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Quand le prince est trop charmant [Terminé]

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MessageSujet: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:34

[Ceci se passe la nuit du 24 décembre.]

Noël. Une jolie fête: voilà ce que représentait ce mot pour Sara. Les décorations, les belles tenues, les belles tables invitantes, la chaleur humaine et le bonheur. Bien que ces dernières années elle l’eût passé loin de sa famille, ce qui était probablement bien mieux, elle avait toujours réussis à y avoir du plaisir et à être heureuse. Ce soir ne devrait pas y faire exception, elle allait au bal de l’hôtel accompagnée de l’un des plus beaux garçons qui s’y présenterait. Lors de son arrivée à l’hôtel, elle avait rencontré l’homme à tout faire qui, bien que très réservé, lui avait accordé quelques mots au fil des semaines. Ils se voyaient de temps en temps, pour prendre un café par exemple. Elle n’en était pas très proche, ce qu’elle déplorait, et c’est justement ce qui l’avait poussée à lui demander de l’accompagner au bal. Bien qu’il ait répondu positivement à sa demande, elle ne se faisait aucune idée au sujet du jeune homme, elle n’avait pas les formes à la bonne place si vous voyez ce que je veux dire, enfin, pour être clair, il n’aimait pas les femmes, pas en tant que sexiste là, enfin, vous me comprenez. Ce qui était bien loin de déranger la jeune femme, comme cela, elle était certaine de passer une belle soirée sans débordement d’émotions et de sentiment dévoilés.

Les années passées, elle avait passé les fêtes soit chez des amis, dans la famille de son copain du moment ou juste sur le campus avec deux ou trois rigolos. Malgré cela, la magie de Noël persistait toujours et ramenait la jeune femme à sa tendre enfance, mais améliorée. Il n’est pas nécessaire de préciser qu’avec le don de Sara, les réjouissances des fêtes pouvaient parfois être gâchées par une révélation inopportune. Elle ne détenait que très peu de souvenirs agréables et réels de ses Noëls passés, mais pouvais affirmer avec conviction qu’elle y était heureuse. C’était bien Sara ça, trouver du positif dans toute chose, mais cette année serait différente. Elle se l’était promis, cette fois elle n’aurait pas à essayer de se convaincre que tout allait bien, ce serait parfait.

Pour l’occasion, elle avait ressorti une robe qu’elle possédait à l’université et l’avait agrémenté de somptueux bijoux. Il s’agissait d’une robe bustier, dont celui-ci était magnifiquement travaillé de perles et de broderies, ivoire. Quelques touches de dorée donnaient une allure féérique à la tenue qui allait frôler le sol sur le devant et plus longue derrière. Elle était légère et ondulait doucement au rythme des pas de la jeune fille. Pour l’occasion, elle avait orné son cou du collier de perles à trois rangs, d’une couleur s’apparentant à la robe, qu’elle avait hérité de sa grand-mère maternelle. Les boucles d’oreilles y étaient assorties et étaient mises en valeur par sa coiffure. Ayant les cheveux assez longs, elle les avait bouclés et remontés sur le côté en les laissant descendre doucement sur son épaule droite. Sa tenue étant déjà bien assez somptueuse, elle s’était maquillée légèrement, mais de manière à se mettre en valeur. Un coup d’œil au miroir parvint à la convaincre de son beau travail. Elle attrapa son sac à main et se dirigea vers les escaliers.

Comme convenu, elle devait aller chercher Viktor à sa chambre, c’était elle qui l’avait invité après tout. Puisqu’elle avait très hâte d’y être, elle se lança dans les escaliers afin de retrouver son charmant cavalier. Arrivée au troisième étage, n’ayant eu aucune difficulté à trouver sa chambre, elle reprit sa respiration quelques instants et frappa trois petits coups discrets, espérant qu’elle avait attiré son attention malgré sa discrétion. Si dans quelques instants il n’avait pas ouvert, elle réessaierait plus fort. Elle inspira donc profondément et attendit patiemment, le sourire aux lèvres et les étoiles dans les yeux.
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:35

Have yourself a merry little Christmas…

Viktor était assis sur le sol, à côté de son lit. Il y avait plusieurs minutes qu’il était immobile ainsi, le regard totalement vide. Habituellement, les yeux de l'homme à tout faire étaient brillants et on pouvait y voir toutes les émotions que ses mots ne parvenaient pas à exprimer. Le vert clair de ses iris était aussi fascinant, même s'il était teinté d'une froideur nouvelle. Viktor respirait à peine, comme s'il était dans une autre dimension.

En réalité, le bel homme à tout faire était complètement ailleurs. Il se repassait mentalement la même scène dans sa tête, toujours en cherchant la faille qui lui prouverait que celle-ci ne s'était pas déroulée. Ce qui venait de se passer ne pouvait pas être vrai. C'était trop douloureux pour être réel. Forcément, il avait tout imaginé. Pourtant, Viktor se connaissait assez pour savoir que son imagination n'était pas aussi portée sur la souffrances. Le jeune homme n'avait jamais été du genre à inventer des moments noirs qui ne serviraient qu'à le faire souffrir. Il ne pouvait donc pas avoir imaginé ce qui s'était passé... C'était vrai, mais il fallait que ce soit faux. Viktor devait trouver une raison de ne pas croire ce qu'il ne pouvait, finalement, pas nier.

