tout le reste de son esprit.

Les images d'horreur se multiplièrent encore, s'entremêlant, se répondant, se déchirant. James tomba à genoux. Puis, son corps se tordit et ses mains rejoignirent le sol. Les visions étaient aussi affreuses que celles qui l'avaient assailli dans la forêt. Des gens mouraient, encore et toujours, et James ne pouvait pas tous les sauver. Du sang, des chambres d'hôpital, de la solitude à en crever, des accidents, des larmes... Tout se bousculait dans la tête du jeune homme. Au bout d'un moment, les visions se calmèrent et James put ouvrir les yeux. Il vit son pendentif, tout près de la main de Jason. Il étira la main vers lui, mais il perdit à nouveau contact avec la réalité.

C'était presque la même vision que dans la forêt, celle qui avait fait taire les autres, pendant un instant. Jason était devant un miroir et il tombait soudainement, sans explication. En dehors de ses yeux, aucune couleur, aucune vie. Et tout était si blanc, trop lumineux, aveuglant, effrayant...

James eut de nouveau sa chambre sous les yeux et, sans attendre, il força son corps affaibli à s'approcher du collier. Il réussit à poser la main dessus avec un soulagement assez intense. Il n'avait plus à craindre les images horribles qui étaient sur le point de lui revenir. Malheureusement, les effets secondaires du jour n'avaient pas cessé de faire effet et ils ne tardèrent pas à revenir, mais James se dit que ça en valait la peine. Éviter de voir des gens mourir était beaucoup plus désagréable que ces petits symptômes qui allaient de pair avec le port du pendentif magique. De tout manière, ils disparaîtraient au bout d'un moment, comme toutes les fois précédentes.

En reprenant son souffle, James se souvint qu'avant d'être assailli de visions cauchemardesques, il était avec Jason. Il essaya, d'ailleurs, de ne pas penser à ce que son ancien ami avait fait. C'était trop... pas assez... Bref, il vallait mieux tout oublier et ne pas encore risquer son âme à vouloir comprendre Jason Badley. James espérait tout de même ne pas lui avoir fait trop mal. Il ne savait pas combien de temps il avait été secoué de visions, mais il venait de voir que Jason était toujours écrasé au sol.


-Jason... ça va?

James était toujours allongé sur le tapis à motifs indéterminés de sa chambre d'hôtel. Son ton de voix avait été incertain. Il avait arrêté de respirer, attendant avec une certaine angoisse la réponse de l'autre jeune homme. S'il l'avait réellement blessé, il s'en voudrait probablement pour au moins trois éternités.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Lun 14 Juin - 2:54

[Hj: Eh oui, je suis un irresponsable XD]

Les nuits grises ne faisaient pas partie du vocabulaire de Jason, il préférait utiliser: les nuits normales. Depuis le retour de James, tout avait été chamboulé, rendant ses nuits trop longues et ses journées interminables. Le jour, il ne rêvait que de se retrouver dans son lit, d'avoir la force de pouvoir se reposer un instant, tandis que lorsque la lune l'éclairait, il ne pouvait s'empêcher de se lever et de faire autres choses que dormir. Il ne faisait pas grand choses en fait, il passait beaucoup de temps assit sur son lit sans faire quoi que ce soit, mais il refusait de se coucher. Peut-être avait-il peur, peur que lorsqu'il rouvre les yeux, James soit parti, ou peut-être avait-il peur de se réveiller d'un long cauchemar pour finalement se rendre compte que James n'était jamais venu à l'hôtel, qu'il l'avait imaginé, lui et sa belle gueule, son attitude trop sympathique même s'il traînait derrière lui un passé. S'il était vrai que les derniers mois étaient un cauchemar, ce devait être exactement comme les vision, il était possible de vivre une année de rêve, en quelques secondes à peine. Et dire que les rêves durent en moyenne quelques minutes, il lui était alors possible de vivre encore des années dans cet univers. Et s'il est vrai que l'être humain rêve en moyenne cent minutes par nuit, alors Jason n'avait pas fini de le côtoyer. Peut-être devait-il risquer un peu plus, forcer Emyria à lui enlever la mémoire par exemple? Après tout, dans un rêve, il ne peut rien nous arriver, rien qui perturberait le réel.

Durant l'après-midi, alors qu'il n'avait rien fait de vraiment plus pertinent que durant ses nuits normales, il avait à nouveau longuement réfléchi, en plus de réfléchir à cette idée de rêve. Il essaierait, il trouverait le courage nécessaire pour essayer de nouvelles choses. Et s'il était vraiment dans la vraie vie, alors il pourrait dire qu'il n'aurait pas perdu son temps avec quoi que ce soit et qu'il aurait vécu franchement. Il avait tout de même tenté une dernière chose avant de quitter sa pièce favorite. Lampe à la main, il la tira de toutes ses forces contre le mur, créant un bruit assourdissant mais soulageant. Les morceaux de vitre de l'ampoule, ainsi que ceux du pied de la lampe, se retrouvèrent sur le sol, n'attendant que d'être ramassés. Jason resta devant plusieurs minutes dans un silence complet, mais aucun inconnu ne vint ramasser ce dégât.
Il n'était donc pas dans un rêve...

Il prit cette décision inconsciente d'être alors plus franc avec lui, d'essayer de vivre davantage. Sa vie ne pouvait tourner autour de la même chose encore, il devait se trouver un nouvel orbitre autour duquel il pourrait se rassasier du vide que créait la présence et le manque de James à ses côtés. Il ne l'avait jamais compris, ne le comprenait toujours pas, et ne le comprendrait jamais. C'était parreil des deux sens, personne ne pouvait réellement comprendre Jason et lorsque James était en compagnie de son ancien ami, il était impossible de le démystifier lui non plus. Jason se devait de trouver une nouvelle source d'énergie, quelque chose de positif peut-être? De plus, peut-être que de changer un peu pourrait l'aider avec ses petits problèmes, par exemple ces pertes de contrôle, ce manque de solidité en lui, les très courtes pertes de mémoire dont il était victime de temps à autres. Si de quitter James et vivre librement et franchement pouvait régler cela, il ferait en sorte de ne jamais le revoir.
Même s'il savait que depuis la forêt, c'était de pire en pire.

Son intrusion dans la chambre, James aurait dû le comprendre. Ne le connaissait-il plus, plus du tout? Qui James Harris était-il devenu? C'est à croire qu'il perdait la mémoire, lui aussi, qu'il oubliait des choses plutôt... fondamentales? Ce n'était pas si important pour le reste du monde, mais Jason signifiait plus que rien aux yeux du Harris, la terre entière en était consciente. Jason s'était amusé à jouer avec les nerfs de son interlocuteur, avec comme seul besoin celui de s'exprimer et à la fois celui d'avoir du feedback. Du positif aurait été souhaité, mais le négatif faisait tout de même, James profita de cette occasion pour lui en renvoyer du plus touchant qu'auquel s'attendait le plus jeune.
Il voulait vivre plus franchement? Il laisserait alors parler son petit intérieur, celui qui criait depuis des années, qui s'était exprimé une fois et l'avait fait fuir une fois. Il tenta de le laisser libre une seconde fois, peut-être serait-ce moins désastreux cette fois? Il s'était jeté au cou de son prédateur, tentant à nouveau de le rendre sa proie, alors qu'il n'en avait jamais été ainsi. Jason avait toujours été la cible, même si tous croyaient le contraire. Parfois, Jason se relevait et rabaissait l'autre assez bas pour qu'ils se retrouve plus bas que lui, mais même une proie peut avoir des moments de gloire parfois. Dans les films d'horreur, quelqu'un finit toujours par s'en tirer quelque part.

