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Le passé pour maquiller les rides [SOUHAIT]

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Ilena M. Godefroy

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Rousse et sexy

Messages : 47
Date d'inscription : 03/08/2010

MessageSujet: Le passé pour maquiller les rides [SOUHAIT] Lun 20 Sep - 14:50

Parfois, sérieusement, j'oubliais presque mon âge. Je me retrouvais adolescente encore, riant pour un rien et battant des cils pour un bel inconnu. Je m'enthousiasmais pour un sourire ou un clin d'oeil, je tournais sur une piste de danse comme si la nuit n'avait pas de fin, je tombais amoureuse d'un regard... Mes bonnes journées étaient comme une jeunesse retrouvée, une insouciance bénie qui venait effacer les sillons invisibles des larmes que je versais sur mon passé. Les mauvaises ne leur étaient pas vraiment différentes aux yeux des autres. Je ne leur laissais deviner aucune souffrance derrière l'éclat factice que je m'efforçais de donner à mes yeux. J'étais la même Ilena exubérante et envahissante, la femme pleine de surprises qui ne pouvait pas passer inaperçue. Je tombais sur les nerfs, j'agressais par un vêtement trop voyant ou des bijoux trop brillants, je parlais fort de ma voix chantante ou je souriais comme la dernière fillette débarquée dans une magasin de poupées. Je servais à tout le monde cet habituel sourire de femme fatale et personne ne se doutait que, ce jour-là, je n'y croyais pas moi-même.

J'étais bonne actrice; c'était indéniable. Je me trompais presque moi-même en me souriant béatement dans le miroir en vérifiant mon allure avant de sortir de ma chambre d'hôtel. Il fallait que je sois impeccable, au maximum de ce qu'une femme de mon âge pouvait faire pour se rendre désirable. Crèmes, poudres, maquillages en tous genres.. Rien n'était trop dispendieux pour me rajeunir ne serait-ce que d'une petite semaine. J'avais beau m'inventer que je n'étais pas si âgée, je voyais tout de même le temps passer à une vitesse intolérable. Déjà, j'étais persuadée que je ne survivrais pas à mes quarante ans. Il me restait encore plus de trois ans avant qu'ils n'arrivent, mais je voyais leur ombre venir jeter un gris oppressant sur toutes les couleurs dont je parais mon visage. On m'aurait traitée de folle...mais j'aurais juré qu'ils me menaçaient. Mes vingt ans me manquaient terriblement. C'était plus qu'une nostalgie ou un flot de regrets. Bien sûr, je regrettais de ne pas avoir pu profiter de ma jeunesse à cause de dettes pour lesquelles j'avais dû tout sacrifier, mais je m'en faisais surtout pour la peur qui me gagnait un peu plus chaque soir: vieillir avec, pour seule compagnie, mes rides et des souvenirs que personne ne voudrait partager. J'avais l'impression que chaque jour faisait de moi une petite vieille. Je m'imaginais déjà en train de me bercer sur le balcon de ma chambre couverte d'un châle de laine rose. Déjà, maintenant, j'arrivais à peine à grappiller un peu d'attention, ici et là, en multipliant les efforts pour choquer. Plus le temps passerait, plus les seuls regards qu'on daignerait me jeter seraient teintés de pitié pour une vieille femme à qui il ne reste rien d'intéressant à vivre. Le temps passait, s'égrenait...et j'étais obsédée par chaque minute qui ne reviendrait jamais. Je perdais mon éclat, ma joie et même l'envie d'être heureuse.

