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Juste...un foulard rouge [Libre!!!]

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Jeremy Anderson

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L'artiste de l'ombre

Messages : 84
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MessageSujet: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Mar 9 Nov - 15:31


Un foulard rouge est noué
autour de son cou et sans
la présence de celui-ci,
la tête se serait peut-être
détachée du corps. **


Jeremy était recroquevillé au fond d'une ruelle; il ne savait pas laquelle et il ne savait pas depuis combien de temps. C’était une petite ruelle sombre et crasseuse. Si on l’avait prise en photo, l’image aurait semblé modifiée, comme si une personne était allée changer ses couleurs pour les ternir. Pourtant, il s’agissait d’une ruelle et celles-ci n’étaient pas spécialement réputées pour leurs couleurs attirantes et inspirantes. Seulement, dans Tenderloin, il semblait que tout était plus laid. Le moindre détail insignifiant prenait des allures d’horreur, surtout quand on n’avait pas l’habitude de ce type d’endroit. Jeremy avait l’habitude des jolis bâtiments tous neufs près de l’université et des rues les plus huppées de Financial District. Les rideaux aux parures dorés avaient orné les fenêtres de la maison dans laquelle il n’avait pas grandi, puisqu’il avait passé son enfance dans un hôpital… Dès son retour, il avait appris la beauté, la richesse, l’étourdissement esthétique de la décoration et des vêtements. Sa mère l’avait traité comme une petite statuette fragile, un bibelot qu’on dépoussière quand on a de la visite, mais qu’on laisse dans l’ombre dès qu’on peut penser à autre chose. Et la statuette n’a pas intérêt à bouger ou à respirer de travers. Jeremy avait très vite appris à se fondre dans le décor lustré de la vie bourgeoise de ses parents et, rapidement, il avait choisi d’être toujours agréable, gentil, plaisant… Comme à l’hôpital, quand il voulait convaincre une infirmière de ne pas lui faire de piqûre. Ça fonctionnait presque toujours, tellement il avait du talent. Il serait peut-être arrivé à se faire réellement aimer de sa mère, s’il n’avait pas passé toutes ces années avec ceux qu’on nommait les fous. Il aurait cet hôpital tatoué au fond du regard toute sa vie, probablement, mais il avait décidé de vivre quand même.

Le jeune homme tordit entre ses mains un joli foulard écarlate, une petite écharpe féminine dont la douceur apparente laissait imaginer le parfum de sa propriétaire. Il avait crû, en retrouvant Leah, pouvoir être un peu plus lui-même. À l’hôpital, elle avait été la seule à l’écouter, à ne pas le croire fou… Elle l’avait encouragé à faire semblant d’être normal et c’était ce qui lui avait permis de sortir des murs blancs entre lesquels on l’aurait laissé enfermé. C’était grâce à elle qu’il avait été libéré. Puis, elle avait disparu… Jeremy n’avait plus reparlé à sa mère quand il avait su que c’était celle-ci qui avait manipulé Leah pour qu’elle ne revienne pas vers lui. Il s’était concentré sur Leah, son amour de jeunesse… À elle plus qu’à quiconque, il avait envie de se montrer parfait et gentil. Cette jolie personnalité sympathique au point d’être pesante lui allait si bien. Il avait crû que Leah serait heureuse, qu’elle l’aimerait… Elle lui en avait donné l’impression. Cette impression pouvait bien aller crever, et Leah aussi. Elle l’avait trompé; il l’avait entendu, dans sa tête. La jeune femme avait pu le lui cacher pendant assez longtemps, mais il avait finalement entendu ses remords, au fond de sa conscience, au moment où il lui avait dit qu’il l’aimait et qu’il était heureux de l’avoir retrouvée. Elle avait éteint son soleil et il n’avait rien à faire de la lune… Toute envie d’être gentil et de plaire à tout le monde avait disparu avec cet espoir d’être heureux. Marre d’être doux; marre d’être agréable… Complètement perdu, Jeremy avait atterri au fin fond d’un quartier aussi sombre que son humeur.


-Hey, mon beau, tu veux qu’on s’amuse ensemble?

Jeremy leva les yeux vers la jeune femme qui venait de parler. Elle était maigre, sale et maquillée comme si elle se prenait pour un clown vulgaire. Sa jupe ressemblait plus à une ceinture et son haut laissait voir plus de la moitié de sa poitrine. Une prostituée.

-Non merci.

Jeremy baissa à nouveau les yeux vers l’écharpe, seule touche de couleur dans l’univers terne où il broyait du noir. Cette prostituée le dérangeait. Elle n'avait pas le droit de lui parler et de s'attendre à quoi que ce soit de lui. Il en avait marre de jouer. Depuis le tremblement de terre qui avait secoué San Francisco, Jeremy se sentait différent. Il ne pouvait s'expliquer pourquoi, mais il avait le sentiment de ne plus être le même, que plaire à tout le monde n'avait plus le même intérêt. La trahison de Leah n'était peut-être que la confirmation qu'il était temps qu'il passe à autre chose.

