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Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre]

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MessageSujet: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mar 29 Juin - 16:13

... les choses arrivent sans qu'on puisse en changer quoi que ce soit.

Jason n'avait jamais cru en un quelconque dieu, un quelconque Jésus qui aurait fait tant de miracles, comme changer l'eau en vin (mais à quoi ça sert comme miracle ça ein?), ou alors revenir à la vie après son décès (et alors, si t'es plus tangible, ça sert à rien). Il n'y avait jamais eu de personne qui avait un jour existée et qui était en mesure de nous prouver que Dieu, ou alors un dieu, était derrière tout, que c'était lui qui avait tout créé. Aucune religion était plus possible qu'une autres, les plus populaires étant toutes la même chose, mais avec un dieu différent. Il n'y avait aucune originialité là-dedans, ce n'était qu'une secte comme une autre, à l'échelle internationale.
S'il y avait eu un dieu quelque part, qui rendait justice à tout, Jason serait mort depuis longtemps.
Mais s'il y avait un dieu quelque part, qui rendait justice à tout, Jason ne vivait que parce que James le méritait, peut-être.

Le tremblement de terre qui venait étrangement de secouer particulièrement l'hôtel avait été des plus violents. Il n'avait aucune idée de l'étendue des dégâts mais il savait qu'au dix-huitième étage, ce n'avait pas été des plus jolis. Il avait eu une petite pensée pour le stationnement sous-terrain qui devait avoir fait des siennes, puis au dortoir des employés où il y avait probablement des gens, comme toujours. Restait à espérer que l'hôtel n'avait pas fait une chute sur elle-même sinon plusieurs pleureraient la mort de dixaines d'employés. Jason continuait d'espérer tout de même que l'hôtel allait bien, il commençait à l'apprécier un peu.


-James... ça..va?

Sa voix avait été tellement faible, peut-être que James, même s'il avait été aux côtés de lui ne l'aurait même pas entendu. Du moins, c'est ce qu'il croyait, il avait eu peine à s'entendre, ne se rendant pas compte qu'il avait du mal à entendre tout ce qui se passait autour. Ceux plus haut devaient déjà être descendus, l'escalier était complètement déserte, ou alors étaient-ils tous pris derrière la porte.

-Oui, Jas... Je vais ...tir de là... Con...toi ...bien.

Il aurait aimé entendre quoi que ce soit, mais James devait être vraiment très faible pour être incapable de parler un peu plus fort et dire une phrase qui se tenait. Jason tourna automatiquement la tête vers les escaliers, là où il croyait avoir presque entendu la voix. Son regard bascule et la seule chose qu'il se rappela avant la grande noirceur, ce fut de remarquer que le plafond était fissuré, dangereusement fissuré.

Il ne comprenait vraiment pas grand choses, peut-être venait-il de rater la moitié de sa vie? Il se rappelait des paroles un peu trop flous de James, mais après ça... Un gros point d'interrogation flottait dans sa tête tandis que la douleur qu'il ressentait à sa gorge le réveilla, tout en douceur. Ses yeux s'ouvrirent très lentement, essayant de combattre la lumière. La pièce semblait vraiment très claire, il n'était pas dans l'hôtel c'était certain. Il comprit qu'il en avait peut-être manqué un bout, la terre avait arrêté de secouer sous lui même s'il pouvait sentir encore ses muscles tenter de combattre un tremblement invisible. Une chaleur dans sa main le rammena rapidement sur terre, comme si quelqu'un pouvait tenir à lui au point d'être resté. La chevelure brune aux reflets dorés et le visages masculin encore trop flou lui firent comprendre de qui il s'agissait, il en fût presque déçu. Pourquoi lui tenait-il la main, encore? S'il voulait être ami, qu'il agisse ainsi.
Il enfonça sa main un peu plus, s'aggripant à James puis souria bêtement.

Le mouvement de tête lui fit comprendre qu'il se réveillait lui aussi. Il baissa le regard vers lui alors qu'une infirmière passait dans le couloir. En voyant qu'il avait les yeux ouverts, la très charmante et hospitalière infirmière lui rappela quelques consignes très rapidement, juste après avoir jeté un regard étrange à James, dont celle de se taire le plus possible. Dommage, il en avait tant à demander maintenant. Il reporta son regard sur James puis posa une simple question à laquelle son ami pouvait lui répondre de tant de façons.


-Alors?

Alors quoi? C'était à Monsieur de décider.
Là, il se fichait complètement du reste de l'hôtel, des probables autres victimes qui reposaient probablement dans d'autres chambres.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mar 6 Juil - 23:20

[Et je ne vois toujours pas en quoi James a été méchant.]

S'il y avait eu un dieu quelque part, qui rendait justice à tout, Jason serait mort ce jour-là, lors du tremblement de terre, juste pour faire du mal à James. Pour l'achever. Il avait gâché trop d'occasions, trop de chances, pour en mériter une de plus. Même alors qu'il était l'ami de Jason, il n'avait pas été capable d'être totalement vrai. Il disait lui faire confiance, mais il lui cachait une grande partie de lui-même. Il s'était montré lâche, comme si c'était étonnant. Puis, après l'avoir perdu pendant plus d'un an, il l'avait repoussé soigneusement, une fois qu'il l'avait retrouvé. À chaque fois que Jason risquait de revenir dans sa vie, il l'éloignait, volontairement ou non. Il ne savait rien faire d'autre. Si une quelconque justice avait existé, James aurait enfin eu ce qu'il méritait: une solitude glaciale et amère doublée d'une culpabilité étouffante dans lesquelles se laisser disparaître douloureusement. Parce qu'il n'était pas assez fort pour survivre à Jason, du moins, pas complètement. Il était probable qu'il pourrait continuer à être là et à agir presque normalement, mais les rares personnes le connaissant sauraient voir tout ce qui s'était éteint dans son regard. Et qui ne se rallumerait pas. Mais il n'y avait pas de dieu, quelque part, qui rendait justice à tout, et Jason était encore vivant. James avait une nouvelle chance à gâcher.

Alors qu'ils descendait les escaliers, James n'avait aucunement porté attention au plafond, fissuré ou pas. Toute sa concentration était allée dans ce qu'il faisait. Il ne devait pas manquer de force et tomber. Il aurait pu blesser Jason...encore plus. Plusieurs fois, d'ailleurs, il sentit ses jambes faiblir et il eu peu de ne pas arriver à se rendre au hall, mais sa volonté d'aider Jason était beaucoup plus puissante que celle de son corps de se reposer. Il avait donc fini par atteindre le hall, même si ses jambes tremblaient et même s'il commençait vraiment à être étourdi par cette trop grande demande d'énergie.

Le léger mouvement de la main de Jason dans la sienne avait suffi à ramener James très loin du sommeil et il l'avait reserrée, un peu... Si Jason pouvait bouger, c'était bon signe, non? James était terrifié et il le resterait tant que son ancien ami ne serait pas hors de cet hôpital, dans un état acceptable. Tant qu'il y était encore, il y avait un risque, une possiblité que sa vision se réalise. Et rien, ou presque, ne le terrifiait autant. Jason Badley n'avait pas le droit de mourir. Point.

Lorsque les yeux de James croisèrent ceux de Jason, ils devaient leur crier sa peur de le perdre. Ce n'était pas volontaire. Le jeune homme ne tenait pas à montrer à son ancien ami à quel point il avait eu peur pour lui et comment il s'inquiétait encore. Cependant, son regard débordait de ces vérités et sa simple présence aux côtés de Jason, à ce moment-là, en disait tout de même beaucoup. Si James avait choisi de l'abandonner aux infirmières et compagnie, Jason se serait réveillé tout seul. Comme s'il ne comptait pour personne. Toutefois, cette idée n'avait même pas traversé l'esprit de James; elle ne justifiait pas sa présence. Il était là parce qu'il ne pouvait pas être ailleurs. Il devait veiller sur Jason. Il se sentait incapable de faire autrement.

Les yeux rivés sur Jason, comme si le regarder pouvait empêcher son état d'empirer, James ne remarqua pas l'oeillade étrange de l'infirmière. Il écouta néanmoins ses recommandations et il fut presque soulagé quand elle dit à l'autre jeune homme de parler le moins possible. James commençait à savoir que ses discussions avec Jason se terminaient rarement bien. Malheureusement, Jason parla, à peine un peu, un seul mot...


-Alors?

Pas de précision, pas d'attente officielle d'une réponse en particulier... Pourtant, James sentait que Jason espérait certainement autre chose qu'un compte-rendu objectif de la situation, mais il ne savait pas quoi lui dire. Il ne le savait jamais. Ne pouvaient-ils pas rester simplement ainsi, la main dans celle de l'autre, figés dans le temps et l'espace blancs de cette petite chambre d'hôpital? Devaient-ils vraiment se lancer dans une nouvelle descente? James la sentait venir...

-Tu as perdu conscience... Je t'ai descendu jusqu'au hall, ou il y avait déjà des ambulanciers qui t'ont amené jusqu'à l'hôpital... et voilà...

Il avait arrêté de regarder Jason avant de finir de parler, très conscient qu'il en avait dit bien moins que nécessaire. Mais la ligne entre ce qu'il sentait qu'il devait dire et ce qu'il avait envie de dire était tout embrouillée dans son esprit. Il ne savait plus où il en était. Il aurait simplement voulu éviter de revenir sur tout ce qui venait de se passer, mais il devinait que Jason n'était peut-être pas de cet avis et, généralement, la volonté de Jason surpassait la sienne.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mer 7 Juil - 3:07

Il se réveillant dans un néant particulier, incapable de dire au même moment où il était, mais sachant qu'on prenait soin de lui ici. Son corps répondait étrangement aux signaux que son corps lui envoyait, conséquence probablement dûe aux étourdissements qui s'attaquaient à sa tête. Jason avait cette impression de se réveiller d'une longue vision et de ne pas être dans la même pièce que lorsqu'elle avait commencée. Peut-être était-ce cela, une vision annonçant qu'il se devait de secourir à nouveau l'hôtel, ou alors un rêve lui montrant des choses qu'il désirait, sous un angle un peu spécial. Il aurait souhaité que cela ne se produise pas réellement, il regrettait légèrement les gestes qu'il avait posé avant les tremblements, alors qu'il était lui-même mais qu'il agissait comme s'il était un nouveau Jason, plus libre, plus fou, plus apte à jouer sans regretter. Qu'il le veuille ou non, James l'avait changé, encore. Il se devait de l'accepter même s'il préférait de loin être celui qu'il était durant son absence, pris d'une liberté incomparable, jouant les Don Juan et s'amusant tout en profitant des chaleurs de la vie. Il aimait être qui il était, même s'il détestait être ce personnage. Toujours en constante contradiction, James n'avait pas changé cela. Il restait toujours un peu de cet être hypocrite qui ne voulait que son propre bien, même si maintenant il tentait d'aider celui des autres, à sa façon.

Lorsqu'il parla, sa gorge s'empressa de lui rappeler qu'il était bel et bien dans la réalité. L'infirmière lui avait conseillé de se taire et avec raison. Il regretterait probablement de parler, mais cela faisait partie de la liste des choses qu'il aimait faire. Ça avait beau être James, Jason aimait encore plus parler, il en avait toujours à dire même si le jumeau n'en disait souvent que très peu. C'était une situation rêvée pour lui: il pouvait rester détaché dans ses paroles tout en sachant que le Badley n'astinerait pas pour en savoir plus. À sa question un peu trop compliquée, James répondit vaguement, lâchement. Il n'avait pas changé d'un trait depuis toujours, il aimait tant en dire peu, laisser planer un doute mortel. Dès que James détourna le regard, l'accidenté retira sa mien de celle de l'autre en détournant le regard lui aussi. Il en avait assez de cette façon de faire. Il avait agit comme il l'avait fait pour que Monsieur parle un peu plus, qu'il sache mettre des gestes sur ses mots et il ne le faisait pas vraiment. Était-il perdu à ce point?