Je quittais rarement l'hôtel. Il était un peu comme mon royaume. Tout le monde m'y connaissait; tout le monde avait une opinion sur moi. Je n'avais pas vraiment besoin d'aller ailleurs, sauf pour faire une virée de magasinage et, souvent, internet remplaçait les centres d'achats. J'y trouvais toujours ce dont j'avais besoin et même beaucoup plus. Ce jour-là, toutefois, j'avais eu besoin de prendre l'air, de me promener sous le sol et non sous le lustre du grand hall de l'hôtel. J'avais enfilé une jolie robe verte, des bas collants en dentelle noire, des souliers dorés et d'immenses bijoux en or. J'avais pris soin de marcher très lentement pour que tout le monde me voit sortir. Mon besoin d'attention était peut-être maladif, mais je n'en avais rien à faire: j'aimais ça. Je m'étais ensuite faite déposer au Golden Gate Park où j'avais marché pendant près d'une heure en maudissant mes nouvelles chaussures qui me faisaient souffrir. Puis, j'avais vu ce puits aux souhaits si mignon et j'étais allée me pencher au-dessus pour essayer de voir le fond...avant de me dire que, non, personne ne pouvait s'enrichir sur le dos des touristes en ramassant les pièces de monnaie qui y étaient jetées. Le puits était beaucoup trop profond pour que quiconque ait pour tâche de le nettoyer. Cela le rendait d'autant plus spécial. J'avais étrangement envie de croire qu'il entendait vraiment les souhaits. Après avoir vérifié que personne ne pouvait me voir me ridiculiser, je me penchai donc un peu plus et laissai tomber une pièce en murmurant.


-Je souhaiterais avoir l'air jeune à nouveau...

J'attendis quelques secondes avant de me trouver plutôt stupide et de m'éloigner du puits avec une déception presque aussi grande que ma honte d'y avoir crû, pendant un moment. Le souhaits ne se réalisaient jamais. Quand allais-je le comprendre? Je repartis donc du parc sans la sérénité que j'étais venue y chercher. J'étais sortie de l'hôtel en espérant que la nature me ferait oublier à quel point mon existence était terne, derrière les paillettes de mes vêtements et la lumière qui se reflétait sur mes lèvres. Seulement, la nature était ce qu'elle était: décevant au plus haut point. Au fond, c'était elle qui me faisait vieillir, mourir, toujours plus chaque jour. Je retournai donc à l'hôtel qui, au moins, me donnait l'impression d'exister. Dans le parc, il n'y avait presque personne pour me regarder. Je me sentais insignifiante...J'avais besoin qu'on me fasse briller d'une caresse visuelle le plus rapidement possible. Dès que j'arriverais à l'hôtel, je m'attarderais dans le hall pour sourire aux inconnus. J'irais parler à une réceptionniste, probablement, pour demander qu'on monte quelque chose à ma chambre. Je me servirais de cette excuse pour lui raconter ma journée. Elle serait certainement captivée lorsque je lui dirais que ma sortie en ville avait été très mouvementée et qu'un homme d'à peine vingt-quatre ans m'avait avoué avoir eu le coup de foudre pour moi. Et elle ne se douterait pas qu'une fois dans ma chambre, je serais encore une fois totalement seule avec le temps qui passe.

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MessageSujet: Re: Le passé pour maquiller les rides [SOUHAIT] Mar 28 Sep - 17:49

Emyria vieillissait avec une lenteur qui aurait paru désespérante aux yeux de presque n'importe quelle humaine normale. Les jours ne voulaient rien dire et les mois n'appelaient aucune ride. Les années passaient comme de heures sur le corps de la génie. Elle était quasi-immortelle. La partie magique en elle l'empêchait de vieillir au même rythme que les humains et les sorciers normaux, même si elle était à moitié humaine. Bien sûr, en faisant l'effort de maîtriser ses pouvoirs, la jeune femme pouvait modifier son apparence. Certains de ses maîtres avaient désiré qu'elle soit plus grande, blonde, du même âge qu'eux ou n'importe quoi. Emyria n'avait pas pu faire autrement que ce qu'ils demandaient et, puisque c'était toujours un ordre de son maître, les transformations s'étaient toujours passées facilement. Avec des efforts assez grands, toutefois, la génie pouvait utiliser ses pouvoir pour elle-même, mais c'était toujours difficile, temporaire et aléatoire. Et il lui était impossible d'aller à l'encontre de ce que son maître demandait. Il était donc arrivé à Emy de devoir passer des décennies avec une autre apparence que la sienne, oubliant presque à quoi elle ressemblait vraiment, jusqu'à ce que son maître change d'avis, meure ou l'abandonne. Alors, elle retrouvait son vrai visage, celui d'une jeune femme qui n'a même pas un quart de l'âge réel de la génie.