Des mains se posèrent sur le torse de l'homme qui releva, à contre-coeur, les yeux de sur le bout de tissu rouge. Il se leva et la prostituée prit ce mouvement pour un encouragement, car elle posa ses lèvres, gercées et froides, dans le cou de Jeremy. Celui-ci frissonna. De dégoût. Un début de sourire se fraya un chemin jusqu'à sa bouche: c'était l'occasion idéale de se laisser aller, enfin. Ses mains se glissèrent contre la nuque de la jeune femme et il approcha doucement son visage du sien. La prostituée dut voir la lueur inquiétante dans le regard gris planté dans le sien, car son corps se raidit et Jeremy entendit la peur hurler jusqu'à son âme. Ses lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres de celles de la femme lorsque celle-ci gémit. Ses mains blanches se portèrent au foulard qui enserrait désormais son cou et elle tenta vainement de l'arracher, plantant ses ongles dans les bras de Jeremy qui ne broncha pas. Il se décida à lâcher la jeune femme lorsqu'elle ne bougea plus. Peut-être le laisserait-elle en paix, maintenant? Il allongea délicatement le frêle corps évanoui sur le sol crasseux. La femme respirait à peine.

Jeremy reprit sa place initiale en fixant la prostituée. Elle aurait pu avoir l'air de dormir paisiblement mais, dans ce décor sordide, elle avait l'air morte. Le foulard posé sur son cou se reflétait sur son teint trop pale. La vision d'artiste du jeune homme arriva même à trouver la scène très belle... Oui, il avait bel et bien changé, ou peut-être n'était-il enfin que celui qu'il aurait été sans l'hôpital, sa mère...et Leah. Il ne voyait déjà plus la vie de la même manière. Il n'était même pas perdu. Il s'était trouvé, entre un foulard rouge et une prostituée qui venait de frôler la mort.


**Sophie Herfort

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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Mer 10 Nov - 15:01

Il n’y avait pas de travail plus difficile que celui dont le temps nécessaire pour le faire venait à manquer. Entre servir des clients affamés et travailler sur un projet de graphisme sur un logiciel informatique – et il ne s’y connaissait pas vraiment dans ce domaine – il n’avait pas encore eu le temps de se consacrer sur la demande d’une organisation, qui l’avait contacté afin de lui réclamer ses services. Elle cherchait un logo qu’elle voulait sombre et sous la forme d’un tableau qui représentait un lieu malfamé. Un logo pour une association qui viendrait en aide à quelques défavorisés. Ca arrivait souvent à Jake de faire usage de ses talents autrement que pour son compte ou pour ses études. C’était la seule solution pour lui de ne pas se retrouver à la rue car il avait de plus en plus de mal à tenir financièrement le coup. S’il ne redoublait pas d’effort, il allait très vite se retrouver à la rue. Peut-être valait-il mieux chercher un autre endroit moins cher ? Mais il tenait réellement à vivre dans le port, ce lieu qui l’inspirait tant par la vision immense de la mer que par le bruit des clapotis de vagues se fracassant sur la coque des bateaux. En bref, il se voyait mal vivre ailleurs, même si son appartement n’était pas très studieux. Une fois le travail terminé, il se dépêcha de rentrer chez lui à l’aide des transports en commun (pas assez de revenu pour se payer une voiture). Il se focalisa aussitôt sur sa planche après avoir bu un verre d’eau. Il ne pouvait pas faire attendre cette association, sinon la date limite allait expirer et elle allait demander à quelqu’un d’autre de le faire. Comme pour chaque dessin, il voulait tout faire bien. Et n’ayant pas l’habitude de voir un endroit malfamé, il partit sur l’évidence qu’il devait obligatoirement se rendre dans un tel lieu s’il voulait avoir une base. Il hésita longuement, pensant tout de suite à tenderloin. Mais c’était un coin réellement dangereux, qu’il n’aimait pas du tout. Au fond, avait-il le choix ? Il s’y rendait, il imprégnait sa mémoire, il faisait quelques tracés si l’envie lui prenait puis il revenait chez lui pour bosser dessus. Sa résolution prise, il s’arma d’une petite besace contenant des feuilles vierges et des stylos feutrés noirs, avant de sortir en hâte. Heureusement qu’il bénéficiait de la bourse, sinon il ne pourrait même pas faire ses études dans cette école de riches. Il espérait atteindre le diplôme et, mieux encore, trouver rapidement une profession avant de goûter au chômage prolongé. D’autant plus que c’était quitte ou double chez les artistes. Ou bien ils décollaient de manière fulgurante, où bien ils devenaient aux yeux du monde des moins que rien. Et Jake espérait sincèrement qu’il ne sera pas dans la deuxième catégorie, bien qu’il soit sacrément aidé par son talent surnaturel pour ça.

