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Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik]

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MessageSujet: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Lun 13 Sep - 16:41

Pas d’escapade avec la patronne, pas toujours. Axel était dehors à six heures du matin, attendant patiemment le lever du soleil afin d’aller travailler. C’était une de ses étranges habitudes que de sortir un quart d’heure avant, de se poser devant chez lui pour observer un long moment le ciel et surtout se perdre dans ses pensées en regardant la ville s’éveiller. Il avait ainsi un court moment de répit, comme si toutes les voix qui sévissaient en lui dormaient encore ou fuyaient la nuit. Lorsque des idées obscures et complexes commencèrent à envahir son esprit, il sut que la tranquillité était terminée. Il se releva donc et rentra se coucher jusque neuf heures environ. Normalement il ne travaillait pas. C’est du moins ce que lui avait dit Ashley. Cependant il reçut un appel de cette dernière, qui lui donna la description d’un jeune client qu’il fallait garder à l’œil. Il arrivait parfois qu’avant de devoir tuer, Axel devait épier. Ce n’était pas difficile avec le talent qu’il possédait, et si la boss pouvait également le faire elle-même, elle n’allait pas perdre son temps pour ce genre de chose. Axel accepta sans rechigner, comme toujours. Il préférait travailler que de ne rien faire, même si un peu de sommeil ne lui aurait probablement été que bénéfique. Il commença par contacter les vendeurs de la société afin de se renseigner. Son erreur fut de le faire au téléphone. Il n’avait pas accès aux pensées de ses interlocuteurs à travers cette petite boîte, et s’il avait pu lire en eux, il aurait pu reconnaître le visage dont l’un d’eux lui parlait. Quoiqu’il en soit, lorsqu’il pensa avoir mis la main sur ce client anonyme, comme tous les autres, il apprit par l’autre employé qu’il allait justement acheter une bonne grosse dose au soir, dans un des bars malfamés de la ville. La solution paraissait assez simple dans l’esprit d’Axel. Il irait dans ce lieu, questionnerait de manière directe ou non cet individu sur l’usage de ses achats et, s’il s’avérait que l’inconnu revende de la drogue alors le médiateur le tuerait. Vêtu d’une écharpe et d’une veste noire, il prit la voiture au soir, ou plutôt dans la nuit, pour se rendre au lieu de rendez-vous du vendeur. Une sorte de guet-apens était prévu, bien que ce ne fût pas tant un piège que cela. Le client allait non pas se trouver face au vendeur, mais face à un employé qui recelait bien d’autres genres de produits. Cependant le vrai vendeur n’était pas loin car si l’acheteur était honnête, alors il aura droit à sa dose. Axel roula vers une heure et demie du matin. Il ne fallait pas espérer que ce genre de trafic se faisait dans la journée, bien que dans ce genre de lieu il pouvait y en avoir à n’importe quel moment. L’homme se gara assez loin du bar et sortit. Il se dirigea comme une ombre dans la nuit, c’est du moins l’image qu’il pensait avoir car il était seul et faisait le moins de bruit possible pour ne pas troubler le silence. Le calme était important pour lui et perturber cette atmosphère aurait été comme un sacrilège dans son esprit. Il aurait été capable de s’infliger un châtiment s’il n’avait poussé qu’un simple éternuement et il aurait tué quiconque serait venu interrompre sa tranquillité.

Son trouble obsessionnel mis à part, les sons douteux et les lumières pâles du bar lui indiquèrent qu’il s’approchait du lieu de rendez-vous. Il trouva derrière une voiture un homme qui l’attendait et se dirigea vers lui. Axel prit la drogue du vendeur, la cacha dans la doublure de sa veste et ils réglèrent certains détails comme le retour d’argent ainsi que le sort du client si ce dernier était honnête ou non avec eux. Le vendeur partit ensuite, laissant le tueur prendre temporairement sa place. Il lui avait dit que l’acheteur se trouverait dans le coin le plus éloigné de la fenêtre, sur une chaise tout près d’une fenêtre elle-même proche d’une affiche érotique. Axel remonta légèrement son écharpe sur son menton, non pour se cacher mais pour passer le barrage de fumée que provoquaient les drogués, les buveurs et les fumeurs à l’entrée. Il laissa son vêtement ainsi en pénétrant dans le bar puis se dirigea au lieu indiqué. Déjà, le client était là, c’était bon signe. Il lui tournait le dos, donc Axel put s’approcher sans crainte. L’homme s’approcha mais s’arrêta vivement. Il reconnaissait cet esprit et cette manière de penser, cela lui était étrangement familier ! Il prit place sans un mot en face de l’individu et darda son regard sur lui, incrédule.

« Alors tu t’es cassé comme un lâche pour ça !? » lâcha-t-il d’une voix grinçante.

Il ne pouvait pas se permettre de s’emporter, du moins pas ici, cependant il refoulait une colère inexpliquée en lui. Cédrik avait été un ami de son enfance, avec qui Axel s’était toujours étonnement bien entendu ! Ils étaient plutôt proches et se connaissaient bien. D’ailleurs, l’homme savait pour ce don radioactif que l’autre médiateur possédait. Et même s’il savait aussi que c’était la raison de sa fuite, il ne pouvait pas s’empêcher de lui en vouloir de ne pas lui en avoir parlé. Axel était frustré d’avoir vu son ami disparaître du jour au lendemain, sans aucune nouvelle, laissant derrière lui de simples souvenirs. Il avait bien essayé de partir à sa recherche mais fut retenu par sa propre famille adoptive. L’homme en oublia presque son travail. Il sondait son ancien ami du regard en voulant en apprendre le plus possible mais en même temps, il ne voulait pas savoir parce qu’il était en colère après lui… Il ne voulait même pas le laisser s’expliquer. Il le croyait mort ! Axel se leva, sentant que s’il restait inactif, il allait céder à la violence.

« Ravi de voir que tu n’es pas mort. » fit-il sur un ton lourd de reproches pour n’avoir eu aucune nouvelle.

