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The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo]

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Viktor Graham

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MessageSujet: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Jeu 30 Déc - 20:54

Le plus merveilleux temps de l’année… Les gens se faisaient vraiment une folie de cette période de l’année qui durait le temps d’une semaine s’étalant entre un réveillon et un autre. La soi-disant magie de Noël était rappelée dans tous les détails, parfois subtilement, mais généralement avec une exubérance presque calculée. Les décorations s’entrelaçaient en faisant disparaître la majorité du décor qu’elles recouvraient. La musique de Noël donnait l’impression que les autres chansons n’avaient plus le droit d’être entendues jusqu’au retour du temps dit normal. Peu importe le genre de vie qu’on menait, on ne pouvait pas ignorer le temps des fêtes. À l’hôtel, Viktor avait eu à décorer le grand hall et, cette année, un gigantesque sapin avait trouvé sa place sous l’immense lustre au centre de la pièce. Le lustre neuf, acheté après que le tremblement de terre ait causé la destruction de l’ancien, semblait être l’étoile la plus parfaite à faire briller au-dessus du grand arbre.

Viktor avait passé une bonne partie du réveillon de Noël à fixer cette étoile de vitre. Il avait servi de réceptionniste, car la plupart de ceux-ci avaient bien mieux à faire que travailler, ce soir-là. De toute manière, l’homme à tout faire n’avait ni famille ni amis avec qui passer cette fête. Bien sûr, il n’était pas seul au monde et il se connaissait quelques bons amis, mais ces derniers avaient tous une famille ou n’importe qui de mieux avec qui passer Noël. Viktor ne leur en avait pas voulu, parce que c’était Viktor, tout de même, et il avait accueilli les rares clients qui étaient arrivés durant cette soirée dite magique. Elle avait été bien ordinaire pour lui, d’ailleurs. Aucun client n’était resté pour lui parler, personne ne lui avait téléphoné… Il aurait pu ne pas exister, ce soir-là, que personne n’y aurait vu de réelle différence. C’était un sentiment qui revenait souvent frôler l’âme de l’homme à tout faire, cette impression d’être invisible et inintéressant. Alors, comme toutes les fois, Viktor avait tout fait pour se rendre utile. Il avait classé des papiers à la réception, il avait fait du ménage dans le hall, il avait replacé encore et encore des décorations du grand sapin…

Le réveillon de Viktor s’était terminé au matin, quand une réceptionniste était venue le remplacer avec un air frustré, probablement parce qu’elle travaillait le matin de Noël. L’homme à tout faire était allé dormir avant d’aller déposer des cadeaux aux chambres de ses amis, en évitant soigneusement de passer près de la chambre de Christopher, car il ne voulait pas lui gâcher Noël…

Les jours suivants, Viktor avait travaillé plus qu’à l’habitude, remplaçant ici et là des employés qui étaient partis en vacances pour voir leur famille. De toute manière, il n’aurait pas eu autre chose à faire de son temps. Le dernier jour de l’année était finalement arrivé sans que l’homme à tout faire ne s’en rende compte et Cybelle lui avait ordonné de quitter l’hôtel pour la soirée, sans quoi elle se fâcherait. La propriétaire de l’hôtel Union était tyrannique et il ne fallait surtout pas s’attirer sa colère. Viktor ne s’expliquait pas pourquoi elle l’avait forcé à prendre congé, mais il avait préféré éviter de lui poser la question et tout simplement lui obéir. C’était pourquoi, en ce 31 décembre, il se retrouvait dans ce petit bar fort sympathique dont Sara lui avait parlé. C’était un endroit chaleureux où certains employés de l’hôtel venaient souvent se retrouver pour faire la fête. Viktor y mettait les pieds pour la première fois, ce soir-là, car il n’avait pas l’habitude de sortir.

Dès qu’il fut passé au vestiaire, Viktor scruta toute la salle dans l’espoir de reconnaître une personne. Il y en avait bien une, au comptoir, qu’il connaissait. Qu’il avait aimée. Qu’est-ce que Christopher Beaudoin pouvait faire dans un bar le soir du réveillon du Nouvel An? Il avait une famille, beaucoup d’amis… Tout le contraire de Viktor, en soi. L’homme à tout faire envisagea de partir, de changer de bar ou même de seulement passer la nuit à marcher dehors. Tout pour ne pas respirer trop d’air qui aurait frôlé le corps de Christo. Toutefois, sans comprendre pourquoi, il se retrouva juste à côté de lui, au bord du comptoir, à se faire dévisager par le barman qui lui demandait ce qu’il voulait.


-Euh…une…un… N’importe quoi fera l’affaire. Merci.

Surtout, ne pas regarder Christo. Le comptoir pouvait être bien plus intéressant. Noir, tout comme sa chemise, avec un petit motif de… Yeux bleus. Merde. Il n’avait pas pu s’en empêcher et, maintenant, il n’arrivait plus à décrocher son regard de Christo. Il devait trouver quelque chose à dire et vite, mais il s’agissait de Viktor Graham. Et il ne savait jamais quoi dire.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Ven 14 Jan - 22:54

Christopher n’aimait plus le temps des Fêtes, depuis plusieurs années. Il n’avait désormais aucune raison de l’aimer. Ni famille ni ami proche ni amoureux avec qui passer du temps pour fêter la venue sur Terre d’un Christ qui était mort sur la croix afin de sauver l’humanité, en vain peut-être même. Non mais c’est vrai quand on y pense… le monde n’a pas changé, il ne s’est pas améliorer, bien au contraire! Il y a tellement de guerres, de mensonges, d’injustice et de péchés partout dans notre société qu’on se demande parfois si les gens sont réellement fondamentalement bons. En tout cas, Christopher, lui, se le demandait. Il se le demandait encore plus depuis qu’il ne cessait de souffrir à cause de toutes les personnes à qui il avait naïvement ouvert son cœur et qui l’avait finalement empoisonné avec toutes leurs belles promesses. La race humaine était précisément comme la pomme qu’offre à Blanche-Neige sa méchante belle-mère. Bien rouge, bien belle, bien appétissante, mais dès qu’ils le pourront, ils vous libèreront leur poison en plein cœur et vous tueront sur place, en un rien de temps. C’était bien comme ça que se sentait Christo en se moment : mort et bien empoisonné. Son cœur sursaturé de venin lui faisait tellement mal, à chaque battement un peu plus…

C’était le deuxième Noël que Christo passait à l’Hôtel. Bien que celui-ci était moins fraîchement douloureux, il n’en restait pas moins qu’il l’était également, à sa manière… La manière D’Alembert, plus hypocrite, profiteur, menteur, lâche, égoïste et sournois! L’année dernière, il s’était ridiculisé au bal, cette année il était resté enfermé dans sa chambre. Il l’avait passé assis dans sa chambre, la lumière éteinte, devant sa fenêtre, à regarder dehors et à implorer il ne savait plus qui de venir le chercher… C’est d’ailleurs en entendant les rires et la musique de fête en provenance de partout autour de lui qu’il réalisa le pathétisme de sa vie, mais surtout la tristesse de celle-ci. Un jeune homme reste seul dans sa chambre d’employé d’hôtel le soir du réveillon de Noël à pleurer au même rythme que les flocons tombaient, c’est-à-dire tout doucement…

C’est suite à cette triste soirée que Christo avait pris une résolution d’avance et avait décidé de ne pas passer son réveillon du nouvel an tout seul à pleurer dans sa chambre. Il avait don demandé à quelques clients et employés de l’hôtel quels bars étaient en vogue et bien populaires, question de ne pas se retrouver dans un bar miteux, seul encore une fois. Puisque tant qu’à pleurer seul, aussi bien ne pas le faire en public! Il s’était finalement fait recommander cette place et y .était venu, le plus chic et sexy qu’il le pouvait. Il portait une chemise vert lime, dont les premiers boutons n’étaient pas attachés, avec un gilet sans manches en satin noir par-dessus. Il avait remontés ses cheveux pour leur donner l’air soignés et décoiffés en même temps, comme avant. Il voulait retrouver le bout d’entrain qu’il était et peut-être que c’était un bon moyen de le faire. En tout cas, c’était beaucoup mieux que de rester dans sa chambre…

Il était arrivé il y a plusieurs minutes et avait déjà pris quelques bières lorsqu’il sentit une présence et une odeur qu’il connaissait bien… trop bien. Christo se dit qu’il avait sûrement trop bu ou trop vite, puis il ferma les yeux et respira profondément, pour se calmer, mais ce fut une erreur. L’air parfumé à la Viktor emplit ses narines et ses poumons, poiur finalement se frayer un chemin jusque dans son cœur, pour raviver ses sentiments enfouies sous trop de décombres. De les sentir se remuer, avec une énergie du désespoir, pour tenter de se sortir de leur situation précaire faisait aussi mal que de sentir le venin de Marek ricaner dans son coin de cœur… Christo ne put s’empêcher de retourner sa tête vers Viktor et de le fixer.

