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So long, my luckless romance [Christo]

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Viktor Graham

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Homme à tout faire tellement trop gentil

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MessageSujet: So long, my luckless romance [Christo] Sam 15 Oct - 17:07

Certaines journées sont comme les autres. Qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, que le vent soit froid ou lourd de chaleur, que ce soit un lundi ou un samedi. Il y a des jours invisibles, pareils entre eux comme chaque œuf dans une douzaine. On peut les interchanger, les mettre dans une autre boîte. On ne fait pas la différence. Et dans dix ans, on ne se souviendra de ces jours que comme de la même journée se répétant autant de fois que nécessaire. Depuis le deux janvier, Viktor était enfermé dans la même boîte d’œufs. Cela faisait maintenant dix mois qu’il classait ses journées toutes ensembles dans ses souvenirs, qu’il vivait en suspend. Comme s’il était celui des deux qui attendait.

Après la soirée où il avait reparlé à Christopher, l’homme à tout faire avait été très bouleversé. Il avait voulu du temps pour mettre de l’ordre dans ses idées, pour savoir ce qu’il voulait faire. Ce qu’il devait faire. Il s’était laissé s’enfoncer dans ce temps comme s’il ne passait que pour lui. Mais il ne s’était pas arrêté pour les autres. Et plus les journées s’accumulaient, moins le jeune homme n’avait le courage de briser le silence qu’il avait imposé entre Christo et lui. À la suite de cette soirée étrange avec l’autre homme, Viktor l’avait raccompagné à sa chambre. Sans plus. Oh, il avait bien eu envie de suivre l’autre homme pour lui soutirer un peu d’affection, le temps d’une nuit, même si c’était mal. Mais c’était mal, justement, et l’homme à tout faire n’avait pas pu consciemment profiter de la situation. Alors, il était reparti à sa propre chambre tout seul. Il n’avait pas dormi. Le lendemain matin, une lettre soigneusement pliée, à l’écriture appliquée, avait été glissée sous la porte de la chambre de Christopher.

Pendant des semaines, voire des mois, Viktor avait songé à écrire à Christo, après qu’ils aient rompu le soir de Noël. Lui, si gentil et irréprochable, avait trouvé des dizaines de manières de crier sa haine et sa douleur à l’autre homme. Il aurait pu lui écrire des pages et des pages, mais il n’en avait pas eu la force. Parce que, non seulement Viktor Graham n’était pas du genre à se plaindre, mais il n’était pas un menteur. Et il n’aurait pas supporté de voir écrit noir sur blanc qu’il détestait l’autre homme alors qu’il sentait très bien qu’il n’y arrivait pas.

La lettre laissée sous la porte de Christo, elle, n’exprimait rien d’autre que le regret et le doute, avec cette douceur déroutante qui était celle de l’homme à tout faire. Il avait demandé du temps, tout simplement. Il ne savait pas s’il devait croire celui qu’il avait aimé et, même s’il décidait de le croire, il ne savait pas quoi penser de tout le reste. Comment essayer de bâtir quelque chose avec une personne quand n’importe qui peut arriver et tout balayer sans rencontrer de résistance?

Depuis janvier, Viktor avait perdu du temps et il le savait. Néanmoins, il avait essayé de penser à lui-même, sans toutefois s’empêcher de s’en faire pour les autres. Il avait réduit ses heures à l’hôtel tout récemment, mais il y allait tout de même dès qu’il avait du temps libre. Parce que Viktor Graham était un jeune homme occupé, maintenant. Il s’était inscrit à l’université, pour mieux aider. Il voulait devenir infirmier. Il se savait d’une autre catégorie que ces gens si intelligents et éloquents qui brillaient comme médecins. Probablement qu’il serait arrivé à obtenir le diplôme, parce qu’il comprenait beaucoup plus vite qu’il en donnait l’impression, mais c’était ensuite qu’il aurait pris de gros risques. Il était trop sensible pour faire ce genre de choses, entre autres, et il manquait aussi de nerfs. Ou de confiance en soi.

C’était un mercredi d’octobre. Halloween était proche et le vent sifflait une mélodie déchirante et lugubre alors que le soleil se couchait. Viktor était nerveux. Il avait pris une décision et celle-ci lui avait fait échapper des objets toute la journée. Il avait même foncé dans quelqu’un, sur la rue. Cette journée allait être différente, car le jeune homme en fracassait la fragile coquille pour l’exposer au danger. Il allait parler à Christopher, enfin. Il était plus que temps; il était peut-être trop tard, mais c’était aujourd’hui. Il lui avait laissé un mot, encore sous sa porte de chambre, pour qu’il le rejoigne sur la terrasse, là où leur histoire avait commencé. Viktor espérait que ce serait aussi là où elle recommencerait.