Il ne lui demandait même pas si ça allait, ce qu’il devenait. Pour l’instant il cherchait juste à évacuer sa frustration. Cependant il ne pouvait pas partir, pas comme ça, ce serait trop idiot et puis il avait un travail à finir, même si certaines données devenaient maintenant beaucoup plus compliquées…
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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Jeu 16 Sep - 13:46

Cedrik s'était levé vers quatorze heures. Il n'avait pas eu envie de choisir quoi manger et, de ce fait, il avait préféré aller s'installer dans le salon de la résidence où il vivait avec ses colocataires pour essayer d'étudier. Drake et Malcolm étaient partis pour aller s'entraîner bien avant que le jeune drogué ne se lève et Leah étudiait, elle aussi, mais dans sa chambre. Cedrik avait donc le loisir de travailler dans le salon, lequel était beaucoup mieux éclairé que sa chambre. Il s'était accordé cet après-midi pour ses études exclusivement, puisqu'il avait passé un peu trop de temps dans Tenderloin, depuis quelques temps, et qu'il ne voulait pas rater ses cours. Bien qu'il était plutôt doué pour les matières qu'il étudiait, Cedrik préférait relire ses notes de temps en temps pour être certain d'obtenir des résultats excellents. Il ne laisserait pas son besoin de se détruire gâcher ses espoirs d'être admis dans un laboratoire de recherches plus tard. Le jeune homme avait fini par avoir assez faim pour se lever et aller manger. Alors qu'il revenait vers le salon, Leah était sortie de sa chambre, dans une magnifique robe noire, sa trousse de maquillage à la main, pour se préparer en discutant avec lui. Cedrik s'était enfoncé dans le sofa en l'observant se couvrir le visage de poudres en tous genres. C'était fou comme quelques couleurs bien choisies, un vêtement de bon goût et, surtout, un faux sourire auquel presque tout le monde croyait pouvait changer une personne. Le jeune drogué avait un excellent sens de l'observation et un esprit de déduction assez impressionnant. Il ne gobait donc pas l'air parfait de Malcolm, l'impression de mec bien en voyant Drake ou, dans ce cas-ci, l'attitude de femme en parfait contrôle de Leah. Foutaises, foutaises et re-foutaises. Ils étaient aussi faux les uns que les autres, au point de s'encourager mutuellement...

*Parce que c'est peut-être ça, la vie, au fond... Des apparences plus réelles que ce qu'elles cachent. Qui oserait se dire plus solide que son masque? Si on en porte un, c'est bien pour se cacher derrière, pour s'offrir une sécurité avec des trous à peine assez grands pour laisser entrevoir le danger, de l'autre côté. Et on le construit, le parfait, le rend toujours un peu plus indestructible. La peur comme principal outil et le mensonge comme matériau de base. Les années renforcent le masque, remplissant ses fissures d'une terreur encore plus puissante. L'enlever devient de plus en plus difficile; il veut rester collé à la peau. On craint de l'échapper, ou que quelqu'un ose le fracasser et repartir avec un morceau si chèrement fabriqué. Le temps ajoute des couches de toutes les couleurs au masque et plante à chacune de ses extrémités de petits clous bien droits et froids pour l'empêcher de tomber. Et le sang ne coule qu'à l'intérieur du masque. On étouffe, on se noie, on est sale...mais le masque est si bien fixé que l'horreur ne peut le percer ou le décrocher. Elle ne se perçoit que par ses trous, des fenêtres qu'on referme bientôt pour que plus personne n'essaie de regarder à l'intérieur. Alors, la peur gagne. Le masque et le visage ne font plus qu'un, en une démence amère et bien dressée, indissociables comme s'ils n'avaient jamais existé l'un sans l'autre.*

Cedrik avait relevé la tête de son petit cahier et il avait cherché Leah du regard, mais celle-ci avait quitté l'appartement et il n'avait même pas écouté où elle allait. De toute manière, il avait plus intéressant à penser. Cette nuit-là, il faisait une importante transaction avec un revendeur d'AN. Il s'achetait de quoi se tenir de bonne humeur pour presque un mois... C'était à peine s'il serait capable de l'apporter lui-même. Manners avait besoin d'une quantité de drogue beaucoup plus grande qu'une personne normale pour ressentir les mêmes effets. Probablement à cause de son pouvoir magique, son corps assimilait excessivement bien le poison. C'était aussi pourquoi il ne ressentait aucun symptôme de dépendance physique. Seul son moral était affecté lorsqu'il manquait de substances illégales. Et, vu à quel point celui-ci tombait au plus bas, Cedrik préférait éviter d'être à court de drogue. S'il n'était pas dépendant physiquement, psychologiquement, c'était une autre histoire.

Il était donc environ une heure trente et Cedrik attendait plus ou moins patiemment le revendeur dans un bar très peu sympathique de Tenderloin. Un homme prit place près de lui et Manners faillit bien lui servir le demi-sourire sarcastique de celui qui *failli attendre*. Seulement, un coup d'oeil au visage de l'autre homme lui fit ravaler toute tentative d'attitude à la Manners. Son sang cessa presque de circuler alors que son regard sombre scrutait l'individu devant lui comme s'il ne pouvait pas vraiment être là.


-Alors tu t’es cassé comme un lâche pour ça !?

Cedrik ne cilla pas. Tout ce temps passé dans Tenderloin l'avait endurci. Désormais, il lui en fallait beaucoup pour baisser les yeux. À ce moment-là, d'ailleurs, il en ressentait vraiment l'envie, mais l'habitude de toujours vouloir se montrer plus fort l'emporta sur la culpabilité. Son esprit avait très vite analysé qu'Axel était au courant pour la drogue; il n'irait donc pas nier sa peu légère tendance à consommer.

-C'est plus compliqué que ça.

Son ton neutre ne laissait filtrer aucune émotion, pas plus que son visage. Néanmoins, son rythme cardiaque avait augmenté. Il se sentait pris au piège. Cedrik avait fui sa ville natale et, maintenant, le passé venait de le retrouver. Voir Axel lui faisait réaliser à quel point il lui avait manqué et comment il se sentait seul sans son amitié, mais il ne le lui dirait certainement pas. Il fallait qu'il reparte, peu importe pourquoi il était devant lui. Manners devait se débarrasser de son ancien meilleur ami pour éviter de le contaminer comme il l'avait fait avec presque chaque personne qui avait compté pour lui. C'est pourquoi il refoula son envie de tout lui dire. Il savait qu'Axel serait du genre à comprendre et, quand une personne vous comprend, essayez donc de vous en débarrasser pour son propre bien.