Les visions le lacérèrent, lui déchiquetèrent l'esprit à une vitesse phénoménale. Les effets s'en firent ressentir très rapidement, le laissant dans une situation plutôt désavantageuse. Alors qu'il réouvrit les yeux, sa tête cognait contre le mur et son corps tombait sur le sol comme une pierre. L'étage du dessous pouvait bien se demander ce qui se passait tellement Jason était tombé comme une pierre contre le tapis. Sa tête cogna à nouveau quelque chose de dur, le plancher, tandis qu'il en perdit la vision un instant. Le visage crispé, il tenta de regarder autour mais tout était trop clair et flou. Il referma ses yeux, chassant aussi bien qu'il lui était possible les images desquelles il venait d'être la victime, espérant ne pas avoir à les regarder à nouveau. Ce fusil... qui pouvait bien le tenir? Une voix masculine le ramena à la réalité lorsqu'il tenta à nouveau d'ouvrir les yeux, étant capable de distinguer James devant le flou blanc, mais c'était à peu près tout. Tout devrait revenir assez rapidement, espérant que cela arrive avant que le mal de coeur ne s'intensifie davantage
.

-Pas trop, non.

Bin quoi, il avait décidé d'être plus franc? Voilà! Il se rappella soudainement l'étreinte qu'il avait sentit autour de lui juste avant d'être attaqué par le passé et le futur entremêlé. Il pouvait encore sentir la chaleur sur son gilet, ce qui lui fit presque du bien. Ses yeux se refermèrent naturellement tandis qu'il espérait pouvoir passer dans un autre monde qui lui donnait moins mal au coeur. C'est en sentant une secousse sous son corps qu'il revint encore plus rapidement à lui qu'il n'était partit. Les yeux rivés contre le plafond, ses mains retenant sa tête de frotter contre le plancher, sa voix affaiblie réussit à prononcer quelques mots.

-J'me demande encore comment j'ai fait pour croire que...

Une seconde secousse l'arrêta dans ses paroles. Était-ce son corps en crise d'épilepsie ou...?

-T'as sentit ça?
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Lun 14 Juin - 22:38

[HJ: Je confirme. (L)]

Au fond, si James n'arrivait pas à quitter l'hôtel, c'était pour exactement la même raison qu'il voulait en partir: Jason y était. Il lui était intolérable de le savoir si proche de lui, dans ce bâtiment qui, sinon, lui aurait paru plutôt vide. Comment pouvait-il essayer de vivre normalement en sachant que son ancien ami pouvait arriver de n'importe où, à tout moment, et faire arrêter le monde de tourner? James avait vécu, ces derniers temps, avec cette peur constante de croiser Jason. Il avait toujours craint l'autre jeune homme, d'une certaine manière mais, depuis la forêt, c'était encore plus réel. Il avait compris que Jason ne ferait jamais que le décevoir, lui faire du mal, l'abandonner... Peut-être que ce n'était pas toujours volontaire, mais le résultat était le même. Seulement, James se connaissait assez pour savoir qu'il était assez incapable de résister totalement à Jason. Il suffirait d'une seule parole de son ancien ami et il commencerait à lui pardonner. Il était tellement faible, quand il s'agissait de Jason. D'ailleurs, c'était pourquoi il n'avait toujours pas quitté cet hôtel infernal: il était trop lâche pour affronter un monde vide de Jason. Il savait qu'il souffrirait probablement moins, loin de lui, mais il semblait attaché à sa douleur, comme si elle était la seule chose qui le tenait encore en vie.

Toute cette année à courir derrière son passé qui le fuyait avait changé James, sur plusieurs points. S'il n'arrivait plus à deviner Jason aussi bien, c'était à la fois à cause de cette distance qui les avait séparés et à cause d'un manque de confiance assez prononcé. James ne croyait plus... en lui-même. C'était plus que la simple déception d'avoir été abandonné; c'était une rage sourde en froide envers sa propre personne. Parce qu'il n'avait rien vu venir. Parce qu'il pensait connaître Jason et qu'au final, il s'était trompé. Parce qu'il s'était lui-même arraché l'âme à croire en quelque chose qui n'avait certainement pas existé. Parce qu'il n'arrivait pas à passer à autre chose, même après tout ce temps. Parce qu'il y avait crû, tout simplement... James Harris était complètement désorienté, perdu dans une tempête de laquelle une seule personne aurait pu le sortir... Celle qui avait causé la première rafale.

« Un vent glacé hante ma tête
Flot de regrets, folle tempête
Vie solitaire comme un désert
Dont le silence me désespère »

Un naufrage perpétuel. C'était bien ce qu'ils étaient, l'un comme l'autre, depuis qu'ils s'étaient retrouvés. Ou depuis qu'ils s'étaient quittés. Ils se fracassaient de tous les côtés en y laissant des morceaux qui avaient tôt fait de couler. Il se brisaient sans vraiment se détruire complètement, se noyaient sans mourir. Comme s'ils ne pouvaient rien faire d'autre que se laisser meurtrir par cette tourmente qu'ils ne savaient plus comment arrêter. Ils étaient, tour à tour, le bateau et la mer, celui qui luttait pour ne pas éclater de souffrance et l'autre qui écrasait de sa douleur amère. Un jour, ou une nuit, peut-être finiraient-ils par s'échouer pour de bon. Depuis ce qu'ils s'étaient dit dans la forêt, les vagues étaient plus tranchantes, les voiles se trouaient sous la force du vent... Toutefois, ils étaient bien capables de continuer à se torturer encore longtemps...

Étendu sur le sol, James essayait de ne pas réfléchir. Il ne voulait pas tuer Jason et il savait que l'envie grandirait en lui s'il commençait à penser à ce qui venait de se passer. Il l'avait embrassé... Déjà, c'était très exactement dans le style Jason Badley qui déplaisait à tout le monde, cette tendance à se jeter sur les gens, commes s'ils lui appartenaient. James était comme les autres, après tout, il commençait à le comprendre. Alors, que Jason l'ait mis dans son lit et que, maintenant, il l'embrasse, comme s'il avait le droit, c'était presque banal. Cependant, ce n'était pas tout... Jason l'avait fait pour lui enlever son collier, pour une raison que l'autre jeune homme ignorait. S'il l'avait seulement embrassé, James aurait pu simplement le trouver ignoble, lui en vouloir de... Au fond, il ne savait pas trop de quoi il aurait bien pu lui en vouloir puisqu'en réalité, s'il se fâchait pour un baiser, c'était lui accorder de l'importance. Et James ne voulait pas réfléchir à tout ce qui pourrait concerner de près ou de loin l'effet que pouvait avoir un baiser de Jason sur lui. De toute façon, il n'avait même pas à essayer de comprendre l'attitude de son ancien ami: celui-ci avait encore agi par intérêt. Ne ferait-il jamais que se servir de lui?


-Pas trop, non.

Jason aurait pu mentir, au moins, pour que James ne sente pas ce poids immense lui écraser la poitrine. Il décida néanmoins de ne pas s'excuser. Cela reviendrait à dire qu'il était celui des deux qui avait tort... Alors que c'était l'autre qui venait, une fois encore, de lui tordre un bout de cet imbécile espoir qui lui restait, ce souhait que les choses s'arrangent. Jason était peut-être vraiment une déception en lui-même, au fond. L'idée, en elle-même, déchira quelque chose au fond de James. Il aurait aimé y croire...

-J'me demande encore comment j'ai fait pour croire que...