C’est donc en se mordillant l’intérieur des joues pour faire passer son angoisse grandissante que Viktor prit place à une table. Leur table. Il s’était mis tout beau pour l’occasion, comme si les yeux de Christopher, prenant de son côté, pouvaient influencer son cœur et sa tête. Il faisait plutôt doux, pour la période de l’année, et seul le vent prouvait que l’hiver commençait à gagner du terrain. Le vent, et le soleil qui disparaissait avant que ce ne soit vraiment la nuit. Viktor regardait les ombres s’étirer et s’adoucir lorsqu’un frisson glacé le traversa : Et si Christo ne venait pas? Le jeune homme chassa cette pensée pour l’enfermer là où il la terrait depuis le deux janvier, mais un petit bout dépassait de la cachette et battait dans le vent froid d’octobre.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: So long, my luckless romance [Christo] Ven 8 Juin - 22:00

[Jamais un titre n'aura été aussi bien choisi.... :L (L)]

Si Christopher ne s’était jamais senti aussi vivant que ce fameux soir, au bar avec Viktor, il n’en demeurait pas moins que désormais, Christopher sentait qu’il allait mourir. Il arrivait de moins en moins à respirer, il était toujours là à chercher son air et son âme. Aussi bien le dire, Christopher n’existait plus. Du moins, plus comme avant. Il n’avait plus de lumière, de joie de vivre et d’entrain comme à l’habitude. Depuis le 2 janvier, il se laissait couler. Non seulement il avait vécu son pire temps des Fêtes de toute l’histoire de sa vie, particulièrement le pire nouvel An. Il savait qu’il s’était rendu ridicule aux yeux de Viktor et s’en voudrait probablement toute sa vie pour ça. En plus, il se doutait bien que son discours traitant exclusivement de la vérité à propos de Marek n’avait pas vraiment eu l’effet escompté sur son homme à tout faire, puisque celui-ci l’avait seulement raccompagné à sa chambre, puis lui avait glissé une lettre sous la porte de sa chambre pour lui demander de lui laisser du temps pour réfléchir. Christopher y avait vu une certaine lueur d’espoir, car Viktor s’était tout de même donné la peine de lui écrire cette lettre, mais maintenant, il désespérait plutôt. Du temps, pour Christo, c’était quelques jours, pas quelques mois!

À chaque jour de plus à l’attendre, Christo se laisser sombrer dans la solitude et la douleur. Il espérait de moins en moins d’avoir des nouvelles de son prince charmant et cela le détruisait à petit feu. Il ne mangeait presque pas et passait ses nuits à pleurer, alors l’énergie était en baisse, mais les cernes et le manque de teint très à la hausse. Il sentait en permanence qu’il avait le poids de toute son éternité sur les épaules, ce qui les faisait s’affaisser de plus en plus. Mais le pire c’était cette impression d’étouffer. Souvent, Christopher avait des crises de panique atroces qui le forçait à s’arrêter quelques heures. En permanence, Christopher manquait d’air. Comme si Viktor avait été son oxygène et, comme celui-ci n’existait pratiquement plus dans sa vie, il commençait à mourir à petit feu. Et que pouvait-il faire? On ne peut plus rien faire quand on a plus d’oxygène. On s’empoisonne et on meurt et c’est tout. Christopher allait s’éteindre. Certains clients habitués de l’hôtel lui avait même fait la remarque qu’il avait quelque chose de changé, quelque chose qui n’allait pas et que ça les inquiétait. Christopher se devait de les rassurer, avec les larmes aux yeux et la grosse boule qui l’étouffait. Il y arrivait à chaque fois, mais doutait toujours de sa crédibilité. Pourtant, les clients semblaient le croire et satisfaits, alors Christopher continuait le jeu.