-Ravi de voir que tu n’es pas mort.

Encore une fois, l'envie d'être gentil avec son ancien ami lui effleura l'esprit. Il avait envie de s'excuser, de prendre de ses nouvelles, d'oublier quelques minutes la bombe à retardement qu'il était pour tous ceux qui le côtoyaient. Mais s'il y avait bien une chose à savoir sur Cedrik Manners, c'était que le besoin de faire du mal, combiné à une volonté de fer de rester seul au monde, surpassait toutes les envies positives qui pouvaient naître chez lui.

-J'espère au moins que tu as le nécessaire pour la transaction.

Étrangement, Cedrik avait senti les mots lui écorcher la gorge. Habituellement, la honte ne venait qu'un peu plus tard.

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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Jeu 16 Sep - 14:45

S’il avait su plus tôt qu’il aurait cette confrontation, il n’aurait peut-être pas accepté la mission. Ne serait-ce que pour laisser un autre se charger de la, et de partir lui-même à la recherche de Cédrik dans San Francisco. Alors il était vivant, et semblait en bonne santé, si l’on mettait de coté ses achats de drogue. Axel ne pouvait pas nier le fait de ressentir une bouffée de chaleur due à un soulagement. Il en aurait eu les larmes aux yeux si l’indignation ne dirigeait pas ses pensées. Pour lui, Cedrik était mort parce qu’il était impossible qu’il ne parte sans rien dire à Axel. Et là, le schizophrène sentait toute sa théorie s’effondrer. Pas de nouvelle, pas de « je vais bien » ou de « je m’en vais ». Il avait comme l’impression que toute leur amitié ne se résumait qu’à quelques échanges de regards comme le font les inconnus. Alors comment devait-il le prendre ? Avait-il le droit de se mettre en colère si son ancien ami avait décidé de rompre délibérément leur lien ? Pouvait-il se permettre de jeter une chaise à travers la fenêtre ou simplement de frapper le mur de son poing ? Les voix se réveillaient dans sa tête. Certaines lui murmuraient qu’il n’aurait jamais du accorder sa confiance à un individu comme Cedrik. D’autres affirmaient qu’il devait laisser passer, et s’en ficher totalement parce qu’ils n’avaient plus rien à voir tous les deux. Qu’il devrait le tuer maintenant, et sur place, avant de prendre cette histoire de drogue pour prétexte sans même chercher à vérifier si c’était vrai ou non. Mais d’autres voix encore chuchotaient la douleur qu’il éprouvait à ce moment. Cette douleur qu’Axel ressentait vis-à-vis de son âme propre, mais aussi de celle de son ancien ami. Parce que mine de rien, si le schizophrène ressentait de la joie à le voir en vie et surtout de savoir qu’il allait bien, il ressentait aussi cette culpabilité qui émanait de chez Cedrik. Ce dernier avait bien changé, et il préférait se montrer odieux, plutôt que de s’exprimer. Axel lui en voulait d’autant plus qu’il se fichait éperdument du don de l’homme. Que le perturbé attrape le cancer et crève, à quoi bon ? La vie qui lui était réservée ne semblait pas bien longue de toute façon et à chaque fois qu’il déraillait il était proche du suicide, sans compter les ennemis qu’il se faisait. Il valait mieux rendre le dernier soupir à cause d’une maladie que par la faute d’un coup de tête ou bien d’un autre assassin.

« Compliqué.. » répéta-t-il en fixant Cedrik comme s’il essayait de le sonder davantage.

Si la blondinet avait tenté de s’en aller, Axel l’en aurait sans hésitation empêché. Car maintenant qu’il l’avait retrouvé, soit ça passait, soit ça cassait. Il voulait être sûr d’entendre les paroles qui lui feraient mal et qui mettraient pour de bon un terme à leur relation, des paroles qu’il aurait peut-être du entendre des années plus tôt, au moment où Cedrik s’en est allé. Non seulement il le retrouvait aujourd’hui, mais en plus le drogué réagissait sur la défensive, comme quelqu’un qui n’en avait rien à faire. Si Axel n’avait pas été télépathe, il aurait sauté à la gorge de son interlocuteur pour le ruer de coups. Mais il retrouvait quelques fragments de pensées positives qui le bloquaient vraisemblablement, et qui apaisaient très légèrement sa colère. Cependant cela ne dura pas. Axel reprit place sur le siège en continuant de soutenir le regard sombre de Cedrik, et la flamme en lui se raviva aux dernières paroles de l’inconscient. La drogue, la drogue, il l’avait presque oublié ! Mais Axel aurait préféré le laisser se débrouiller plutôt que de lui vendre quoique ce soit. De toute manière, il n’était pas vendeur ! Cependant il savait qu’il aurait des représailles s’il faisait mal son boulot. Ashley était sévère et même si Axel était son tueur personnel, avait donc droit à un rang peut-être supérieur à ceux de ses collègues, elle ne se priverait pas de lui faire regretter cette erreur. Il n’avait pas le droit de laisser ses émotions prendre le dessus sur son professionnalisme. Alors quoi, il allait vendre ce sucre hallucinogène et dangereux et faire comme si de rien n’était ? Axel hésitait encore dans sa manière de réagir et le choix était dur. Parce que sa peine commençait à submerger sa colère, bien qu’elle ne l’a pas encore faite. Soit il abandonnait et faisait son travail, soit il insistait et espérait un peu plus d’humanité de la part de Cedrik. Aurait-il cru qu’un jour il espérerait de l’humanité de la part d’un autre ?