Il se retourna légèrement sur le côté, le visage vers la fenêtre, à l'opposé de son visiteur. S'il n'avait toujours rien à faire de plus de Jason, que faisait-il ici? Si l'hospitalisé n'était pas clair avec lui-même, il l'avait plutôt été avec l'autre, mais l'autre restait toujours de marbre, une statue un peu agace et à la fois trop glaciale. Il avait été sculpté de façon grossière ou trop fine, mais c'était trop, ou pas assez. Il était le même à l'extérieur, comme si rien à l'intérieur n'avait changé. Jason était-il aveugle au point de s'imaginer des choses, encore?


-C'est gentil.

Le ton détaché fit irruption dans sa voix malgré lui. Il aurait aimé la contrôler, mais finalement, après que les paroles fûrent prononcées, il n'en regretta point le moindre détail. Il regarda l'extérieur qui semblait toujours aussi resplendissant vu d'ici malgré ce qui s'était passé. Étaient-ils seulement la même journée. Il se retourna sur le dos, à nouveau et le regarda longuement. Il n'avait pas particulièrement de signes montrant qu'il l'accompagnait depuis des jours... peut-être des heures...

-Et toi, ça va? T'as pas trop eu mal?

Pouvait-il dire ce qu'il voulait dire? Était-ce éthique? Était-ce d'attirer des problèmes?

-Je t'ai pas fait trop mal?

Peut-être n'entenderait-il même pas, mais ça le libérait à nouveau de prononcer des paroles. La douleur se fit ressentir davantage, comme si le destin lui imposait de se taire.
Qu'il aille se faire foutre lui aussi, il n'en avait rien à faire de ce connard de destin qui voulait décider de tout. S'il voulait parler, il parlerai!


-T'es ici depuis quand?
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mer 7 Juil - 23:35

De manière générale, James n'avait rien contre parler. Répondre aux questions le dérangeait un peu plus. S'expliquer lui donnait envie de fuir. Trouver les bons mots avec Jason était pire que tout le reste. Pour parler de tout et n'importe quoi, le jumeau pouvait se montrer presque intarissable. Quand on lui en donnait la chance, il lui arrivait de se montrer vraiment amusant, intéressant, joyeux... Il pouvait délirer, faire rire, avoir l'air normal...mais s'il s'agissait de sujets plus sérieux, plus profonds, il se sentait tomber dans un trou sans fond, un gouffre infini de points d'interrogations émiétés sur des parois de silence. Alors, soit il sortait un humour de goût douteux, soit il se contentait de garder le silence ou encore de changer de sujet. Il avait peur de tout ce qui pouvait vraiment l'atteindre. Discuter avec Jason n'était donc pas tellement facile pour lui. Toutefois, il réservait ces réactions décevantes pour tous ceux qui essayaient trop fort de le comprendre. Drake y avait goûté plus d'une fois, d'ailleurs. Ce qu'il ne pouvait pas saisir sans que James le lui explique, son frère ne l'aurait certainement pas par des explications. James était assez frustrant à côtoyer, au fond. Il donnait parfois l'impression de se moquer éperduement de ce que les autres pouvaient penser ou ressentir, mais c'était simplement parce qu'il ne savait pas s'ouvrir sans se déchirer un peu. Alors, il évitait les vérités trop coupantes.

Jason retira sa main de celle de son ancien ami et ce dernier essaya de ne pas en tenir compte. De ne pas être désolé. Pourtant, sa main, elle, avait légèrement bougé dans la direction de l'autre jeune homme, un peu comme si elle cherchait la chaleur que James avait laissé partir. La chaleur qui ne semblait pas avoir envie de revenir.


-C'est gentil.

Ce ton détaché...c'était pire que des paroles haineuses. N'avait-il vraiment rien à faire de lui? Il avait arrêté de le regarder et James se demandait s'il devait partir. Bien sûr, il n'irait pas bien loin, car il ne voulait pas laisser son ancien ami seul. Il attendrait probablement dans le couloir, histoire de garder un oeil sur l'autre jeune homme sans l'encombrer de sa présence. Peut-être était-ce ce que Jason voulait; qu'il parte et qu'il le laisse tranquille, comme il le lui avait dit lorsqu'il était arrivé dans sa chambre, avant ce foutu tremblement de terre. Le jeune homme faillit bien se lever, mais deux choses l'en empêchèrenent. Premièrement, ses jambes refusèrent de bouger, trop engourdies et vides de force. Puis, lorsque James chercha en lui plus de volonté pour se lever, Jason bougea et se tourna pour le regarder. James soutint son regard du mieux qu'il le pouvait, se tenant le plus droit possible et chassant du mieux qu'il le pouvait la fatigue et l'angoisse qui se mélangeaient à la couleur de ses yeux.

-Et toi, ça va? T'as pas trop eu mal?

James eut un demi-sourire teinté d'un mélange de tristesse, d'amertume et de moquerie.

-Je m'en sors... Après tout, c'est pas moi qu'on a mis dans un lit d'hôpital. D'ailleurs... tu ne devrais pas te taire et te reposer? La demoiselle en blanc l'a bien dit, tout à l'heure...

Toujours cette peur, cette inquiétude. Et s'ils n'avaient pas échappé à la vision? Peut-être que la mort de Jason était prévue pour dans quelques minutes, quelques secondes...

-Je t'ai pas fait trop mal?

Le demi-sourire s'éteignit complètement.

-De quoi tu parles? Je suis quand même celui qui t'a balancé dans un mur... Ça serait plutôt à moi de te poser la question. D'ailleurs, je...

Son ton avait été plutôt dur, mais James n'était pas fâché contre Jason, mais plutôt contre lui-même. Il s'en voulait tellement de l'avoir mis dans cet état. Il s'était tû subitement, alors qu'il amorçait une nouvelle phrase, en réalisant sur quel terrain il était en train de glisser. James Harris abordait très exactement le sujet qu'il voulait éviter à tout prix. Ne trouvant pas quoi dire pour orienter la discussion autrement, il se contenta de soupirer en regardant ailleurs. Il espérait vraiment que Jason ne se serve pas de cette occasion pour l'obliger à continuer sur le sujet. Après tout, c'était la faute de James s'il se retrouvait à l'hôpital. Il avait bien le droit de jouer sur sa culpabilité.

-T'es ici depuis quand?

-Depuis que les médecins m'ont laissé entrer.


C'était à la fois vide et complet, comme réponse. C'était moins pathétique que dire qu'il était resté à tourner en rond devant la chambre en attendant de pouvoir aller près de Jason et c'était plus précis que de dire qu'il était là depuis un moment. Cependant, la subtile gêne du Harris alors qu'il répondait pouvait suffire à laisser croire qu'il n'avait laissé Jason aux médecins que le temps nécessaire et qu'il n'aurait quitté la chambre, ensuite, à aucun prix. C'était assez pour rendre jaloux tous ces malades au bord de la mort qui dépérissaient tranquillement sans aucune compagnie, quelques étages plus haut.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Jeu 8 Juil - 1:17

Effectivement, James était capable, rarement, mais capable de se montrer affectueux et même amusant. Jason y avait goûté pendant vraiment longtemps, c'est justement ce qu'y avait rendu James tellement intéressant. Avec Jason, il était heureux, un peu plus libre, fou et avec les autres, il était sobre, un peu sombre et à la fois plutôt moche. Le Badley s'était toujours sentit privilégié là-dedans, il aimait quand on lui portait une attention particulière et la moindre personne connaissant un peu James savait qu'en présence du bel homme, il ne faisait que porter des attentions particulières. Parfois, elles étaient particulièrement décevantes, mais différentes à coup sûr des réactions que les autres auraient obenues. Il était soit tout, soit rien. Soit il était trop fâché, ressentait trop de culpabilité, trop de rage, trop de haine, trop de culpabilité, trop de tout, soit il était une oeuvre d'art en marbre qui restait perchée sur place. Il avait soit beaucoup de personnalité, soit aucune. Le milieu n'existait pas en présence de Jason, c'est du moin l'impression qu'avait l'handicapé de la gorge.

Jason non plus n'était pas le même en sa présence, comment le rester. Par contre, c'était jamais du pas assez, c'était constamment TROP. Beaucoup, beaucoup, beaucoup, énormément vraiment trop. Trop de haîne, trop de trahison, trop de stupidé, trop de conneries, trop d'affection, trop de désespoir, trop d'espoir, trop d'attentes. Il croyait, à travers les années de sa vie avoir découvert davantage sur l'attitude humaine, il croyait pouvoir tour réussir mais lorsqu'il s'agissait de James, il perdait toutes ses notions. Il était dur de ne pas être vrai avec lui mais il était encore pire que de ne pas l'être. Pendant des mois, il s'était efforcé à détester James, à le repousser, à le sacrer hors de sa vie pour en finir et il n'avait même pas réussit. En lâche, il s'en remettait à ce qui lui restait, être vrai. Ce n'était pas une mauvaise chose, mais il doutait être capable d'arriver à ses buts de cette façon. Du moins, il croyait que son objectif n'avait pas changé, il se forçait à le croire. Harris devait sortir de sa vie, de quelque manière que ce soit...
Tant qu'il ne subisse aucune blessure, cela convenait à Jason.

Il était plutôt difficile de repousser quelqu'un sans le trahir, lui crier dessus, lui faire de la peine ou lui mentir. Il se devait donc obligatoirement de lui faire de la peine, même s'il ne l'avait pas voulut. Il avait essayé d'abréger les souffrances en agissant dès le début mais les tentatives répétées n'avaient menées qu'au résultat dans lequel ils baignaient ensemble. Au moins, maintenant, il s'agisseux d'eux, et non de chacun d'eux. Jason ne savait pas si c'était vraiment une bonne chose,
ni si cela allait durer plus que quelques heures.
Il voulait qu'il parte, qu'il le laisse tranquille dans sa chambre afin de pouvoir jouir de cette solitude dans laquelle il espérait sombrer. D'un autre côté, sa poitrine lui criait de lui faire un gros calin parce qu'il le méritait après tout. Aucune des deux solutions de plaisait vraiment auc deux partis, il était difficile de trouver un terrain d'entente.
C'est un peu comme si on demandait aux États-Unis et à L'Irak de signer un traiter de paix, sans lâcher la moindre bombe juste avant.


-Tu sais bien que je m'en fiche de ses consignes. Mais de toute façon, entre nous deux, c'est toi qui a l'air le pire je dirais.

Il voulait probablement que Jason se taise, qu'il n'aborde aucun sujet qui risquerait de choquer James, de lui en faire dire trop. Tant pis, pourquoi devait-il se taire sur de tels sujets? Il voulait en savoir un peu plus, pourquoi son ami... l'avait retenu avant de le pousser viollament contre le mur, pourquoi ne lui avait-il pas crié après, pourquoi était-il encore ici? Quand il disait qu'il lui tournait autour...

-D'ailleurs, je...
-Arrête de retourner mes questions James... De toute façon je sais que t'as pas envie d'en parler, t'as jamais envie d'en parler.


Il ne relança pas plus loin. Il ne disait pas qu'il le comprenait, il ne le comprenait pas. Le petit soupir qu'il laissa échapper s'évapora malgré lui. Il en avait assez d'éviter les sujets de ce genre. En fait, James et lui en avait parlé, dans des conditions peu favorables à la vérité et au calme, dans les bois par exemple, un pêu dans la chambre aussi.