Il fut surpris de se retrouver yeux à yeux avec ceux de Viktor. Il se sentit plonger dans un immense trou rempli de pierres précieuses d’un vert pâle. Ils restèrent plusieurs minutes ainsi, en silence. Les mots n’étaient pas nécessaires, ils ne l’avaient jamais été. Cette fois c’était différent, car ils n’avaient simplement rien à se dire. Pas depuis le tremblement de terre. Ils faisaient tous deux comme si l’autre n’existait plus, comme s’il était mort dans ce foutu ascenseur… Ils furent en fait interrompus par le barman qui amenait le verre que Viktor avait commandé. Christo tourna ses yeux vers le breuvage, puis les ramena vers l’homme à tout faire et parla, avec une voix qui se voulait normale, mais qui sortit finalement un peu trop pâteuse et hésitante à son goût…


-Tu devrais faire attention a ce que tu commande… T’aimeras pas ça.

La mixture était bleu turquoise comme l’océan de Bora Bora. Le breuvage, Christo le connaissait sous le nom de sauterelle et le trouvait lui-même beaucoup trop sucré… Il ne quittait toujours pas Viktor des yeux et prit une gorgée de sa cochonne, son verre à lui…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Ven 14 Jan - 23:43

[Ouin…On voit d’où tu sors tes boissons. Une chance que je te sors dans les mariages, hein?]

Viktor était naïf au point de ne toujours voir que le côté vert de la pomme. La reine, l’atroce belle-mère de Blanche-Neige, avait bien empoisonné une pomme, mais elle avait laissé un côté comestible, pur, vide de mal. Bien entendu, elle avait offert la plus belle moitié, rouge et juteuse, à sa victime, laquelle s’était empressée de dévorer le côté le plus joli du fruit, la partie la plus appétissante. Si cette stupide Blanche-Neige avait été moins égoïste, peut-être que sa méchante belle-mère se serait vue obligée de s’empoisonner elle-même avec sa pomme. Si elle avait eu affaire à un certain homme à tout faire, d’ailleurs, la pauvre femme aurait mangé le plus joli morceau, car Viktor n’aurait pas accepté qu’elle s’en prive pour le lui laisser. L’homme à tout faire avait cette manière déconcertante de se dévouer aux autres sans que ceux-ci n’aient l’occasion de s’y opposer. Si Viktor avait été Blanche-Neige, il n’aurait pas eu besoin de prince pour le guérir du poison de la pomme. Toutefois, il n’était pas dans un conte de fées, et le seul prince qui s’était approché de lui avait plus fait office de fruit empoisonné que de sauveur.

L’année précédente, Viktor avait crû mourir sur une chanson de Noël. Son premier amour, la première personne qui avait semblé l’aimer pour qui il était et non seulement parce qu’il était utile et serviable, l’avait abandonné cruellement. Pas parce qu’il ne l’aimait plus, mais bien parce qu’il ne l’avait pas aimé. Point. Il avait dit avoir essayé, pourtant, avoir voulu trouver en lui une personne intéressante, mais le bilan final était que Viktor Graham était ennuyant au point que c’en devenait douloureux de passer du temps avec lui. Comme si l’homme à tout faire avait besoin que quelqu’un le lui rappelle une fois de plus…

Christo lui avait brisé le cœur, ce cœur si grand mais tout neuf, et Viktor avait décidé de trouver comment ne plus jamais ressentir un vide si déroutant, si brûlant. Comment respirer quand chaque parcelle à l’intérieur de lui criait de la laisser s’engourdir jusqu’à oublier qu’un mensonge avait été sa plus belle vérité? Alors, Viktor avait cherché un modèle, quelqu’un lui semblait au-dessus de l’amour et de la douleur, et il avait trouvé Jason Badley, le séducteur imbu de lui-même le plus égoïste que l’hôtel Union ait connu. Un être qui inspirait la haine dès qu’on apprenait un peu à le connaître. Un peu… Viktor avait appris à le déchiffrer en voulant être comme lui et il avait vu au-delà de ce que tout le monde connaissait. Qu’est-ce qu’on fait quand même son modèle ne peut plus combattre ce qui nous fait si peur? Jason était devenu son ami et Viktor n’avait pas réussi à oublier Christo, même en essayant les méthodes de Jason, méthodes qui s’avéraient vraiment inefficaces pour quelqu’un d’aussi honnête que l’homme à tout faire. Les rares fois où il avait essayé d’oublier en s’abandonnant à certains plaisirs avec un inconnu, il avait été plus dégoûté que soulagé. Alors, il avait arrêté. Sauf avec Jason, parce qu’il avait peur de le perdre et de se retrouver complètement seul. Il avait besoin de quelqu’un pour lui changer les idées, pour lui donner l’impression que Christo n’avait pas eu complètement raison de lui dire qu’il ne valait rien. Viktor Graham pouvait-il vraiment compter pour une personne sur cette terre?


-Tu devrais faire attention à ce que tu commandes… T’aimeras pas ça.

Était-ce tout ce temps passé en compagnie du Badley qui lui donnait envie de faire autrement que simplement suivre le conseil de Christo ? Ou bien avait-il envie de lui montrer que son avis n’avait aucune valeur ? Ce qui était faux. En soi, peut-être que la dernière année avait fait changer Viktor. Il avait appris à se connaître, à être moins mal à l’aise avec tout le monde… Quoi qu’il en soit, l’homme à tout faire leva les sourcils et but une gorgée exagérément grosse de sa boisson sans laisser son visage exprimer le dégoût provoqué par ce liquide. Christo avait raison, tiens donc…

Pourquoi ne partait-il pas? Espérait-il une autre scène comme celle de l’ascenseur? Si ça se trouvait, Christo ne l’avait embrassé que pour le tester ou se moquer de lui, et Viktor ne réussirait aucun test le concernant… Il aurait été plus sage pour l’homme à tout faire de partir, mais une partie de lui avait envie de rester en compagnie de Christopher. Une autre avait aussi envie de se prouver qu’il pouvait être près de lui sans fondre stupidement comme il l’avait fait dans l’ascenseur. Et cette partie trouvait que l’autre homme aurait au moins pu lui donner une chance en se mettant moins beau et, peut-être, en attachant un bouton de plus à sa chemise…


-Tu attends quelqu’un?

Une autre manière de lui demander s’il pouvait jouer à la sangsue avec lui tout le reste de la soirée.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Sam 5 Fév - 15:48

Christo fixait droit devant lui, l’air innocent et complètement indifférent. Il donnait presque l’impression de ne même pas ouvert la bouche et donner ce conseil de buveur averti à Viktor. Il regardait l’affichette des prix et semblait d’ailleurs très concentré sur sa tâche. Cependant, son cerveau marchait à pleine capacité, tout comme son corps au complet. L’impression de suffoquer et d’avoir soudainement tellement trop chaud que ça en faisait mal ne partait pas. L’envie de mourir, de l’embrasser et de partir en courant non plus. Christo essayait de se concentrer sur autre chose, mais il n’y avait rien à faire, ses pensées le ramenaient toujours au même point : Viktor. Les souvenirs de l’ascenseur, de leur première rencontre, de Noël, de l’ascenseur encore… Ils se succédait avec un rythme de plus en plus endiablé. Ils allaient et venaient aléatoirement, mais tourbillonnaient tellement vite que Christopher commençait à en avoir le vertige. Et non, cette sensation n’avait rien à voir avec la quantité d’alcool qu’il avait déjà ingérée !