Une fois dans le quartier concerné, il accéléra l’allure en se disant qu’il n’irait pas trop loin, et qu’il n’y restera pas trop longtemps. Il commença par regarder partout autour de lui, se rendant compte que plus il avançait, moins il avait l’impression de voir des couleurs. Des déchets jonchaient le sol par dizaine dans certaines rues. Des bars étaient ouverts mais l’homme n’y serait allé jeter un coup d’œil pour rien au monde. La majorité des personnes qu’il croisait avaient cette fâcheuse manie de le fixer comme s’il était une proie, et il n’était pas du tout rassuré. Le dessinateur prenait son chemin au hasard, retenant simplement les tournants qu’il prenait pour ne pas se perdre, ce qui serait le comble de sa hantise. Il examinait chaque détail, comme les nombreuses éraflures qu’il trouvait sur les voitures. D’ailleurs, il y avait de toutes les couleurs et les plus claires étaient également les plus abimées. Il y avait des contrastes assez exorbitants entre les immeubles gris et ternis et les personnes qui passaient devant, et qui n’hésitaient pas à mettre des bijoux ou des habits qui flashaient beaucoup plus. Il espérait ne pas se faire remarquer, et n’osait regarder aucun des autres passants. Bon, il en avait assez vu, non ? Il décida de s’installer quelque part, dans un endroit où il ne risquait pas de se faire accoster, afin de se mettre à dessiner. D’autant plus qu’il avait un plan plutôt intéressant là où il se trouvait. Des tags blancs vifs paradoxalement au béton moche. Beaucoup d’insultes notées dans divers endroits et une voiture complètement délabrée, qui avait probablement du être cambriolée il y a peu. En fait, heureusement que Jake n’en avait pas. Le dessinateur jugea bon de s’engager dans une ruelle adjacente afin de ne pas gêner un quelconque passage. Lorsqu’il tourna, il aperçut d’abord deux jambes allongées. Il s’approcha et vit une jeune femme par terre, une prostitué qu’il reconnu facilement grâce aux habits qu’elle portait. Prit d’altruisme, il s’avança aussitôt pour la secourir sans même savoir si elle dormait ou bien si elle avait fait un malaise, lorsqu’il aperçut tout près Jeremy, presque recroquevillé sur lui-même.

« Jay’ ! » s’exclama-t-il, totalement sidéré de trouver son meilleur ami dans un endroit et une situation pareille. Pour Jake c’était évident, il avait du se faire agresser, lui et cette jeune femme ! Le dessinateur n’aurait pas pu concevoir un seul instant que c’était son ami qui avait fait ça à la victime. L’étudiant se précipita vers Jeremy et s’accroupit auprès de lui pour s’assurer que tout allait bien. « Est-ce que ça va ? Tu n’as rien ? fit-il avant de constater que son ami n’avait pas l’air mal en point, malgré l’étrange regard qu’il avait. Jake se tourna alors aussitôt vers le corps inerte et se pencha dessus pour tâter son pouls, en même temps qu’il sortait son téléphone portable de sa poche. « J’appelle une ambulance ! »
Qu’il était quand même naïf de croire que les ambulances allaient s’aventurer dans les rues de Tenderloin. Cela dit, il commença quand même à composer le numéro. Il ne comprenait pas ce qu’il s’était passé, ne pouvant pas le savoir, mais il commençait à se poser quelques questions et à s’inquiéter : Pourvu que Jeremy ne se soit pas attiré d’ennuis.
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Jeremy Anderson

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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Mer 10 Nov - 23:15

[Merci de m'avoir répondu. :D J'aime beaucoup ton post.]

Pour Jeremy non plus, le travail avec les ordinateurs n'était pas des plus simples. Il préférait de loin créer des ses propres mains. Il aimait entendre le crayon chatouiller la feuille, ou sentir un pinceau entre ses doigts. Il avait l'impression que tout matériel informatique ne faisait que mettre une distance entre l'art et lui. Il arrivait tout de même à apprécier les oeuvres réussies à l'ordinateur, puisque ses yeux étaient sensibles à la beauté, mais il peinait à en réaliser qui le satisfaisaient vraiment. D'ailleurs, il détestait passablement passer du temps devant un écran lumineux et froid. Il voulait du vrai. Petit, il n'avait jamais touché à un seul jeu vidéo, même quand on lui en donnait la permission, certains jours à l'hôpital. Un crayon et un bout de papier faisaient davantage son bonheur, plus, même, que toutes les peluches ou tous les jouets que ses riches parents lui avaient offerts. Très jeune, Jeremy avait appris instinctivement à rendre ses dessins spéciaux. Le temps lui avait permis de comprendre les limites à ne pas transgresser et les types d'oeuvres qu'il valait mieux garder dans sa tête. S'il n'avait pas eu ces voix qui lui hurlaient ce que les gens voulaient le plus cacher, il n'aurait peut-être pas pu s'en sortir aussi bien.