*De toute façon, dès que ça nous concerne les deux t'as pas envie d'en parler, que ce soit bon ou pas*

Peut-être s'agissait-il d'une honte? Regrettait-il de s'être attaché au monstre que représentait Jason Badley?


-Depuis que les médecins m'ont laissé entrer.

Il le regarda longuement sans aucune réaction. Il ne savait pas vraiment ce qu'il devait en penser, s'il devait être content ou non. Une seule personne était à la fois capable de faire des bons gestes et de le torturer et comme par hasard, elle se trouvait jamais très loin. Encore une fois, elle était à côté de son lit... joie!
Il se releva légèrement et se tassa sur le côté du lit, créant un espace à ses côtés. Les lits d'hôpital, c'est plutôt grand, tant mieux...


-Allez, t'as encore plus besoin de te reposer que moi

*Et moi j'ai pas envie de parler, ça me fait mal... sur bien des facettes*
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Jeu 8 Juil - 11:07

Quand on ne connaissait pas le James que Jason avait connu, celui que tout le monde côtoyait pouvait avoir un peu de charme. Il était sympathique, assez amusant même s'il était plutôt sérieux... On se disait tout de suite qu'il était quelqu'un de bien, digne des parfais héros un peu ennuyants et tous pareils des grands films américains. Il se montrait dévoué, prêt à aider tout le monde. Il devenait même un peu chiant, tant qu'on ne le connaissait pas assez pour deviner les défauts qu'il s'efforçait de cacher. Peu de gens les avaient entrevus et, étrangement, c'était les mêmes personnes qui savaient que James était bien plus intéressant qu'il ne le paraissait.

Entre Drake et Jason, il était difficile de dire lequel en savait le plus. Le premier avait l'avantage du temps. Les années lui avaient permis d'apprendre à voir ce que son frère s'efforçait de taire, à entendre les non-dits, à s'approprier le droit de poser calmement des questions que d'autres n'auraient même pas eu le droit d'essayer de formuler mentalement. À lui et à lui seul James répondait sans trop s'emporter, sans trop mentir... Puisqu'ils étaient jumeaux, les deux frères arrivaient rarement à se mentir et c'était un miracle, un malheureux miracle, que James réussisse à cacher autant de choses à Drake. Et depuis aussi longtemps... Pour Jason, c'était plus étrange. Il n'était pas son frère jumeau ; il était même très loin de lui ressembler. Pourtant, il avait ce pouvoir indescriptible sur James, cette faculté de l'empêcher d'être trop faux. Les mensonges devenaient brûlants, presque autant que la vérité. Et James se retrouvait perdu entre les deux. Il essayait, souvent vainement, de se montrer de marbre pour éviter... Au fond, il ne savait pas vraiment ce qu'il tentait tellement d'empêcher. Il avait peur, c'était tout. James Harris était terrorisé par ce que Jason était capable de faire de lui, par tout ce qu'il faisait naître et mourir en lui en même temps.

James était difficile à suivre; ce n'était pas une nouveauté. Pourquoi s'acharnait-il à revenir vers Jason? Ils étaient tous les deux conscients de vouloir se débarrasser l'un de l'autre. Étaient-ils si faibles? Et, si oui, quelle était donc cette chose plus forte qu'eux qui les soumettait à sa volonté de les voir ensemble? James lui aurait bien fait comprendre à coups de poings de leur foutre la paix.

Entre les États-Unis et l'Irak, James était plutôt le second. Les attentats suicides, c'était bien son genre de connerie. Faire du mal jusqu'à en crever soi-même. Lancer une bombe et ne pas avoir le courage de voir l'explosion, les blessés, les morts... Du James Harris comme Jason devait avoir l'habitude d'en voir. Lâche, lâche, lâche.


-Tu sais bien que je m'en fiche de ses consignes.

-Eh bien pas moi.


En réalisant ce qu'il venait de dire, James ne sut faire autrement qu'alléger ses paroles d'un peu d'humour mal placé...

-Je me suis pas tapé la joyeuse descente de l'hôtel pour que tu agraves tes blessures stupidement une fois arrivé à l'hôpital.

Encore une fois, il n'arrivait pas à assumer pleinement qu'il s'en faisait pour Jason. Tout sauf le lui montrer.

-Mais de toute façon, entre nous deux, c'est toi qui a l'air le pire je dirais.

Il n'était pas d'accord, mais il ne releva pas. James ne voulait pas donner une excuse de plus à Jason pour parler plutôt que se reposer. Il se concentra donc à refouler un peu plus son angoisse que sa vision se réalise.

-Arrête de retourner mes questions James... De toute façon je sais que t'as pas envie d'en parler, t'as jamais envie d'en parler.

James ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il la referma aussitôt, comme s'il craignait que quelque chose d'horrible s'en échappe. Toujours cette peur. Il ne savait pas quoi dire, ni comment le dire... Jason avait raison, il ne voulait pas en parler. Jamais. Quelque part, au fond de lui, une petite voix lui murmurait que ce n'était pas bien, qu'il finirait par le regretter, mais James n'en était pas à ses premiers regrets. La petite voix pouvait bien aller se faire voir. Il risquait moins en se taisant qu'en parlant. Et, comme toujours, la lâcheté l'emportait sur tout le reste.

-Allez, t'as encore plus besoin de te reposer que moi.

Logiquement, c'était à ce moment qu'il proposait d'aller chercher du café, ou n'importe quoi d'autre, pour sortir de la chambre et éviter de répondre. La dernière fois qu'il avait partagé un lit avec Jason Badley, James en avait eu pour un bon moment à en assumer les conséquences. Cette fois-ci, toutefois, c'était bien différent. Il n'était pas question de contrôle, de rapprochements trop dangereux... Et James se sentait incapable de refuser quoi que ce soit à Jason après lui avoir fait tant de mal et, en plus, après avoir encore évité de parler sérieusement. Ça commençait à faire beaucoup, dans une même journée. Le jeune homme se leva donc péniblement de sa chaise pour prendre docilement place à côté de Jason, en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour que leurs corps ne se touchent pas. Il ne fallait pas trop en demander. Après quelques instants à fixer le plafond, James se décida même à parler un peu...

-Je m'excuse. J'aurais dû te parler de mon pouvoir magique, surtout après que tu m'aies parlé du tien. J'avais peur... et je ne peux même pas t'expliquer de quoi. Je suis un trouillard, au fond... J'ai été lâche et con, mais tu dois commencer à en avoir l'habitude... Je suis désolé, Jason, j'aurais vraiment dû t'en parler...
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Jeu 8 Juil - 14:17

Ah, ce n'était pas que James n'était pas capable d'avoir du charme, non non. Il était capable d'en avoir, même lorsqu'on le connaissait depuis longtemps, qu'on avait vu plus de facettes que la plupart des gens. C'est simplement que James en avait peut-être un peu moins... surtout qu'il avait du mal à l'utiliser lorsqu'on le connaissait trop. C'est aussi parce qu'il avait peur qu'on le connaisse davantage, qu'on en découvre un tout petit peu plus s'il osait essayer d'avoir du charme encore. Il aimait tant être autre chose que lui-même. Il aimait être la réplique des héros des films, il aimait essayait de jouer les rôles parfaits qu'il n'arrivait pas du tout à jouer. Franchement, côté acteur, il était vraiment très mauvais. De plus, dans les films, les héros savent faire preuve de bon jugement, pas James Harris, pas toujours du moins.

-Eh bien pas moi.

Ça avait l'air... comment dire... un peu trop dramatique. James voulait peut-être à nouveau jouer le héros, mais Jason s'en fichait éperdument. Pourquoi, soudainement, tenait-il tant à ce que Jason se ferme la trappe? Qu'y avait-il de si dangereux à ce qu'il parle, qu'il laisse s'échapper quelques paroles. Pour lui, personnellement, il n'y avait aucun danger, sa situation était apparemment stable et parler ne ferait pas tant de tord. Pour James, les paroles représentaient des menaces constantes, mais c'était la première fois qu'il lui ordonnait de se taire ainsi. Avait-il peur à ce point?
Foutu trouillard
.

-Je me suis pas tapé la joyeuse descente de l'hôtel pour que tu aggraves tes blessures stupidement une fois arrivé à l'hôpital.

*De toutes façons, je suis déjà à l'hôpital, t'aurais pas à faire le chemin cette fois-ci. Et en plus, si j'aggrave mes blessures et que je perds ma faculté de parler, tu n'en serais que content. Alors arrête de trouver des excuses complètement stupide*

Si celui qui avait l'air dans le pire état était Jason, il n'avait vraiment pas hâte de se voir dans un miroir. James avait l'air complètement épuisé, un peu amoché, ses yeux se fermaient tout seul, mais étaient aussi exorbités que possible à la fois. Il avait même perdu un peu de couleurs.

«t'as jamais envie d'en parler.» James ouvrit la bouche et Jason allait lui sauter dessus pour lui donner un solide coup suite à lequel il n'aurait pas envie de parler. Qu'il ose dire le moindre mot et il allait lui faire regretter. Il n'avait pas dit cela pour que le Harris parle maintenant, il l'avait dit pour lui faire regretter de ne pas avoir parlé avant et pour lui faire regretter ce qu'il ne dirait pas plus tard. Oui, il était méchant, il en était conscient, mais après ce qu'il avait fait, Jason n'avait-il pas le droit de dire des choses comme ça? D'accord, il avait fait des gestes plutôt gentils, comme le sortir de l'hôtel et tout plein d'autres, mais quant à le laisser bretter comme il le faisait, pourquoi ne pas l'avoir laissé dans sa chambre en espérant qu'elle s'effondre sur lui? Ce aurait été plus simple, oui oui. Jason n'aurait pas souffert physiquement, et James aurait été débarrassé. C'est ce qu'il désirait depuis longtemps non?
Non, et Jason le savait. C'est ce qui le frustrait le plus.

Autant par compassion que par désespoir [tient, c'est qui qui fait le plus con maintenant?], Jason se déplaça sur le côté. C'était stupide, mais ce déplacement se fit sentir jusque dans sa gorge, alors l'autre con était mieux d'en profiter parce qu'il allait le regretter ça aussi plus tard. Il lui proposa indirectement de prendre place à côté de lui, ce qui paraissait encore plus con que tout le reste. Vous imaginez les gens passer et voir James et Jason dans le même lit d'hôpital, ce James 'pas gay' qui fréquente l'une des pires bêtes de l'hôtel? D'ailleurs, avec ce tremblement, il devait bien y avoir d'autres résidents quelque part? Le Harris prit tout de même la place sans montrer le moindre enthousiasme. Si ça le dérangeait autant de venir à côté de lui, alors pourquoi venait-il ein? Jason attendrait qu'il s'endorme puis partirait, tout simplement. À peine était-il allongé à ses côtés qu'il le regrettait déjà, qu'il souhait qu'il se relève et prenne la direction de la porte. Ce qu'il pouvait se trouver con parfois.

Le silence fût plutôt long, mais pas dérangeant. Il n'avait rien à lui dire, alors pourquoi devrait-il ouvrir la bouche? Lorsqu'il entendit les syllabes s'échapper de James, il poussa un soupir muet. Pourquoi devait-il parler à nouveau? Il s'excusa... ouais, il s'excusa. Mais quel con il faisait ce James. Il avait raison sur toute la ligne. Oui, il le trouvait lâche, oui il le trouvait vraiment con, trouillard aussi et oui, il en avait l'habitude mais non, il ne commençait pas à s'y faire.


-...j'aurais vraiment dû t'en parler...
-Ta gueule. Si j'ai pas le droit de parler, toi non plus.


C'est à se demander qui fuyait le plus la réalité en ce moment. Le silence s'imposa à nouveau, il avait cette habitude de les fréquenter.