Christopher avait été obligé d’augmenter ses heures à l’hôtel, parce que deux autres réceptionnistes avaient démissionnées. Il fallait donc que quelqu’un les remplace et comme Christo était le seul employé à temps plein qui n’avait pas d’autres obligations, il avait donc rapidement été pointé du doigt comme remplacent. Cela ne le dérangeait pas. Il se dévouait à l’hôtel, parce que rien d’autre ne l’intéressait de toute manière. Il avait perdu le gout de se divertir, de s’instruire et même de prendre soin de lui. Il ne faisait plus que le minimum pour être présentable. De toute façon, il ne se verrait pas faire autre chose que travailler. Lors de sa seule journée de congé, il se réfugiait dans sa chambre, sous sa couette, à écouter des vieux films romantiques en pleurant. Alors, il valait vraiment mieux qu’il travaille et se rende utile, au moins, ça lui faisait quelque chose à faire. Et avec de la chance, soit son estime remonterait ou alors il finirait bien par croiser Viktor. Mais il ne le voyait presque plus. Il avait entendu dire qu’il avait fait couper ses heures à l’hôtel, pour des raisons personnelles. Quand il avait appris cette nouvelle, il avait été en congé forcé parce qu’une crise de panique tellement intense s’était emparé de lui et il avait complètement perdu la carte. Il s’était rendu à l’évidence et s’était dit que c’était le temps de tirer un trait définitif sur Viktor et tout ce qu’il impliquait dans sa vie.

Christopher essayait donc, depuis quelques longues semaines, de reprendre le dessus sur sa vie, tranquillement, mais surement. Il avait vraiment l’impression qu’un certain progrès avait été fait. Il avait toujours ces crises de panique, ce manque d’air et cette boule, mais il pensait bien que certains sourires faits aux clients étaient plus sincères. Et il réussissait même à dormir une nuit complète, parfois… Alors, de trouver cette lettre glissée sous sa porte lui avait donné comme un coup de poing en plein sur la gueule. Voilà que Viktor refaisait surface. Il n’était pas mort. Il n’avait pas simplement décidé de le retirer de sa vie. Il voulait enfin lui reparler. Christopher avait lu la lettre en tremblant et en pleurant. Il lui semblait soudain qu’il n’avait rien de décent et d’assez bien à mettre, mais finit par se trouver un ensemble qui lui allait à ravir et mettait en valeur ses yeux.

Il descendit à la terrasse, en priant le ciel pour que ce lieu magique fasse son effet, encore une fois. Une fois sur place, il se colla le dos contre le mur et prit plusieurs inspirations pour se calmer. Il finit par trouver le courage de se lancer et avança d’un pas qui se voulait décidé jusqu’à la table où le plus beau des hommes était assis.


-Salut.

Il avait parlé d’une petite voix et s’était assis à côté de lui, comme la première fois, mais n’eut pas le courage, cette fois, de lever les yeux vers lui. Il fixait les mains de Viktor, en attendant qu’il parle.

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: So long, my luckless romance [Christo] Lun 1 Avr - 23:27

[Veux-tu qu’on en parle? XD]

Viktor avait demandé du temps, et il s’était bercé avec cette idée que c’était tout ce dont il avait besoin : des heures, des jours, des semaines pour réfléchir, comprendre ce qui était arrivé et ce qu’il devait faire pour enfin faire taire cette tempête à l’intérieur de lui-même. L’homme à tout faire avait abusé de ce temps qu’il avait mendié, l’étirant pour en couvrir des mois complets de sa vie, à prolonger une attente qui avait, chaque jour, moins de raisons de subsister.

Pourtant, ce dont le jeune homme aurait vraiment eu besoin, depuis ce fameux soir du début de l’année, c’était du courage. De la force. Viktor s’était retrouvé paralysé par la peur en réalisant à quel point rien n’avait changé pour lui, comment un simple regard de Christopher le faisait encore suffisamment chavirer pour lui faire perdre ses moyens. Ce soir-là, malgré sa hantise consciente de l’autre homme, il avait accepté de l’écouter, de le regarder, de le laisser s’approcher de lui à une distance loin d’être sécuritaire. Et voilà près de onze mois qu’il tremblait chaque jour de cette faiblesse qu’il aurait voulu contrôler en lui.

Le trouble qui habitait Viktor, s’il était semblable à celui qui l’avait envahi lorsque Christopher et lui avaient commencé à se connaître, lui faisait un effet tout à fait différent aujourd’hui. Il n’était plus l’être innocent qui pensait que tout le monde ne voulait toujours que le bien de tous. Sa douceur et son grand cœur n’avaient pas complètement disparu, mais il y avait quelque chose de changé, depuis un certain soir de Noël, dans son regard. Une lucidité teintée de dégoût et de crainte s’était tatouée à sa conscience. Viktor avait compris que les humains n’étaient pas sur terre dans le but de s’aider les uns les autres. C’était chacun pour soi, même s’il doutait lui-même d’arriver un jour à ne penser qu’à lui-même. Et c’était justement sa faiblesse. Il la connaissait et elle le pétrifiait.