Neuf ans plus tôt
Il y avait trente bonnes secondes qu'elle ne bougeait rien d'autre que les yeux, ses pupilles balayant la feuille un peu froissée qui tremblait légèrement dans ses mains. Ce gamin était fou. En soi, cela n'avait rien d'impressionnant : il était hébergé dans un hôpital pour les malades mentaux. Cependant, le garçon était si doux, si charmant avec tout le monde, qu'il devenait difficile de ne pas se demander ce qu'il faisait en ces lieux si tristes. Jeremy Anderson avait de magnifiques yeux gris un peu étranges dans lesquels on ne pouvait voir qu'une innocence bien évidente. Le pauvre petit était hanté par des voix que les médecins tentaient vainement de faire partir de sa tête. Le soir, parfois, son infirmière péférée venait lui raconter une histoire avant qu'il ne s'endorme. C'était justement pourquoi il avait décidé de lui donner un dessin, à elle et à personne d'autre, alors qu'il avait l'habitude de cacher ses oeuvres sous le matelas de son lit d'hôpital. La feuille tremblotait et Jeremy entendait tourner une toute petite phrase dans la tête de son infirmière: Ce gosse est dérangé. Les grands yeux gris se voilèrent d'une couche translucide de tristesse. Pourquoi n'était-elle pas contente? Son dessin était joli, pourtant... Et il l'avait fait pour elle. Jeremy avait dessiné la vieille femme qui berçait dans ses bras un coeur dont le sang tachait ses manches blanches. Il avait voulu montrer qu'elle le consolait, qu'elle calmait sa peur et sa douleur. Il y avait mis beaucoup d'efforts et il pensait avoir bien représenté l'infirmière avec son air doux...cet air qui avait complètement quitté son visage depuis qu'elle fixait le dessin. Jeremy comprit qu'il avait fait quelque chose de mal quand la femme quitta sa chambre sans rien dire et il alla se rouler en boule dans son lit. Souvent, quand il faisait semblant de dormir, on le laissait tranquille. Sa tactique fonctionna, quelques minutes plus tard, quand un médecin vint dans sa chambre, mais le petit ne pourrait pas être couché pour toujours. Le lendemain, on employa le genre de techniques de soins dont on évitait de mentionner l'existence aux proches des malades. Et Jeremy comprit qu'on ne voulait pas voir ce genre d'art.


Depuis des années, Jeremy ne dessinait plus ce que le commun des mortels considérait comme des horreurs. Il ne réprésentait pas que la joie, toutefois. Ses dessins avaient presque toujours quelque chose de dramatique, mais il avait gardé son goût pour ce qu'il voyait comme la beauté. Il n'avait jamais confié à sa mère, ou à des amis qu'il avait rencontré, son intérêt pour tout ce qui était lugubre, délabré ou final. Désormais, il n'en avait plus rien à faire. Un étrange changement s'était oppéré en lui et il n'avait pas envie de lutter contre celui-ci. En laissant son regard errer sur le corps étendu sur le sol, le jeune homme décida qu'il dessinerait la prostituée lorsqu'il serait chez lui. Et elle n'aurait pas l'air de seulement dormir.

Des jambes s'ajoutèrent au champ de vision de Jeremy et il leva les yeux jusqu'au visage de la personne qui venait d'arriver dans la ruelle. Au moins, ce n'était pas une autre prostituée... L'artiste fut plutôt surpris de voir Jake en ce genre de lieu, tellement qu'il ne répondit pas lorsqu'il lui adressa la parole. Que venait-il faire ici? C'était plutôt dangereux comme coin: il n'y avait qu'à voir ce qui était arrivé à la femme. Sans trop écouter ce que son ami disait, Jeremy se leva, plutôt absorbé dans sa recherche d'explication sur sa propre présence ici. Oui, il avait changé, mais Jake restait son seul véritable ami. Le terme d'ambulance se fraya un chemin jusqu'à son cerveau et il jeta un regard incrédule à l'autre homme.


-On ne fait pas venir d'ambulance à Tenderloin. De toute manière, ceux qui les conduisent ne veulent pas venir par ici, tout le monde le sait... Allez, on se barre avant d'avoir des ennuis.

Comme si une femme à moitié morte n'était pas une forme d'ennuis. Jeremy attrapa un bras de son ami pour le tirer à sa suite et, de l'autre main, il ramassa le foulard rouge au passage pour le fourrer dans sa poche le plus subtilement possible. Il n'avait pas envie de l'abandonner là et il espéra, probablement vainement, que Jake ne l'avait pas vu le prendre. Il n'avait, d'ailleurs, toujours pas trouvé d'explication à lui donner.