-Mais oui, t'aurais dû m'en parler, même si j'en sais pas plus maintenant.

Après tout, oui, il savait maintenant que James avait un pouvoir, mais que savait-il de cela? Son pouvoir le faisait souffrir lorsqu'il n'avait pas son collier, mais c'est tout ce qu'il savait. Et Jason doutait qu'un pouvoir ne servant à rien d'autre que de faire mal à celui qui le possédait puisse exister, alors il devait y avoir autre chose, mais James n'en avait rien dit, comme toujours. Encore une fois, parler serait laisser Jason en découvrir plus sur sa petite personne, ça lui faisait si mal de se faire découvrir.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Lun 19 Juil - 11:51

James était peut-être un mauvais acteur, au fond, mais il arrivait tout de même à faire croire à la majorité des gens qu'il connaissait que le personnage qu'il jouait était bien réel. Peut-être étaient-ils de mauvais spectateurs, eux qui avalaient ce jeu peu crédible pour ceux qui le voyaient tel qu'il était. James distribuait les mensonges, tel un père Noel pathétique et déchu; il leur donnait l'apparence de présents qui rendaient tout le monde heureux mais, sous l'emballage, c'était la même boîte vide pour tout le monde. Des riens plus faux les uns que les autres, des cachettes invisibles pour des vérités qui semblaient déterminées à toujours fuir.

« Il aimait tant être autre chose que lui-même. »

James Harris peinait souvent à se rappeler comment être vrai, même lorsqu'il en avait envie. Il avait tellement l'habitude de faire des efforts pour croire lui-même à l'image qu'il s'était construite qu'il en oubliait presque qui il était vraiment. C'était peut-être mieux ainsi. Il était sa plus grande déception, un échec perpétuel qu'il ne pourrait jamais fuir. Ignorer, même illusoirement, à quel point il se détestait lui permettait de se donner l'impression d'avancer, d'être un peu plus normal, plus heureux. Un jour, peut-être effacerait-il complètement de sa conscience toute trace de vérité au point que même ceux qui le connaissaient, comme Jason ou Drake, s'imagineraient qu'il était vraiment ce héros presque ordinaire que personne n'était arrivé à être avant lui. Et, si même eux y croyaient vraiment, le vrai James Harris aurait finalement disparu au fond du mensonge et plus rien ne pourrait briser les chaînes qu'il s'était mises lui-même.

Jason avait eu la gentillesse (?) d'offrir à James de s'allonger, lui aussi, et ce pauvre con avait obéi et était venu s'installer à côté de lui. C'était un peu absurde... Quelques heures plus tôt, Jason venait lui dire d'éviter de fréquenter les mêmes endroits que lui lorsqu'il y était et, maintenant, il lui proposait de se coucher près de lui. C'était illogique, incohérent...Au fond, c'était exactement dans les habitudes de James et Jason. Ils perdaient un pourcentage considérable de leur intelligence lorsqu'ils se côtoyaient, depuis un certain temps. Ils faisaient le contraire de ce qu'ils voulaient, disaient n'importe quoi, se faisaient du mal quand ils voulaient se rapprocher et s'aidaient lorsqu'ils souhaitaient se blesser. Deux trains qui déraillaient complètement et qui finissaient toujours par se heurter durement.


-Ta gueule. Si j'ai pas le droit de parler, toi non plus.

James n'avait pas regardé Jason durant tout le temps pendant lequel il s'était excusé... Oui, il était lâche, encore, même quand il essayait de ne pas trop l'être. Il ne savait pas être autrement. On aurait dit que c'était le trait dominant de sa personne, le fil qui le rendait marionnette du mensonge. Quand Jason lui dit de se taire, l'autre homme tourna néanmoins la tête vers lui, incertain de ce qui se passait. Jason lui en voudrait-il toujours pour tout, peu importe ce qu'il ferait pour se rattraper? Peut-être. Il le méritait un peu, au fond... James regretta d'avoir bougé, car poser les yeux sur son ancien ami lui faisait prendre conscience d'à quel point il était proche. Sa respiration se fit plus difficile, sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi, et il fut incapable de répondre à Jason. Puis, ce dernier recommença à parler et James put enfin fixer à nouveau son regard sur le plafond.

-Mais oui, t'aurais dû m'en parler, même si j'en sais pas plus maintenant.

-Peut-être que si tu ne m'avais pas interrompu pour me dire de me la fermer je t'en aurais dit plus.

James soupira, puis il se radoucit.

-Personne ne le sait, même pas Drake... Ma lâcheté habituelle...

Il ferma les yeux, car ceux-ci tentaient, depuis qu'il les avaient collés au plafond, de se tourner encore vers Jason. Et ce qu'il avait à dire était déjà assez difficile...

-Ça a commencé quand j'étais tout petit; j'ai vu mon frère mourir et, plus tard, ça m'a permis de l'empêcher de vivre la même scène qui était passée dans ma tête. Puis, ça a recommencé, mais avec une autre scène... Les visions changeaient à chaque fois que je faisais quelque chose pour les empêcher. J'ai fini par comprendre que, dès que je touchais une personne, je voyais comment elle allait mourir mais que, comme nos plus minimes actions influencent l'avenir, je pouvais sauver chaque personne de la mort que je voyais... Sauf que c'est à moitié vrai. Il faut dire que j'ai pas un talent immense pour sauver les gens...

James finit par ouvrir les yeux à nouveau et il tourna sa tête vers Jason, à moitié malgré lui, un petit sourire triste imprimé sur les lèvres.

-Des questions? Ou je peux fermer ma gueule, si tu préfères...
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Jeu 19 Aoû - 2:25

[Hj: Je commencerai en te disant que ça fait même pas un mois, ça fait un mois moins 9h que je t'ai pas répondu :P ]

Si on se demandait de qui entre James et le personnage qu'il jouait était le plus réel, le dilemme que représentait la réponse était plutôt ardu. Le personnage en lui-même s'exprimait facilement et laissait croire qu'il était tout simplement parfait. Mais même si James ne se montrait pas sans ce personnage mis à part avec Jason, cela en disait beaucoup plus, la vérité était éclatante sous la marionnette que manipulait le Harris.
À bien y penser, non, le personnage était beaucoup plus réel. Il avait beau exprimer de faux mensonges, agir faussement comme un héros et faire semblant de penser comme quelqu'un de constamment bien, ses entrailles étaient plus réelles que celles de James Harris car personne n'était arrivé, de toute sa vie, à le voir comme il était. Il nous sortait toujours, peu importe qui vous êtes, un personnage différent.

Il s'obligeait tant à être autre chose que lui-même.

Les mensonges qu'il semait, ici et là, se ressemblaient pour la plupart tous. Ils devenaient si nombreux, si jumeaux l'un de l'autre qu'ils construisaient autour d'eux une sorte de réalité. Une nouvelle dimension s'était construite que pour lui, il avait aidé à la bâtir. L'univers dans lequel il plongeait n'était qu'un pur mensonge auquel il arrivait parfois à croire. Il y traînait les gens de la façon la plus subtile qu'il était possible de le faire et une fois à l'intérieur, il semblait impossible de se séparer de l'emprise qu'il exerçait sur nous. Elle pouvait diminuer, certes, mais une petite lueur restait toujours en nous, comme si se débarasser de James pour de bon était un objectif inatteignable.

Une chose était certaine, si Jason Badley était entré dans l'univers mensonger de celui qui fût autrefois son ami, il était l'une des personnes à le connaître le plus, sinon peut-être LE plus. James pouvait lui mentir, il lui arrivait de ne pas s'en rendre compte, mais jamais un personnage burlesque à la James Harris n'arriverait à lui faire croire qu'il était la vérité sur James. Il n'était ni un héro, ni un gentleman, ni un insensible et il était tout ça à la fois. Il était tout et certainement pas rien. Il y avait des choses qu'il était plus, d'autres qu'il était moins, mais tout était présent en lui.

La situation devenait de plus en plus grave, comme si le personnage stupide de James commençait à se transférer dans le corps du con étendu sur le lit. Le voilà qui lui avait proposé de s'étendre près de lui, chose énormément stupide qui prévoyait assûrément une catastrophe. Ils étaient incapables d'être trop près l'un de l'autre.
Bizarrement, collé, Jason sentait qu'il était capable d'être près de lui pour une fois. La distance avant n'était peut-être pas la bonne, peut-être que c'était la bonne cette fois-ci?
Illogique et Incohérent, ils respectaient chacun leur part du marché. James était le plus illogique et Jason l'incohérent de première classe. La seule personne à pouvoir le rendre ainsi se trouvait maintenant à quelques centimètres de lui et l'idée de rester cohérent ne lui était jamais venue autant dans la tête. Comme toujours, il lui serait impossible de le rester. C'est un peu comme quand on se demande comment on fait pour dormir une fois qu'on est couché dans notre lit depuis plus de deux heures et qu'on en est absolument pas capable malgré toute la fatigue qui pouvait se manisfer.

Il lui ordonna de se la fermer et s'attendait à ce que James respecte sa volonté, comme toujours. Ça au moins, c'était aggréable. On lui demandait de faire quelque chose et par soucis de déplaire à l'autre, James Harris obéissait. On ne s'attendait à rien d'autre, le contraire pourrait avoir cette tendance à fâcher. James ne repondit pas non plus, c'était parfait comme ça. La stupidité de Jason prit le dessus à nouveau et il rajouta quelques paroles. Des paroles comme ça, il adorait ça. Ça lui permettait de se délivrer, de se libérer du mal qu'il ressentait constamment en lui.


-Peut-être que si tu ne m'avais pas interrompu pour me dire de me la fermer je t'en aurais dit plus.

Pas un silence, pire que ça, un malaise s'installa chez Jason. Depuis quand lui répliquait-il si facilement, lui qui semblait toujours avoir eu peur de lui faire mal en lui répliquant et depuis quand acceptait-il en dire plus sur sa personne? C'était tellement troublant qu'il accepte de parler que James prit même la peine de prévenir. Et ce ton dur et... homme, d'où sortait-il?
C'était comme si le plus vieux apprenait à se découvrir lui-même au même fil que les autres apprenaient à le connaître. Il était comme une matriochka, une poupée russe qui déballait une couche de temps en temps.


-Personne ne le sait, même pas Drake... Ma lâcheté habituelle...
-T'as pas à m'en parler. Oui, je veux le savoir, mais je te connais et je sais que t'as pas réellement envie de me dire ce qui se passe.


James débuta son histoire et Jason ne put s'empêcher de détourner son regard vers lui. Des moments comme ça, sérieux et vrais, il en avait passé très peu dans sa vie, la plupart étant avec cette même personne, imaginez alors la fréquence de ces moments. Maintenant, il se demandait s'il n'était pas arrivé à la dernière poupée russe de la pille, ayant perdu des couches de temps en temps, en ayant pas vécu plusieurs aussi.
Le pouvoir qu'il lui décrivit semblait horrible à vivre. Certaines personnes auraient facilement vécu avec un don comme celui-là, l'utilisant à leur avantage mais James n'était pas de ceux-là. C'est là qu'était le problème, l'incompatibilité entre lui et son pouvoir.

Une soudaine pensée se donna la permission de prendre possession de sa conscience. James était proche de lui, James s'ouvrait, il faisait tout pour rendre ce moment différent des autres.
Jason ne put le regarder davantage,
devait-il mourir maintenant? Le voyant sadique l'avait-il vu?
Il se dit qu'au moins, s'il mourrait maintenant, il ne serait pas seul.
Il ne décéderait pas heureux, le mensonge serait encore trop présent autour de sa tombe.

Des questions, il en avait toujours. Il ne voulait pas les poser, simplement.
Il le regarda droit dans les yeux, la distance trahisant tout mensonge, la sincérité éclatante dans un regard anxieux et compatissant à la fois.