Encore engourdi par l'effort que lui avaient demandé les visions, James n'avait pas senti la première secousse. Il ne put, cependant, pas ignorer la seconde. Que se passait-il? L'hôtel semblait avoir tremblé et James espéra qu'il hallucinait. Sa chambre était tout de même au dix-huitième étage... Ce n'était pas l'idéal, pour une évacuation.

-T'as senti ça?

-Oui...


Mais il s'en balançait, d'une certaine manière.

-...pour croire que quoi?

James détestait quand on ne terminait pas une phrase... Il avait l'impression que c'était condamner les mots non-dits à s'égarer dans le temps. Surtout que, dans ce cas-ci, il était franchement intéressé à savoir de quoi Jason parlait. Comme toutes les fois où il parlait, au fond. Il n'aurait pas pu juste faire comme s'il n'avait rien dit? Il savait bien qu'il n'aimerait probablement pas ce que son ancien ami allait lui dire. Il y avait un moment qu'ils ne s'étaient rien dit de gentil. Mais restait-il quelque chose de bien à exprimer? Il semblait que seule la douleur subsistait entre eux, que seule la souffrance motivait chacune de leurs paroles.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Mar 15 Juin - 1:34

L'hôtel ne méritait que d'être condamnée, avec chacun des habitants enfermé dans sa propre chambre. Comme ça, plus personne ne pourrait sortir. Certains mourraient de faim, d'autre de soif, et d'autre d'obésité grâce à toutes les cochonneries qu'ils avaient accumulées dans le mini-frigo. D'autres mourraient de désespoir, tranchés par les lames de la distance et du passé. Cette solution semblait si facile et tellement agréable face à tout ce qui pouvait encore se passer entre les deux hommes. Chacun avait beau avoir fait un bout de chemin sans l'autre, ils n'avaient pas changé, au fond. Ils étaient restés les mêmes, avec en plus une rage, une rancune, un espoir envolé et de la torture dans l'esprit. Un nuage noir habitait la tête des deux participants, empéchant toute reconstitution du bonheur, de quoi que ce soit de positif. Mais chacun n'aidait pas non plus le nuage à disparaître, ils l'entretenaient chacun de leur côté tandis qu'ils entretenaient celui de l'autre aussi. Des orages faisaient de plus en plus souvent apparition, créant des moments peu fructueux pour les anciens amis. Mais même s'ils vivaient l'un sans l'autre, la brume beaucoup trop épaisse ne disparaissaît pas, elle était condamnée à y rester pour un moment indéterminé, un moment qui demanderait plus d'efforts, un moment encore bien loin.

«Tous mes élans vers le futur
se cognent aux portes du remord»

Même s'il avait réussit à le cacher si bien, un flot de remord réussissait constamment à envahir le corps de Jason lorsqu'il croisait James. Il ignorait la raison de beaucoup de ses actes, il regrettait souvent même d'être allé lui parler à la forêt, regretter d'être allé lui parler dans le couloir, regretter d'être resté aussi longtemps dans la salle d'ordinateur. Encore plus, il lui arrivait de regretter de s'être approché de James la toute première fois, même s'il ne serait sans lui qu'un pentin auto-didacte, un corps sans âme, un matérialiste finit. Il arrivait tout de même à s'en vouloir, mais n'en voulait pas à James. Comment pourrait-il lui en vouloir, pourquoi surtout? Pour lui avoir parlé la toute première fois? C'était Jason qui avait amorcé la discussion. Pour avoir couché avec lui? C'était Jason qui l'avait forcé. Pour être là en ce moment? C'était Jason qui était venu le voir.
En fin de compte, le problème, c'était Jason.
Pour les deux cas, celui du Harris et du Badley, c'était Jason.

La scène, que ce soit de l'extérieur ou de l'intérieur faisait pitié à voir. Les deux cons étaient couchés sur le sol, l'un affaiblit par tous les étourdissements qui le hantaient, les visions qui venaient de le harceler ainsi que la douleur qu'il avait au crâne, l'autre affaiblit à cause de Jason, évidemment. Avoir sût plus tôt qu'il était un trouble si puissant, il aurait remédié à la chose rapidement, la lignée des Badley serait éteinte depuis un moment déjà. Oui, d'embrasser n'importe qui, ça lui ressemblait beaucoup. Oui, de manipuler les gens pour obtenir ce qu'il voulait, ça lui ressemblait encore plus. D'embrasser James et de le manipuler pour obtenir ce qu'il voulait, ça, ça ne lui ressemblait pas. Pour les cons qui n'ont toujours pas compris, avec James, tout est différent. Il a des privilèges auxquels les autres n'ont pas le droit, en plus d'avoir des frontières inexistantes pour d'autres inconnus. Il était l'opposé du reste du monde, c'est ce qui changeait l'attitude du plus jeune quand ils étaient ensemble. S'il l'avait embrassé, James pouvait bien croire ce qu'il voulait, mais si Jason embrassait toutes les personnes qu'il rencontrait comme ça, un harem l'entourerait constamment. Si James était insensible, c'était tant mieux. Comme c'est dit plus haut: il est différent, lui. Il ne voulait pas qu'il change, il l'aimait bien comme ça...

Il ne finit pas sa phrase pour la seule raison que la secousse le stoppa. Quelque chose semblait plus inquiétant que sa petite personne, enfin. Quelque chose qui menaçait sa petite personne, certainement, mais quelque chose qui menaçait aussi James. Si quelqu'un d'autre osait faire du mal à James, il ne resterait en vie que le temps de voir Jason le tuer. Comme pour se rassurer qu'il était normal, il demanda à l'autre si lui aussi avait sentit la même chose que lui. Toujours sur le dos, il trouva la scène encore plus absurde: deux gars étendu sur le sol, attendant le prochain tremblement afin de savoir s'il serait pire que le dernier. Peut-être était-ce son heure à lui? Il savait que ce n'était pas celle à James, il avait encore des choses à accomplir apparemment, mais Jason lui, rien ne l'attendait, il ne servait à pas beaucoup de choses autre que... rien. Il était un figurant parmi les histoires. Oui, il avait sauvé l'hôtel il y a de cela plusieurs mois, sa mission était finie. N'aurait-il pas eu une autre vision depuis ce temps? La seule autre qui n'avait cessé de l'harceler, c'était celle du jeune jumeau Sinclair, mais pouvait-il le sauver s'il ne pouvait même pas voir la vision?


-...pour croire que quoi?

Pourquoi fallait-il absolument que James sache tout, tout le temps. C'était maladif ou quoi? Ne pouvait-il pas simplement se contenter de ce que Jason pouvait lui offrir. Peut-être avait-il changé d'idée, il n'avait peut-être plus envie de lui dire?
Le ton de sa voix resta vide, tout comme son regard qui fixait le plafond. Devait-il vraiment continuer à être franc? Même s'il n'en n'avait pas envie?


-Que je pourrais continuer de vivre... sans toi je veux dire.

SURPRISE! Pour une vérité, en voilà une bonne. Ce n'était pas celle qui devait normalement suivre la phrase... mais tout de même.

-Je suis content d'être avec toi... même si je sais que je vais encore te faire du mal.

