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Surprise, motherfucker. [PV l'Anglais]

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Nathan Sinclair

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Séducteur de dames

Messages : 59
Date d'inscription : 15/04/2010

MessageSujet: Surprise, motherfucker. [PV l'Anglais] Mer 21 Mai - 23:34

Il y avait déjà quelques semaines que j'essayais de reprendre contact avec mon ami Marek d'Alembert, sans succès. Il ne répondait pas ou trop peu, le genre de conversations banales qu'on pouvait avoir avec une caissière de n'importe quel magasin à grande surface. Cela me mettait en colère. Je savais qu'il avait eu à vivre des moments difficiles dernièrement, ce qui pouvait expliquer en partie pourquoi il était si distant, mais je ne comprenais pas qu'il ne veuille pas se confier à moi. Les amis sont là dans les bons, mais aussi dans les moins bons moments, sinon ce n'était pas de vrais amis. Après tout ce qu'on avait traversé ensemble, je croyais avoir montré à Marek que je n'étais pas effrayé ou impressionné par ce qui pouvait se dérouler de mal dans sa vie... Ce n'était pas juste... Pourquoi me mettait-il de côté ainsi?

Quand on vit des épreuves difficiles, naturellement, il fallait également un temps pour s'en remettre. Se remettre en question, comprendre ce qui nous arrive et comment on se sent, retrouver un équilibre. Pendant ce temps d'introspection, je comprenais qu'il fallait éloigner nos proches, afin de se centrer sur nous, nous éloignions donc certaines personnes, le temps de panser nos blessures. Nous leur demandons un temps pour nous et que nous allons les rappeler... Trop souvent, on ne nous rappelais pas. On était tout simplement mis de côté, sans trop comprendre pourquoi. Sans avoir les raisons exactes, on extrapolait alors les raisons et les justifications d'un tel abandon de la part de personnes de qui on avait été si proches et qui étaient désormais des inconnus pour nous, en se disant que nous avions tous changés, que la vie nous amenait ailleurs. Et on acceptait, en quelque sorte, l'abandon. Non sans douleur, mais sans se battre pour ravoir l'amitié et la relation que nous avions avant l'épreuve qui nous avait séparé. Mais certaines personnes méritaient qu'on se battre pour elles. Et Marek en était une. J'allais me battre pour le ravoir dans ma vie. Je comprenais qu'il avait besoin de temps pour digérer tout ça, mais je ne comprenais pas ce qui pouvais lui prendre tant de temps. J'avais moi-même vécu des choses assez horribles dernièrement, le départ de mon frère puis la disparition d'Elizabeth, avec qui les choses devenaient sérieuses d'ailleurs. Donc, je m'étais replié sur moi-même quelques temps, mais j'avais fini par sortir de ma coquille, laisser le passé où il était et continuer ma vie.

J'avais décidé que j'en avais assez de son petit jeu. Il avait terminé de m'ignorer et de me traiter comme tous les autres. Je n'étais pas qu'un numéro. J'étais son meilleur ami. Et il était le mien aussi. J'avais besoin de lui pour continuer comme avant. Si quelqu'un ayant le pouvoir de lecture de pensées interceptait celles-ci, j'aurais l'air vraiment gai... Tout sauf ça! Je tenais à Marek, mais seulement comme un ami, rien de plus! Promis, juré! Je pouvais embrasser toutes les filles qu'il fallait pour le prouver...

Bref, j'avais décidé de me rendre directement chez Marek pour lui parler en face à face. En étant directement devant lui, il ne pourrait pas faire semblant qu'il n'avait pas vu mon texto ou qu'il n'avait pas été consulté ses messages sur Internet... J'avais utilisé le double de la clef de son appartement que j'avais depuis toujours et je m'étais pointé. Marek n'était pas à la maison, mais j'avais décidé de l'attendre. Cette histoire se réglerait ce soir ou je ne m'appelais pas Nathan Sinclair.

Après une ou deux heures d'attente, à m'occuper comme je le pouvais en jouant à un jeu sur mon cellulaire et en feuilletant des revues qui traînaient, j'entendis enfin la porte d'entrée se déverrouiller, s'ouvrir, puis se fermer. Je me levai et me rendis dans le cadrage de porte du salon qui donnait sur le couloir de l'entrée.


-Surprise, motherfucker.

J'espèrais ne pas le tuer d'une crise cardiaque, mais je me trouvais drôle à souhait...

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Marek d'Alembert

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Le mec aux mille visages

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Localisation : Au port, à regarder la mort entre les vagues.