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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Jeu 11 Nov - 7:08

[Nan c'est moi qui aime le tien *.*]

Un drôle de mystère qui tournait autour de Jeremy Anderson. Qu’est-ce qu’il faisait dans un lieu pareil ? Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ? Les questions se bousculaient dans la tête de Jake, qui tentait de faire revenir son meilleur ami sur terre le temps d’essayer de joindre un hôpital. Lorsqu’il eut quelqu’un au bout du fil, il n’eut qu’à énoncer le nom du quartier pour qu’on lui raccroche au nez. Son ami avait raison, mais c’était injuste, ils ne pouvaient quand même pas laisser cette femme là ! Est-ce qu’elle était en train de mourir ? Est-ce qu’elle était déjà morte ? Il était cependant plus perturbé par l’état de son ami que par ce corps étendu sur le sol. Pourquoi Jeremy paraissait-il aussi bizarre ? Son regard en lui-même avait changé, Jake le voyait bien. Il commençait à s’inquiéter mais préférait ne pas le montrer tout de suite, jugeant qu’il y avait autre chose à faire en ce moment. Il rangea son téléphone et laissa l’autre artiste le tirer avant de s’arrêter pour regarder cette prostituée.

« On peut pas la laisser là. » protesta-t-il avant de voir apparaître à l’autre bout de la rue plusieurs silhouettes masculines et féminines. Jake n’était heureusement pas assez naïf pour penser à de l’aide et, surtout dans ce quartier, il changea aussitôt d’avis pour cette femme qui, de toute manière, était probablement déjà morte. Il se retourna donc et suivit son ami pour disparaître avant de se faire repérer. C’était peut-être lâche pour elle, mais il n’allait quand même pas mettre sa vie et celle de son meilleur ami en danger parce qu’il voulait sauver une inconnue surement déjà condamnée. Et puis avec un peu de chance, ces personnes qui venaient d’apparaître allaient s’en occuper, ils le feront mieux que les deux dessinateurs. Ils s’éloignèrent tous deux de la scène, et Jake préféra garder le silence en se contentant d’observer son ami. À ce que l’on dit, les artistes étaient toujours très observateurs, et l’étudiant n’échappait pas à la règle. Il fallait cette qualité pour repérer les détails importants d’un modèle, et il ne pouvait pas s’empêcher de dévisager Jeremy en cherchant ce qui pouvait bien avoir changé chez lui. Et puis ce foulard, que l’autre avait ramassé sur le cou de cette femme en partant, c’était quoi ? Pourquoi avait-il détroussé ce corps du foulard ? De plus en plus de questions se bousculaient dans la tête de Jake et il se promettait qu’une fois qu’ils seraient presque à l’abri des ennuis, Jeremy n’échappera pas à l’interrogatoire. Il jeta un rapide coup d’œil en arrière et soupira de soulagement en constatant qu’ils n’étaient pas suivis. Il en profita donc pour s’arrêter et attrapa le bras de son meilleur ami pour qu’il fasse de même. Le regardant dans le blanc des yeux, il prit un air sérieux et inquiet avant de laisser échapper la question qui lui brûlait le plus les lèvres.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Il espérait non seulement que Jeremy lui réponde, mais surtout qu’il lui dise la vérité. Pourquoi était-il aussi mystérieux ? L’homme avait l’impression d’avoir raté quelque chose d’important, un épisode crucial qui l’aurait aidé à comprendre ce qu’il voyait aujourd’hui. Et un bref résumé de la part de son meilleur ami serait pour le moins le bienvenu. Jake ne s’était pas attaché à énormément de personnes ici. Il n’avait pas le temps de sortir pour faire des connaissances, il devait absolument palier travail et études s’il voulait réussir à joindre les deux bouts et ne pas se retrouver à la rue bientôt. Jeremy était un des seuls que l’artiste fréquentait et pour rien au monde, il ne l’aurait laissé s’éloigner. Jake lui vouait une confiance aveugle, au point qu’il serait prêt à gober le moindre mensonge de sa part sur ce qu’il venait de voir. Mais il n’était pas idiot au point de faire semblant que tout allait bien. Il voyait bien que quelque chose n’allait pas chez son ami et il voulait connaître ce changement. C’est normal, non ? Il lâcha son bras et resta planté là, les sens en alerte et en jetant de fréquents coups d’œil autour de lui parce qu’il n’était jamais rassuré dans un lieu pareil. Il détestait ce quartier et qu’est-ce qui lui avait prit de venir ici ? Il aurait mieux fait de laisser son imagination faire le travail… Quoique maintenant il en avait assez vu sur les lieux malfamés, il pourra facilement faire quelque chose de potable ce soir. Sa plus grande hantise ici était de tomber sur une sorte de folle belle mais furieuse qui l’avait pris pour souffre douleur depuis quelques temps. Si Jake était encore en vie, c’est uniquement parce que le don de donner vie aux esquisses plaisait à cette harpie, sinon son corps aurait rejoint la masse sombre et anormalement grosse des cadavres de Tenderloin depuis longtemps. Il chassa péniblement Ashley de sa tête, se disant que c’était bien le seul endroit où il pouvait la repousser d’ailleurs. Ils feraient mieux de partir d’ici avant que d’éventuels drogués ou l’on ne sait quoi viennent leur chercher des noises. Jake retenait toutes ses autres questions, les réservant pour plus tard mais ce qui était sûr, c’est qu’il n’allait pas lâcher Jeremy d’une semelle avant d’être sûr que tout allait bien pour lui. Il regarda vite fait autour de lui avant de se rendre compte de quelque chose de particulièrement gênant, qui eut l’effet d’une grande claque sur le visage.