Pourquoi les choses finissait-elle toujours par le ramener a cette fichue scène du soir de Noël, l’année dernière? Pourquoi n’arrivait-il pas à tourner la page? Pourtant, ce n’était pas comme s’il n’avait pas essayé. Il s’était investi le plus qu’il le pouvait avec Marek, c’était bien évidemment avant de savoir ce que celui-ci avait fait. Sinon, il aurait pu vivre heureux avec Viktor depuis tout ce temps. Mais non, à la place ce maudit D’Alembert avait tout gâcher en s’en mêlant. Christo ne comprenait toujours pas comment il avait fait pour attendre si longtemps avant de lui en parler. Toutes les fois où ils s’étaient dit qu’ils s’aimaient, qu’ils s’étaient embrassés et qu’ils avaient fait l’amour… jamais Marek n’avait donc eu de remords? Jamais il ne s’était senti assez mal pour tout arrêter et penser que peut-être il avait eu celui qu’il voulait simplement par dépit? Christo était toujours autant dégoûté de l’attitude de Marek envers lui, mais encore plus de sa propre attitude, se jeter sans penser dans les bras de cet inconnu qui était certes, très gentil, mais qu’il connaissait à peine. Il aurait dû penser au fait que tout ça était beaucoup trop louche, trop facile, trop heureux et que ça finirait bien par le détruire… Cependant, pour être bien franc avec lui-même, Christo devait avouer qu’il ne pouvait pas dire si ce qui le blessait le plus dans toute cette histoire était vraiment le comportement hypocrite et égoïste de Marek ou bien le fait que Viktor avait réussi pour vrai à être amoureux de quelqu’un d’autre, lui?

Amoureux. Viktor était amoureux, oui. De Jason Badley en plus. Ils les avaient souvent vu ensemble au bar, au restaurant, mais surtout, dans leurs chambres respectives, à tour de rôle, pour la nuit… À chaque fois que Christo surprenait un moment entre ces deux-là, il avait des envies de meurtre. Christo ne supportait pas de voir les regards et les sourirs entendus entre ces deux-là, encore plus depuis qu’il savait que, sans Marek, ils seraient tous à lui ces regards et ces sourires. Ce serait avec lui que Viktor serait et pas avec Jason. Cependant, même s’il y croyait le plus fort qu’il le pouvait, il lui restait toujours un petit doute, aussi minuscule soit-il que peut-être Viktor aurait réellement fini avec Jason. Et c’est d’ailleurs ce qui avait empêché Christopher de tout de suite aller courir et pleurer et tout avouer à Viktor. Même si cela lui faisait mal comme jamais, Christo ne voulait pas gâcher le bonheur de Viktor. Il l’aimait trop pour ça, il ne ferait pas les mêmes erreurs que Marek. Malgré la douleur qui lui crevait le cœur, il se disait que c’était sans doute mieux ainsi. Il aurait préféré que ce soit avec lui qu’il soit le plus heureux, mais tant pis… Du moment que Viktor était heureux et amoureux, Christo ne pouvait qu’être content pour lui et espérer trouver à son tour son prince charmant un de ces jours...

Christopher soupira. Il aimait bien se bercer d’illusions, comme de se dire qu’il trouverait son bonheur à lui aussi, dans un avenir plus ou moins rapproché. En fait, à mesure que les jours passaient, moins il y croyait. Simplement ce soir encore il avait la preuve qu’il ne pourrait jamais aimé quelqu’un autant qu’il aimait Viktor. Simplement sentir son parfum l’avait fait frémir et de le savoir aussi près de lui maintenant (et tout ce que ça impliquait) lui donnait le vertige. Jamais personne ne pourrait lui faire le même effet. C’était une certitude qui faisait mal à avouer. Pour ravaler ses larmes, il but le reste de son verre en une seule gorgée et en commanda un autre. Il jeta en même temps un rapide coup d’œil à Viktor, qui venait de finir de prendre une aussi grosse gorgée du breuvage imbuvable. Christo pouffa d’un petit rire lorsqu’il vit que Viktor essayait du mieux qu’il le pouvait de cacher son dégoût pour cette sauterelle qui descendait dans sa gorge…


-Je t’avais pourtant prévenu…

Il avait murmuré, peut-être que Viktor ne l’entendrait même pas, mais c’était sorti tout seul, Christo n’avait rien pu y faire. Il avait par contre, et heureusement, réussi à ne pas éclater d’un trop grand rire et était plutôt fier d’avoir simplement pouffé.

Il se demandait pourquoi ils restaient tous les deux là, comme s’il ne se détestait pas autant mutuellement. Christo, pour sa part, ne voulait pas partir, même s’il savait que ce serait une décision des plus sages de sa vie. Cependant, non seulement il avait envie de passer du temps en compagnie de Viktor, mais en plus, il se disait qu’il y était d’abord. Donc, si quelqu’un devait partir c’était Viktor et non lui…


-Tu attends quelqu’un?

Christo prit quelques secondes avant de se rendre compte que c’était vraiment à lui que Viktor parlait. Il se sentait devenir de plus en plus stupide et adolescente attardée en la présence de l’homme à tout faire. Peut-être avait-il trouvé une raison de s’en aller?

-Non. J’attends plus personne.
Le ton de Christo était plus amer que ce qu’il aurait voulu.
-Et toi? Tu attends que Jason vienne te rejoindre…?

Il ne voulait pas vraiment le savoir, mais c’était un Christo qui commençait à avoir un peu trop d’alcool dans le sang qui faisait bien ce qui lui plaisait. Et si être un peu masochiste faisait partie des plans de ce Christo, la conscience et l’autre Christo n’avait pas un seul mot à dire...

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Mar 8 Fév - 11:26

Viktor regarda Christo fixer l’affiche de boissons et il se demanda vraiment ce qu’il fichait à rester avec lui. Il aurait dû se mettre à courir vers la sortie, s’enfuir à toute vitesse, s’éclipser pendant que l’autre homme regardait ailleurs. Il aurait dû partir, tout simplement. Seulement, il ne trouvait pas d’excuse... En soi, il n’aurait même pas eu à se justifier auprès de Christopher. Il ne méritait pas que l’homme à tout faire lui explique quoi que ce soit après ce qui s’était passé entre eux. Il ne méritait ni son respect ni sa considération. Cependant, c’était mal connaître Viktor Graham que de penser qu’il pourrait être ouvertement impoli avec une personne, même si elle le méritait. Cybelle l’avait maltraité tellement de fois et, encore aujourd’hui, il se soumettait à ses ordres sans répondre et sans s’opposer. Elle lui avait dit de prendre congé et de sortir et, même si Viktor aurait préféré passer sa soirée à l’hôtel, il avait obéit et il se retrouvait maintenant dans ce semblant de cauchemar en suspend. Pourtant, s’il avait eu à revenir en arrière, l’homme à tout faire aurait encore fait comme sa patronne le voulait. Il aurait simplement choisi un autre bar. Qui aurait-il pu y rencontrer de pire que Christopher Beaudoin?

Viktor n’avait pas de réel ennemi. Si certaines personnes ne l’aimaient pas, elles restaient assez distantes pour que l’homme à tout faire puisse gentiment les ignorer. Lui-même ne détestait personne assez pour avoir des envies de violence. La seule et unique personne qu’il craignait de rencontrer était Christo, et la raison de cette peur était plutôt une impression de faiblesse qu’une haine profonde. Viktor n’était pas fâché contre celui qui lui avait brisé le cœur. Il se disait qu’au fond, il devait avoir eu raison de lui avouer la vérité. Peut-être avait-il vraiment essayé de l’aimer… Christopher n’y pouvait rien si l’homme à tout faire n’arrivait pas à valoir la peine d’être aimé. Après toute cette année à se faire de la peine à cause de lui, Viktor n’arrivait plus à lui en vouloir vraiment. Encore une fois, il avait fini par reporter toute la faute sur lui-même. Il lui restait néanmoins la douleur, ce poignard froid et mal aiguisé qui le transperçait à chaque fois qu’il pensait à Christo ou, pire, qu’il le voyait. Viktor lui avait donné son cœur et il n’en avait pas voulu… Mais c’était tout ce qu’il avait. Il était bien désolé de ne pas avoir pu en faire plus…

Au moins, Christopher avait réussi à être heureux. L’intuition incroyable de l’homme à tout faire faisait des caprices quand il s’agissait de l’autre homme. Sinon, il aurait probablement senti que Christo avait encore de la peine et que Marek avait d’abord été un moyen plutôt efficace de se consoler et d’endormir sa tristesse. Toutefois, dès le début, l’homme à tout faire avait deviné que le nouveau copain de celui qu’il avait aimé traînait un truc louche. Viktor n’arrivait pas à lui faire confiance, même de loin. Il avait senti le mensonge bien avant qu’il n’éclate au visage de Christo, mais il avait crû que sa méfiance était plutôt une sorte de jalousie déguisée. Parce que, oui, Marek d’Alembert avait éveillé chez le doux homme à tout faire ce sentiment noir et destructeur. Il avait soulevé une question qui n’avait jamais voulu se taire : « Pourquoi le mérite-t-il plus que moi? » Seulement, même en détestant Marek d’Alembert d’avoir su mieux que lui rendre Christo heureux, Viktor ne s’était pas réjoui en apprenant leur rupture, quelques mois plus tôt. Il ne souhaitait pas de mal à Christopher…


-Je t’avais pourtant prévenu…

Raté. Il ne deviendrait donc jamais acteur. Avec un petit sourire gêné, Viktor commanda la même chose que l’autre homme. Les mots avaient trouvé la sortie vers l’air sans que l’homme à tout faire n’ait vraiment pris la décision. Pourquoi n’en avait-il pas profité pour partir? Il avait la désagréable impression d’être enchaîné à cet endroit jusqu’au moment où on l’en chasserait. Pire encore, il sentait qu’il résisterait si on le chassait. Il était tellement faible…

-Non. J’attends plus personne.