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MessageSujet: Re: Surprise, motherfucker. [PV l'Anglais] Jeu 22 Mai - 20:24

Marek avait commencé à s'isoler très vite après la mort d'Axel. De l'intense fêtard qu'il avait été, il était passé à une sorte d'ermite vivant en retrait de la société. Son éloignement avait été facilité par le fait que, depuis plusieurs mois, il avait déjà commencé à repousser les gens. Il avait diminué les sorties et les fêtes. La présence d'Axel dans sa vie avait engourdi sa joie de vivre. L'autre homme lui avait laissé entrevoir des parties trop sombres de lui pour que Marek n'en soit pas affecté. Néanmoins, avant qu'Axel ne meure, il arrivait très bien à fonctionner. Il n'était pas cette loque qu'il s'était laissé devenir.

Presque tous ses amis s'étaient laissés repousser sans opposer de résistance. Ceux qui n'étaient pas assez proches de lui pour connaître l'existence d'Axel n'avait probablement pas vraiment remarqué son absence à leurs petites fêtes. Ceux qui en savaient l'importance avaient, pour la plupart, été pétrifiés par l'impuissance. La mort faisait reculer les vivants dans le noir. Il n'y avait rien de nouveau là-dedans. Seul Nathan Sinclair avait montré son soutien, mais Marek lui avait répété tellement de fois qu'il allait bien et qu'il s'en remettait qu'il avait emprisonné sa voix dans ces phrases toutes prêtes et, maintenant, elle ne même plus murmurer une vérité qui était trop grande pour se glisser entre les barreaux.

Il aurait pu en parler à Nathan, mais qu'aurait-il pu dire? Comment mettre en mots acceptables les réalités les plus laides? Nathan Sinclair en avait vu de toutes les couleurs. Il connaissait Marek mieux que quiconque, beaucoup mieux que toutes ces personnes que le photographe avait imaginées être son grand amour. Sauf que le jeune homme n'était pas prêt à expliquer sa peine à son seul vrai ami. Il lui faisait confiance, mais il savait aussi que Nathan était une personne intelligente. Assez intelligente pour s'éloigner d'une cause perdue.

Parce que Marek ne se voyait pas autrement que comme un échec vivant. Il n'avait pas pu sauver Axel de lui-même. Il avait aimé un meurtrier...il l'avait suffisamment aimé pour mettre des innocents en danger pour l'aider.

La nouvelle n'avait pu passer inaperçue aux yeux de Nathan. Il connaissait le nom d'Axel. Il n'avait cependant pas soulevé ce sujet avec son ami. Il ne lui avait pas demandé s'il savait qu'Axel avait martyrisé sa famille ou s'il savait qu'il avait des liens avec la mafia de San Francisco pour laquelle il accomplissait des meurtres. Marek avait évité de réfléchir à ce qu'il lui répondrait si Nathan le lui demandait.

Ce soir-là, Marek travaillait. Il continuait à efficacement distribuer alcool et sourires au bar où il était employé. Toutefois, il n'y prenait plus le même plaisir qu'avant. Plutôt que s'intéresser à chaque personne, il s'évaporait à moitié quand il devait discuter avec les clients, ce qu'il évitait le plus possible de faire. Quand sa journée se terminait, plutôt que rester et s'amuser avec d'autres employés, maintenant, il rentrait directement chez lui pour boire jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Il devait être près de minuit lorsqu'il arriva chez lui. On avait donné les heures de fermeture à un petit nouveau tout pimpant et cela l'avait bien arrangé. Fermer le bar était beaucoup plus utile à ce jeune blondinet qui n'espérait que des interactions sociales.


-Surprise, motherfucker.

Marek tourna rapidement la tête vers l'endroit d'où provenait la voix. Même s'il était déjà amorti par l'alcool et même si son envie de vivre n'était pas au plus haut, cet instinct de survie cultivé par sa grand-mère n'était jamais complètement endormi. Le barman se détendit rapidement en reconnaissant son ami, même s'il n'avait pas particulièrement envie de sa présence chez lui.

-Nathan.

Il prit le temps de déposer ses affaires avant de contourner l'autre homme pour aller s'installer confortablement dans son sofa en cuir blanc.

-Qu'est-ce que tu fais chez moi?

Il avait parlé d'un ton neutre ne laissant percer aucune émotion en particulier. Il connaissait assez Nathan pour savoir qu'il ne tournerait pas autour du pot et c'était tant mieux: il n'avait pas envie de perdre du temps. Toutefois, en même temps, il savait très bien de quoi il serait question. Il l'avait perçu dans les messages de son ami et dans ses coups de téléphone. Déjà, il commençait à songer aux meilleures paroles pour l'éloigner. Cette attitude commençait à faire partie de sa personnalité et, s'il n'avait pas été aussi enfoncé dans la tristesse, le déni et la honte, il se serait secoué et aurait cherché en lui ce courage qu'il avait perdu dans les vagues du port de San Francisco.

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