« Je te suis, je sais même pas où on est. » fit-il en observant curieusement Jeremy et en espérant vraiment que ce dernier connaissait l’endroit. Parce que se promener dans ce quartier était déjà bien inconscient mais si en plus ils étaient perdus, c’était un cauchemar ! Jake se reprochait de ne pas avoir fait attention où ils allaient. Combien de fois il s’était perdu dans San Francisco ? D’ordinaire, il était trop occupé à détailler les paysages, les murs, les lampadaires ou les choses futiles pour laisser son esprit divaguer et enregistrer des dizaines d’idées pour sa prochaine esquisse. Il voyait les lieux comme des scènes et tentait à chaque fois d’observer ces endroits d’une manière subjective, en se mettant dans la peau d’un enfant, d’une femme, d’un animal… Pour les constater sous différents angles. Et puis au bout d’un moment, pouf, il s’arrêtait, il revenait à la réalité et la tête de linotte qu’il était se rendait compte qu’il s’était perdu.
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Jeremy Anderson

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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Mer 17 Nov - 17:32

Si Jake n'était pas apparu dans la ruelle, Jeremy y serait probablement resté encore un moment. Ses yeux auraient glissé inlassablement sur les traits enlaidis par le maquillage exagéré de la jeune femme jusqu'à deviner parfaitement le visage qui se cachait sous toute cette peinture mal étalée. Quand il l'avait vue, il avait eu l'impression d'être en face d'une oeuvre ratée, d'un tableau accidenté. Il n'y avait que les êtres humains pour ruiner jusqu'à l'art... Pourtant, certaines femmes maîtrisaient plutôt bien les subtilités des cosmétiques et elles parvenaient à parer leur visage des couleurs les plus avantageuses. Malheureusement, la prostituée n'en faisait pas partie ou, du moins, elle n'en faisait plus partie. Peut-être avait-elle été spécialement jolie, à une époque, dans un autre quartier... Ce soir-là, cependant, le fond de son regard avait confirmé à Jeremy qu'elle était complètement défaite et vide de toute beauté. Elle avait besoin qu'on la redessine, tout simplement... Avec du rouge. Comme le foulard. Le geste s'était fait tout seul, sans qu'aucun déclic spécial ne retentisse dans l'esprit du jeune homme. Il n'avait pas eu l'intention de la tuer. Ou même de la laisser en vie. Il avait tout naturellement passé le foulard autour du cou de la femme et il l'avait resserré, sans jamais décrocher son regard du sien, jusqu'à ce que les yeux de la prostituée s'éteignent encore plus. En la déposant par terre, il s'était fait la réflexion plus ou moins consciente qu'elle serait magnifique, sur une feuille de papier ou sur une toile, maintenant qu'elle semblait complètement vide, et pas seulement partiellement détruite. C'était ça, l'art, au fond, un extrême ou l'autre, jamais le milieu.

Jeremy n'avait pas beaucoup d'amis. En fait, en dehors de Jake, il était plutôt seul. Il avait crû avoir Leah, mais c'était plutôt elle qui l'avait eu. Elle avait pu compter sur lui, l'utiliser à sa guise et ne même pas l'estimer assez pour le jeter une fois qu'elle n'avait plus voul de lui. Sa famille? Il préférait ne pas trop y penser. Sa mère le harcelait souvent pour avoir des nouvelles, disait-elle, mais c'était surtout pour le critiquer et lui sous-entendre qu'il devrait simplement revenir à la maison pour qu'elle puisse continuer à prendre soin de lui. L'idée en elle-même répugnait le jeune homme. La maison de ses parents était comme un deuxième hôpital psychiatrique. Il y avait là les mêmes fenêtres impossibles à ouvrir, un manque d'intimité étouffant, l'obligation de rendre des comptes à chaque respiration, l'impression fondée d'être observé en permanence, les visites intéressées juste pour voir le dérangé de service, cette manière d'être traité comme un enfant et un manque de liberté rivalisant avec une prison. Toutefois, ce qu'il y avait de pire était Mme Anderson. Elle jouait les infirmières avec peu de talent et aucune subtilité. Quand Jeremy était finalement rentré de l'hôpital, elle avait agi comme s'il n'avait pas grandi. Les années n'avaient pas changé son attitude, sauf peut-être en la rendant un peu plus agressive. L'université avait été une solution tombée du ciel et, même s'il n'avait presque pas réussi à se faire des amis et à les garder, Jeremy s'y sentait bien mieux que n'importe où ailleurs. Puisque Jake était son seul réel ami, désormais, il avait décidé qu'il essaierait de ne pas le perdre. Par le passé, il avait pris plusieurs fois ce genre de résolution et les gens s'étaient tout de même éloignés, mais il espérait encore. Avec un peu de chance et beaucoup d'efforts, peut-être que son ami ne s'enfuirait pas en courant quand les changements que Jeremy sentait en lui se manifesteraient vraiment. Pour le moment, toutefois, il n'avait pas spécialement envie de lui raconter les circonstances exactes de sa rencontre avec la prostituée.