Mais pourquoi une petite chaleur de satisfaction se faisait-elle sentir au fond de lui?

-Et toi? Tu attends que Jason vienne te rejoindre…?

-Jason?


Pourquoi…Jason? Probablement parce que Viktor passait beaucoup de temps avec lui depuis les derniers mois. Il était un de ses rares amis et l’homme à tout faire ne voulait surtout pas le perdre. Il avait si peu d’amis que ceux-ci prenaient une importance d’autant plus grande. Il ne comprenait pas, cependant, pourquoi Christo l’avait nommé plutôt que Sara. Peut-être savait-il que la jeune femme passait les fêtes avec sa famille…

-Jason doit passer la nuit avec une conquête quelconque… Je n’attends personne.

Bravo, Viktor. Maintenant que tu as prouvé que, tout comme Christo, tu es tout seul, comment vas-tu réussir à partir?

-Et tu es ici…pour fêter?

Question stupide. Pour quelle autre raison un jeune homme passerait-il la soirée du réveillon du Nouvel An dans un bar? Viktor baissa les yeux et soupira. Au naturel, il peinait déjà à entretenir une conversation normale. En présence de Christo, après tout ce qui était arrivé, c’était encore pire. Il suffoquait. Pour se calmer, il prit une grande gorgée de ce qu’il avait commandé…et il fût pris d’une quinte de toux. Heureusement que le ridicule ne tuait pas, car Viktor aurait été en danger de mort à chaque fois qu’il était en présence de Christopher.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Mar 29 Mar - 18:35

[HJ: Désolé, il est plus court que les autres... Me pardonneras-tu?]

Décidément, Christopher avait trop bu. Il sentait le monde autour de lui beaucoup plus flou et étouffé. Comme s’il s’était soudain recouvert d’une fine pellicule plastique bien étanche, bien étendue et très malléable. Il avait l’impression que s’il se laissait tomber sur le côté, il ferait s’étirer la pellicule jusqu’à son maximum, puis celle-ci lâcherait en faisait une bulle qui ferait qu’il reviendrait à sa place. Les seules mots et odeurs qui lui parvenaient clairement étaient en provenance de Viktor. Encore. Toujours. Christo sentait également qu’il serait capable de parler de choses qu’il ne devrait pas avec Viktor. Comme du dégueuli, mais avec des mots. Tout ce qui ne passait pas et ce qui n’avait jamais passé voulait remonter et s’étaler sur le comptoir du bar. Et tout ça, grâce à son ami l’alcool. Il sentait qu’il n’y avait plus aucune boule dans sa gorge et plus personne dans son cerveau pour lui dire ne pas s’aventurer sur certains sujets…

-Jason doit passer la nuit avec une conquête quelconque… Je n’attends personne.

Pourquoi Christo se sentait-il soudain étrange? Un mélange de satisfaction et de malaise. Comme si le fait que Jason couche avec d’autre gens puisse être accepté par Viktor, ou alors cela voulait dire qu’il n’y avait peut-être rien entre eux deux? Mais non, Christo savait bien ce qui se passait. Il les avait suffisamment espionné, avait assez d’expérience en amour et avait assez regardé de films d’amour pour savoir reconnaitre un regard amoureux. Et des regards amoureux, il en avait vu plusieurs entre Jason et Viktor. À son plus grand regret. C’était plus fort que lui, bien qu’à chaque fois c’était comme un coup de couteau, il se devait de suivre l’homme à tout faire en douce et d’aller espionner sa vie, quelques fois par semaine. Christo espérait toujours surprendre l’homme à tout faire entrain de pleurer ou de souffrir, mais rien à faire, il était des plus heureux. Un peu plus et il aurait eu l’insolence de se promener sur un petit nuage rose… Cette simple idée donnait envie de vomir à Christopher. Ou alors c’était l’alcool? Bref, Christo pensait qu’avec sa réponse Viktor devait simplement devoir faire comme s’il ne se passait rien entre lui et Jason. Il devait se dire que Christopher ne savait pas, que personne ne savait et que c’était leur petit secret tout mignon… Encore cette nausée! Christopher devrait arrêter de boire. Seulement, son cerveau n’était pas d’accord et il demanda plutôt à la voix de commander un autre verre.

-Alors tu essaies de me faire croire qu’il n’y a rien entre vous? T’as pas à me protéger tu sais? Je suis capable d’en prendre…

Encore ce ton amer. C’était plus fort que lui. Non seulement il était en présence de la personne qui lui avait fait le plus de mal, mais en plus ils parlaient de la personne dont Christo voulait se tenir le plus loin possible. Et oui, la douleur que Viktor lui avait faite était pire que celle que son frère lui avait infligée. Ce soir plus particulièrement. Au moins, son frère et son ex n’avaient jamais été hypocrite avec lui. D’accord, ils n’en avaient pas eu le temps, mais reste que Viktor, lui, avait pris bien tout le temps qu’il se devait, et même le temps de quelques autres, pour bien détruire Christo. Ce dernier ne comprenait toujours pas pourquoi Viktor ne lui avait pas dit avant. Il lui avait pourtant demandé si quelque chose le dérangeait dans leur histoire. Et il lui avait aussi pratiquement tout raconté de son histoire avec son frère. L’homme à tout faire était donc parfaitement au courant que la valeur prioritaire de Christopher était l’honnêteté… Si Christo voulait faire comme s’il n’en voulait pas à Viktor, c’était raté. Il y avait trop d’animosité dans sa voix et il était certain que son non-verbal devait être assez évoquant aussi.

-Et tu es ici…pour fêter?

Christo eut un petit rire clair et sincère, qui se termina abruptement. L’humour et la naïveté de Viktor le faisait toujours autant rire. Et ça lui manquait. Cruellement.

-Ouais. Je fête la fin de cette année… Et je me souhaite enfin du bonheur pour la prochaine…

Christo leva son verre et porta un toast imaginaire, puis cala son verre et en commanda un autre. Et un pour Viktor aussi. Ce n’était pas presque la nouvelle année à tous les jours après tout! Au diable les dépenses!

-Et toi? Tu te souhaites quoi? Un mariage avec Jason?

Toujours et encore ce ton amer. Avec un petit gloussement sarcastique aussi. Christopher ne pouvait pas le contrôler, ça venait tout seul. Et comme il l’avait remarqué tout à l’heure, il n’y avait plus personne dans son cerveau pour filtrer les pensées et la parole. Ils avaient tous pris congé. Ce n’était pas presque la nouvelle année à tous les jours après tout! Au diable le contrôle! Christo ne voulait pas non plus comprendre pourquoi il ne cessait de toujours tout ramener à Jason. Sinon, il aurait fallu qu’il s’avoue être un jeune homme jaloux, alors qu’il s’était toujours juré de ne pas l’être…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Jeu 12 Mai - 23:56

[Ouff… Je ne peux même pas t’exprimer à quel point je m’en veux…et tu sais comme j’aime le RP avec toi! J’espère que tu m’aimes quand même… Reste que tu es ce que je préfère au monde. ♥ ]

Quoi de pire que Christopher Beaudoin? C’était difficile à dire… De nombreuses personnes passablement méchantes étaient passées dans la vie de Viktor. Son poste d’homme à tout faire à l’hôtel lui avait permis de voir toutes sortes de gens plus désagréables les uns que les autres. Il y avait eu des clients, mais aussi des employés. Certains avaient profité de la gentillesse maladive de l’homme à tout faire et celui-ci s’était laissé exploiter tellement de fois. Souvent, et cela aurait étonné beaucoup de gens, Viktor s’était aperçu qu’on se moquait de lui et de sa passion pour rendre service, mais il n’avait rien dit. Il s’était contenté de faire ce qu’on lui demandait. Viktor Graham ne se fâchait presque jamais. Même quand il savait qu’on exagérait, il se justifiait les actions des autres et il ne cherchait pas à remettre la faute sur ceux-ci, même quand elle était totalement la leur.