Cette phrase ne lui ferait-elle pas du mal, encore une fois? Au moins, il se sentait un peu plus léger, comme si le nuage noir qui hantait sa tête se disperçait, qu'il ne devenait que brume de plus en plus. Le silence lui fit peur, lui parrut beaucoup trop long, aussi court ou long soit-il.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Jeu 17 Juin - 0:18

James était relié à Jason par un étrange fil extrêmement solide mais tout aussi tranchant. L'un comme l'autre essayait de le briser, mais il restait inaltérable. Il résistait aux plus solides coups, aux plus basses tentatives de destruction. C'était comme si les deux hommes ne pouvaient exister sans savoir que l'autre était en vie, quelque part, le plus proche possible. Pourtant, lorsque l'un des deux essayait de se rapprocher, le fil devenait coupant, les blessant tous les deux. C'était sans issue. Ils ne pouvaient s'éloigner ni se rapprocher. Le fil les étouffait, les déchirait, les empêchait d'agir. Comme s'il était tissé à même leur douleur.

Peut-être que c'était toujours la faute de Jason. Mais peut-être que non. Les apparences jouaient contre lui, le désignant comme coupable idéal de tout ce qui leur arrivait. Il semblait que Jason faisait toujours la pire action possible, disait les plus douces horreurs... Il apparaissait comme le monstre qui faisait ressortir ce qui avait de plus mauvais en James. Seulement... Tout ce qui avait de mauvais en James existait et ce n'était pas la faute de Jason. Même sans lui, toute cette noirceur au fond de son âme, cette tendance à se faire du mal et à vouloir blesser ceux qui menaçaient de l'atteindre de trop proche, aurait existé. Il l'avait réveillée et c'était bien son principal tort. Pour le reste, James était aussi coupable, sinon plus. Il l'avait laissée sortir, lui, cette horreur qui faisait partie de lui... James Harris laissait la peur, la colère et la douleur gouverner sa vie. Lâchement, puisqu'il ne savait pas être autrement, il se cachait derrière une haine à moitié vraie parce que la vraie vie le terrorisait. Et Jason était la vraie vie, depuis assez longtemps.

Après quelques instants à serrer son collier dans sa main, jusqu'à s'en faire mal à l'écraser ainsi contre la plaie couverte d'un bandage à laquelle ce cher Jason avait contribué avec l'aide d'un bout de silex, James le remit autour de son cou avec une certaine amertume. Jason lui avait enlevé son pendentif... Même en sachant ce que ça impliquait. Du moins, il le savait en partie: James souffrait au point de s'en affaiblir. Qu'avait-il cherché à faire? Avait-il seulement voulu lui faire du mal? Peut-être essayait-il seulement de comprendre, maladroitement...

Le pire, toutefois, ce n'était pas tout cette histoire de souffrance sans le collier. Ça, James pouvait essayer de croire que Jason l'avait vu autrement, qu'il avait crû pouvoir lui enlever sans lui faire du mal ou n'importe quoi. Le plus grave, c'était ce baiser... Jason aurait pu s'y prendre autrement pour lui enlever le pendentif. James aurait préféré n'importe quoi d'autre, à bien y penser. Tout sauf cette chaleur intolérable qui n'avait pas encore totalement quitté ses lèvres. Tout sauf ce vide glacial dans sa poitrine. Tout sauf ce frisson figé qui n'avait pas osé le traverser. Tout sauf cette terreur diffuse qui l'empêchait de vraiment réfléchir.

Lorsque James avais posé sa question, négligeant le potentiel danger de mort que représentait un hôtel qui tremblait, il ne croyait pas vraiment que Jason lui répondrait. En réalité, il pensait que son ancien ami lui sortirait une quelconque parole vide ou blessante, des mots pour combler le silence sans vraiment répondre à la question. Pourtant, il le lui avait demandé, avec ce stupide espoir qui ne le lâchait pas, cette idée un peu débile que Jason pourrait peut-être vouloir autre chose que se débarrasser définitivement de lui. Peut-être était-il le seul des deux à avoir besoin de l'autre...


-Que je pourrais continuer de vivre... sans toi je veux dire.

Et c'était presque assez pour que James oublie tout. Pour que sa douleur devienne insignifiante, que sa colère s'éteigne presque complètement... C'était assez pour que toutes les scènes des semaines précédantes s'effacent de sa tête et, même, pour qu'il commence à oublier ce qui était arrivé, au début de leur souffrance commune. Jason avait besoin de lui... C'était à la fois impensable et impossible à nier. Disait-il vraiment la vérité? Le ton de sa voix laissait croire que c'était le cas, mais James ne pouvait pas essayer de voir dans les yeux de son ancien ami s'il était sincère. Il en aurait eu besoin... Après tout ce qui était arrivé, il peinait à réellement faire confiance à Jason. Et s'il ne voulait encore que lui faire du mal ou se servir de lui? Après tout, il venait encore de le faire. Sans le vouloir, James commençait tout de même à pardonner à Jason. Pour tout. Mais une partie de lui continuait à lutter, à vouloir comprendre avant de se perdre.

« Comment hurler mon désarroi... »

James avait besoin de Jason; c'était indéniable. Il le savait, il le sentait, il le refusait. Il ne pouvait pas avoir besoin de lui; il ne voulait compter que sur lui-même... Toutefois, son ancien ami avait cette emprise sur lui, ce pouvoir que personne n'avait jamais eu. Encore aujourd'hui, après tout ce qui était arrivé, une seule petite phrase et l'univers de James basculait. Le jeune homme aurait voulu lutter, mais il n'était pas de taille. La partie de lui qui appartenait à Jason lui refusait toute fuite et le forçait à avoir tellement envie de lui pardonner.

-Je suis content d'être avec toi... même si je sais que je vais encore te faire du mal.

James arrêta de respirer, pendant quelques secondes. Il n'arrivait pas à croire que ces mots étaient vraiment ceux de Jason Badley. Après toutes les horreurs qu'il avait essayé de faire passer pour vraies, il ne pouvait pas lui sortir ce genre de choses... Ou, justement, il le pouvait très bien. C'était comme une résignation, un abandon à une vérité qui voulait à tout prix rester terrée au fond du silence. Pendant un instant, James oublia même d'avoir peur.

-Jason, je...

...suis désolé de tout ce qui est arrivé. Je t'en prie, pardonne-moi... Je ne t'en veux pas vraiment. Ne me laisse plus tout seul... Je ne fais que me perdre, sans toi pour ramasser mes morceaux...

Mais James ne put pas terminer sa phrase. L'hôtel trembla à nouveau, avec une violence encore plus grande. Toutes les lumières de l'établissement furent coupées et l'éclairage de la chambre de James ne fut plus que le mince filet qui filtrait sous le rideau qu'il gardait obstinément fermé. Sur sa table de nuit, le pot de somnifères chancela et roula jusque sur le sol, mais il passa inaperçu. Au même moment, la lampe sur pied, au fond de la pièce, tomba avec un bruit assourdissant. Les quelques cadres de la chambre, choisis par le décorateur de l'hôtel, se crochirent sur les murs et l'un d'eux tomba, tout près de Jason. La vitre le recouvrant explosa et projeta des centaines de petits morceaux sur le tapis tout autour.

Une fois la secousse terminée et le calme revenu, James se releva à moitié, se glissant jusqu'au mur le plus proche, un air paniqué accroché au visage. À la faible lueur qui perçait sous le rideau, ses yeux s'agitaient dans tous les sens sans s'arrêter sur rien en particulier. James n'avait aucune croyance en une quelconque force supérieure, mais il pria un dieu, n'importe lequel, de faire que Jason n'ait rien. Dans le cas contraire, il trouverait bien un dieu, n'importe lequel, pour le massacrer de ne pas l'avoir protégé.


-Jason, dis-moi que tu n'as rien...