-Oui, on peut. On est à Tenderloin, on peut très bien laisser une prostituée au fond d'une ruelle. On s'attirerait plus d'ennuis en continuant à rôder autour d'elle.

Heureusement, Jake n'insista pas et il le suivit. Jeremy remarqua du coin de l'oeil des gens plus loin et il devina que leur arrivée n'était probablement pas étrangère à la soudaine coopération de son ami. Il pressa le pas en souhaitant que les inconnus n'aient pas envie de s'amuser avec eux. Les gens qui fréquentaient Tenderloin avait rarement le même type de plaisir que les petits artistes universitaires. Au bout d'un moment, le jeune homme eut l'impression que personne ne les suivait et il espéra que ce n'était pas seulement une impression. Il avait entendu des rumeurs sur de morbides parties de cache-cache dans ce quartier...

Jeremy fixa Jake longuement avant de répondre à la question qu'il craignait de se faire poser. Pourtant, elle était inévitable, après ce qui venait de se passer. Les artistes dans son genre ne se promenait pas tout bonnement dans Tenderloin par pur plaisir et on les retrouvait rarement recroquevillés au fond d'une ruelle. Ou, si on les retrouvait, ils ne pouvaient plus jamais dessiner... Il ne savait pas quoi lui répondre, mais il avait décidé de ne certainement pas lui avouer la vérité. Jake était trop gentil pour qu'il l'expose à ce qui commençait à se faire une place de plus en plus grande dans son esprit. Son ami n'avait pas à savoir toute cette noirceur qui irradiait d'un point inconnu à l'intérieur de Jeremy, de manière étrangement plus forte encore depuis le jour du tremblement de terre. Non, il lui fallait un mensonge convenable, le genre d'excuses bien pensées qui dupaient même sa mère. La femme était plutôt intelligente, à sa manière, et elle ne gobait pas n'importe quoi, surtout au sujet de son cher bébé. Il fallait que celui-ci fasse preuve d'une originalité bien calculée pour arriver à endormir sa méfiance. Avec le temps, il était devenu plutôt doué, mais il hésitait à tester son talent sur Jake. Après tout, il était son seul ami...


-Je marchais...et je ne sais pas trop comment je suis arrivé ici. Ensuite...Il y a eu la ruelle. La fille est arrivée et... je ne sais plus. C'est irréel et plutôt flou.

Un demi-mensonge, c'était mieux que rien. En soi, c'était presque la vérité. Jeremy était effectivement encore un peu confus de ce qui venait de se passer, mais il s'en souvenait parfaitement, assez pour l'expliquer en détail. Assez pour dessiner la scène sous toutes ses facettes. S'il ne se rappelait pas vraiment comment il était arrivé à Tenderloin, tout ce qui s'était déroulé à partir de l'arrivée de la prostituée était d'une clarté presque terrifiante dans son esprit. Presque. Il avait l'impression que plus jamais il n'aurait peur de ce genre de choses. La mort et le danger ne lui semblaient désormais que des réalités qui n'attendaient que d'être enfin couchées sur le papier. Il avait même cette étrange envie de retourner achever la femme, pour que l'image dans sa tête soit encore plus idéale et froide.

-J'ai pas l'habitude d'être ici non plus... Et je ne pense pas qu'un passant aurait la gentillesse de nous renseigner. Il va falloir se débrouiller. Déjà, on devrait marcher normalement, sans se donner l'air d'être perdus. J'ai pas trop envie d'attirer l'attention ici...

Jeremy commença à avancer dans une direction, dans l'espoir de reconnaître les rues par lesquelles il était passé pour se rendre à la ruelle, mais il les avaient déjà oubliées. Avec de la chance, ils ne se feraient pas intercepter par des habitués du coin à la recherche de chair fraiche à se mettre sous la dent - hâchée, de préférence.

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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!] Jeu 2 Déc - 21:23