-Encore aujourd'hui, tu m'as sauvé d'une situation désastreuse malgré que tu aies dû te sacrifier toi-même pour cela. Je t'ai toujours fait du mal, encore plus aujourd'hui et tu ne m'as jamais abandonné. Tu m'as toujours laissé être qui j'étais sans me critiquer, sans m'arrêter. Avec toi, j'ai le droit de faire ce que je suis, de dire qui je suis. Tu es la seule personne qui arrive à faire éclater la vériter chez moi... Tu es quelqu'un d'exceptionnel à mes yeux.

Il soutint son regard avec un naturel qui l'aurait fasciné lui-même. Il ne pouvait quitter l'iris des yeux de Jaes, sentant qu'il pouvait les perdre à tout jamais n'importe quand. Cette couleur l'avait toujours hanté et encore là, elle arrivait à le saisir. Il se laissait manipuler par ses yeux ou alors ils lui permettaient d'être vrai à nouveau.
James disait peut-être qu'il n'était pas doué pour sauver les gens, il avait pourtant sauvé Jason de nombreuses fois.


-T'as pas à être un héros pour personne James, tu l'es déjà pour moi.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Lun 23 Aoû - 20:49

[Tu aurais tellement mérité d'attendre encore.]

Le James Harris que tout le monde connaissait était parfaitement crédible, car il semblait même avoir quelques faiblesses, des faiblesses tellement plus sympathiques. Il ne semblait même pas lâche, alors que le vrai lui était si souvent incapable de toute forme de courage. Le personnage que jouait le jeune homme presque en permanence était plus facile à aimer, presque impossible à détester. Tant qu'on ne devinait pas à quel point il était faux. Heureusement, ou plutôt malheureusement, l'illusion était trop parfaite pour être complètement détectée. Avec le temps, celui que James voulait être s'était mis à se confondre avec qui il était vraiment, au point que le jeune homme ne savait plus vraiment s'en dissocier. Peut-être n'arriverait-il plus jamais à être complètement vrai. Il ne se souvenait même plus de comment c'était. Tout ce qui lui revenait, c'était une peur diffuse de se retrouver en mille morceaux que personne ne voudrait ramasser.

James avait si peur de la solitude qu'il s'était toujours efforcé de rendre toutes les personnes autour de lui heureuses. Seulement, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Avec le temps, il s'en rendait de plus en plus compte, mais l'envie ne lui passait pas. Il était incapable de s'empêcher de vivre pour les autres. Incapable de vivre pour lui-même. Enfant, il avait été dévoué à aider son frère dans tout, assez maladivement, et à lui céder toute l'attention parentale s'il le fallait et, en réalité, même quand Drake aurait très bien pu se débrouiller tout seul. Plus tard, il y avait eu Amber, l'excuse parfaite pour oublier totalement d'exister. D'autres personnes étaient aussi venues participer à l'effacement progressif du vrai James Harris, certainement sans le vouloir, et le jeune homme s'était jeté corps et âme dans la création du héros qu'il n'arrivait toujours pas à être. Il existe des personnes qui s'inventent une vie et qui réussissent à devenir exactement ce dont ils rêvaient. James Harris n'était pas de celles-là: il aurait beau finir par se faire disparaître totalement, son manque de courage et toutes les faiblesses qu'il s'avouait à peine ne pourraient que ressortir là où il ne les attendrait pas. Il était condamné à n'être que lui-même, et à ne pas arriver à accepter de l'être.

Jason avait cette particularité effrayante de faire s'effriter toute la belle image que James s'était construite au fil des années. Ses mensonges tombaient en lambeaux et, quand il essayait de les recoller, les déchirures restaient visibles. Jason le voyait trop bien et, même s'il mordait parfois dans certains faux-semblants de l'autre jeune homme, il restait le seul à percevoir autant de la vérité que James n'arrivait même plus à discerner correctement. Et la peur remontait un peu plus à chaque fois.

James évita de tenir compte des paroles disuasives de Jason. Il avait décidé qu'il parlerait et il ne voulait pas se donner une occasion de se trouver une excuse. Il se connaissait assez bien pour savoir qu'il était bien capable de sauter sur la première occasion plus ou moins valable qui lui permettrait de ne pas avoir à s'expliquer.


-Encore aujourd'hui, tu m'as sauvé d'une situation désastreuse malgré que tu aies dû te sacrifier toi-même pour cela. Je t'ai toujours fait du mal, encore plus aujourd'hui et tu ne m'as jamais abandonné. Tu m'as toujours laissé être qui j'étais sans me critiquer, sans m'arrêter. Avec toi, j'ai le droit de faire ce que je suis, de dire qui je suis. Tu es la seule personne qui arrive à faire éclater la vériter chez moi... Tu es quelqu'un d'exceptionnel à mes yeux.

Dès que James avait laissé ses yeux se fixer dans ceux de Jason, il avait eu envie de les détourner. Toujours cette peur. Peut-être étaient-ils effectivement arrivés à la dernière poupée James Harris; la plus petite et la plus fragile d'entre toutes. La plus peureuse aussi, celle dont l'existence même n'avait pas de sens sans les autres couches pour la protéger. Une poupée qui peinait à tenir debout, qui pouvait tomber au moindre coup de vent. Les paroles de Jason avaient suffi à empêcher l'autre jeune homme de détacher ses yeux des siens, et cela avait permis à James d'y lire toute la sincérité de son ancien ami. Les plus grande poupées tremblaient, menaçant de s'écrouler quelque part en miettes et de ne plus jamais pouvoir protéger la plus petite. Il n'y avait que Jason Badley pour lui faire cet effet.

-T'as pas à être un héros pour personne James, tu l'es déjà pour moi.

À ces mots, James eut l'impression de mourir. Ou de naître.
Parce qu'ils venait de Jason.
Parce qu'il pouvait voir la vérité dans son regard.
Parce qu'il n'aurait pas pu souhaiter mieux.
Parce qu'il n'aurait pas imaginé pire.
Parce que la peur faisait maintenant trembler jusqu'à la dernière poupée.

James n'arrivait pas vraiment à définir comment il se sentait. Il manquait d'air, peut-être. Il tombait dans le regard de Jason. En se sentant pencher un peu trop vers Jason, James se recula un peu et baissa le regard. La dernière poupée venait de se cacher dans une plus solide qu'elle. Toutefois, la deuxième poupée était mal refermée; une petite fissure laissait encore entrevoir l'autre. Sans trop s'en rendre compte, James laissa sa main prendre celle de Jason et la serrer.


-Je fais tout de même un drôle de héros.

De l'autre main, il désigna vaguement le collier.

-Ça empêche mes visions...

Il n'avait raconté que la moitié de l'histoire, celle qui lui donnait le beau rôle. Il devait à Jason une vérité plus complète.

-J'arrivais plus à les endurer... Alors je me suis procuré ce médaillon. Il a coûté relativement cher et il a certains désavantages, mais je n'étais plus capable d'avoir ces visions...

James n'avait toujours pas relevé les yeux. Il ne voulait pas voir la déception qui prendrait assurément place sur le visage de Jason. Il était un lâche et, même en avouant à quel point, il arrivait encore à en être un.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mar 14 Sep - 3:14

Les poupées tremblaient toutes devant lui, menaçant l'une après l'autre de s'écrouler tels des dominos enchaînés pour faire tomber le suivant. Celle qui menaçait le plus de faire s'écrouler tous les personnages, tous les mensonges, était la plus petite que seul Jason, peut-être parfois Drake, arrivaient à faire sortir de sa coquille. Elle était petite, peu tenace, lâche, peureuse, tremblante, timide, stupide aussi, c'était du James tout craché. Elle avait beau ne présenter que de mauvais côtés en apparence, elle était aussi la plus dangereuse car c'était la seule qui arriverait à donner le courage aux autres de se briser en millions de morceaux.
Pourtant, peut-être était-elle collée sur le plancher avec de la colle extrêmement résistante, elle ne semblait pas vouloir tomber. Pas qu'on essayait nécessairement de la renverser, mais elle était plus tenace que les autres peut-être.

Naturellement, ils étaient tous les deux près l'un de l'autre. Le lit d'hôpital n'était pas vraiment fait pour être à deux, à moins de s'aimer vraiment beaucoup et d'accepter de se coller de presque tout son corps contre l'autre. Malgré cela, les deux hommes arrivaient à ne pas s'effleurer. Ensemble, ils avaient un don pour rivaliser contre les lois de la nature, y compris celles concernant l'espace. Un discours complet pris de sincérité éclatant du fond de la gorge de Jason, attaquant James à nouveau comme s'il ne désirait que l'affaiblir à nouveau. Qui aurait pu croire que la personne la plus dangereuse pour le Harris pouvait être le vrai Jason, et non celui qui tenait à lui faire mal, à le mutiler de partout. Peut-être au fond que le mal se faisait en lui portant de l'attention.
Plus on s'occupait de lui,
plus il avait mal.

Ce n'était peut-être qu'un rammassi d'habitudes, de faits qui ont rendu James sensible au regard des autres. Il s'était tellement plû toute sa vie à servir les autres, à se dévouer de façon à ce que tout le monde parraîsse être la prochaine star du show business à ses côtés, peut-être que tout cet amalgame de relations l'avait rendu plus faible que quiconque à l'attention des autres. Après tout, qui s'était réellement occupé du jeune? Personne, il ne semblait jamais en avoir besoin.

La proximité rendait chaque parole délicate et provoquait des effets démultipliés. Le moindre mot semblait pénétrer les poumons et les bloquer jusqu'à ce qu'ils suffoquent. Chaque phrase traversait le corps en entier en rendant chaque muscle détendu et solide à la fois. Chaque lettre explosait le cerveau à s'en donner mal à la tête. Rarement ils avaient eu des moments comme ceux-là, jamais. Il était impossible d'ignorer chaque signe qui rendait l'autre aveugle de plus en plus.
Il l'aurait embrassé là, ce aurait été magnifique,
je le jure.

Jusqu'à ce que James pose le contacte physique. Là, ce aurait été pire que tout de poser ses lèvres contre les siennes, il l'aurait assassiné sur le champ. Jason sembla reprendre un peu trop de superficialité en sentant les doigts de l'autre homme balader contre les siens. Il remarqua que son regard s'était enfuit, encore. Il ne cessa de le regarder pour autant, une haine indélogeable dans le fond de ses pupilles. Que James n'ose pas remonter le regard, il l'aurait regretté.


-Je fais tout de même un drôle de héros.

S'il n'avait pas détourné le regard juste avant, ces paroles auraient été très amusantes, voire divertissantes presque mignonnes. Là, elles étaient déplacées, stupides, aucunement amusantes et ne rendait que furieux.

*Non, t'es vraiment pas drôle en fait*

Ce n'était pas le courage qui manquait, ni même la puissance physique, c'était une non-volontée venue de nulle-part qui empêchait Jason de dire ses pensées. Pour lui montrer ce qu'il ressentait, il lui aurait défait le nez de son poing, mais là, c'était bien la douleur physique qui le stoppait. Il ne releva donc aucun commentaire, même son souffle ne faisait plus le moindre bruit. Il avait arrêté de respirer sans s'en rendre compte.

Son regard toujours aussi lourd resta posé sur lui. Il ne le détacherait pas, c'était une façon inconsciente de lui faire regretter son attitude. Il ne l'écouta pas vraiment. Les paroles se rendaient à son cerveau et il les analyserait plus tard, là il s'en ''fichait complètement'' pour ne pas utiliser d'expression vulgaire. Un certain temps de silence marqua la suite des mots de James puis doucement, Jason se retourna. Il n'osa pas lui demander de quitter son lit, ni de le laisser seul dans la chambre, il ne voulait même pas faire cet effort. Il en profita pour séparer brusquement sa main de celle de l'inconnu qui se trouvait derrière lui.
En fait non, c'était pas un inconnu, c'était du James tout craché, mais pas du vrai James.