Alors que sa voix, qui essayait de ne pas se montrer trop pleine d'angoisse, prononçait ces mots, les yeux de James avaient arrêté de bouger dans tous les sens pour se poser dans la direction où était Jason. Ils avaient toujours ce quelque chose d'étrange, ce vide qui n'était pas là quelques heures plus tôt ainsi que toutes les autres fois que Jason avait vu James. À James aussi, le silence parut beaucoup trop long...
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Jeu 17 Juin - 13:55

Peut que le fil qui les reliait, celui qui était cousu à leur douleur avait besoin de tension, mais sans trop en avoir besoin non plus. Lorsqu'ils étaient loin l'un de l'autres, ils pouvaient sentir quelque chose se déchirer en eux, quelque chose qui les forçait à se rapprocher afin d'avoir moins mal. Mais dès qu'ils étaient trop proche, le bout du fil qui n'était pas tendu cherchait à l'être, les forçait à s'éloigner à nouveau au risque de souffrir encore plus. Il était impossible de dire si la distance ou la proximité faisait plus mal l'une que l'autre, mais James et Jason n'avaient toujours pas trouvé la distance d'origine, celle où le fil ne serait que tendu, sans tirer. Ils avaient trouvé, pendant plus d'un an, une distance satisfaisante, pour Jason en tout cas. James avait arrêté de le faire souffrir, il avait fait son deuil, en partie. Mais maintenant qu'ils s'étaient rencontrés à nouveau, il était impossible de reprendre cette même distance, la tension du fil avait changée et il fallait la chercher à nouveau.
Peut-être ne savaient-ils tout simplement pas s'y prendre?

Il s'était risqué à être un peu plus sincère, il l'avait embrassé. Cette sincérité était complètement brisée par le fait qu'il lui ait enlevé son collier afin de voir ce qu'il avait envie de faire, mais s'il n'avait pas eu ce besoin de se rapprocher, il s'y aurait pris autrement, James aurait dû le deviner. S'il n'avait pas eu besoin de ce contact, il lui aurait simplement arraché le collier et lui aurait pris le bras, ou quoi que ce soit d'autre.
Mais il avait choisi d'apposer ses lèvres contre les siennes, peut-être dans l'espoir que James se laisse aller lui aussi?
Et si, la tension du fil était beaucoup plus proche, si elle était correcte, lorsque les deux étaient collés l'un contre l'autre? Encore une fois, pour Jason, il s'agissait d'une tension très correcte, vraiment très bonne, trop bonne, comme celle où ils avaient été éloignés pendant si longtemps. Probablement que, pour James, il ne s'agissait pas de la même chose, encore une fois.

Lorsque James lui avait renvoyé la question, tant de réponses bêtes, stupides, méchances, explosives et destructrices lui avaient passées par la tête, une quantité bien trop importante pour la négliger, mais il ne s'agissait que de mensonges. Il avait eu cette envie de lui dire la vraie chose à laquelle il n'arrivait à croire, sur le moment. Que James lui ait menti à nouveau, pour quelque chose qu'il savait que le plus jeune pouvait trouver important. Toute vérité n'est pas bonne à dire, sauf lorsque la vérité peut si facilement être trouvée par la personne à qui l'on a mentit. Il se risqua pourtant à l'une des choses des plus sincères qu'il n'eut dit à James, peut-être arriverait-il à l'amadouer un peu. Le Harris avait tant d'antipathie envers Jason que c'était normal qu'il refuse qu'il ne s'approche le moindrement, alors Jason essayait de faire de son mieux, comme avec l'espoir de pouvoir retrouver une relation stable, dans la mesure où il est possible d'avoir quelque chose de stable avec un manipulateur et un bipolaire.

« Ma peine de vivre loin de toi... »

Ils avaient toujours sentit que l'un et l'autre avait besoin d'une meilleure relation, quelque chose de positif. Ils avaient sentit qu'ils avaient besoin directement de l'autre, mais aucun ne l'avait officialiser jusqu'à maintenant. Pour une des rares fois, c'était Jason qui avait fait le premier pas. On le disait souvent courageux, mais ça avait toujours été James le plus courageux des deux lorsqu'il s'agissait de la vérité. Aujourd'hui, il renversait la balance, son côté penchait vers l'honnêteté du menteur, du manipulateur et de l'obsédé.

Il abandonnait la guerre, temporairement du moins et à moins que le fil ne fasse des siennes à nouveau, il tenterait de garder la plus petite distance possible, l'espace du mensonge le plus court, voire inexistant. Il était prêt à faire passer l'amitié d'abord si c'était ce qu'il fallait, mais il essayait, lui, autre chose que la guerre. En fait, ce n'est pas qu'il en avait assez de se disputer, c'était juste autre chose qu'il essayait.
Il n'en avait pas assez de se disputer, car il savait que s'il se disputait encore avec James, il avait encore une relation avec lui.
Le plus vieux tenta une réponse, mais lui non plus ne se rendit pas jusqu'à la fin de ses paroles. Le sol sous les deux êtres couchés sur le sol se mit à trembler si fort que tout ce qui se trouvait sur les burreaux se retrouva sur le sol. Le manque de lumière rendait la chose encore plus dramatique, en plus des bruits sourds qui parsemaient la pièce. La fenêtre de la chambre de James se brisa en des centaines de morceaux qui dévalèrent le long des dix-huit étages, la lampe qui tomba au fond de la pièce créa un éclair de lumière avant de s'éteindre à tout jamais et le cadre tout près tomba, lui aussi, sur la tête de Jason, avant de se retrouver par terre. Après cela, plus aucune image ne lui parvint.
Mais qu'avaient-ils tous contre la tête de Jason?

Lorsqu'il réouvrit les yeux, ce fût James qu'il vit en premier, lui demandant quelque chose qui ne réussit même pas à parvenir jusqu'à ses oreilles. Il n'entendait que très peu de choses, un peu comme s'il était devenu avait les traits d'un sourd. Il réussissait pourtant à entendre un peu de bruit, mais tout ne parraissaît que trame de fond. Naturellement, comme quiconque après un accident comme celui-ci, il tenta de respirer, par la bouche. Une douleur vive le réanima au même moment alors qu'il se retourna sur le ventre, essayant de se tenir à quatre pattes grâce à ses membres. Il toussa plusieurs fois jusqu'à ce que quelques morceaux plus ou moins gros sortient de sa bouche, accompagné d'un liquide anormal pour la bouche.
Le liquide rougeâtre malgré le manque le lumière était visible sur le tapis, sortant en quantité ni trop exagérée, ni modérée. Un autre morceaux trouva sa sortie grâce à l'étouffement du jeune qui se retrouva complètement couché sur le sol, complètement épuisé, à bout de souffle, manquant d'ouïe, et de vision. S'il avait pu souhaiter la mort une seule fois, c'est là qu'il la souhaitait. Il était toujours conscient de ce qui se passait autour, mais il n'était capable que de bouger un peu les yeux, et de respirer très faiblement à cause de tout ce sang qui bloquait le passage.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Mar 22 Juin - 1:15

[Tu sais... Je ne pense pas toujours comme James, hein? Sad]
[Comme le temps d'inconscience de Jason n'a pas été spécifié, je l'ai décidé. :D]

James ne voyait pas le baiser de Jason comme de la sincérité, même en omettant l’histoire du collier. Comment pouvait-il oser tenter de s’approcher autant de lui après avoir essayé à tout prix de s’éloigner? Il n’avait tout simplement pas le droit. James lui en voulait de jouer ainsi avec lui. Ils avaient été amis…et Jason avait utilisé ses pouvoirs sur lui pour l’amener dans son lit, mais ce n’avait pas encore été assez : il avait fallu qu’il disparaisse. Puis, alors que James l’avait retrouvé, il avait encore essayé de fuir, mais plus sournoisement, plus lâchement. Plutôt que simplement partir, Jason avait repoussé James de toutes ses forces, refusant de l’aider à comprendre, essayant d’écraser l’espoir de l’autre de faire renaître leur amitié. Il lui avait fait du mal, presque volontairement, pour le sortir de sa vie, pour se débarrasser de lui... Qu'est-ce que James avait tellement fait de mal pour se faire jeter de cette façon? Il devait bien avoir gaffé, quelque part, pour que Jason le déteste autant. Si cela n'avait pas été le cas, il n'aurait pas fait autant d'efforts pour l'éloigner de lui..

