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Sous le soleil, la glace (pv Lindsay *_*)

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MessageSujet: Sous le soleil, la glace (pv Lindsay *_*) Jeu 23 Sep - 13:37

Summer ne le niait pas: c'était là une attitude des plus étranges. Mais, au fond, cela ne l'étonnait pas tant que ça. Elle avait froid. Quelles que soient les circonstances, quel que soit le temps, elle avait froid. Elle avait toujours froid. Animée d'une petite étincelle d'espoir, elle s'était imaginé que l'un des avantages de quitter l'Alaska pour la Californie serait la chaleur. A San Fransisco, il faisait presque toujours chaud, même en janvier, il faisait rarement moins de 10°. Quel changement pour une jeune fille qui avait toujours vécu sous la neige, habituée à voir le thermomètre indiquer des chiffres négatifs! Enfin toujours... Pas exactement, mais la mémoire de Summer lui faisait défaut, et si elle essayait tant bien que mal de se rappeler les dix premières années de sa vie, c'était toujours un échec.

Ce n'était qu'au sortir de l'avion, après que les roues de l'engin soient rentrées en contact avec le tarmac et que le vrombissement des moteurs se soit tu, qu'elle avait réalisé l'ampleur de ce qu'elle accomplissait. Ce n'était pas une simple année sabbatique; aussi perdue qu'elle soit, elle sentait qu'elle touchait là l'aube d'une nouvelle vie. Serait-elle plus simple, cette nouvelle vie? Plus limpide? Plus apaisante? Aussi fort qu'elle l'espérait, la jeune fille en doutait: à peine avait-elle posé un pied en dehors de l'aéroport, dans cette grande ville étrangère, qu'elle avait été secouée d'un frisson.

Le même malaise l'enveloppa brusquement, fondit sur elle comme un oiseau de proie pour lui compresser les organes et la laisser essoufflée et grelottante comme un oisillon tombé du nid. Ici ou ailleurs, le malheur était le même, le malheur qui courait un peu partout, dans les pensées des gens, qui se nichait dans leur cœur et dans leurs draps le soir, et qui les rendait tristes sans qu'ils ne puissent le combattre. Vaincue, elle se laissa gagner par cette déferlante de mélancolie. Summer avait connu cela toute sa vie et ne sen formalisait plus, au contraire. Dans une attitude de martyre silencieuse, elle acceptait ce mal qui la terrassait et qui torturait les autres, avec pour seul credo qu'un jour, elle trouverait le moyen de le battre. Hélas, pour le moment, elle n'en avait pas le pouvoir. Elle pensa alors avec un pincement au cœur que cette journée se finirait comme toutes les autres... Prostrée au fond de son lit, elle pleurerait doucement, et ses larmes salées souilleraient son oreiller, revenant sans cesse, comme une rengaine qu'on ne peut s'empêcher de fredonner.

Malgré cette fragilité constante qui lui faisait défaut, Summer n'était pas un être qui se laissait faire. Ou plutôt elle luttait envers et contre tout, même si ses tentatives n'étaient pas très fructueuses. Alors, tandis qu'elle s'approchait du bus qui la mènerait à l'hôtel Union, elle se força à respirer calmement et à sourire, prenant son air de la jeune fille avenante et agréable que tout le monde connaissait. C'était la fin de la journée et elle était seule à l'arrêt; le bus, lui, était déjà là. Le chauffeur qui fumait une cigarette dehors accueilli Summer en lui demandant d'un ton enjoué d'où elle venait. D'un ton tout aussi léger, elle entama alors la conversation avec lui, lui expliquant calmement qu'elle prenait des vacances de son Alaska familiale pour travailler ici quelques temps histoire de découvrir la côte ouest. Le chauffeur, Ray, enchaîna avec une verve joyeuse sur ses années de jeunesse qu'il avait lui aussi passé à vagabonder loin de ses parents. Au moment où il saisit la grosse valise de la jeune femme pour la mettre dans la soute à bagages, leurs doigts se frôlèrent. Summer subit alors cette sensation, familière maintenant, de voir s'étirer le temps: le chagrin de Ray l'envahit et des images s'affichèrent devant ses yeux. Derrière ses yeux ridés de joie, sous sa peau tannée par le soleil, l'homme à la voix chantante mourrait d'angoisse de voir sa femme s'éloigner. Marié avec elle depuis 20 ans maintenant, il vivait là les mois les pires de sa vie, car il avait l'impression que de la distance s'installait entre eux deux. Et, surtout, il ne savait que faire. Summer aurait pu repousser ce mal, maintenant qu'elle l'avait vu: son pouvoir lui laissait le choix. Mais, sans ciller, elle laissa la tristesse de Ray s'envoler pour se loger dans son cœur à elle, et elle envoya en retour de légères ondes de bonheur. Après lui avoir lancé un sourire de remerciement, elle grimpa dans le bus. Ray, lui, ne sut jamais ce qui s'était passé, mais en écrasant son mégot et en s'effaçant pour laisser passer cette jolie jeune fille devant lui, il se dit que 20 ans de mariage ne s'effaçaient pas d'un revers de la main, et que si danger il y avait que sa femme le quitte, il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour regagner son cœur. Parce qu'il l'aimait plus que tout. Et, heureux, il claqua la porte du bus et démarra en sifflotant.