Même si c’était la meilleure chose à faire, laisser cette prostituée à moitié morte dans la ruelle sans lui porter aucun secours gênait considérablement le jeune homme. Il se voyait mal abandonner un individu qui avait besoin d’aider, quelque soit cette personne. Si encore cette personne pouvait être Ashley Nortlen… Quoique non, même elle, Jake ne pourrait se résoudre à la laisser inerte dans une rue. La raison finit par le prendre lorsque, entraîné par son ami, il comprit par la vision de quelques silhouettes inquiétantes que s’ils restaient là, ils allaient s’attirer de très gros ennuis. Avec un peu de chance, ces inconnus allaient s’occuper de la fille de joie. Un peu de chance, et énormément d’espoir parce que c’était quasi improbable qu’ils fassent preuve d’autant de charité dans ce quartier aussi mauvais. De plus, Jake ne voulant absolument pas rester seul avec elle et eux, il suivit son meilleur ami dans le dédale. Il ignorait bien où ils allaient et s’en fichait bien parce que tout ce qui comptait à présent était de s’éloigner de cette source d’ennuis. Le problème de la localisation se posa ensuite, lorsqu’il se rendit compte qu’il focalisait toute sa confiance et son désir de sortir de ce quartier dans Jeremy. Ils finirent par s’arrêter, et l’homme se tourna vers son ami en reprenant son souffle. Il était à l’avance désolé pour la série de question qu’il mourrait d’envie de poser. Mais malgré tout le respect et l’affection qu’il avait envers Jeremy, la situation lui semblait bien trop délicate pour qu’il ne reste sans explication. Et puis il brûlait de savoir si son ami s’était mis dans une situation délicate, afin de lui proposer son aide. Il ne tenait pas tellement à ce qu’il arrive quelque chose à son meilleur ami, malgré le comportement assez bizarre de ce dernier ces derniers temps qui laissaient croire le contraire. Le dessinateur voyait bien que Jeremy n’était pas dans son assiette et surtout aujourd’hui, quelque chose le tracassait et en même temps le changeait. Il s’était passé quelque chose dans cette ruelle et Jake avait l’impression d’avoir raté un épisode des plus cruciaux dans la vie de Jeremy. En écoutant la réponse de ce dernier, il approuva. Même si cette explication était des plus étranges et des plus faciles, Jake le croyait. Il s’en inquiétait, car il se demandait si on n’avait pas fait avaler une substance illicite à Jeremy ou bien si ce dernier n’avait pas quelques soucis, mais il n’allait pas songer un seul instant que Jeremy lui mente pour lui dissimuler un secret plus délicat encore.

Il y avait tellement d’hypothèses qui sortaient dans l’esprit de l’homme quant à la réponse que lui avait donné Jeremy. Que pouvait-il bien s’être passé dans cette ruelle ? C’était maintenant une question dont il craignait ne jamais recevoir de réponse et il ne put s’empêcher de se mordre la lèvre en signe de gêne ou bien de compassion. Cette histoire et surtout ce manque de données le tracassaient véritablement et il savait qu’il ne serait pas tranquille tant qu’il ne sera pas sûr qu’il n’est arrivé rien de grave à son ami. Il lui confia qu’il ignorait totalement où ils se trouvaient, lui faisant comprendre qu’il s’en remettait totalement à lui pour retrouver leur chemin. Il ne regrettait plus d’être venu ici maintenant, et commençait à se rendre compte du fait qu’il y ait trouvé Jeremy. Jake hocha la tête pour montrer qu’il avait bien compris le conseil lorsque son ami proposa d’avoir l’air tranquille pour ne pas attirer de regard indiscret. Quelle bonne idée, en tout cas meilleure que de se mettre à courir et à dévisager tous les gens d’ici comme s’il s’agissait de malfrats !

« T’as raison. Faut rester cool. Faut oublier ça. C’est quoi un air normal pour eux ? »

Il mit les mains dans les poches, essayant d’adopter un comportement plus confiant et moins innocent. Il ne faudrait pas qu’on les remarque, comme l’avait dit Jeremy. Jake avait hâte de sortir de cet endroit et d’aller à l’université travailler sur son projet. D’ailleurs, repensant à ce dernier, il tourna la tête vers son meilleur ami et le fixa un court instant avant d’entamer une marche vers une direction prise au hasard. Ce n’était même pas indiqué, ici.

« Tu voudrais m’aider, dis ? » commença-t-il avant de confier la raison de sa venue ici, « une société m’a commandé un dessin qui inspirerait la tristesse, un lieu malfamé, la mort ou une scène moins joyeuse encore. Venir m’inspirer ici n’était peut-être pas la meilleure idée que j’ai eu, mais je maîtrise pas tellement ces notions de peur et de désolation. »

Il s’interrompit pour jeter un rapide coup d’œil vers un groupe de jeune plus loin, puis il tourna la tête vers son ami pour ajouter : « Toi en revanche… T’as la plume favorable pour ce genre de chose. T’es bien plus doué que moi dans ce domaine. Tu voudrais m’aider ? Et on partagerait la paye. » Jake savait que Jeremy était un pur professionnel lorsqu’il s’agissait de dessiner des choses qui n’étaient pas gai. Lui, c’était le contraire, et il avait toujours eu du mal à bien provoquer de la tristesse ou de la pitié dans un dessin. Il s’améliorait, il savait comment s’y prendre et le faisait mieux que beaucoup d’autres grâce à son talent surnaturel, mais Jeremy restait meilleurs que lui dans les scènes atroces ou moroses. Qui pouvait bien savoir ce qui se passait dans la tête de son meilleur ami, pour l’inspirer autant ?
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MessageSujet: Re: Juste...un foulard rouge [Libre!!!]

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Juste...un foulard rouge [Libre!!!]

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