Mais pourquoi accorder autant d'importance à ce baiser? Ce n'était pourtant pas le premier acte délibérément odieux de Jason Badley... Au fond, c'était exactement le reflet de son égoïsme habituel. Il avait eu envie d'embrasser James... et il ne s'était pas soucié de ce qu'il pouvait vouloir, lui. Dans le cas présent, c'était précisément de ne pas être embrassé par Jason Badley. La vie était tellement plus simple quand Jason se tenait loin de lui. Pourquoi n'avait-il pas réellement disparu, le jour où il était parti? James ne l'aurait jamais retrouvé et il n'aurait pas eu à faire l'effort d'oublier le plus possible qu'il avait répondu à ce foutu baiser plutôt positivement avant de se mettre à réfléchir. Alors, Jason avait volé jusqu'au mur et James avait déjà commencé à essayer d'oublier.

La vérité... C'était bien là une réalité qui faisait trembler tout ce qu'étaient les deux hommes. L'un comme l'autre peinaient à jeter leur masque, probablement même devant leur miroir. James n'était jamais arrivé à se regarder jusqu'au fond des yeux, de peur d'y trouver une personne qu'il n'avait pas envie de connaître. Il n'existait pas une personne au monde à qui il n'avait jamais menti. Tous ceux qu'il aimait et qu'il avait aimés y étaient passés sans distinction... Drake, Jason, Sara... Tous ceux qui avaient compté avaient eu affaire au James Harris tellement fort qu'il peut sauver le monde. Et qui ne le sauve jamais, en fin de compte. Étaient-ils arrivés à voir au-delà de celui que James aurait aimé être, de celui qu'il espérait presque encore devenir? Avaient-ils deviné à quel point il étouffait, au fond de lui, de toute la solitude qu'il s'imposait à ne jamais se laisser approcher trop profondément? Il avait eu l'impression que Jason avait compris, au moins un peu, et il avait commencé à avoir tellement peur. Comme si cette force factice qui semblait être la sienne menaçait de s'écrouler et d'entraîner tout son monde avec elle. Et Jason était parti.

Et s'il n'était pas parti? James avait effacé cette question de sa tête. Elle n'existait pas, n'existerait jamais. Jason était parti et c'était tout ce qui comptait. Et ce doute à l'intérieur de lui, cette oppression tremblante, n'avait qu'à mourir sous la force de cette certitude. James ne voulait pas se demander s'il serait parti, lui, si Jason ne l'avait pas fait en premier...

La chambre avait tremblé, tout comme l'hôtel en entier, et les objets qui avaient l'habitude d'être inanimés s'étaient jetés un peu partout. Puis, le calme était revenu, trop fort. Pourquoi Jason ne répondait-il pas? Au bout de quelques secondes, James se demanda même s'il avait vraiment parlé ou s'il n'avait qu'imaginé demander à Jason s'il allait bien.


-Jason?

Le silence le transperça avec une froideur écorchante et la panique vint écraser tout ce qui avait de vivant en lui. James porta alors la main à son collier et le retira d'autour de son cou pour le poser à côté de lui, tout en laissant sa main tout près, au cas où les visions lui reviendraient. Il remarqua que la lumière avait été coupée et il nota toutes les choses qui avaient bougé dans sa chambre dès que le collier ne toucha plus à sa personne. James Harris venait de retrouver la vue.

Il devait être quinze heures lorsque le pendentif avait fait des siennes, lui coupant la faculté de voir de manière assez brutale. James ne s'était pas vraiment inquiété, puisque le bijou avait cette habitude de lui faire endurer des effets secondaires plutôt désagréables. Il savait que cela finirait par partir. Il s'était donc enfermé dans sa chambre... sans se douter qu'on viendrait l'y déranger. Lorsqu'il avait vu Jason arriver dans le mur, il avait tout de suite compris qu'il lui avait enlevé le collier, puisque la vue lui était revenue trop rapidement. Malheureusement, dès qu'il avait remis le pendentif, l'effet secondaire du jour ne s'était pas dissipé et James était redevenu aveugle. Donc, pour voir pourquoi Jason ne lui répondait pas, il avait dû enlever à nouveau le bijou magique et risquer une crise de visions.

Le cadre lui était tombé dessus... James aurait préféré que l'étage entier se soit écroulé sur lui plutôt que cet imbécile de cadre sur Jason. Voyant qu'il avait l'air très mal en point, mais sentant les visions arriver, le jeune homme attrapa son collier, redevenant aveugle, mais s'approcha de Jason jusqu'à pouvoir le toucher. Puis, il lâcha à nouveau le pendentif pour mieux constater son état, lequel n'était pas franchement encourageant. Il lui parla, le bougea un peu, mais Jason ne réagissait pas. James remit son collier en réprimant du mieux qu'il pouvait les tremblements de ses mains; il paniquerait lorsqu'il en aurait le temps. Le jeune homme se dirigea donc à tâtons vers la table où avait l'habitude de se tenir le téléphone et il le trouva, à près d'un mètre de là. Hors d'usage, naturellement. James refit le chemin inverse jusqu'à ce Jason trop immobile en espérant qu'il possède un téléphone cellulaire, puisqu'il n'en avait pas lui-même. Il finit par en trouver un, ou ce qui en restait, dans la poche des pantalons de Jason. Le pauvre appareil avait été victime d'un meutrer violent, certainement lorsque James avait poussé l'autre homme dans le mur. (Bravo, James.) Donc, aucun téléphone n'était à proximité. Il restait le couloir...


-Je...reviens vite... Ne meurs pas, ok?

Pourquoi avait-il besoin de lui parler? Après tout, Jason ne semblait pas dans un état proche de l'entendre. Mais James luttait contre la panique avec la maladresse de celui qui est sur le point de tout perdre. C'est à ce moment que Jason refit surface, ouvrant les yeux alors que James ne pouvait même pas le voir. Le mouvement de son corps, alors qu'il se retournait, fit comprendre à James qu'il était conscient. Donc, en vie. Il n'eut pas envie de remercier le ciel. Il le ferait lorsque Jason irait bien, pas avant. D'ailleurs, celui-ci se mit à tousser de manière plutôt inquiétante et James ne put s'empêche de retirer son collier à nouveau, pour voir ce qui lui arrivait.

Il aurait peut-être dû rester aveugle pour toujours.

James vit la vitre, le sang...et Jason, au milieu de toute cette horreur, qui semblait à bout de forces. Et c'était SA faute mais, pour la culpabilité comme pour la panique, il n'avait pas le temps. Le jeune homme prit donc une main de Jason, tout en reprenant son collier. Il serait bien inutile, écrasé sur le sol pendant un temps indéterminé, secoué de visions de mort.


-Jason... Es-tu capable de marcher ou... de quoi que ce soit?