« J’ai ce qu’il faut, oui. » répondit sèchement l’homme avant de rajouter, « Mais j’ai aussi l’ordre de te tuer si ta consommation venait à ne plus être personnelle. Alors réfléchis bien à ce que tu vas me répondre. »

Il gardait un regard sévère et surtout un visage dur. Il réussissait à dissimuler toutes ses émotions comme il avait l’habitude de le faire, n’étant de nature pas très expressif. Cependant, il savait pertinemment qu’au fond de lui il ne pourrait pas tuer Cedrik… Du moins, pas de sa propre volonté. Peut-être qu’avec une crise de folie ou d’angoisse, comme celle qui l’a poussé à assassiner ses parents adoptifs, il pourrait aussi abattre son ancien ami. Mais il le regretterait tout autant. Il espérait que Cedrik soit clean pour cette affaire. Il l’espérait de manière beaucoup plus intense qu’il ne l’imaginait d’ailleurs. Par ses paroles, il pouvait laisser croire que seul un semblant de confiance suffirait à la réponse du blondinet, cependant Axel ne regardait avec tellement d’intensité qu’il tentait de lui faire comprendre que si Cedrik mentait, il le saurait. Sans pour autant lui dire pour la télépathie. Après tout, son ancien ami ne lui avait jamais dit qu’il était radio-actif alors pourquoi irait-il lui parler de son ‘talent’, lui aussi ? Axel se releva à nouveau. La drogue était toujours sur lui. Il leva sa main et la posa sur celle de Cedrik de manière un peu brusque. Il pressa la paume et ses doigts se resserrèrent sur son vêtement pour le saisir, bien que l’autre soit immobile. Il ne savait pas lui-même si c’était pour l’impressionner ou pour lui montrer combien il était sérieux. Son autre main quant à elle se posa sur son propre front et il s’ébouriffa les cheveux de manière troublé, car ces stupides voix retentissaient toujours comme un réseau d’échos dans son esprit.

« Dis moi que j’aurais pas à te tuer… » murmura l’homme sur un ton à peine audible. Il détourna les yeux vers la fenêtre, ouvrant subitement les paupières en grand, les refermant et les rouvrant ensuite normalement pour regarder dehors. Il ne savait pas quoi faire, et c’était toujours lorsqu’un choix émotionnel s’imposait à lui qu’une crise d’angoisse le prenait. Il sentait quelques afflux de sueur dans le dos et ses mains frémirent toutes les deux, même celle qui tenait son ancien ami. Pour finir il reposa son regard sur Cedrik, mais d’une manière beaucoup moins certaine et sévère qu’avant.
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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Mar 26 Oct - 12:55

Dans la vie, Cedrik ne cachait pas vraiment sa consommation de drogue. Il se contentait d'être plutôt discret. Lorsqu'il était à Tenderloin, il n'avait aucun problème à s'afficher complètement gelé ou à parler des meilleurs revendeurs avec un autre consommateur du même genre que lui. À son appartement, toutefois, il se la jouait tranquille. Il ne sortait de sa chambre que quand il semblait à peu près normal et il ne parlait pas de tout ce qu'il faisait dans le pire quartier de la ville. Il y avait bien eu une fois, avec Malcolm, où il avait très clairement mentionné sa consommation de drogue, mais ça ne comptait pas: c'était juste pour le provoquer. Le reste du temps, Cedrik était discret sur le sujet, sans trop pouvoir s'expliquer pourquoi. Il aurait su se tirer des problèmes, si on lui en avait créé à ce sujet. Il y parvenait toujours et heureusement, car il avait tendance à aimer s'attirer des ennuis. Peut-être avait-il un peu honte? Quand la question venait à son esprit, il lui répondait d'une petite dose de plus.

- Compliqué..

Cedrik se trouva un coin du sol à fixer. Il était vrai qu'il aurait pu trouver une meilleure réponse... Après tout ce temps, il aurait même dû en avoir une de toute préparée pour ce genre d'occasion. Il n'était pas assez stupide pour avoir crû, en quittant son ancienne vie, qu'il ne risquerait pas de tomber sur quelqu'un qu'il avait connu, un jour. Sur quelqu'un qu'il avait abandonné. Cedrik avait été particulièrement lâche de partir sans donner d'explication, sans même avertir mais, sur le coup, il n'avait pas trouvé de meilleure solution. Quitter tout le monde l'avait beaucoup éprouvé et, plusieurs fois, il avait eu envie de revenir vers ceux qu'il avait aimés. Les avertir de son départ aurait eu pour danger de lui fournir des excuses pour rester. Et il n'avait pas voulu courir le risque de changer d'idée. Cedrik avait pris la décision de s'exiler pour protéger les autres de son pouvoir, le temps qu'il trouve comment s'en débarrasser ou comment le contrôler suffisamment pour qu'il ne déborde pas sur les autres. Avoir le cancer lui-même ne l'aurait pas dérangé si cela avait servi à ne pas contaminer les autres. Malheureusement, son pouvoir restait indomptable. Cedrik se concentrait souvent à essayer de couper l'énergie qu'il sentait émaner de lui et cela n'avait fonctionné qu'une poignée de fois, et ces moments avaient tous été très courts. Il n'avait pas le contrôle ou pas la force nécessaire pour avoir le contrôle.

- J’ai ce qu’il faut, oui. Mais j’ai aussi l’ordre de te tuer si ta consommation venait à ne plus être personnelle. Alors réfléchis bien à ce que tu vas me répondre.

Un rictus amusé se peignit sur les traits du jeune drogué, mais il ne trouvait pas la situation particulièrement drôle. Bien sûr, il appréciait les situations périlleuses, car elles le faisaient se sentir en vie, mais il aurait préféré ne pas s'attirer ce genre d'attention de la part des gens avec qui il faisait affaire pour ses achats spéciaux. Ce type de soupçons créait bien des cadavres dans les ruelles de Tenderloin... Le fait de savoir qu'Axel travaillait pour ce type d'organisation ne lui plaisait pas spécialement, d'ailleurs. Cedrik connaissait les dangers de travailler pour AN et ce n'était pas vraiment le genre de choses qu'il aurait souhaitées pour son ancien ami. Cependant, il préférait encore le savoir du côté d'Alchemical Nights que dans ses ennemis ou concurrents. Son espérance de vie doublait, tout de même... Et ce n'était pas comme si cela le concernait directement. En partant, il avait abandonné le droit d'avoir un avis sur la vie des gens qu'il avait côtoyés et il en était très conscient, même s'il aurait bien aimé, à ce moment-là, avoir son mot à dire sur le genre de vie qu'Axel s'était choisi. Néanmoins, il se tût, en grande partie parce que sa propre vie méritait les critiques.