L'Hôtel Union avait beau être une grande bâtisse à l'aspect costaud et donc rassurant, Summer ne put s'empêcher de se frotter les bras en claquant des dents. Elle était fatiguée, elle avait faim et surtout, elle avait froid, et les épais murs de l'hôtel n'empêchaient en rien le malheur de fondre sur elle. Comme des petites particules en suspension dans l'air, elle voyait presque tous les petits chagrins des gens flotter un peu partout, s'échapper des murs froids et impersonnels, et venir la narguer, là, juste sous son nez. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle se laissa tomber sur le lit, grelottante, la gorge pleine de sanglots. Elle ferma les yeux. Pourquoi, pourquoi, pourquoi? Elle voulait que le soleil brille vraiment dans le cœur des Hommes et pas seulement sur la ville, elle voulait que la sensation de plénitude absolue qu'elle ressentait uniquement lorsqu'elle contemplait les paysages enneigés et grandiose non loin de sa maison élise domicile dans le corps de tout le monde. Elle voulait le bien, seulement le bien... Tâche bien trop utopique...

Les paroles de sa mère lui revinrent en tête, transperçant le flou de ses pensées douloureuses: "prends soin de toi", avait-elle dit en la serrant dans ses bras avant que Summer monte dans l'avion. Aussitôt, elle se redressa, sécha ses larmes, observa la chambre avec plus d'attention. Elle était très convenable. Il ne lui manquait plus que de déballer ses affaires. Maintenant, prendre soin d'elle signifiait qu'elle devait se restaurer - il était tard déjà - et trouver un moyen d'avoir un peu moins froid. Évidemment le chauffage ne marchait pas dans une ville où la température était toujours agréable... Summer se regarda un instant dans la glace et sourit à son reflet : emmitouflée dans un sweat bleu marine à l'effigie de son lycée, habillée d'un jean moulant et de chaussures en toile, elle n'avait pas l'air si fatiguée de son long voyage, si ce n'était l'éclat mélancolique qui brillait encore et toujours au fond de ses yeux bleu glacé. Elle quitta alors la chambre en se promettant de garder le cœur léger.

Elle avait obtenu un poste de barmaid, ce qui lui convenait plutôt bien, comme ça elle aurait l'occasion de discuter avec pas mal de gens et d'avoir un salaire assez correct. Pour l'instant elle n'avait pas commencé et ne connaissait pas du tout les lieux. A tâtons, elle suivit les quelques petites pancartes et arriva devant la porte du restaurant. Derrière, on entendait des voix et des bruits de couverts. Summer avait l'air d'un agneau égaré, indécise devant cette porte close, avec sa peau pâle et ses grands yeux étranges, se triturant nerveusement les cheveux. En réalité, elle se disait qu'elle trouverait forcément des gens du personnel pour lui indiquer si elle pouvait manger quelque part et trouver des couvertures pour cette nuit, mais qu'ils seraient en plein service. Elle avait déjà été serveuse un été et savait que c'était très embêtant d'être dérangé quand on travaillait, mais en même temps, elle n'avait pas le choix. Elle finit par pousser la porte. Si à l'intérieur, ses émotions la dévoraient, rien n'en paraissait à l'extérieur : elle avait l'air d'une jeune fille dynamique et sympathique, à qui on avait envie de dire bonjour et avec qui on avait envie de discuter. Ce n'est que parfois, au fond de ses yeux, qu'on pouvait déceler la tristesse qui l'accaparait. Discrète comme une souris, elle longea le bar et aperçut une jeune fille aux cheveux blonds. De dos, elle semblait remplir des verres ou charger un plateau, Summer ne distinguait pas plus de détails. Elle se planta à côté d'elle et lui demanda doucement, faisant court pour pouvoir laisser la fille travailler ensuite:


- Salut! Désolée de te déranger je voudrais simplement sav...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase; elle avait pris soin de ne pas surprendre la jeune fille pourtant, mais par un geste malencontreux, que Summer n'eut pas le temps de voir, la serveuse lui renversa le contenu d'un plateau chargé de trois verres rempli d'un liquide bien, bien froid. Summer s'arrêta net en sentant l'eau lui passer par le cou et inonder son pull; horrifiée, elle songea qu'elle venait là de mettre la serveuse dans l'embarras par sa faute et se mordit les lèvres pour ne pas crier de désespoir. Et, pour changer, elle tremblait de froid.
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Lindsay Smith

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Hyperactive et gaffeuse

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MessageSujet: Re: Sous le soleil, la glace (pv Lindsay *_*) Jeu 30 Déc - 20:55

[Je voudrais te couvrir d'excuses et presque t'y noyer, mais je sais que ce ne serait pas suffisant... Sorry, so, so, so, sorry!!!!!]

Lindsay était préoccupée aujourd’hui, et ce, pour plusieurs raisons. Elle était déprimée et s’ennuyait de sa famille, surtout depuis le coup de fil de sa mère, hier. En plus, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas revu son amie Elizabeth. L’ancienne employée de l’Hôtel ne se montrait plus beaucoup depuis quelques semaines, voire même mois. Lindsay travaillait beaucoup, car l’Hôtel était des plus achalandée, heureusement pour la propriétaire, malheureusement pour les employés en sous-effectif à certains endroits, comme le restaurant. Lindsay allait parfois cogner à la porte de la chambre d’Elizabeth, mais n’obtenait aucune réponse et n’entendait aucun en provenance de l’intérieur de la chambre de son amie. Lindsay commençait même à penser que peut-être la jeune femme était partie ailleurs… Là où elle aurait les réponses qu’elle cherchait ou là où elle aurait un travail. Cela devait commencer à lui coûter cher, à Elizabeth, de rester dans une chambre de l’hôtel. Malgré le fait que Lindsay trouverait ce choix légitime, elle ne le souhaitait pas. Cependant, les jours se suivent et se ressemblent, en ce qui concerne l’absence d’Elizabeth Stevenson dans la vie de la jeune serveuse...

Son travail était également une source de tracas pour la jeune femme. Lindsay faisait de gros efforts depuis plusieurs mois pour ne pas faire de gaffes. Elle savait qu’elle n’était pas très douée dans son travail, mais ne voulait pas le perdre. Elle avait toujours fait que son possible afin de rendre la marchandise et d’être efficace, mais elle n’y arrivait que rarement. Elle finissait toujours par faire une ou deux ou…vingt bêtise dans une journée. Son patron, avec son tact et sa délicatesse légendaires, le lui faisait remarquer à chaque fois et ramenait même parfois les bêtises qu’elle avait faites il y avait plusieurs semaines. Lindsay n’aimait pas se sentir empotée et encore moins se faire ridiculiser et rabaisser devant tout le monde, employés et clients compris, par son patron. Elle avait donc subtilisé quelques assiettes, verres et cabarets, qu’elle avait amenés dans sa chambre, et elle s’exerçait le plus souvent possible. Lindsay avait l’impression que ses efforts portaient enfin fruit, qu’elle était de plus en plus une serveuse un minimum compétente. Depuis un mois, elle n’avait fait que cinq ou six bêtises et elle était très fière d’elle.

La veille, sa mère l’avait appelé et Lindsay lui avait aussitôt parlé de ses progrès. Tout en espérant une marque de fierté de la part de sa mère, qui ne vint finalement jamais. C’était avant de savoir que sa mère ne l’appelait pas que pour babiller cette fois. Cette fois, elle avait une nouvelle importante à lui annoncer, et cela ne lui ferait pas plaisir, qu’elle lui avait dit. Cela concernait sa sœur. La plus jeune, oui. Non elle n’allait pas bien. Elle était à l’hôpital. Oui, elle avait bien compris, à l’hôpital. Oui elle l’appelait de là. Aux soins intensifs qu’elle était. Sur la table d’opération qu’était la petite Marie.