Il se doutait bien que non, mais il espérait presque un miracle. Après tous les malheurs improbables qu'il avait vécus, un seul et unique miracle n'était pas trop demandé... Seulement, ceux qui créaient les miracles le boudaient depuis assez longtemps. Alors, il devait réfléchir, et rapidement, pour trouver une solution. Il ne laisserait pas Jason avoir mal... surtout à cause de lui. Il le sauverait, quitte à y laisser tout ce qu'il avait.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Mar 22 Juin - 2:25

La dernière chose dont il se rappella vraiment était un gros vide, un gros noir qui prenait tout son expension devant lui. Un peu comme s'il s'enfonçait dans un puit au bout duquel n'existait que rien, même pas d'eau pour le rallentir ou arrêter sa chute, même pas de vent pour l'aider à respirer alors qu'il s'enfonçait à la vitesse d'une montagne russe vers l'inconnu. L'infinit semblait si proche maintenant, même si quelque chose de plus puissant l'appellait de pas très loin. Sa poitrine avait arrêté de battre, en partie. Si elle aurait fait la moitié des battements qu'elle faisait en temps normal, ce aurait été excellent, mais le rythme s'était réduit assez pour que cela en devienne inquiétant. Il avait arrêté de se battre, il n'en avait plus la force, à quoi se battre pour revenir dans un monde dans lequel on n'est même pas capable de se sentir bien? Il préférait de loin l'apesenteur dans lequel il se trouvait, il s'y sentait bien. Que le reste du monde entier aille se faire foutre, Jason se sentait bien ici, il espérait y rester pour toujours.

Il n'avait plus aucune image de la réalité, son regard s'étant fermé sur un tapis ayant perdu sa couleur d'origine. Sa joue, même trempant dans le liquide qui était sortit de sa bouche, n'arrivait plus à l'alarmer qu'il était mouillé. Les sons qui tentaient de percer à travers ses oreilles se bloquaient contre un mur de surdité qui semblait imparable à l'instant. Le goût du sang dans sa bouche s'était dissipé à travers tous les autres goûts qui disparaissaient eux aussi. La dernière chose qu'il fut capable de faire fut de sentir le parfum de James qui était tombé peu avant sur le sol, éparpillant une odeur un peu trop magnifique à travers toutes la pièce et à travers le désastre. C'était la chose à laquelle ceux qui disparaîtraient dans ce tremblement pouvaient s'accrocher, se dire que malgré tout, c'était pas si mal de laisser la vie maintenant. Lorsque même son odorat disparut, Jason comprit qu'il n'avait plus rien à faire ici et il lui sembla que sa conscience disparut.

Il laissa le vide le posséder.

Soudainement, des images vinrent le frapper à nouveau, aucune vision ou agression visuelle que ce soit. Le sang devant son visage lui apparut jusqu'à ce qu'il soit capable de le sentir contre sa joue. L'odeur du parfum lui revint trop rapidement, l'étourdissant sous un trop concentré près de son visage alors que ses mobilités motrices semblaient lui revenir d'un seul coup. Il se retourna rapidement sur le ventre et cracha une dernière fois la chose qui le bloquait, un mélange entre un caillot et un bout de vitre. Il sentait sa langue coupée en partie et certainement un bout de sa gorge, mais pas autant qu'il ne l'avait sentit avant. C'était ce dernier morceaux qui bloquait le passage de l'air et du goût, du sang qui ne demandait que la sortie. Ses muscles faibles se réanimèrent alors qu'il reprenait son souffle comme un chien assomé à coups de batte de baseball. Il avait l'impression qu'un train routier lui était rentré dedans, mais il réussit tout de même à se mettre sur quatre pattes. La poussière qui parvenait à ses poumons lui fit mal, mais la douleur était ridicule face à ce qui se passait dans sa tête. Il avait encore une fois fait du mal à James, il s'en rendait compte maintenant. Pouvait-il être aveuglé par son égoîsme à ce point?

Il se rendit finalement compte de ce qui le soutenait, ce pourquoi il n'était pas tombé à nouveau. James le soutenait, même s'il ne lui tenait que la main, cela l'aidait à rester légèrement droit. Mais pourquoi le tenait-il à nouveau, pourquoi l'aidait-il encore? Le sang qui parcourut son bras attira son attention: James portait un bandage. Suite au tremblement, il n'avait certainement pas eu le temps de se faire un bandage et si la blessure saignait encore, elle s'était peut-être réouverte, ou ne s'était pas encore fermée... l'avait-il coupé ce matin? Il avait un don pour lui faire du mal, physiquement et psychologiquement. Le masochisme faisait partie de la vie de James, surtout lorsqu'il était en présence de son ancien ami, celui qui ne le serait plus jamais. Il s'aggripa à lui et au mur, se remit sur deux pattes. Il ne comprenait pas d'où venait la force de se lever, il préférait rester ici et crever, laisser James tranquille pour une fois et pour toujours. Il réussit à ouvrir la porte et traîna James de force à l'extérieur. Il ne savait pas comment, il devait trouver le moyen de descendre jusqu'en bas et l'idée de sauter n'était pas la meilleure. Il fit du plus vite qu'il le pouvait, même s'il n'avait aucune idée jusqu'à quel point il pouvait être vite. Face à la porte des escaliers, il tenta de la pousser, sans succès. Il donna un coup dedans, sans succès
.

-Bouge pas James, j'ai une idée, je crois.

Il se retourna et défonça la vitre devant lui. Celle-ci lui coupa quelques parties de son bras mais il s'en ficha, ce n'était rien comparé à la coupure dans sa bouche. Il cracha à nouveau du sang qui le bloquait de plus en plus et attrapa la hache qui se trouvait derrière. Heureusement, les concepteurs de l'hôtel avaient pensé à mettre les choses d'urgence pas trop loin. Il se rapprocha de la porte, poussant James pour ne pas le frapper et y alla du mieux qu'il le pouvait. Chaque coup se faisait de plus en plus faible jusqu'à ce que la poignée cède au quatrième coup. Le chemin libre, il attrapa la proie par la main et le traîna, tandis qu'il semblait perdre le pas derrière.

-Allez James, t'es aveugle ou quoi? C'est pas le temps de traîner.

À peine les trois premières marches descendues, une nouvelle secousse tout aussi violente, sinon pire que la dernière secoua l'hôtel une fois de plus. Jason lâcha tout contact avec le Harris, au cas où celui-ci n'était pas encore descendu et il dévala les neuf marches qui suivaient. Il se retrouva à nouveau allongé sur le sol, encore plus faible. L'adrénaline venait-elle d'arrêter le surplus d'énergie qu'il venait d'avoir? Il toussa à nouveau un peu plus de sang. S'il devait y laisser la peau, James avait au moins la possibilité de s'en sortir.

Le vide voulait le posséder à nouveau, mais il fit son possible pour se battre. Il rouvrit les yeux, de plus en plus étourdit. Comment arriverait-il à descendre dix-sept étages et demi dans cette condition? Il chercha James du regard, tout était embrouillé à nouveau.


-James... ça..va?
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ] Lun 28 Juin - 23:56

Comment pouvait-on avoir besoin d'une personne à ce point en étant aussi incapable de l'avoir près de soi? James voulait que Jason disparaisse, qu'il ne revienne plus lui parler et, en même temps, il espérait qu'il ne parte jamais trop loin. Si Jason s'approchait trop, James le repoussait, directement ou plus subtilement, pour qu'il ne l'atteigne pas trop profondément. C'était légitime, au fond, cette peur d'avoir mal. Après tout, son ancien ami l'avait déjà blessé, plus profondément que James voulait bien se l'avouer. Toutefois, cette distance, cette tentative évidente de haine envers Jason était difficile à prendre au sérieux quand on voyait agir James. Il tentait de se faire croire qu'il voulait se débarrasser de Jason, mais il le laissait toujours revenir. Il lui opposait sa tristesse ou sa colère, mais jamais assez fort pour l'éloigner réellement.