Les yeux de Cedrik se relevèrent brusquement lorsqu'Axel le toucha. Il détestait les contacts physiques, à cause de son pouvoir. Aussi était-il beaucoup plus réceptif à ce genre de choses. Il ne savait pas si son ancien ami voulait le brusquer pour le faire parler ou si c'était seulement un geste impulsif pour lui montrer qu'il ne laisserait pas le passé influencer la manière dont il ferait son travail, mais le contact le mettait encore plus mal à l'aise. Son côté masochiste et provocateur avait envie de mentir à Axel et de lui faire croire qu'il était effectivement un petit traficant clandestin, juste pour voir s'il irait jusqu'à essayer de le tuer. Dans le pire des cas, son ancien ami ferait bien son travail et Cedrik rejoindrait la masse invisible et insignifiante des junkies dont AN débarrassait la ville. Ce ne serait pas une grosse perte. Le jeune homme n'était pas vraiment suicidaire, mais il aimait particulièrement jouer avec la mort, se promener nonchalamment sur la mince ligne qu'il ne devait pas transgresser. Il testait les limites de la vie juste assez souvent pour se souvenir que la fin était toujours proche. Si son corps n'avait pas eu la faculté de guérir si vite et si facilement, soit il serait déjà mort, soit de nombreuses cicatrices témoigneraient du genre d'existence qu'il s'imposait.


-Dis moi que j’aurais pas à te tuer…

Axel avait détourné les yeux vers la fenêtre et son ancien ami en profita pour oublier de respirer. L'envie de lui mentir avait disparu comme par magie. Quand Cedrik était parti, il s'était concentré sur l'utilité de son départ, sur le fait qu'il allait empêcher son pouvoir de rendre ceux qu'il aimait malades. Il avait endormi sa peine en s'étourdissant avec l'idée qu'il agissait pour le bien de tout le monde. Et il avait chassé de son esprit la peine qu'il avait pu faire à ceux qu'il avait laissés derrière. Seulement, les mots d'Axel, sa voix à peine audible... Le passé venait crier au jeune drogué qu'on ne se sauvait pas en espérant stupidement de ne rien briser, de ne pas laisser que la douleur et l'incompréhension. Quand Axel posa à nouveau le regard dans les yeux de son ancien ami, ceux-ci s'étaient vidés de l'armure d'indifférence qui qui les avaient protégés depuis l'arrivée de celui qui travaillait pour AN.

-T'auras pas à me tuer.

Cedrik baissa à nouveau les yeux, ce qui était étrange venant de lui. Il avait pourtant pris l'habitude de jouer au plus fort.

-Désolé d'être parti...comme ça.

Oh, c'était peu, très peu. Mais les mots le fuyaient, pour une fois.

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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Mer 10 Nov - 20:30

Il y avait ces voix qui lui ressassaient sans arrêt cette fuite de la part de Manners. Cet abandon et cette terrible déception lorsqu’Axel s’est rendu à l’évidence qu’il ne reverrait plus son meilleur ami. Il s’était tellement inquiété, surtout les premiers jours ! C’était un sentiment qui l’humanisait et il s’était accroché dessus, bien qu’il en ressente la douleur. Il avait gardé contact avec le père de Cedrik pour lui demander des nouvelles tous les jours mais à chaque fois que l’homme lui répondait que son fils n’était pas revenu, Axel se faisait un profond souci. Les jours passaient et le schizophrène était bien obligé de faire entrer l’idée d’une mort ou d’un enlèvement probable dans ses hypothèses. Et ses recherches ne le menaient absolument à rien. Il était persuadé que son meilleur ami l’aurait contacté, s’il avait pu. Il avait cette confiance naïve et totalement aveugle malgré sa télépathie, jusqu’à ce que le père Manners reçoive une première lettre. Alors Cedrik était parti, définitivement, sans aucun mot d’adieu, comme un voleur. En plus d’une terrible déception, Axel lui en voulait maintenant. Il lui rétorqua qu’il avait l’ordre de le tuer si la consommation de Cedrik n’était pas personnelle, et tenta de lui laisser croire qu’il le ferait sans hésitation. Mais Axel savait qu’il n’en était pas capable. Il avait assassiné bien des gens mais aussi en colère soit-il face à son ancien ami, il ne pourra pas lui ôter la vie. L’agresser et lui refaire le portrait éventuellement, jusqu’à l’envoyer à l’hôpital pourquoi pas, mais pas le tuer. Il savait que Cedrik regrettait ne serait-ce qu’un peu d’avoir agi ainsi mais ce qui était fait était fait, et cela ne l’excusait absolument pas. Et pour finir comment ? Pour consommer une énorme quantité de drogue… Ce n’était pas le fait de se droguer qui gênait Axel, c’était d’avoir attiré les soupçons d’AN qui le perturbait un peu. Il espérait qu’on ait pas à lui demander, plus tard, d’aller le tuer si les soupçons continuaient. Pourvu que Manners sache se tenir tranquille et ralentir sa consommation, ne serait-ce le temps d’apaiser les doutes à son sujet, même si ces doutes ne sont pas fondés.

Lorsqu’il le toucha, d’une manière un peu brusque, il craignit un instant que Cedrik réponde mal à sa question. S’il mentait, Axel le saurait, mais il n’apprécierait certainement pas. Il sentait tout le coté provocateur de l’homme se mettre en avant et il le regardait sévèrement, espérant secrètement que le drogué fasse un effort pour se contenir et pour répondre sérieusement, pour ne pas s’attirer d’ennuis. Le schizophrène n’avait pas envie de lui faire du mal malgré les voix qui continuaient de lui crier le mal que lui avait fait Cedrik, et volontairement en plus. Sa dernière phrase était presque une supplication et il dut détourner le regard après avoir demandé à Cedrik de bien répondre à cette question. Tiraillé par ce choix émotionnel, il attendit quelques secondes avant de retrouver un peu de vigueur et de regarder à nouveau son interlocuteur en face. Il ne devait pas céder. Son travail était tout pour lui et il était prêt à tout pour que sa patronne soit satisfaite de lui. Axel était un homme sérieux qui faisait les choses jusqu’au bout pour compenser sa propre folie, ou bien pour la dissimuler. Il eut la réponse mentale, comme quoi le consommateur était réglo et s’en retrouva soulagé, mine de rien.