Viktor ne détestait personne…même pas Christo. Oh, bien sûr, il était la personne que l’homme à tout faire voulait le plus éviter de croiser mais, en même temps, il n’arrivait pas à nourrir de haine à son égard. Pourtant, Christopher avait trahi la confiance que l’autre homme avait en lui et il l’avait abandonné, jeté comme s’il ne valait rien. Personne n’avait jamais fait autant de mal à Viktor. Ni de ce genre de souffrance… Comme une main invisible qui lui serrait la gorge et l’empêchait de respirer convenablement. C’était à la fois un manque et une prison. La solitude et l’impression de ne compter pour personne, elles, n’avaient rien de nouveau pour l’homme à tout faire. Elles étaient là depuis plusieurs années. Depuis la mort de sa mère, Viktor n’avait plus eu personne. Il était devenu l’homme à tout faire, simplement. Rien de plus que le type qui nettoie les carreaux et qui rend service. Il s’était bien fait quelques amis, mais il s’était vite rendu compte qu’il passerait toujours en arrière-plan dans leur vie. Ils n’avaient pas vraiment de temps pour lui, pas autant que ce que l’homme à tout faire aurait espéré. Viktor les adorait, pourtant, et ses amis n’avaient rien de méchant ou de complètement égoïste ou insensible. C’était seulement qu’ils n’avaient pas besoin de lui trop profondément dans leur vie. Ils pouvaient se débrouiller sans lui. Ils avaient une famille ou l’amour. Tout ce que Viktor n’avait plus.

Viktor ne soupçonnait pas du tout que Christopher l’avait espionné. Malgré sa timidité habituelle et ses problèmes avec les mots, il aurait tout de même demandé des explications à l’autre homme, s’il l’avait su. Malheureusement pour Christo et ses séances d’observation, Viktor avait depuis longtemps appris à sourire même quand il était triste. Et on y croyait, à ce sourire qui semblait tombé du ciel pour illuminer tout autour. Même l’homme à tout faire se perdait lui-même dans cette fausse joie qu’il traînait avec lui dès qu’il sortait de sa chambre. C’était mieux ainsi, au fond. Dans le cas contraire, ses longues journées de travail auraient été beaucoup plus pénibles. Toute l’énergie que Viktor s’évertuait à perdre en s’abandonnant dans son travail lui permettait de revenir épuisé dans sa chambre, le soir. Il s’endormait alors plus rapidement, ce qui lui laissait beaucoup moins de temps pour être la proie du désespoir.


-Ouais. Je fête la fin de cette année… Et je me souhaite enfin du bonheur pour la prochaine…

Même avec cet air sombre et ce regard plein d’amertume, Christopher était incroyablement beau. C’était une torture. Viktor baissa les yeux pour chasser la douleur de le voir si proche et de le sentir si loin.

-Je t’en souhaite…

Le pire, c’était qu’il était sincère. Viktor but son verre d’une traite, comme pour faire passer les paroles gentilles que Christo n’aurait pas mérité d’entendre.

-Et toi? Tu te souhaites quoi? Un mariage avec Jason?

Encore Jason? Mais qu’est-ce que Christo pouvait s’imaginer? De toute manière, cela ne le concernait aucunement. D’ailleurs, il n’aurait même pas dû avoir le droit de poser des questions. Et maintenant qu’il y pensait, Viktor se disait qu’il n’avait rien à faire auprès de lui, que ce soit le réveillon de la nouvelle année ou non. Christo lui avait fait du mal et, en l’embrassant dans l’ascenseur, il avait rouvert la blessure que l’homme à tout faire avait presque réussi à endormir. Il aurait dû souffrir, lui aussi…même si Viktor ne le souhaitait pas réellement. Néanmoins, il savait qu’il ne pouvait pas rester là, à discuter avec lui comme si de rien n’était, et surtout si Christo continuait à lui faire cet étrange petit numéro sur Jason.

-Christo, je sais pas du tout à quel jeu tu joues ou sur quelles rumeurs tu as pu tomber… Il ne se passe rien avec Jason, ce n’est qu’un ami… J’en ai peut-être été amoureux, un peu, un temps, mais c’est fini et…de toute manière, ça ne te concerne aucunement. Ma vie ne te concerne pas.

Viktor déposa son verre vide sur le comptoir et soupira. Il n’avait pas envie de s’éloigner de lui… C’était pathétique et masochiste.

-Bonne soirée…et bonne année…

Le jeune homme s’éloigna et, avec des efforts surhumains, il parvint à éviter de se retourner. Il passa au vestiaire pour prendre son manteau avant de sortir. Une fois dehors. Il s’engagea sur le petit chemin entre le bar et le bâtiment voisin. Au bout de quelques pas, Viktor s’arrêta, s‘appuya contre le mur et se détesta sans trop savoir pourquoi. Les tressautements rythmiques de la musique du bar étaient perceptibles dans le sol et dans le mur. Christo était juste là, à l’intérieur… Viktor n’espérait pas vraiment qu’il sorte. Néanmoins, son corps refusait de s’éloigner davantage.


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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Jeu 23 Juin - 13:00

[Toué, t’es ce que je préfère au monde. ♥ ]

Christopher n’arrivait toujours pas à changer ses sentiments pour Viktor. Il avait cru que le temps arrangerait les choses, comme le dit le dicton, mais à chaque fois qu’il y repensait, il ne pouvait s’empêcher de se demander qui était l’imbécile qui avait osé dire de telles âneries? Certainement une personne qui n’avait jamais eu à être séparée définitivement de la personne qu’on aime le plus au monde. Christo savait que sa grand-mère continuait de penser à son mari, qui était pourtant mort depuis plus de quinze ans. Il savait aussi que la présence physique de son grand-père lui manquait toujours et que sa grand-mère continuait de pleurer parfois, recroquevillée contre l’oreiller et la chemise préférée de celui qui avait partagé ses nuits et sa vie. Alors, peut-être que le temps faisait en sorte qu’on s’habituait à l’absence et à la douleur, mais le temps n’arrangeait rien. Le temps était, en fait, un lâche qui prenait le mérite des autres facteurs qui nous aidaient le plus, comme nos proches, et le temps, lui, nous laisse nous débrouiller avec notre douleur. Il nous regarde souffrir et se dit que dans quelques années on en reviendrait et on le féliciterait d’avoir passé et d’avoir atténué nos maux. Le temps est un lâche et les humains sont aveugles. Christopher Beaudoin n’était ni lâche ni aveugle, juste pathétique. À chaque fois que la douleur le frappait, il se donnait le temps de la vivre. Et si la vivre voulait dire pleurer toute la nuit en regrettant la chaleur du corps de Viktor, alors il le faisait. C’était aussi pathétiquement facile que ça.

Donc, oui, il avait menti à Viktor en lui disant qu’il se souhaitait le bonheur, car il savait pertinemment que cela n’arriverait pas. Il essayait de convaincre Viktor que la vie continuait bien, peut-être mieux, maintenant qu’il n’était plus dans sa vie, et qu’il ne pensait plus à lui, comme pour le gifler, mais il ne savait pas à quel point il avait été bon menteur sur ce coup là. De toute façon, Christo ne voyait pas ce que cela pourrait faire à Viktor. Un mensonge de cette nature n’allait certainement pas déranger l’homme à tout faire qui s’en foutait éperdument de Christopher.


-Je t’en souhaite…

Christopher faillit s’étouffer avec sa gorgée. Viktor avec donc l’audace de pousser jusqu’à souhaiter du bonheur à Christo? Et cette touche de trop grande sincérité qu’il avait perçu au fond de sa voix, c’était quoi? Christopher eut soudain une douleur indescriptible à la tête et compris qu’il abusait définitivement trop de l’alcool en ce moment. Il se dit qu’il avait donc du imaginer la sincérité et qu’il ferait mieux de ne plus boire pour le reste de la soirée, s’il voulait rester digne. Par un curieux hasard, comme il terminait cette pensée, le barman lui amena le verre qu’il venait de commander. Bon, d’accord, un dernier alors, pour la route… c’est ce qu’on disait n’est-ce pas?