Viktor avait était démoli par l’abandon –orchestré, certes, mais qui avait été réel pendant plusieurs mois – de Christopher. Puis, pour se reconstruire, il avait voulu imiter celui qu’il considérait comme un modèle de force. Il était devenu l’ami et l’amant d’un jeune homme qui semblait vivre sa vie avec détachement, sans se laisser submerger par ses émotions et ses sentiments. Malheureusement, l’homme à tout faire s’était laissé charmer à un trop haut degré et, lorsqu’il avait compris qu’aux yeux de Jason Badley, il ne vaudrait jamais rien, son gigantesque cœur s’était fracturé une fois de plus. N’existait-il donc personne pour voir en lui autre chose qu’une personne à utiliser?

Puis, il y avait eu Sara… Elle avait été une amie pour Viktor alors qu’il en avait le plus besoin. Elle lui avait permis de refaire surface et de reprendre le contrôle de sa vie. Grâce à elle, il avait perçu sa douleur différemment. Il avait assimilé que devenir la copie conforme d’un maître de la séduction passagère pour s’étourdir n’était pas une solution ou, du moins, pas pour lui. Il pourrait toujours essayer, mais il ne serait jamais qu’un pauvre acteur quotidien qui s’invente une vie à laquelle il ne croit pas lui-même. Cette leçon lui était venue de Sara, mais il l’avait comprise par lui-même, sans qu’elle ne lui explique clairement. Il n’avait eu qu’à la voir tomber amoureuse pour que tout devienne clair pour lui.

Malheureusement pour Viktor, Sara l’avait jeté, elle aussi. Elle était partie avec cet homme qui la faisait sentir si belle, si femme. Elle n’avait plus eu besoin d’avoir un ami tel que lui, surtout pas une fois loin de San Francisco, dans une ville où elle avait des tas d’amis géniaux et un petit ami qui la comblait. Viktor n’était devenu qu’une lointaine connaissance à qui elle avait simplement envoyé une carte de fête, cette année-là, sans même prendre le temps de l’appeler et, naturellement, sans s’intéresser à sa vie. Viktor Graham pouvait bien se mourir lentement – elle n’en avait strictement rien à faire; il ne faisait plus partie de son bonheur.

Viktor avait donc passé la dernière année dans la peur, voire même la panique, et la solitude. Il ne savait pas ce qui l’avait enfin décidé à parler à Christopher. En fait, il en avait une petite idée, mais il doutait que son choix n’ait été motivé que par une seule et unique raison. Néanmoins, il était là, à cette table. À leur table. Il songea d’ailleurs à partir environ trente secondes après s’y être assis et l’une de ses mains serra le bord de la chaise sur laquelle il était alors que l’autre se serrait sur elle-même, posée sur la table. Ses jointures étaient blanches quand une autre personne arriva sur la terrasse.


-Salut.

L’homme à tout faire leva les yeux vers Christopher et relâcha lentement ses mains, réalisant qu’elles commençaient à être douloureuses. Il se dépêcha à prendre la parole, convaincu qu’encore plus d’attente ne pourrait que l’empêcher de s’exprimer correctement.

-Salut…Merci d’être venu. Je suis désolé pour tout ce temps que je t’ai fait perdre… Et je ne peux même pas m’expliquer…Enfin, un peu. J’avais peur, Christo. J’ai encore peur. Je ne sais pas quoi te dire et je ne sais pas ce que je veux entendre de toi. Sauf que je ne peux plus te faire attendre…

Viktor reprit son souffle et fixa la table quelques secondes.

-Je veux qu’on parle. De tout, sauf de Marek…parce que je pense qu’il n’y a plus rien à dire, à moins que tu croies que d’autres monstres puissent être plus forts que…que…

Il n’osait pas prononcer ce « nous » qui s’enserrait dans sa gorge depuis des mois. Il le laissa s’enrouler autour de ses cordes vocales sans relever les yeux de la table.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: So long, my luckless romance [Christo] Ven 15 Aoû - 12:33

[Non, j'aimerais mieux pas.... :L XD ]


Christopher avait souvent trouvé certaines personnes amoureuses trop intenses. Peu importait leur âge, plusieurs ressemblaient à des adolescentes lors de leur premier amour. C'est-à-dire excessivement attachées et convaincues que ce serait la relation parfaite, donc déterminée à tout faire pour que ça marche, mais qui ne se rendaient pas compte de ce qu'elles perdaient en agissant ainsi. Christopher n'avait jamais compris ce qui poussait quelqu'un afaire abstraction de tout sauf de l'amour. Vous savez, ce genre d'amour qui fait qu'on oublie tout le reste et qu'on ne veut que passer du temps avec l'autre? Ce genre d'amour qui fait qu'on mettait de côté nos amis pour se consacrer à cette relation amoureuse? Christopher n'avait jamais compris ce qui pouvait pousser quelqu'un à tout laisser tomber pour quelqu'un qu'elle connaissait à peine et de qui elle n'avait aucune certitude quant à la suite des choses.