« T'auras pas à me tuer. »

Cette réponse le soulagea davantage et après quelques secondes d’hésitation, en le fixant bien et pour lui faire croire qu’il le sondait et qu’il se méfiait toujours, il finit par lâcher son bras et ravala sa salive. Les excuses de Cedrik sonnèrent creux en lui. Il était déjà plus détendu, et il détourna son regard vers la fenêtre en serrant la mâchoire.

« T’es pas désolé. Et tu me dois rien, que je sache. » lâcha-t-il à contre cœur pour essayer lui-même de camoufler sa propre douleur. Il reposa ses yeux sur son interlocuteur, une nouvelle fois, se sentant beaucoup plus faible qu’avant. À quoi bon, de toute manière il se sentait bien incapable de réagir plus que ça, Axel n’avait jamais été quelqu’un de rancunier. Et même s’il était encore affecté, il trouvait ça con de le voir s’éloigner à nouveau, alors qu’il avait envie d’en savoir plus sur lui, maintenant qu’il l’avait miraculeusement retrouvé.
« J’aurais juste aimé partir avec toi. J’en ai rien à foutre d’être malade. » avoua-t-il sincèrement, avant de changer aussitôt de sujet de conversation en tapotant sa veste en cuir et en faisant signe à Cedrik de sortir.
« Je te donnerais ta marchandise une fois dehors, j’ai pas envie qu’on nous voit ici. T’es venu en voiture ? »

Il préférait rapidement oublier ce qu’il avait dit précédemment, se concentrant sur le trait professionnel de sa présence ici. Mais il est clair que si Cedrik lui avait annoncé qu’il partait, Axel serait venu avec lui. Il se fichait totalement des radiations et du cancer. Cela lui aurait évité de tuer ses parents adoptifs et de devoir fuir lui aussi. Et puis il n’aurait jamais laissé son meilleur ami partir seul, Axel avait rarement trouvé des personnes qui acceptaient sa folie, et qui ne le croyait pas fou à cause des réactions étranges et du comportant bizarre qu’il pouvait parfois adopter à cause de ses indécisions et des voix dans sa tête. Il n’était pas censé savoir pour le pouvoir de Cedrik, alors qu’il avait toujours su. Mais si ce dernier avait eu la présence d’esprit de se confier, Axel lui aurait aussi tout avoué, pour la télépathie, à ce temps. Le cancer ne lui faisait pas peur et bien au contraire, il songe tellement à la mort qu’une maladie serait l’idéal pour lui. Elle mettrait à la fois une fin à toutes ses souffrances, tout en lui laissant la conscience tranquille car il ne se morfondra pas de ne pas avoir eu le courage de se suicider. Tué par une maladie, c’est aussi mieux que par un autre assassin. S’il fallait mourir un jour, demain ou dans dix ans, Axel ne voyait pas vraiment la différence puisqu’il n’avait d’autre but que d’essayer de se prouver qu’il existe en faisant son travail et en servant Ashley. Le monde n’a pas besoin d’un schizophrène dangereux. Il se tourna vers la sortie, s'assurant que Cedrik était prêt à le suivre avant de s'y diriger.
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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Lun 6 Déc - 22:33

[Désolé de t’avoir fait attendre, t’as qu’à me priver de drogue.]

Voir Axel, après tout ce temps, donnait à Cedrik l’impression que la notion de passé n’existait pas vraiment. On pouvait toujours essayer de se faire croire que le présent l’effaçait, mais c’était totalement faux. Il arrivait un moment, quand on ne s’y attendait pas, où ce qu’on croyait définitivement disparu revenait nous sauter en pleine gueule. Et c’était exactement ce qui arrivait, cette nuit-là. Manners avait voulu se convaincre qu’il pouvait vraiment tout quitter et, pendant un long moment, il y avait même crû, d’une certaine manière. Et voilà qu’il redescendait de ses belles illusions. Peut-être aurait-il simplement dû ne jamais partir. Il aurait pu expliquer à ceux à qui il tenait qu’ils devaient garder une bonne distance physique avec lui. Certains se seraient probablement éloignés, mais il n’aurait pas perdu tout le monde, au moins. Il ne se serait pas retrouvé seul, dans une autre ville que la sienne, avec cette dépendance qu’il commençait presque à apprécier. Cedrik préférait refouler cette idée très loin. Ce qui était fait était fait, non? Les regrets ne servaient à rien puisque la seule chose qui attestait bien de l’existence du passé était qu’on ne pouvait pas revenir sur ses erreurs. Si le jeune drogué réfléchissait trop, d’ailleurs, il risquait de trop bien prendre conscience de ce qu’il essayait de ne pas considérer comme des erreurs et il avait déjà assez de culpabilité pour s’étouffer sans en ajouter…

Cedrik avait toujours eu cette tendance égocentrique à ne considérer que son point de vue des choses avant de réfléchir. Il lui fallait beaucoup d’efforts pour considérer qu’on puisse s’en faire pour lui alors que lui-même s’inquiétait souvent au sujet de ceux qui comptaient pour lui. Depuis qu’il était parti, cette inquiétude était devenue plus diffuse, mais elle n’avait jamais vraiment disparu. Il n’avait cependant réalisé qu’à moitié à quel point ceux qu’il avait quittés pourraient angoisser de ne pas savoir dans quel état il se trouvait. En être parfaitement conscient n’aurait peut-être pas influencé sa décision de ne tenter aucun contact, même éloigné, mais sa culpabilité aurait probablement augmenté. Encore.

Avant de quitter son ancienne vie, Cedrik était moins sombre. Il lui arrivait beaucoup plus souvent de sourire autrement qu’avec un air odieusement sarcastique et il savait montrer une compréhension et une écoute remarquables. Cependant, son besoin de jouer au plus fort n’était pas apparu comme par magie avec sa consommation de drogue. Manners avait toujours aimé provoquer, écorcher les nerfs, tester la patience… Aux yeux de ceux qui ne le côtoyaient qu’un peu, il semblait plutôt intouchable. Il fallait creuser pour trouver le bon et le fragile en lui, et il ne laissait pas n’importe qui risquer de faire des trous dans sa si jolie armure. Axel avait été une des rares personnes, en dehors de sa famille, à être vraiment proche de lui. Il en était venu à le considérer comme un frère.