C’est environ à partir de ce moment-là que le monde de Lindsay s’était écroulé et qu’elle avait commencé à pleurer. Elle se sentait coupable d’être partie si loin de sa famille et se sentait soudain tellement égoïste. Même si elle ne savait pas encore ce qui était arrivé à sa sœur, elle se disait qu’elle aurait pu et du faire quelque chose, si seulement elle avait été à ses côtés et non pas à San Francisco…

Allo? Lindsay? Elle s’était faite happée par un gros camion. Non pas un camion de transport, mais un genre de Ford ou Ram, elle ne savait pas trop. Il n’était pas resté longtemps sur les lieux du crime, le chauffeur du camion. Seulement assez longtemps pour tasser la jeune fille de sur la chaussée. Il l’avait laissée, toute désarticulée, dans sa marre de sang, sur le trottoir et était parti. Elle avait seulement vu un tas, avait d’abord cru qu’elle était couchée sur le ventre, pour mieux voir les fourmis, mais avait vite vu le sang couler de sa tête et était sortie en paniquant, avec le téléphone dans ses mains. Non, pas de vie dans ses petits yeux brun chocolat. Oui, elle avait tout de suite appelé la police, qui était arrivé deux voitures et une ambulance. Oui, ils lui avait posé des questions, mais elle n’avait pas vraiment de réponse, car elle finissait sa vaisselle dans la cuisine et faisait dos à la rue. Non, elle n’avait pas pensé demander aux voisins. Oui, la police s’en chargerait. Oui, ils le retrouveraient. Chut, chérie, ça va aller…

Lindsay aurait préféré que sa mère y croie elle aussi, en lui disant ces paroles qui se voulaient réconfortantes.

Les autres filles se faisaient garder par la voisine. Oui, elles allaient bien. … Ils ne le savent pas Linsay chérie. Non, ils ne peuvent pas nous dire maintenant si elle s’en remettra. … Elle sait. Elle aussi chérie. … Ils disent qu’il n’y a pas beaucoup de chances. Elle subira une opération de plusieurs heures. Ils font leur travail. ELLE SAIT QU’UNE VIE EST EN JEU, TU CROIS QU’EUX NE LE SAVENT PAS NON PLUS? ILS FONT TOUS CE QU’ILS PEUVENT! …

Sa mère et elle avait ensuite passé plusieurs minutes à pleurer en silence au bout du téléphone, avec comme fond sonore les bruits sinistres et froids de l’hôpital. Lindsay n’avait pas fermé l’œil de la nuit ou presque et avait pleuré des torrents de larmes. Elle avait prié tous les dieux de toutes les religions afin de sauver sa petite sœur et n’avait toujours pas eu de nouvelles lorsqu’elle était partie pour travailler ce matin-là. Oui, elle faisait du mieux qu’elle pouvait, mais elle avait beaucoup plus de difficultés aujourd’hui. C’était comme si ses anciens mauvais plis revenaient la hanter. Elle avait réussi à tous les rattraper jusqu’à maintenant et n’avait rien fait de catastrophique pour personne. Elle en était à préparer des verres d’eau lorsqu’un enfant dans la salle implora sa mère de l’aider, ce qui fit craquer la jeune serveuse. Elle se mit à pleurer, tout en continuant de vider l’eau dans les verres et ne se rendait pas compte que ses larmes se mélangeaient au liquide qu’elle devrait amener. Lindsay avait prit une serviette de table et s’était rapidement épongé les yeux avant de partir vers la table, avec son plus grand sourire, lorsqu’elle fut interrompue dans sa lancée.


- Salut! Désolée de te déranger je voudrais simplement sav...

Cela avait été plus fort qu’elle, elle avait sursauté et donc renversé la bonne majorité du contenu de ses verres sur la jeune demoiselle qui venait de l’aborder. Elle s’était dépêchée à déposer le plateau et à sortir un chiffon propre pour éponger son dégât. Elle l’avait fait très rapidement, l’expérience l’exige… Elle le tendait à la jeune femme, trop gênée pour pousser pour aller jusqu’à éponger elle-même le liquide dans le cou et sur la poitrine de son interlocutrice.

-Je suis tellement, mais tellement navrée! Qu’est-ce que je peux faire pour me racheter?

Elle était au bord des larmes, mais elle était sincère avec l’autre jeune femme.

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