Cependant, le fait de vivre sa douleur et de ne pas se leurrer qu’il pourrait aller mieux un jour ne lui rendait pas les choses plus faciles en ce moment. Si cela le torturait de voir Viktor faire une accolade et lancer un regard amoureux à Jason, ce n’était rien en comparaison à être à deux centimètres de lui, de presque pouvoir le toucher, mais surtout de sentir son parfum. Ses narines en étaient pleines. Comme si aucune autre odeur n’était présente dans le bar.


-Christo, je sais pas du tout à quel jeu tu joues ou sur quelles rumeurs tu as pu tomber… Il ne se passe rien avec Jason, ce n’est qu’un ami… J’en ai peut-être été amoureux, un peu, un temps, mais c’est fini et…de toute manière, ça ne te concerne aucunement. Ma vie ne te concerne pas.
-C’est vrai que quand on laisse tomber quelqu’un, l’autre fait la même chose et ne se préoccupe plus du tout de nous. Très intelligent ça mon Viktor…

Ces paroles, Christo les avaient à moitié dites. La plupart avaient été tellement marmonnées que lui-même n’aurait pu les comprendre.

-Bonne soirée…et bonne année…

Et il partait comme ça? Alors qu’ils commençaient à peine à se parler. Alors que tant de choses étaient encore sur la glace entre eux? Alors que Christo avait encore tant besoin de lui? Christopher ne voulait pas qu’il parte, il avait un peu l’impression de revivre le réveillon de Noel, l’an dernier. Voir Viktor lui tourner le dos et s’éloigner de lui sans aucun remord et sans aucun dernier regard lui transperçait le cœur encore une fois. Christo se devait de lui dire autre chose, il devait le faire. Pour bien clore l’année et ainsi peut-être avoir l’esprit un peu plus libre. Du moins, il devait le faire pendant qu’il en avait encore le courage, car il ne se saoulerait plus de la sorte avant très longtemps. Et le courage ne venait qu’avec l’alcool pour visiter Christo.

Christopher lança suffisamment d’argent sur le bar pour tout payer ce qu’il avait bu, même un peu plus, car il ne se rappelait plus si c’était lui qui payait pour Viktor, se leva péniblement et se dirigea vers la sortie, non sans difficultés et sans penser de passer par le vestiaire. Il arriva dehors, serra ses bras autour de sa poitrine et regarda des deux côtés de la rue, espérant voir Viktor s’éloigner, mais rien. Christo serra plus fort ses bras contre lui, plus pour essayer de récréer le toucher magique de Viktor sur lui que pour se réchauffer. Il sentait que son courage le quittait peu à peu, comme si même lui avait honte d’être près de lui.


-VIKTOR!

Christopher avait littéralement hurlé le nom qui le faisait tant souffrir, puis avait éclaté en sanglots et s’était laissé tomber à genoux dans la neige.

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Jeu 23 Juin - 14:35

De plusieurs points de vue, l’histoire d’amour entre Viktor et Christopher pouvait paraître banale, ennuyante, exagérément surfaite, voire même écoeurante de romantisme et de clichés. Il fallait avouer que leur histoire avait commencé par un vulgaire coup de foudre sur une terrasse, à la lueur d’une chandelle. Les deux hommes ne se connaissaient pas et, pourtant, dès qu’ils s’étaient vus, ils avaient inexplicablement été attirés l’un vers l’autre. Ridicule, en soi. L’amour selon les films américains, en fait. Après le joyeux coup de foudre, les deux amoureux étaient tombés l’un dans les bras de l’autre et, sans raison autre que cette attirance réciproque, ils s’étaient revus. Et revus, et revus, et revus… Puis, la chute, le moment choc du film : un phénomène plus fort qu’eux était tombé du ciel pour foutre leur histoire en l’air et briser leur pauvre petit cœur si fragile… Réellement, si leur amour n’avait été que ce pathétique résumé de film à l’eau de rose, il n’aurait même pas valu qu’on en parle. Ou encore qu’eux-mêmes continuent à y penser, après tout ce temps. Après tout, qui se mourrait encore d’amour au vingt-et-unième siècle, quand il était si habituel de consommer, jeter et trouver du neuf?

Seulement, ce qui s’était passé, et qui ne voulait pas disparaître, entre Christo et Viktor avait quelque chose de trop vrai, de pur et indescriptible, pour coller complètement aux imbécillités de l’amour facile et jetable. Bien sûr, on ne pouvait nier les apparences mais, au fin fond, il y avait beaucoup plus. Peut-être étaient-ce toutes ces heures passées à dévorer l’autre des yeux, pas pour admirer son corps, mais pour déceler chaque craquelure au fond de son regard. Ou peut-être que toute la beauté de leur relation était née de leurs confidences, de la confiance qu’ils avaient eue l’un en l’autre pour se dire ce qu’ils n’osaient confier à personne d’autre. Ou peut-être encore que tout ne tenait qu’à cette certitude folle qu’ils avaient eus de se trouver avec la personne qui les comprenait le mieux, cette démence si douce de se croire ensemble envers et contre tous. Eux contre le monde entier… Finalement, le monde les aurait bien bouffés, non? Alors, pourquoi cette impression ne voulait-elle pas disparaître, elle aussi? Comme si même la douleur ne pouvait pas l’avaler et la désagréger.

Après sa tirade assez sentie sur Jason, Viktor avait écouté ce que Christo lui avait répondu, mais il n’avait rien dit de plus que ses paroles d’au revoir. Il voulait vraiment partir, et continuer la conversation avec l’autre homme aurait été suffisant pour s’empêcher de quitter le bar. L’homme à tout faire se sentait de plus en plus faiblir en présence de Christopher et il devait s’éloigner le plus rapidement possible avant de dire ou de faire quelque chose qu’il regretterait. Il avait donc utilisé tout le courage qu’il lui restait pour s’enfuir. Et c’était bien ce qu’il faisait, fuir ce qui lui faisait le plus de mal au monde.

Toutefois, la tête appuyée contre le mur froid du bâtiment plein à craque de fêtards, Viktor regrettait d’avoir laissé la faiblesse l’emporter sur le reste. Il avait passé tellement le temps à calquer les moindres actions de Jason pour se montrer aussi fort et insensible que lui et, maintenant, il battait en retraite, comme un lâche. Au fond, cela ne venait que lui confirmer ce qu’il savait déjà depuis un petit moment : faire semblant n’était rien de plus que…faire semblant. Les apparences ne pouvaient toujours que tromper les autres, et c’était quand on avait de la chance… Même pour Jason, Viktor avait bien vu que ce n’était pas suffisant. Alors, pour lui-même, comment avait-il pu croire que se montrer fort le rendrait moins brisé et chancelant, au fond de lui?

Un cri. Le désespoir qui s’effondre dans la neige.

Il ne fallut pas cinq secondes à Viktor pour se retrouver juste à côté de Christo. Pour passer ses bras autour de lui et le serrer. Doucement, il l’aida à se relever et il l’entraîna sur le côté de l’immeuble, loin des regards amusés, outrés ou carrément méchants des gens massés près de la porte pour discuter ou fumer. Une fois là, il essuya délicatement les larmes de Christopher tout en envoyant magiquement de la chaleur dans le corps de l’autre jeune homme.


-Pourquoi…j’ai du mal à respirer, quand tu pleures?

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Jeu 1 Sep - 10:50

Si Christopher avait été du genre lâche, il y a bien longtemps que toute cette histoire avec Viktor aurait été morte et enterrée. Christo considère en effet les gens qui abandonnent trop facilement les personnes à qui ils tiennent, lorsque les choses s’enveniment avec eux. Ces gens veulent peut-être simplement éviter souffrance aux êtres aimés, mais ils veulent surtout s’éviter à eux-mêmes de souffrir et d’avoir de la peine. Ils ne bernaient pas Christopher Beaudoin, qui lui voyait mieux que quiconque ce qu’ils faisaient. Christo avait connu de trop près des gens de ce type. Son ex était ainsi, il avait accepté de le laisser s’en aller sans même tenter de le reconquérir ou de se faire pardonner. Il avait dit à Christo que c’était peut-être mieux ainsi au fond, qu’ainsi ils cesseraient de se faire du mal. Son ex était tellement imbécile. S’éloigner de quelqu’un ne rendra pas ses actes moins affreux. S’éloigner de quelqu’un ne fera pas en sorte que tout ce que vous avez été disparaîtra. S’éloigner de quelqu’un ne l’effacera pas de votre tête aussi adéquatement que de votre vie. S’éloigner de quelqu’un ne rendra surtout pas votre douleur moins réelle. Si Christopher avait été du genre lâche, il ne repenserait plus à tous les jours à Viktor, à comment il se sentait bien avec lui à l’époque, à quel point la chaleur de son corps lui manquait si cruellement à certains moments, mais il ne serait surtout pas entrain de se ridiculiser publiquement en cette veille du nouvel an.