Puis, Christopher avait rencontré Viktor. Et il avait compris.

Christopher avait eu besoin de Viktor. Pour respirer, pour vivre, pour combler son temps, pour prévoir des activités, pour le rendre heureux, pour le faire se sentir léger, pour le faire rire, pour mettre de la couleur dans sa vie. Grâce à Viktor, les coin d'ombre avaient été illuminés et les endroits gris avaient été mis en couleurs. Des touches de vert, de bleu, de mauve et de rouge, partout là où il n'y avait que douleur et grisaille. Il semblait au jeune réceptionniste que personne d'autre au monde ne pouvait le comprendre et lui faire du bien comme le faisait Viktor. Ce faisant, il avait mis Viktor au centre de sa vie. Ce n'était pas comme si Christopher avait une vie bien remplie en dehors de son travail, en dehors de l'hôtel, mais quand même. Il avait eu besoin de Viktor. Puis, Marek était arrivé et avait tout mélangé. Les couleurs s'étaient brouillées pour ne former qu'une grosse tache brune et Christopher s'était laissé assombrir l'âme. Lentement, mais surement. Marek avait tou gâché dans le vie de Christpher avec ses mensonges et ses faux-semblants. Il avait vu en lui quelque chose de brisé qu'il avait voulu réparer, mais n'avait fait qu'empirer les choses. Au final, personne ne s'en sortait mieux et la toile de la vie de Christo était un véritable désastre.

Puis, il y avait eu la lettre de Viktor. Un espoir. Un trait de pinceau jaune vif minuscule. Mais au moins il y avait finalement quelque chose. Après des mois d'absence et de silence, il allait enfin pouvoir entendre à nouveau la voix de Viktor. De son Viktor.


-Salut…Merci d’être venu. Je suis désolé pour tout ce temps que je t’ai fait perdre… Et je ne peux même pas m’expliquer…Enfin, un peu. J’avais peur, Christo. J’ai encore peur. Je ne sais pas quoi te dire et je ne sais pas ce que je veux entendre de toi. Sauf que je ne peux plus te faire attendre…

La musique des mots et des sons qui sortaient de la bouche de Viktor était la plus douce aux oreilles de Christo. Encore meilleure que la plus grandes des symphonies. Il n'y avait pas meilleur moyen de briser un silence si affreusement long. Christopher aurait voulu parler, mais une boule immense lui bloquait l'air dans sa gorge. Il ne savait pas quoi dire, comment le dire. Il avait peur de tout gâcher en disant une bêtise. Ses espoirs étaient si minces qu'il avait peur de les voir disparaitre. Il essayait de prendre le moins de place possible, de faire le moins de bruit possible. Mais tout ce qu'il réussissait à faire, c'était de faire grossir la boule et de rendre ses yeux luisants.

-Je veux qu’on parle. De tout, sauf de Marek…parce que je pense qu’il n’y a plus rien à dire, à moins que tu croies que d’autres monstres puissent être plus forts que…que…

Ce silence. Ce trop lourd silence. Qui revenait. Qui s'éternisait. Christopher ne le laisserait pas prendre toute la place cette fois.

-Que quoi, Viktor? Que nous?

Christopher déplaca sa main vers celle de Viktor, qui se trouvait sur la table, mais la laissa en suspend dans l'air au-dessus de celle-ci quelques instants. Christopher hésitait, il ne voulait pas aller trop vite, mais il avait besoin de sentir la peau de Viktor sur la sienne, même la plus infime partie.

-Je crois en nous Viktor. Plus que jamais. Et, à propos de Marek, tout ce que j'ai à ajouter c'est que je regrette énormément, et je me sens stupide de ne pas avoir vu à travers son jeu, mais n'en parlons plus... Je n'ai plus peur des autres, ni des monstres...

Christopher se décida finalement à mettre sa main sur celle de Viktor et à lever les yeux vers lui.

-Dis moi plutôt... Qu'est-ce que tu deviens? Pourquoi tu travailles moins à l'hôtel?

Christopher fit un petit sourire en coin à Viktor et serra sa main plus fort. Le silence ne l'étoufferait plus et les couleurs allaient revenir... Il le fallait...

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So long, my luckless romance [Christo]

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