- T’es pas désolé. Et tu me dois rien, que je sache.

Manners baissa les yeux en soupirant. Il n’allait tout de même pas argumenter contre Axel pour le convaincre qu’il disait vrai alors même qu’il était persuadé qu’ils le savaient très bien tous les deux. Pas son genre.

- J’aurais juste aimé partir avec toi. J’en ai rien à foutre d’être malade.

Le regard sombre de Cedrik se braqua sur Axel à sa dernière phrase. Que son ami de toujours lui dise qu’il l’aurait suivi le touchait, bien sûr, mais c’était la partie concernant sa santé qui le frappait le plus. Manner avait depuis longtemps remarqué que l’autre homme avait plus de difficultés que la moyenne des gens pour mener une vie à peu près normale et l’entendre dire ce genre de trucs qui sidéreraient une personne normale ne l’étonnait pas tellement venant de lui. Ce qui le troublait, c’était qu’il ne voyait aucune raison valable aux paroles d’Axel. Il ne se rappelait pas du tout de lui avoir parlé de son pouvoir magique et encore moins des effets que celui-ci entraînait. Comment Axel pouvait-il être au courant? Manners allait ouvrir la bouche, mais son ancien ami parla et partit vers l’extérieur.

- J’ai pas de voiture.

Une fois dehors, car il n’allait certainement pas laisser Axel partir sans lui, Cedrik s’immobilisa devant celui-ci en le fixant avec un air indéchiffrable.

- Comment tu sais?

Il risquait, et il méritait, de recevoir pour réponse un mensonge plus ou moins bien ficelé, mais il espérait tout de même. Il avait voulu quitter tout son ancien univers mais, maintenant qu’une importante partie de celui-ci se retrouvait à nouveau devant lui, il n’avait pas envie de la laisser partir.

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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Mer 8 Déc - 12:28

[Avec plaisir !]

Il y avait trop de malentendus entre eux. Cedrik n’avait absolument pas la même manière de réfléchir qu’Axel, et ce dernier faisait tout pour ne pas essayer de le comprendre, de compatir. Même avec sa télépathie, même en sachant pertinemment que ce n’était pas par méchanceté que son ancien meilleur ami l’avait abandonné, il ne pouvait s’empêcher de vouloir lui en vouloir. Pour une fois que quelqu’un ne le considérait pas comme un fou, il avait fallu que cette personne disparaisse du jour au lendemain sans laisser de trace. Il y avait de quoi se poser des questions, et cet acte ne pouvait certainement pas être qualifié autrement qu’un abandon. Mais Axel ne s’était pas vraiment imaginé pouvoir le retrouver un jour. C’était presque inconcevable car le monde était vaste, et il était parti sur l’optique que s’il n’avait plus aucune nouvelle de son meilleur ami, c’est qu’il était arrivé quelque chose de grave à ce dernier, comme une mort inattendue. Mais ce n’était pas le cas. Il n’était ni mort, ni blessé. Il n’avait pas été forcé de s’en aller, il l’avait fait en étant parfaitement conscience de ses actes et des personnes qu’il avait laissé derrière lui. C’est pour cette raison précise qu’Axel lui en voulait, car il avait la désagréable impression que l’amitié qu’il avait tissé avec Cedrik ne représentait rien pour celui-ci au final, et qu’il ne lui faisait pas du tout confiance. À ce moment, il n’était absolument plus question de drogue ni de trafic. Le tueur n’oubliait pas qu’il se promenait avec ce sucre sur lui, et il avait bien l’intention de régler cette affaire avant de partir, mais pas sans avoir tiré quelques petites choses au clair.

Lorsque sa patronne lui avait donné cette mission, il ne s’était pas imaginé un seul instant rencontrer de telles complications. Cela dit, même s’il avait su, il aurait quand même accepté et serait venu. Il lui était tellement dévoué qu’il serait allé dans un guet-apens, si elle le lui avait demandé. Il n’avait pas peur d’elle, puisque la mort ne l’effrayait pas, mais rien ne lui plomberait plus le moral que de la décevoir. Ashley prenait une grande place dans la vie d’Axel, celle du modèle qu’il suivait. Lui obéïr et la suivre, mais si c’était parfois contraignant et même si elle se montrait dure, c’était pour lui une manière de se dire qu’il servait à quelque chose, et c’était comme un but dans son existence. En bref, son travail était crucial et il était bien heureux de ne pas avoir à tuer son ancien ami pour accomplir sa tâche. Il ne risquait pas non plus d’oublier l’affaire, afin de ramener le paiement à la société. Si la boss apprenait que Cedrik n’avait pas acheté la drogue finalement, peut-être qu’elle en aura après lui. Il confia une partie de ce qu’il en pensait à cet ancien ami. Lui affirmant qu’il n’en avait strictement rien à faire du pouvoir de ce dernier, et se fichant totalement du fait qu’il n’était pas censé être au courant. Il ne lut pas tellement d’étonnement dans l’esprit du drogué. Ce dernier le connaissait vraiment bien, Axel se demandait encore pourquoi il était parti et pourquoi il ne lui avait rien dit. Il préféra ne pas le laisser réfléchir là-dessus plus longtemps et l’entraîna vers la sortie en lui demandant s’il avait un moyen de locomotion. Mais Cedrik n’avait pas de voiture et en sortant, l’homme se demanda si c’était bien sûr de lui vendre de la drogue et de le laisser repartir à pieds dans Tenderloin… D’autant plus que si quelqu’un les voyait faire, ça risquait de devenir sérieusement dangereux. Il faisait nuit, Axel l’aurait laissé se débrouiller si c’était quelqu’un d’autre mais là… ce n’était pas n’importe qui. Ils sortirent et le schizophrène n’eut pas l’occasion d’aller plus loin que Cedrik lui coupait la route.