Le bras sur son oreiller, sa tête sur son bras, il regarda le rideau de la fenêtre qui semblait si palpitant tandis qu'il donnait de légers coups contre le mur, victime du vent. Ce mouvement constant l'aida à oublier la réalité, l'aida à partir vers un autre monde où il pouvait faire ce qui lui plaisait. Ses yeux se fermèrent d'eux-même, emportés par des pensées profondes ne concernant que James.

Une grande pièce sombre, elle semblait avoir été prise d'une tragédie, peut-être d'une tornade ou pire que cela. Un ouragan aurait pris forme sur la pièce que le résultat aurait été meilleur. Sur les parcelles de mur qui flottaient, des cadres se détachant des restes de peinture brune. Chacun d'eux rapportait une partie de James. Stupidement, un ensemble de cadres superposés prenait place droit devant Jason. Il prit le premier tableau, celui qui cachait les autres entre ses mains. C'était absolument ridicule de voir le Harris avec une capo de superhéro, mais il était facile de comprendre ce que cela voulait dire. Il retira ensuite le second, représentant un autre stéréotype que son ancien ami s'amusait à imiter. Il arriva au dernier qui ne présentait qu'un cadre sans toile. Un soupir se fit entendre grâce à un écho démesuré. Tout ce qui était autre que la pièce n'était qu'un fond vide, beige. Un infini inexistant. Il attrapa le cadre vide et le jeta brusquement par terre pour le fracasser. Ce James-là, personne ne le connaissait, il était une vague impression, un néant presque total.
On pouvait au moins lui donner un qualificatif: Connard
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Lun 27 Sep - 18:01

James Harris n'avait pas besoin qu'on s'occupe de lui. Il s'en tirait très bien tout seul. Il semblait rester debout quoi qu'il arrive et, même dans les moments où sa vie était plus précaire, il demeurait celui sur qui on pouvait compter pour tout. Il ne pleurait pas devant les autres, à moitié pour ne pas paraître faible, mais surtout pour donner l'impression aux autres que c'était lui qui soutenait et non le contraire. On aurait dit qu'il se trahissait s'il osait espérer un peu d'aide extérieure. Quand Amber était morte, personne n'avait vu sur son visage l'air profondément triste et coupable qui se serait ajusté à ses émotions. James était resté fort, droit, de marbre. Il avait gardé sa peine pour lui et il s'était contenté de faire ce qui devait être fait: organiser les funérailles, remplir les formulaires, soutenir son amie Sara qui était bouleversée par le drame. La famille d'Amber n'avait pas voulu s'occuper d'elle alors qu'elle était en vie; il aurait été incroyable que le contraire se produise après sa mort. De toute manière le Harris ne leur avait même pas laissé le choix. Il avait été hors de question de laisser des gens plus bas que le stade d'étrangers rendre la mort de la jeune femme encore plus horrible. Personne ne s'était mis dans le chemin lorsqu'il avait décidé de tout prendre en main. Qui se serait battu pour organiser ce type de cérémonie, de toute manière? Il n'y avait que James Harris pour se dévouer à ce point à une personne, même après sa mort.

Au monde, une seule chose terrorisait James au point de le paralyser jusqu'à l'âme: la vérité. Il préférait se taire qu'avouer des secrets, se boucher les oreilles qu'entendre des révélations douloureuses... Se sauver était toujours sa seule solution. Il était lâche à un point presque inconcevable. Pourtant, parfois, il oubliait d'avoir constamment peur de ce qui était vrai. En présence de Jason, notamment. James pouvait sembler extrêmement faible lorsque Jason était là, mais il était la seule personne qui réussissait à lui donner le courage nécessaire pour ouvrir l'avant-dernière poupée. Bien sûr, il restait fidèle à lui-même et il essayait généralement de reconstruire ses barrières au même rythme que l'autre jeune homme les faisait s'effondrer, mais il persistait cette étrange envie de laisser des brèches. Il avait toujours aussi peur de la vérité mais, avec Jason, l'affronter devenait moins grave...Un peu. La vérité restait la principale ennemie de James Harris. C'était elle qui menaçait de le faire basculer du haut de son image de héros, de le faire s'écrouler au milieu de lui-même. Et il était tellement habitué de repousser toute aide qu'il était persuadé que personne ne viendrait l'aider à se relever.

Jason était à la fois une source des accès de courage de James et une des principales causes de sa lâcheté. Il le craignait presque autant que la vérité elle-même, tellement il arrivait à la faire filtrer à travers les fissures invisibles de l'image parfaite du faux héros. Il ne lui permettait pas de faire ressortir qui il était: il l'obligeait à le faire, sans même rien lui demander. James avait une limite de mensonges, d'illusions et même de fuites lorsqu'il était question de Jason. Bien sûr, ces limites étaient plutôt loin et mal définies, mais elles existaient tout de même. Ce jour-là, par exemple, James devait dire la vérité à Jason au sujet de son pouvoir magique, après tout ce temps à le lui cacher, même si une telle vérité lui faisait horriblement peur. Mais Jason avait donné tort sur toute la ligne à sa peur. Il avait été compréhensif, gentil, merveilleux... C'était difficile à concevoir, venant de Jason Badley, mais c'était vrai. Et si James n'avait pas été un parfait connard, peut-être qu'ils auraient enfin pu s'expliquer sur tout ce qui était arrivé entre eux...Mais James Harris était extrêmement doué dans la connerie.

James aurait probablement arrêté de parler en voyant la lueur très peu joyeuse dans les yeux de son ancien ami mais, puisqu'il avait lâchement détourné le regard, il continua de parler, en espérant naïvement que Jason continue à se montrer aussi compréhensif. Pauvre James. Jason ne lui répondit pas et, pire, il enleva brusquement sa main de la sienne. Il aurait encore préféré qu'on la lui arrache. Derrière le dos de son ancien ami, James avait l'impression de devoir parcourir la terre en sens inverse pour finalement arriver face à lui. Il suffoquait. Il regrettait d'avoir parlé et, en même temps, il regrettait de ne pas avoir parlé plus tôt. Il était normal que Jason lui en veuille, après tout ce temps.


-Jason...je suis désolé...

Seul le son ténu du rideau battant dans le vent lui répondit. Puisqu'il ne savait pas encore que Jason s'était endormi, James crût que son ancien ami le détestait trop pour répondre. Quelque chose l'étouffa un peu plus.

-J'aurais dû te dire tout ça il y a longtemps...Tu comptes beaucoup...pour moi, je veux dire. Je sais que c'est pas toujours clair, parce que j'agis comme le premier des connards, mais je sais pas faire autrement. Je m'excuse, pour ça aussi... Aujourd'hui, j'ai eu vraiment peur que tu meures, parce que je m'imagine pas un monde où t'existes pas...

Le rideau lui répéta la même chose qu'à ses dernières paroles et James finit par se tourner vers Jason pour comprendre pourquoi il ne disait rien. Habituellement, il était celui des deux qui parlait le plus. En se relevant à demi dans le lit blanc, James put apercevoir le visage de l'autre homme. Il dormait... C'était à la fois décevant et très normal. Après toute cette histoire de tremblement, Jason devait être épuisé et l'autre connard n'en avait pas vraiment tenu compte. Il aurait pu choisir un autre moment pour lui confier l'existence et la nature de son pouvoir magique. Encore une fois, James pensait aux autres avant lui... d'une manière tordue et pathétique.

En se réinstallant à sa place, James replaça la couverture sur l'autre homme en soupirant. Finirait-il par arrêter de lui faire du mal? C'était bien sa faute s'il était dans ce lit d'hôpital. Au moins, Jason avait fini par s'endormir, assez profondément pour que le son d'une voix à côté de lui ne le dérange pas. D'ailleurs, à quel genre de choses pouvait bien rêver Jason Badley?

La chambre d'hôpital disparut pour céder la place à une pièce étrange, un endroit irréel que James ne connaissait pas. Son regard n'eut pas le temps de s'attarder sur le décor, car un bruit se fit entendre et le jeune homme tourna la tête vers celui-ci. Il reconnut Jason et il se dirigea vers lui.

-Jason...est-ce que tu peux me dire où on est?
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mar 28 Sep - 3:01

Ce rêve là n'était pas du nouveau, il ne présentait pas grand chose d'innovateur. Cette pièce, il la revoyait depuis des mois déjà. Ces cadres ne changaient aucunement, ils gardaient toujours la même disposition, la même toile, le même emplacement et surtout le même silence. L'innovation prenait place dans ce que Jason pouvait faire. Pour la première fois, il arrivait à s'approcher assez des tableaux pour les toucher, les retirer de leur emplacement original. Jamais il n'avait réussit à se rendre si loin et il semblait que tout avait été mis en oeuvre pour que cette fois-ci, il se rende au bout de son rêve, de son amertume imagination. Le dernier cadre fracassé, il leva les yeux vers le beige infini qui le surplombait. On aurait dit que le néant avait pris une nouvelle couleur pour parraître moins maléfique, moins effrayant et étourdissant. Pourtant, il donnait toujours cette impression de vide.

Une voix modifiée par l'écho parvint à ses oreilles pour le déplacer de ses pensées. Comment son propre rêve arrivait-il à se déranger lui-même? Il se retourna dans sa chambre, car il s'agissait bien de la chambre qu'il habitait il y a plus d'un an, alors que sa vie allait bien et qu'il avait James pour lui. Disons simplement que cette fois-ci, la chambre était foutue, démolie et invraisemblable. James était apparut au bout de la pièce et tous les cadres perdirent leur toile, comme si l'arrivée d'un James plus réel fesait disparaître les autres, les répliques.

Jason quant à lui subissait une amertume profonde à cette rencontre. S'il passait ses journées avec lui, physiquement ou mentalement, pourquoi devait-il passer ses pensées avec lui? Un peu de repos ne ferait certainement pas de tord, l'énerverait moins, l'obséderait moins. Il ne parla pas d'un ton pour l'offenser, il était tout de même intrigué par sa présence ici. Après tout, c'était son rêve, mais ça n'avait aucune logique avec le reste. En fait, on aurait dit un zombi un peu conscient qui parlait.


-Tu fais quoi dans ma tête James?

Il ne savait pas si ce qu'il disait venait de lui-même ou de son subconscient. Peut-être qu'ici, il arriverait à ne dire aucun mensonge, qu'ici, il avait le droit de lui dire ce qu'il pensait. Il garda une certaine distance d'avec lui, il ne voulait pas s'approcher, sachant qu'il était physiquement très près de lui encore. Le ciel, le néant s'obscurcit légèrement tandis que Jason semblait prendre plus de conscience.

-Déjà que tu m'obsèdes constamment, t'en as pas marre de venir me déranger ici? Ici, c'est ma vie privée, mon monde à moi, alors je te conseille de dégager le plus rapidement possible

Il ne comprenait pas pourquoi il disait tout cela. Il le pensait sincèrement mais savait qu'au fond, ce n'était pas réellement ce qu'il voulait dire. On le poussait à dire des choses, à faire avancer les choses. Puis soudainement, de nouvelles toiles prirent possession des cadres abandonnés par James, chacun montrant un portrait des personnes qu'il connaissait.