Bien que Christo sache désormais que les paroles méchantes de Viktor avaient en fait été prononcées par Marek, il n’en reste pas moins que Viktor avait changé. Il avait passé beaucoup de temps avec Jason. Peut-être même trop. Juste dans le bar tout à l’heure, Christopher avait bien vu que son Viktor n’était plus vraiment là. Ou alors il était simplement caché beaucoup trop loin. Le Viktor qui lui faisait face alors était beaucoup trop froid et insensible. Il aurait pu berner et dissuader bien des gens de continuer à creuser. Heureusement, Christopher sentait que SON Viktor était encore là quelque part. Il avait été trop présent si longtemps, il ne pouvait pas avoir disparu complètement. C’est pourquoi Christo s’acharnait, qu’il était sorti dehors sur un coup de tête, ou d’alcool. Il voulait que Viktor lui laisse une occasion de s’expliquer, qu’il lui laisse encore une chance. Christopher cherchait le Viktor d’avant, mais qu’arriverait-il si Christopher ne pouvait pas le retrouver? Il préférait ne pas trop y penser...

Cette nuit était vraiment froide. Les commentateurs météo parlaient de record de froideur sur les ondes télévisuelles, mais Christopher n’était pas devant sa télé, contrairement à ses anciennes habitudes, pour se dire qu’il le croyait, vu qu’il avait été seulement deux minutes dehors pour se chercher du lait et qu’il avait eu le bout des doigts gelés alors qu’il faisait encore soleil à l’extérieur. Le froid de l’extérieur lui martelait tout le corps et pénétrait dans les pores de sa peau, en écorchant leurs bords un peu plus chaque fois. Il avait déjà la peau rougie et les rebords de sa chemise durcissaient de plus en plus, mais le plus inquiétants demeuraient les larmes qui devenaient rapidement des petits glaçons tranchants sur ses joues et prochainement directement dans ses yeux. Christopher ne s’en rendait par contre presque pas compte. Le froid extérieur n’était rien en comparaison au froid intérieur. La douleur du vide, de l’abandon, encore une fois, n’avaient aucune comparaison possible et étaient insoutenables. Christopher se disait qu’il pourrait bien mourir ici, qu’il s’en foutait, qu’au mieux, il arrêterait d’avoir mal… Mais alors il se souvenait de Viktor et de combien il l’aimait. Et il ne pouvait pas le laisser s’en aller ainsi sans même essayer de se battre pour lui. Il n’était pas comme ça.

Comme il allait se lever pour courir et essayer de repérer Viktor dans les rues avoisinantes, une douce chaleur enveloppa son corps. Soudain il eut peur et se demanda si c’était ainsi qu’on ressentait la mort, il leva donc la tête et se rendit compte qu’il n’était pas sur le point de mourir. Bien qu’un ange soit à ses côtés, ce n’était pas pour l’accompagner jusqu’au paradis. Du moins, pas ce genre de paradis et pas encore.


-Pourquoi…j’ai du mal à respirer, quand tu pleures?

Christopher se cramponna un peu plus à Viktor en ne pouvant retenir un sanglot de plus. Ces simples paroles avaient ravivées tout l’espoir qui résidaient en Christopher et il souriait, tout en pleurant encore un peu l’abandon qu’il venait tout juste de vivre. L’espoir reprit rapidement le dessus, Christo se força à arrêter de pleurer, relâcha un peu son étreinte et planta son regard encore humide dans celui de Viktor.

-Oh, Viktor... Je… je dois te dire quelque chose.

Bien que sa voix était encore un peu pâteuse et embrouillée par l’alcool, Christopher se força à continuer de parler. C’était probablement sa dernière chance de s’expliquer, i ne devait pas la ruiner encore.

-C’est à propos de ce que je t’ai dit à Noel passé. Je sais que tu l’as probablement déjà oublié, mais je dois te dire que…

Christopher s’arrêta brusquement. Toute la vérité, hein? Pourquoi soudain semblait-elle si improbable? Christopher avait peur que Viktor ne le croit pas. Après tout, c’était une drôle d’histoire abracadabrante, non? Christopher n’avait pas eu le choix de le croire, Marek lui ayant donné suffisamment de preuves, mais comment allait-il faire lui, Christopher Beaudoin pauvre humain, pour convaincre Viktor que ce qu’il dit est réel?

-Les méchancetés que tu as entendues ne venaient pas réellement de moi. Je sais que c’est moi que tu as vu devant toi, mais ce n’était pas moi. C’était Marek, qui a le don de changer d’apparence, qui s’est transformé en moi et qui a été de voir pour te dire tout ça. Il a fait la même chose avec moi, mais en se transformant en toi. Il a fait ça pour avoir le champ libre pour m’avoir moi pour lui seul, sentant qu’il ne pourrait rivaliser directement avec toi. Heureusement pour lui, il est doué. Malheureusement pour nous, il nous a bien eus.

Christopher eu un petit rire amer. C’était bien vrai, Marek était doué pour tromper les gens.

-Je suis vraiment désolé pour ce que je ne t’ai pas réellement dit. Je sais que ça a dû être horrible, vu ce que Marek t’a fait dire à toi. Et je suis désolé aussi que tout ça semble si confus. J’aimerais te donner plus de raisons de me croire, mais je ne sais pas quoi faire ou dire de plus…

Et voilà, Christo recommençait à pleurer. Il cacha son visage dans le cou de Viktor et laissa sortir doucement les larmes qui lui restaient encore.

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Ven 2 Sep - 18:45

[Ouais. Réponse turbo. Mais ce sujet date du temps des fêtes. Alors, on se bouge. J’y vois, tu vois?]

Viktor Graham, celui qui pensait aux autres avant lui-même, qui s’oubliait pour rendre le plus petit service, qui écourtait ses nuits pour ne jamais manque à l’appel, qui sautait des repas pour avoir tout son temps à offrir, ce même Viktor Graham avait fui égoïstement alors que quelqu’un avait besoin de lui. L’homme à tout faire avait bel et bien senti la douleur et l’égarement dans lesquels baignait Christopher, mais il avait choisi de se préserver lui-même plutôt que plonger pour essayer de l’en sortir. Et il ne lui avait même pas lancé une bouée. Cela ne lui ressemblait pas. Peut-être que l’autre homme lui avait fait mal comme personne auparavant pour qu’il en vienne à une attitude aussi contraire à sa nature. Viktor avait tout de même dû lutter contre une partie de lui-même qui voulait tellement rester près de Christo pour arriver à partir.

Côtoyer Jason l’avait certainement changé. Il était devenu plus fort, en apparences. À l’intérieur, c’était toujours ce même Viktor, fragile et tout gentil, un peu pathétique dans son dévouement aux autres et manquant d’assurance à plusieurs niveaux. Seule la couche extérieure s’était un peu durcie. Le jeune homme avait appris à être moins transparent, même s’il était loin d’exceller en tant qu’acteur de la vie quotidienne, et il lui arrivait maintenant de penser à lui-même, en de rares et extrêmes occasions. En fait, Viktor ne s’accordait sa propre attention que lorsqu’il avait peur, et c’était le sentiment qui lui était tout naturellement venu lorsqu’il avait vu Christopher, ce soir-là. La frayeur l’avait pétrifié et il avait vite été pris au piège, forcé à obliger sa bouche à prononcer des mots alors qu’il aurait préféré se taire, être muet même. Et sourd. Et aveugle. Ne plus rien éprouver aurait été idéal. Tout était mieux que revoir celui qui lui avait fait du mal, l’entendre, lui parler, respirer son parfum, sentir au fond de sa poitrine ce serrement indescriptible que la simple mention de son nom créait en lui depuis maintenant un peu plus d’un an.

Tout seul, à quelques mètres de la foule de fêtards de la nouvelle année, Viktor ne sentait que les vibrations créées par la musique. Depuis que son pouvoir s’était mis à se développer et qu’il avait commencé à apprendre à le contrôler, le jeune homme ne ressentait plus les grands froids et les grandes chaleurs que s’il choisissait consciemment de laisser son corps les accueillir. Dans le cas contraire, son pouvoir magique agissait de lui-même et refroidissait ou réchauffait Viktor sans qu’il n’ait à y réfléchir. Néanmoins, même sans réellement être touché par la température glaciale, le jeune homme se sentait affreusement mal. La solitude, mais aussi la certitude d’avoir fait une erreur en quittant le bar le martelaient beaucoup plus habilement qu’aurait pu le faire le froid. Puis, une plainte douloureuse était venue atténuer les coups de la culpabilité et Viktor avait couru vers cette seconde chance.