D'ailleurs, s'il avait tellement détesté Jason et si celui-ci n'avait vraiment eu aucune importance pour lui, ce tremblement de terre aurait été l'occasion parfaite de lui montrer qu'il ne valait rien à ses yeux. James aurait pu partir et le laisser là ou, par gentillesse ou par pitié, seulement le traîner jusque dans le couloir, histoire que quelqu'un d'autre le trouve. Mais non. James avait semblé prêt à se jeter du haut de son balcon pour trouver de l'aide. Il avait paniqué sans se laisser l'occasion de perdre du temps, il avait étouffé, il avait eu l'impression de mourir en voyant le sang de Jason beaucoup trop hors de son corps à son goût. Sans même réfléchir, il avait décidé qu'il sauverait son ancien ami. Et à n'importe quel prix. D'une certaine manière, il devait le faire parce qu'il l'avait envoyé dans le mur et que, sans ce geste, Jason aurait probablement été dans un bien meilleur état. James avait une conscience parfois trop envahissante, mais ce n'était pas celle-ci qui avait dicté son attitude. Il n'avait simplement pas pu agir autrement. Soit il sauvait Jason, soit il restait avec lui pour... Il aimait mieux ne pas envisager une autre idée que le sauver.

James avait échoué tant de fois à sauver la vie des gens. Trop de personnes étaient mortes sous ses yeux, avant même d'avoir poussé leur dernier soupir, et le jeune homme n'avait pas pu trouver comment les aider avant qu'il ne soit trop tard. Toutes ces morts le hantaient sournoisement, sourdement, au fond de son âme, mais il arrivait encore à leur faire face. Si Jason ne survivait pas, ce jour-là, ce serait une autre histoire...

Le jeune homme ne comprit pas trop ce qui se passait lorsque Jason s'agrippa à lui et au mur pour se relever. Il n'eut même pas le temps de protester, de lui dire qu'il devait se reposer et le laisser l'aider. Jason l'attrapa et il n'eut d'autre choix que le suivre à l'extérieur de la chambre en essayant de se représenter mentalement quel chemin ils parcouraient, car il était toujours aveugle. Il entendit Jason donner un coup dans ce qui était, logiquement, une porte.


-Bouge pas James, j'ai une idée, je crois.

Le bruit de vitre cassée lui donna envie d'enlever son collier, mais Jason le poussa avant qu'il ne puisse le faire.

-Mais qu'est-ce que tu...

Un coup donné avec quelque chose d'assez solide le fit taire. Jason avait-il vraiment autant d'énergie? Pourtant, il avait semblé si mal en point, dans la chambre. Peut-être avait-il seulement été un peu sonné, pendant un moment, et qu'il allait bien, maintenant... James en doutait, mais il voulait tellement le croire.

-Allez James, t'es aveugle ou quoi? C'est pas le temps de traîner.

James eut envie de sourire, à cause de l'ironie de la blague de Jason, mais il n'en eut pas le temps. L'hôtel fut à nouveau violemment secoué et la main de son ami s'échappa de la sienne alors qu'il la tendait instinctivement devant lui pour rattraper Jason, ce qui lui fit perdre équilibre. James tomba lourdement contre la rampe de l'escalier et celle-ci lui coupa le souffle pendant plusieurs secondes. L'hôtel s'immobilisa de nouveau et le jeune homme ne perdit pas de temps à demander à son ami comment il allait avant d'enlever son collier et de le jeter à côté de Jason en descendant vers lui.

-James... ça..va?

Le regard de Jason était perdu, pas assez brillant, trop dangereusement vide.

-Oui, Jason. Je vais nous sortir de là... Concentre-toi à aller bien.

À ne pas mourir.

James remit son collier avec désespoir. Il descendrait les dix-sept étages et demi dans le noir, en transportant Jason du mieux qu'il le pourrait, sans réfléchir au fait qu'il allait plus que mal. Il n'avait pas le droit de mourir. Pas le droit. Pas le droit...

Le jeune homme avait agrippé Jason et il s'apprêtait à le soulever quand quelque chose d'étrange se produisit. Le noir se dissipa complètement. James fut presque soulagé... jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'il n'y avait aucun escalier sous ses yeux. Il s'agissait donc d'une vision. Mais comment une vision pouvait-elle avoir lieu sans son consentement alors qu'il portait le collier? Peut-être l'avait-il involontairement déclenchée en s'inquiétant trop pour Jason.

Un couloir blanc. Des gens aux visages blanchâtres, aux vêtements aussi pales, aux yeux vides de couleur... Certains couraient, d'autres attendaient... Une chambre remplie de ces gens clairs, inquiets, et Jason dans un lit impersonnel. Des visages déçus, des papiers qu'on remplit... Heure du décès...

Les images trop blanches s'estompèrent pour laisser place aux escaliers. La vision avait chassé l'effet secondaire du collier, mais James aurait préféré rester aveugle qu'avoir ces images qui laissaient croire que Jason mourrait, ce jour-là. Il serait resté aveugle à jamais pour avoir la certitude que Jason vivrait. Seulement, il n'avait pas ce pouvoir. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était amener son ami aux secours le plus rapidement possible, avant qu'il ne soit trop tard. James souleva alors Jason, avec précautions, et entreprit de descendre les trop nombreux escaliers en souhaitant que sa vue ne reparte pas avant qu'il n'aie trouvé de l'aide. Il n'avait pas de temps à perdre à jouer à enlever et remettre son collier alors que Jason était en danger à ce point.

Il atteignit finalement le hall, plutôt épuisé. La crise de vision qu'il avait eu dans sa chambre lui avait coûté beaucoup d'énergie et descendre dix-sept étages et demi avec Jason n'avait pas été particulièrement simple. C'est donc d'un pas tremblant que James s'avança dans le hall en constatant que le magnifique lustre était désormais sur le sol. Puisque le tremblement de terre avait été particulièrement violent, des ambulances étaient déjà sur place. Il y en avait même une qui venait de partir, toutes lumières allumées. Un ambulancier remarqua d'ailleurs le duo qui venait de sortir des escaliers et on ne tarda pas à installer Jason sur une civière que James suivit jusque dans le véhicule qui l'amènerait à l'hôpital. Ses jambes refusaient de plus en plus de le porter, mais il ne s'en souçiait pas. Elles se reposeraient quand Jason serait soigné.

Un médecins et des infirmières s'occupèrent de Jason, pansant ses plaies, l'examinant et le branchant à un soluté. Puis, le James Harris qui avait assisté, de loin, à tout ce qui se passait, put enfin entrer dans la chambre. Il s'approcha une chaise du lit où reposait Jason et il s'y installa avec des mouvements sacadés, tellement ses jambes ne voulaient plus obéir. Il prit ensuite la main de l'autre jeune homme et commença à attendre qu'il se réveille. Seulement, il n'avait pas réalisé qu'il était lui-même extrêmement épuisé. Il ne fallut pas longtemps à son corps pour s'imposer un peu de sommeil, et la tête de James glissa jusque sur le lit, à côté de sa main. Ses yeux se fermèrent alors, après avoir lutté courageusement pour continuer à veiller Jason.

Son sommeil fut tout de même assez léger, car son esprit ne voulait pas abandonner Jason. Il ne fallut donc qu'un tout petit détail pour que ses yeux se fixent à nouveau sur son ancien ami, sans aucune lueur de sommeil pour les embrumer.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Pv Mon namoureux... euh, James] [TERMINÉ]

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