-Tu sais, j'ai toujours, vraiment toujours été capable de me débrouiller seul, sans l'aide de personne. J'ai toujours été capable de me débarasser des gens et de ne pas m'en ennuyer, ni même regretter les pires choses que je leur ai fait. Tu vois, mon père, je sais qu'il s'est suicidé par ma faute et je m'en balance. Ma mère, je ne lui donne aucune nouvelle depuis plus d'un an et ça m'importe tellement pas. Je peux vivre sans remords, sans personne. Sans mon père, sans ma mère, sans Sara, sans Emyria, sans Viktor et sans Marek particulièrement. Je peux vivre sans chacun d'eux, très aisément.

Au fil de ses paroles, le ciel était devenu noir. Lorsqu'il termina de parler, les cadres craquèrent et tombèrent sur le sol en laissant s'évaporer chacune des toiles. Seules deux restèrent suspendues sur deux murs opposés de la pièce. Il désigna celui à sa droite en posant son regard sur lui. Encore une de James, du vrai James, pas de cette fausse identité qu'il se créait de lui.

-Et tu vois le gros problème, t'es le seul qui va rester debout, t'es le seul qui va pas craquer, et c'est pas parce que j'essaie pas de te détruire. J'essaie constamment d'effacer ta toile, la faire brûler, la démolir comme je peux et elle reste constamment intacte. Je peux toutes les détruires et je comprends pas pourquoi la tienne j'y arrive pas.

Puis il se retourna pour faire face à l'autre de l'autre côté de la pièce. Il s'agissait d'une réplique parfaite de lui-même. Arme à la main, il se retrouvait en face d'une toile de lui, il en eut presque peur.

-Tu veux voir le plus absurde? J'arrive pas à me passer de toi, mais je me passe de tout le monde, vraiment tout le monde, même moi.

Il porta le fusil vers la toile et tira. Dès que son portrait fût déchiré, Jason Badley tomba sur le sol inconscient. La scène dura peut-être des minutes ou deux ou trois secondes, il ne le savait pas. Lorsqu'il réouvrit les yeux, sa chambre était redevenue normale, comme elle l'était avant qu'il ne quitte la ville. Il se retrouvait couché sur le lit et ses yeux se fermèrent automatiquement au contact des lèvres chaudes de la personne au dessus de lui. Il prolongea le baiser une seconde, pas plus avant d'appuyer sur le torse nu de son partenaire.

-Arrête James, t'as peut-être envie de ça, mais tu vas m'en vouloir toute ta vie et je peux pas supporter ça.

Il s'était retrouvé plus d'un an avant, comme un flashback dans lequel il pouvait intervenir, conscient de l'avenir. S'il avait pu faire autrement avant en sachant les conséquences, il l'aurait fait.
Car oui il avait des remords.
Car oui ce connard de James Harris avait de l'emprise sur lui.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Lun 18 Oct - 18:06

Le collier magique de James empêchait ses visions de mort de venir à lui sans son consentement, avec le naturel décourageant qui les avaient caractérisées pendant tant d'années. Toutefois, quand le jeune homme se concentrait pour laisser une vision venir à lui, le bijou la laissait passer, puisque sa fonction était de protéger James des effets magiques indésirables. Donc, s'il souhaitait une vision, ou l'action du pouvoir d'une autre personne sur lui, le pendentif laissait une brèche dans sa protection. C'était précisément ce qui venait d'arriver, au moment où James s'était retrouvé dans le rêve de Jason. Il ne connaissait pas ce pouvoir magique étrange, et il lui faudrait encore un moment pour arriver à vraiment le comprendre, mais il avait toujours été en lui. Il n'avait suffi que d'une question, dans sa tête, pour que le collier cesse de retenir le pouvoir de vision de rêves de James. En se demandant à quoi rêvait Jason, James avait déclenché le processus du pouvoir: il s'était visiblement endormi, mais il se retrouvait dans le rêve de la personne qu'il touchait. S'il n'avait pas porté son collier, le simple fait d'avoir un contact physique avec une personne qui dormait lui aurait suffi à entrer dans ses rêves. Seulement, ce pouvoir magique n'avait commencé à se développer que quelques années plus tôt, et James n'avait jamais vraiment remarqué ses effets. Il avait toujours pensé que ses visions nocturnes n'étaient que ses propres rêves et il ne s'était pas posé de questions sur le sujet. Il en avait assez avec la réalité...

James n'avait jamais entendu autant de silence, ou presque. C'était étrange, entendre le silence, mais c'était vraiment son impression. L'absence de son devenait une forme de bruit en soi et celui-ci était oppressant. C'était exactement la même musique vide qui jouait en boucle à l'intérieur de James quand il ne parvenait pas à faire autre chose que les pires conneries. La peur était-elle si silencieuse? Quand tout le reste se taisait, on savait qu'elle avait pris toute la place. James n'arrivait jamais à la chasser complètement et, à coups de faiblesse, il éloignait la seule personne qui aurait pu l'aider à la vaincre presque complètement. Seul contre elle, ou même avec elle, il n'avait aucune chance. Chaque effort inutile le faisait tomber plus bas, craindre un peu plus, sombrer dans l'adoration du cliché qu'il ne parviendrait certainement pas à être.

Les toiles s'effacèrent avant que James ne puisse comprendre ce qu'elles représentaient. Il ne savait pas où il était, ne reconnaissant pas la chambre de Jason, car il ne l'avait jamais vue ainsi. Il avait tout de même l'impression de connaître l'endroit. C'était comme un sentiment de déjà-vu, mais seulement pour le lieu. Pour ce qui était du reste, James ne comprenait pas ce qui l'entourait. Il avait l'impression d'être dans une réalité tordue, sans réussir à identifier laquelle. Il ne savait pas s'il rêvait, et il ne se doutait aucunement qu'il se baladait dans un rêve de Jason Badley. Tout ce qu'il arrivait à savoir parfaitement, c'était que Jason était là, lui aussi, et il se rattachait à cette idée avec un étrange soulagement.


-Tu fais quoi dans ma tête James?

-Euh je... Si c'est le cas, t'es dans ma tête aussi, je te signale.


Ça n'avait tout simplement aucun sens. La discussion, la situation, l'univers... Si James avait su qu'il était réellement dans la tête de Jason, en train de participer à son rêve sans permission, il se serait senti coupable à la réplique de son ancien ami. Cependant, le jeune homme ne connaissait pas l'existence de son pouvoir. Il ne savait donc pas que les accusations de Jason étaient parfaitement fondées.

-Déjà que tu m'obsèdes constamment, t'en as pas marre de venir me déranger ici? Ici, c'est ma vie privée, mon monde à moi, alors je te conseille de dégager le plus rapidement possible.

-Parce que je t'obsède? C'est nouveau, ça... C'est étrange, aussi... Venant de quelqu'un qui a lui-même dégagé de ma vie sans rien dire.


James Harris éprouvait-il une certaine amertume? Peut-être un peu... Il en voulait à Jason presque autant qu'il était lui-même obsédé par lui. James pouvait se raconter autant de mensonges qu'il le voulait, même tous ensemble, ils ne parvenaient pas à éclipser le fait qu'il ne pouvait s'empêcher de penser à Jason, de le détester ou de s'en faire pour lui. D'ailleurs, comment expliquer autrement qu'il soit resté à son chevet, ce jour-là, à l'hôpital? James avait besoin de savoir Jason en sécurité, même maintenant qu'il lui en voulait et qu'il se méritait lui-même une certaine haine de l'autre jeune homme.

-Tu sais, j'ai toujours, vraiment toujours été capable de me débrouiller seul, sans l'aide de personne. J'ai toujours été capable de me débarasser des gens et de ne pas m'en ennuyer, ni même regretter les pires choses que je leur ai fait. Tu vois, mon père, je sais qu'il s'est suicidé par ma faute et je m'en balance. Ma mère, je ne lui donne aucune nouvelle depuis plus d'un an et ça m'importe tellement pas. Je peux vivre sans remords, sans personne. Sans mon père, sans ma mère, sans Sara, sans Emyria, sans Viktor et sans Marek particulièrement. Je peux vivre sans chacun d'eux, très aisément.

Les toiles tombèrent, dans cette nouvelle ambiance sombre, et James sursauta, malgré le contrôle qu'il essayait de garder sur lui-même. De toute manière, dès qu'il était question de Jason, son contrôle foutait le camp très, très loin. Il ne savait pas jusqu'à quel point il devait croire ce que Jason racontait. Il sentait qu'il ne lui mentait pas, mais peut-être ignorait-il une partie de lui-même? James ne le croyait pas si insensible, mais qui était-il pour penser détenir la vérité sur Jason Badley? Surtout maintenant... Il s'abstint donc de répondre, et même de répondre mentalement, car il n'osait plus avoir d'avis réel sur Jason. Les déceptions précédentes lui avaient suffi.

-Et tu vois le gros problème, t'es le seul qui va rester debout, t'es le seul qui va pas craquer, et c'est pas parce que j'essaie pas de te détruire. J'essaie constamment d'effacer ta toile, la faire brûler, la démolir comme je peux et elle reste constamment intacte. Je peux toutes les détruire et je comprends pas pourquoi la tienne j'y arrive pas.

-Peut-être parce que je suis pas capable de juste te laisser faire et enfin lâcher prise sur toi...

-Tu veux voir le plus absurde? J'arrive pas à me passer de toi, mais je me passe de tout le monde, vraiment tout le monde, même moi.


Jason leva le fusil vers la toile le représentant et, sans comprendre pourquoi, James sentit naître en lui une frayeur indescriptible. Il ne voulait pas que Jason tire. Pourtant, n'était-ce pas qu'une toile? Néanmoins, si la balle atteignit l'image, celui qu'elle représentait s'écroula comme s'il avait lui-même été touché par le projectile. James se jeta sur lui et, avant de pouvoir l'atteindre, il sentit une douleur diffuse dans sa poitrine. La balle l'avait peut-être traversé aussi. James Harris tomba au sol et l'inconscience le frappa aussi.

James sentit un corps contre le sien, des lèvres sur les siennes... On le repoussa doucement et il ouvrit les yeux pour découvrir Jason. Il fut lui-même étonné de ne ressentir aucune surprise.


-Arrête James, t'as peut-être envie de ça, mais tu vas m'en vouloir toute ta vie et je peux pas supporter ça.

Il fallut quelques secondes à James pour réaliser quel moment il était en train de vivre. Ou de revivre. Était-ce réel? Avaient-ils une seconde chance? Les miracles n'existaient pas... Pourtant, tout semblait si vrai, particulièrement Jason. Le corps de James s'obstina à rester immobile, collé sur celui de l'autre jeune homme. Ses yeux cherchèrent ceux de Jason pour trouver quelque chose de mieux qu'un mensonge.

-Et, s'il ne se passe rien...Est-ce que tu vas partir quand même?

D'aussi près, il était difficile de ne pas voir la douleur au fond des pupilles de James, elle y rivalisait presque avec la peur qui les creusait.
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Ven 10 Déc - 15:39

Ici, contrairement à bien d'autres endroits, Jason était bien. Il reconnaissait facilement sa chambre, il n'avait pas eu besoin de chercher ou quoi que ce soit, dans son rêve, il s'agissait de sa chambre en état normal, même si elle était en réalité très différente de celle où il se trouvait maintenant, encore plus maintenant qu'il n'y habitait plus. Peut-être avait-elle été tranformée en atelier, ou alors en chambre pour enfant car qui sait, peut-être sa mère avait-elle eu un autre enfant pour remplacer l'erreur qui était émergée d'elle un peu avant? Mais la conaissant, même ayant un nouvel enfant, elle devait avoir changé une autre chambre pour garder celle de Jason intacte, au cas où il reviendrait après être quitté sans prévenir. Eh oui, à 20 ans, il habitait encore chez ses parents. Il aurait pu partir, forcer quelqu'un à lui servir de domestique gratuitement.. peut-être sa mère avait-elle un rôle plus important qu'un inconnu. Après tout, ça lui avait fait quelqu'un avec qui parler de James...