Il était temps de s’expliquer, et Axel sonda un long moment le regard de son ami pour observer ce qui se cachait derrière cet air indéchiffrable. Il posa le dos de sa main sur le bras de Cedrik pour le décaler – assez gentiment – afin de reprendre la marche, puis il s’avança silencieusement.

« Je te laisserais pas repartir à pied avec la marchandise. Je te raccompagne chez toi. déclara-t-il en fixant l’horizon sombre devant lui. Voilà, c’était dit, mais Cedrik n’allait sûrement pas le lâcher avant d’avoir eu une réponse à sa dernière question. C’est pourquoi le fou haussa les épaules au bout d’un moment et tourna la tête vers son ancien ami pour lui montrer qu’il s’apprête à lui répondre. Il garda le silence encore quelques secondes, avant de se confier finalement.

« Je l’ai toujours su. Depuis qu’on se connaît. » murmura-t-il dans la nuit froide autour d’eux.

Il ne voulait pas tout dévoiler tout de suite, d’autant plus qu’il en voulait encore à Cedrik. Il allait probablement lui pardonner et était déjà sur le point de le faire, car Axel n’était pas un type rancunier. Cependant après toutes ces années et toute la froideur dans laquelle ils avaient fêtés leurs retrouvailles le schizophrène n’avait aucune envie de lui déballer que durant tout le temps qu’ils ont passé ensemble lorsqu’ils étaient plus jeunes, il pouvait lire dans sa tête et le faisait. Cependant il ne savait pas mentir et n’avait pas l’intention de le faire. Ce qu’il avait dit n’était pas un mensonge, mais il espérait que son ami ne pose pas trop de questions, parce qu’il n’avait pas l’intention de répondre avec précision…
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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik] Ven 14 Jan - 0:13

[Et je ne suis pas mieux, cette fois-ci… Envoie-moi à Malcolm, tiens, il devrait me donner envie de me montrer moins lent, à l’avenir.]

Jusqu’à quel point a-t-on le droit de blesser une personne pour son bien? Cedrik savait, en partant, qu’il ferait du mal aux personnes qui tenaient à lui, mais ce n’avait pas été assez pour le retenir. Il avait choisi d’éloigner le risque de maladie qu’il était lui-même, sans laisser aux autres le droit de donner leur avis. Même s’il était toujours persuadé d’avoir fait le bon choix en évitant le danger de morts à ceux qui lui étaient chers, Cedrik avait la preuve, avec Axel, que son départ avait fait beaucoup de mal. S’il n’avait pas fait tant d’efforts pour se borner à croire qu’empêcher la maladie et la mort valait un abandon inexpliqué et douloureux, le jeune homme en serait peut-être arrivé à réaliser qu’il n’avait pas le droit de décider pour les autres. Qui était-il pour imposer à Axel son absence alors que celui-ci aurait, semblait-il, préféré vivre avec un ami de plus, malgré le danger de l’avoir à proximité? Manners avait décidé de ne pas y penser. Depuis le début.

Cedrik n’avait jamais eu beaucoup d’amis. Il lui était toujours venu plus naturellement de s’attacher profondément aux rares gens qui semblaient en valoir la peine. Avant de réaliser qu’il faisait risquer le cancer à tous ceux qui le côtoyaient de trop près, il aimait même avoir de gens pour l’entourer, que ce soit ses rares amis, son copain ou sa famille. Après la mort de sa mère et de sa sœur, il avait fait quelques recherches et, alors qu’il commençait à douter qu’il était peut-être responsable de leur maladie, son copain s’était découvert la même horreur. Et Cedrik avait eu la confirmation du danger qu’il était. La peur et la souffrance avaient chassé tout ce qui était extérieur à cette certitude. Puis, le jeune homme était parti sans laisser d’explications. Il avait trop honte, trop mal. Même à son père, pauvre homme à qui il ne restait que son fils, il n’avait rien dit. Comment fixer droit dans les yeux la personne à laquelle on a tout arraché, même par accident? Manners pouvait montrer un courage aveugle dans un bon nombre de situations grandement périlleuses mais, face à la douleur qu’il répandait, il devenait aussi frêle que du givre au bord d’une fenêtre. On n’avait qu’à souffler dessus pour qu’il disparaisse.

Mais personne n’avait eu le temps de souffler que Cedrik avait quitté la ville avec seulement un sac à dos rempli du nécessaire. Il n’aurait pas crû dormir si souvent dehors…et il n’aurait pas pensé, à cette époque, que la dureté du sol glacial d’une ruelle au milieu de la nuit lui manquerait quand il se réveillerait dans le lit d’un inconnu qui l’aurait si bien payé.


« Je te laisserais pas repartir à pied avec la marchandise. Je te raccompagne chez toi. »

Cedrik suivit son ancien ami. Il aurait préféré rester planté devant lui à le défier, mais il n’avait plus trop le choix. De toute manière, il n’y avait que ce connard de Gillian pour toujours agir exactement comme il le prévoyait.

« On voit que je suis un client privilégié. »

Il leva les yeux au ciel, l’air de dire qu’il n’était plus à la petite école et qu’il pouvait très bien se débrouiller. Après tout, il le faisait bien à toutes les autres occasions. Seulement, rester encore avec Axel lui semblait être la seule chose qu’il voulait, à ce moment-là. Bien sûr, il voulait une réponse à sa question, mais c’était plus que ce simple besoin de savoir. Peut-être en avait-il marre d’être constamment seul.

« Je l’ai toujours su. Depuis qu’on se connaît. »

Des dizaines de questions se formèrent et se répercutèrent les unes sur les autres dans l’esprit de Manners. Il ne comprenait pas comment Axel pouvait être au courant, ni ce qu’il savait exactement et, surtout, pourquoi il ne lui en avait jamais parlé. Peut-être aurait-il pu le retenir, à l’époque, lui faire comprendre qu’il existait d’autres solutions. Mais le passé était le passé et Cedrik ne voyait toujours pas quelle autre solution il aurait eu. La solitude contre la vie, c’était déjà beaucoup, non?

« Je ne t’ai pas demandé depuis quand mais bien comment. »

Cedrik essayait de se montrer neutre et distant, mais il était très loin de l’être.

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MessageSujet: Re: Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik]

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Meme l'amitie se couvre de moisissure [Cedrik]

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