-Oh, Viktor... Je… je dois te dire quelque chose. C’est à propos de ce que je t’ai dit à Noel passé. Je sais que tu l’as probablement déjà oublié, mais je dois te dire que…

Le regard brillant et vert de l’homme à tout faire s’éteignit un peu, et quelque chose dans son corps commença à reculer. Tout, tout sauf ce soir-là. Il était presque prêt à donner une seconde chance à Christo s’il évitait de parler de ce moment horrible. Mais Viktor Graham n’était tout de même pas si lâche, et il laissa parler l’autre jeune homme. S’il y avait quelque chose pour qu’il comprenne enfin pourquoi il n’avait pas su prévoir, comment ce qui se préparait avait pu échapper à son intuition, alors de nouvelles heures à retourner la douleur dans sa tête en valaient le coup.

-Les méchancetés que tu as entendues ne venaient pas réellement de moi. Je sais que c’est moi que tu as vu devant toi, mais ce n’était pas moi. C’était Marek, qui a le don de changer d’apparence, qui s’est transformé en moi et qui a été de voir pour te dire tout ça. Il a fait la même chose avec moi, mais en se transformant en toi. Il a fait ça pour avoir le champ libre pour m’avoir moi pour lui seul, sentant qu’il ne pourrait rivaliser directement avec toi. Heureusement pour lui, il est doué. Malheureusement pour nous, il nous a bien eus. Je suis vraiment désolé pour ce que je ne t’ai pas réellement dit. Je sais que ça a dû être horrible, vu ce que Marek t’a fait dire à toi. Et je suis désolé aussi que tout ça semble si confus. J’aimerais te donner plus de raisons de me croire, mais je ne sais pas quoi faire ou dire de plus…

Pour faire changement, Viktor ne savait pas du tout quoi répondre… Déjà, habituellement, il avait du mal à s’exprimer correctement mais, lorsqu’il était en compagnie de Christopher, il bloquait encore plus. Il fallait avouer que la tête de l’autre jeune homme dans son cou ne l’aidait pas à se concentrer sur ce qu’il venait de dire. Assez confus, il passa plusieurs minutes à simplement tenir Christo contre lui sans rien dire. Si seulement le silence pouvait chasser les horreurs créées par les mots.

-Christo… Je ne te mentirai pas – de toute manière, tu sais que j’en suis incapable… Je ne sais pas quoi te répondre ; je ne sais pas si je te crois. Quelque chose au fond de moi est persuadé que tu me dis la vérité et on dirait que le monde est moins…lourd ? … Mais en même temps, une autre partie de moi voudrait juste que tu disparaisses avec toute la dernière année. Et je suis un peu confus…parce que j’ai bu… Alors… Je ne sais pas quoi te dire de plus. Je voudrais te croire, vraiment, mais j’ai peur de devoir repasser par ce que j’ai vécu…et je ne sais pas si j’en serais capable…


Les yeux de Viktor brillaient, mais les larmes ne franchissaient pas la barrière de ses cils. S’il y avait bien une chose qui l’empêchait de pleurer, c’était les larmes d’une autre personne, comme s’il se devait de rester droit pour la soutenir. Surtout si c’était une personne qu’il aimait.

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Christopher Beaudoin

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Le névrosé sympathique

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo] Mer 29 Fév - 20:05

[Je suis impardonnable, mais je fais de la bonne bouffe, alors ça aide! XD]

Christopher aimait comme rien d’autre au monde ressentir la chaleur du corps de Viktor contre le sien. Tout à l’heure, de se serrer ainsi contre lui-même lui donnait l’impression d’empêcher que son courage et son âme ne s’éloigne de lui à nouveau. Il se serrait tellement fort qu’il en avait les jointures blanches et aurait surement des marques dans le dos, mais il s’en foutait. Maintenant, de se serrer si fort contre Viktor lui faisait le même effet, mais amplifié cent fois. Il avait l’impression de revivre, grâce à Viktor et ferait tout ce qu’il pouvait pour que ce sentiment perdure. Il était prêt à tout pour ne plus jamais avoir à faire semblant. Pour ne plus jamais avoir à vivre loin de lui. Pour ne plus jamais avoir à revivre leur séparation. Pour ne plus jamais avoir à souffrir…

Christo avait développé un tel lien avec Viktor. Ils avaient été d’abord été des inconnus, mais pour Christo, Viktor avait toujours été une personne fascinante. Dès leur première rencontre, Christo avait voulu aller plus loin dans cette discussion. Leurs responsabilités respectives avait bloqué ses ardeurs, mais il avait finit par réussir à le revoir. Puis, ils étaient devenus collègues. Finalement, ils étaient des amis et, au fil de temps, quelque chose d’autre était né entre eux. Quelque chose de magique, quelque chose de pur, quelque chose de même trop beau pour pouvoir être décrit avec des mots. Puis, cette scène sur la terrasse, et tous ces autres petits moments qui ne leur appartenaient seulement qu’à eux. Christopher ne pouvait pas laisser tout ça tomber. Cela faisait déjà assez longtemps qu’il avait cessé de se battre, mais sa force, sa détermination et sa vaillance étaient revenues, amenant avec elles courage, détermination et doute. Ce fameux doute qui trottait dans la tête de Christo, à cause d’un certain regard, d’une certaine fois dans un ascenseur… comme si Viktor aussi regrettait leur séparation. Il ne savait pas pour combien de temps il serait accompagné de tous ces attributs, mais il savait qu’il devait aller au bout de tout ça.


-Christo… Je ne te mentirai pas – de toute manière, tu sais que j’en suis incapable… Je ne sais pas quoi te répondre ; je ne sais pas si je te crois. Quelque chose au fond de moi est persuadé que tu me dis la vérité et on dirait que le monde est moins…lourd ? … Mais en même temps, une autre partie de moi voudrait juste que tu disparaisses avec toute la dernière année.

Doute vint cogner à la porte de sa tête, amenant avec lui son lots de souffrance. Viktor ne semblait pas le croire. Pourtant, il était revenu pour lui. N’était-ce pas la preuve que ça valait la peine de se battre pour et par amour? Christopher sentait que son corps reprenait de la chaleur. Le sang recommençait à circuler dans ses veines et c’était seulement dû au contact de leurs deux peaux. Christopher était littéralement entrain de revivre. Viktor était sa raison d’être, de respirer. Viktor Graham était l’oxygène de Christopher Beaudoin. Ce dernier étira sa main et la déposa sur la joue de Viktor en lui souriant. Les larmes lui remontèrent aux yeux. Ce moment était magique… Tellement que c’était presque trop beau pour être vrai! Christopher priait un dieu auquel il ne croyait pas vraiment de ne pas lui gâcher son moment…

-Et je suis un peu confus…parce que j’ai bu…

Christopher eut un petit rire, à peine perceptible. Ces réflexions tellement belles de naïveté lui avait manqué, presque autant que le reste.

-Alors… Je ne sais pas quoi te dire de plus. Je voudrais te croire, vraiment, mais j’ai peur de devoir repasser par ce que j’ai vécu…et je ne sais pas si j’en serais capable…

Christopher ne savait pas quoi répondre. Il comprenait la réaction de Viktor. La sienne aurait été pareille. Il comprenait ses doutes et ses angoisses. Il vivait les même. En même temps, il ne voulait pas abandonner ainsi. Christopher était persuadé que leur histoire d’amour était faite pour se vivre et pour être heureuse. Il voulait se battre et le prouver à Viktor. Son seul réflexe vint d’un petit coup au derrière de la part de courage et de détermination. Il prit le visage de Viktor dans ses deux mains et doucement, tout doucement, il l’approcha du sien jusqu’à ce que leurs lèvres se touchent. Christopher avait attendu ce moment depuis si longtemps, et il lui était tellement bon qu’il eut un léger gémissement (de soulagement? de peur? de lâcher prise? Il ne pouvait en être certain.) et recommença à pleurer en silence tout en ne décollant pas ses lèvres de celle de son amour…

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MessageSujet: Re: The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo]

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The Most Wonderful Time Of The Year [PV Christo]

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