L'espace silencieux et incompréhensible qui les entourait était surnaturel, inconcevable comme réalité. Il faudrait être le pire des naîfs pour s'imicer dans ce rêve et croire le croire, ou l'imaginer, comme réalité. C'était un peu le cas de James, probablement. Il était naîf, ce serait totalement dans ses capacités de croire une telle connerie, tout comme il avait cru Jason et toutes les conneries qu'il lui avait dit lors de leur retrouvailles. Comme s'il avait vraiment pensé que James était un connard, comme s'il avait réellement pensé et cru lui avoir dit adieu pour de bon, comme si toutes les méchancetés il les avait vraiment pensées... en fait oui, mais momentanément, la seconde d'après ce n'était plus le cas, jamais
.

-Euh je... Si c'est le cas, t'es dans ma tête aussi, je te signale.

Jason comprenant, sans comprendre. Ce devait être le rêve, dans ce genre de monde, on en connait toujours plus ou moins qu'en réalité, on sait des choses ou on ne les sait pas alors qu'on devrait, les choses semblent pourtant naturelles même si impossibles. C'était le cas, il savait que James n'avait aucune raison d'être ici, il devrait en tant normal être seul dans cet endroit qui lui est privé, SA tête.

-Tu comprends jamais rien... laisse faire.

C'est vrai, rien n'avait de sens. Mais pourquoi est-ce que cela en aurait? La réalité était une vraie merde avec Jason, comme avec tout le monde, alors pourquoi se devrait-il de la reproduire ici? Il ne le voulait pas et ne le ferait pas. Dans ce rêve, il se sentait bien, lorsqu'il y était seul. Il pouvait faire ce qu'il voulait, passer autant de temps qu'il le voulait à rien faire, il était libre du temps et de l'espace. Il aurait aussi aimé être libre du connard à côté de lui, mais ce ne semblait pas être totalement possible, ou alors pas du tout, puisqu'en plus de tapisser les murs, il apparaîssait en forme physique.

-Parce que je t'obsède? C'est nouveau, ça... C'est étrange, aussi... Venant de quelqu'un qui a lui-même dégagé de ma vie sans rien dire.

-Parce que tu crois que c'est nouveau? Mais t'es vraiment con quand tu t'y mets! Dis-moi, tu fais exprès d'être naïf ou c'est naturel chez toi? Parce que si tu fais exprès, je te conseil d'arrêter immédiatement, ça te rend complètement stupide. Réfléchis un peu James, d'après toi, je suis parti pourquoi ein? Certainement pas à cause d'Amber...

Son monologue sur sa vie, ses relations, son manque de sentiments lui parrut presque trop long. Si l'on croyait détenir la vérité sur Jason, que ce soit lui qui la dise ou non, il ne fallait pas se laisser berner. Personne ne la savait réellement, pas même lui, peut-être son rêve la savait-elle, peut-être était-ce cet univers qui parlait à sa place, peut-être était-ce vrai cette insensibilité qu'il se décrivait ou alors, il pouvait aussi s'agir du personnage héroïque qu'il se créait depuis des années auquel il s'identifiait beaucoup mieux que James s'identifiait à son héro. Le connard l'interrompu pendant son discours, il l'ignora totalement. Lâcher prise sur lui, c'était évident depuis longtemps que James était accroché au Badley, ou aux Badley(s), mais il était accroché à la population entière aussi, alors à quoi bon prendre ces paroles au sérieux? Il jouait son rôle toujours aussi mauvaisement, face à Jason en tout cas. La minute d'après, il se retrouva étendu sur le sol, le rêve s'évanouit de plus en plus. Il se sentit perdre toutes les notions auxquelles il pouvait s'attacher, le temps, l'espace, l'imaginaire puis se retrouva dans un second rêve qu'il ne crut même pas être faux. Comme tous ses rêves, il y croyait fermement.

-Et, s'il ne se passe rien...Est-ce que tu vas partir quand même?

-James... je ne suis pas parti à cause de ce qu'il s'est passé, ou à cause des conséquences que ça a créé ou quoi que ce soit, je suis parti à cause de toi, et un peu pour toi aussi. Et n'essaies pas de me dire que ça t'a pas fait du bien, t'as trop peur de la réalité. Je suis certain que ça t'a fait autant de bien qu'à moi, même malgré la douleur.... Alors oui James, peu importe ce qui se passera, je te quitterait, toujours.

Il soupira doucement, dévia le regard et s'arrêta un instant sur quelque chose qui attirait son attention. Regardant longuement, il vit le fusil. Rapidement, il poussa James par terre, lui faisant éviter la balle, sortit le fusil de sous son oreiller et tira sur la personne qui avait attaqué son James.

-Hey, si y'en a un qui doit tuer James, c'est moi!

C'était, encore une fois, abosulment n'importe quoi. À quoi ce rêve pouvait-il tenir? Ses genoux trempés attirèrent son attention et son regard s'arrêta cette fois-ci sur le lit, baigné de sang. Une quantité surnaturelle le recouvrai, tachant chaque coin de la couverture et trempant le matelas au grand complet. Se tenant le ventre, Jason comprit qu'il avait été tué, encore une fois. Son assassin s'approcha, lui qu'il croyait avoir tué et se démasqua, un double de lui. Finalement, il aurait dû laissé James se faire tuer. Puis pouf, l'assasin disparut, le sang aussi tandis que toute la pièce se mit à trembler de façon exagérée. Le Badley s'accrocha au lit en essayant de ne pas tomber. Un second tremblement de terre, dans son rêve cette fois? Il regarda James aussitôt, était-il aveugle à nouveau?

-Chéri, ça va?
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MessageSujet: Re: Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre] Mar 1 Fév - 12:25

[T'as beau être en pause, je vais pas abuser et te faire attendre deux mois XD]

James ne savait plus trop dans quel univers il se trouvait. Étrangement, il sentait qu’il n’était pas dans la réalité. Pourtant, quand il rêvait, la plupart du temps, il ne réalisait l’absurdité des situations dans lesquelles il était qu’en se réveillant. Toute la durée du rêve, il ne se posait pas de questions et il se contentait de vivre ce qui se passait. Cette fois-ci, cependant, James savait qu’il était dans une réalité différente de celle dans laquelle il vivait habituellement, même s’il n’avait pas encore compris que c’était celle du subconscient de Jason. Puisqu’il ne connaissait pas son pouvoir, il ne savait pas que cette impression de se trouver hors de la réalité lui venait à chaque fois qu’il était dans la tête d’une autre personne. Quand il avait dormi avec Amber, par exemple, il avait fait quelques rêves du genre, des songes de la jeune femme dans lesquels James sentait qu’il finirait par revenir à sa vraie réalité. Il ne savait pas consciemment qu’il était dans un rêve en soi, mais il n’arrivait pas à croire que ce qu’il vivait était réel. En se réveillant, intrigué par cette impression anormale, il chercherait probablement à comprendre ce qui lui arrivait.

-Tu comprends jamais rien... laisse faire.

James baissa les yeux une seconde. Il avait effectivement l’impression de ne jamais rien comprendre, surtout quand il était question de Jason Badley. À une époque, il avait été persuadé de pouvoir deviner chacun de ses mensonges, de le connaître mieux que quiconque. Maintenant, il ne savait plus. L’avait-il seulement déjà vraiment connu? Avant que tout ne devienne qu’une guerre irréelle entre eux, James n’aurait jamais crû qu’ils pourraient en arriver où ils en étaient désormais…et il se serait trompé. Alors, comment départager la vérité des fausses idées? Tout ce qui lui avait paru indestructible s’était effondré, un certain matin, il y avait plus d’un an. Le reste ne comptait qu’à peine, au final. De ce qu’ils avaient eu, il ne restait à James que la peur d’oublier, la douleur et, surtout, le refus de perdre le peu qu’il lui restait de Jason. Chaque souvenir heureux qui lui revenait l’étouffait, même s’il ne pouvait en chasser aucun. Le bonheur l’avait trahi.

-Parce que tu crois que c'est nouveau? Mais t'es vraiment con quand tu t'y mets! Dis-moi, tu fais exprès d'être naïf ou c'est naturel chez toi? Parce que si tu fais exprès, je te conseil d'arrêter immédiatement, ça te rend complètement stupide. Réfléchis un peu James, d'après toi, je suis parti pourquoi ein? Certainement pas à cause d'Amber...

-Et ça t’est jamais venu à l’esprit que t’aurais pu t’expliquer plutôt que me laisser croire n’importe quoi?


James faillit bien dire, d’un ton sarcastique, que le monde ne tournait pas autour de Jason et que peut-être qu’il n’avait pas retourné la situation dans tous les sens pendant des mois, mais c’était faux. Son monde s’évertuait à tourner autour de Jason Badley. C’était épuisant.

James s’était senti bien tellement de fois à cet endroit. La chambre de Jason avait été son refuge, même quand il avait fait comme si tout allait bien. Il y avait débarqué à n’importe quelle heure, dans n’importe quel état. Si les murs avaient des oreilles, ceux de la chambre de Jason auraient terrorisé James Harris. Ils en avaient entendu beaucoup plus sur lui que tous les autres murs. James évitait généralement de se confier, mais il avait transgressé cette règle silencieuse de nombreuses fois dans cette pièce. Il en était venu à la préférer à sa propre chambre, à s’y sentir plus chez lui… Sa chambre ressemblait trop au James de tous les jours pour qu’il y trouve du réconfort. Cet endroit supposé être son refuge n’avait été qu’une prison à laquelle il avait lui-même posé les barreaux, une pièce à l’image de ce qu’il voulait que tout le monde voie. L’ordre y régnait toujours, la décoration y était sobre, presque inexistante… Sa mère n’avait jamais peur de la montrer aux invités. Même la chambre de James Harris était déconcertante de perfection.

En réalisant que c’était sur les lèvres de Jason que ses propres lèvres avaient été posées, James s’était senti mourir. Univers irréel ou pas, l’homme trop proche de lui semblait être vrai, et aucune force, de ce monde ou d’un autre, n’avait le droit de lui faire endurer une telle proximité. C’était trop douloureux. Toutefois, s’éloigner, maintenant, aurait été encore pire.


-James... je ne suis pas parti à cause de ce qu'il s'est passé, ou à cause des conséquences que ça a créé ou quoi que ce soit, je suis parti à cause de toi, et un peu pour toi aussi. Et n'essaies pas de me dire que ça t'a pas fait du bien, t'as trop peur de la réalité. Je suis certain que ça t'a fait autant de bien qu'à moi, même malgré la douleur.... Alors oui James, peu importe ce qui se passera, je te quitterai, toujours.

-Rien, dans toute ma vie, ne m’a fait aussi peu de bien, Jason. Rien. J’avais peur, terriblement, mais j’aurais été prêt à n’importe quoi, même à trouver un peu de courage, moi qui en ai si peu, parce que je t’…


Le choc du sol sur son dos lui fit comprendre que Jason l’avait jeté par terre. Charmant. Le coup de fusil retentit et James oublia qu’on l’avait fait tomber. Paniqué, il chercha Jason du regard, craignant qu’il n’ait été atteint. C’était peut-être un faux univers, mais il était persuadé qu’il s’agissait du vrai Jason. Il eut à peine le temps d’entrevoir le sang, une quantité incroyable, que la pièce se mit à trembler. Eh merde… Pas encore un foutu tremblement de terre.

-Chéri, ça va?

James releva les yeux vers Jason avec un air incrédule. Venait-il vraiment de l’appeler chéri?

-Je…ça va… Et toi?
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Parce que, dans la vie... [Groupe/Tremblement de terre]

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