Il n'était toutefois pas si difficile, pour Emy, de comprendre les humains. Elle vivait avec eux depuis si longtemps et, à force de servir leur plus basses demandes, elle savait même les détails que cette espèce aurait certainement préféré faire disparaître. Chaque personne se disait différente, mais tous les humains restaient, à la base, le même type d'êtres, peu importe les défauts ou les qualités qui les caractérisaient individuellement. Les créatures magiques, d'ailleurs, leur ressemblaient souvent beaucoup, surtout quand elles se mélangeaient à la société humaine. Emyria en avait servi quelques unes et, la plupart du temps, elle n'avait pas connu une grande différence par rapport à ses maîtres humains ou sorciers. Le côté extrêmement gentil d'Emyria lui donnait tout de même envie d'aider les humains, malgré leurs travers et leur obsession maladive du pouvoir. Il fallait dire que la demoiselle adorait réaliser des souhaits, un peu comme si c'était dans sa nature...

Ce jour-là, Emy avait passé deux heures à tourner en rond dans l'hôtel pour éviter Nathan Sinclair. Son maître lui avait interdit de le revoir et elle ne voulait surtout pas lui désobéir. Nathan avait laissé un mot sur sa porte de chambre, au sous-sol, durant son quart de travail. En d'autres circonstances, Emyria aurait été touchée que le jeune homme ait trouvé un moyen d'accéder au sous-sol, lequel était réservé aux employés, pour lui laisser un mot mais, depuis sa discussion avec son maître, la génie ne voulait ni ne pouvait se retrouver en présence du Sinclair. Et dire qu'elle ne pouvait rien lui expliquer...

Aller au puits aux souhaits la détendait beaucoup. La génie faisait de son mieux pour réaliser des souhaits qui ne lui étaient pas imposés et la concentration qu'elle y mettait lui permettait de ne penser à rien d'autre. Elle était justement cachée magiquement dans les environs du puits lorsqu'une jolie femme rousse au regard triste s'était approchée.


-Je souhaiterais avoir l'air jeune à nouveau...

Emyria connaissait la folie des femmes humaines avec la jeunesse et, même si elle ne trouvait pas la femme rousse vraiment âgée, elle sentait sa détresse. La génie se concentra donc alors que la femme partait pour lui offrir ce qu'elle voulait: vingt ans de moins. Seulement, elle savait que ce genre de choses pouvait se regretter et elle mit donc un bémol au vœu: la dame ne serait jeune que quelques jours par semaine, aléatoirement. De toute manière, Emy se sentait incapable de faire plus. Elle se concentra donc et sentit la magie se mettre en oeuvre. Une fois qu'elle eut mis tous les efforts possibles, elle fut persuadée d'avoir réussi. Seulement, puisqu'il s'agissait ici d'Emyria, le souhait ne tourna pas exactement comme elle l'avait prévu. La femme pourrait effectivement avoir l'air vingt ans plus jeune plusieurs jours par semaine, mais elle serait en réalité quarante ans plus vieille que maintenant. La magie avait compensé l'apparence par la profondeur, en deux fois pire. Lorsque Ilena semblerait avoir dix-sept ans, elle en aurait soixante-quatorze sous sa peau si juvénile. Mais, au fond, c'était bien ce qu'elle avait demandé: avoir l'air jeune. Puisque seule l'apparence comptait, le souhait était parfaitement réalisé...
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