Have yourself a merry little Christmas... Toujours la même chanson qui revenait, en boucle, dans sa tête. C'était celle qui jouait dans le couloir lorsqu'il avait ouvert la porte. La trame sonore de son irréel film d'horreur. Quelqu'un allait-il dire de couper la séquence avant que Viktor sombre dans la démence à force de chercher à comprendre? Let your heart be light... Dans la tête de l'homme à tout faire, la musique se déformait en se tordant au ralenti. Les images devenaient floues et s'entremêlaient aux moments heureux qui avaient illuminé sa vie durant les dernières semaines.

Entre deux regards mélangés pour n'en former qu'un seul dans sa tête, Viktor refit surface, sans parvenir à comprendre ce qui avait pu se passer. Pourquoi la joie et la tristesse se côtoyaient-elles dans ce même regard qui le hantait? Laquelle était fausse? L'homme à tout faire aurait voulu croire que la deuxième n'existait pas vraiment, mais ce qui s'était passé lui prouvait que c'était plutôt le contraire. Tout n'avait été que mensonge, sauf pour lui. Il y avait crû. Pourtant, il aurait dû deviner que personne ne pouvait réellement l'aimer. Il était si insignifiant...pour tout le monde. Seulement, Viktor n'avait pas pu faire autrement que se laisser glisser dans ce qui, au final, n'avait été qu'un rêve. Un rêve qui lui avait coûté tellement de lui, un rêve qui venait de transformer sa vie en cauchemar.

Viktor ne sentit pas les larmes monter jusqu'au vert de ses yeux. Il avait l'impression de ne plus rien sentir. Il ne voyait pas sa chambre autour de lui. Le jeune homme n'avait plus conscience de rien, sauf d'une vieille mélodie de Noël qui faisait des vagues ironiques dans son esprit.

From now on, our troubles will be out of sigh...

Des coups frappés à sa porte achevèrent de le sortir de sa déchirante rêverie. Lentement, comme lorsqu'on sort d'un long évanouissement, Viktor se leva et se dirigea vers la porte. Du revers de sa manche,il essuya machinalement les larmes qui avaient mouillé son visage. En passant devant la salle de bain, le miroir lui renvoya son reflet, mais l'homme à tout faire ne le remarqua pas. Sa belle chemise noire, choisie exprès pour le bal, était à moitié sortie de ses pantalons, noirs, eux aussi. Sa cravate ivoire pendait lamentablement autour de son cou, car Viktor n'avait pas eu le temps de la nouer convenablement. Ses cheveux étaient mieux coiffés qu'à l'habitude, mais l'air de condamné du jeune homme suffisait à lui donner un air totalement déplorable. Il était magnifique, mais tout de même pitoyable.

Le bel homme à tout faire ouvrit la porte en s'y accrochant comme si elle pouvait le protéger de la personne qui se tenait de l'autre côté. Et si c'était Christo? C'était à la fois la plus grande peur et le plus grand désir de Viktor. Il ne se sentait pas la force de l'affronter, mais il avait tellement besoin de se persuader qu'il avait tort de croire qu'il s'était réellement bercé de mensonges et d'illusions. Il ne pouvait pas supporter que ce qui lui avait ouvert les portes de la vraie vie n'ait été qu'un mirage. Viktor ne pouvait tolérer d'être condamné à choisir entre croire au mensonge et sentir mourir tout ce qui était né en lui.

Viktor resta figé pendant un court instant en voyant que c'était Sara devant sa porte. Il se sentait un peu mal de l'avoir oubliée parce que, oui, il l'avait oubliée. L'homme à tout faire avait même perdu le souvenir du bal, entre ses questions et ses larmes. Doucement, il recula pour laisser entrer Sara.

Il cherchait en lui le courage de placer correctement ses vêtements pour ensuite accompagner la gentille jeune femme au bal de Noël, mais il savait qu'il risquait d'y croiser Christo. Viktor devait donc trouver une manière de dire à Sara qu'il ne pouvait pas l'accompagner. Il se sentait si mal de l'abandonner alors qu'il lui avait dit qu'il irait avec elle. Encore une fois, les mots lui manquaient. Tout en se débattant mentalement pour trouver quelque chose d'acceptable à dire, Viktor s'adossa au mur en glissant nerveusement une main dans ses cheveux. Pourquoi gâchait-il toujours tout? Pour une fois qu'il pouvait avoir une amie, il était trop fragile pour lui faire le plaisir de l'accompagner à une fête pour laquelle il s'était montré enthousiaste avant...ce qui était arrivé.

En espérant qu'elle comprenne sans qu'il n'ait à s'expliquer, l'homme à tout faire leva un regard mi-implorant mi-désolé vers la jolie jeune femme.

From now on, our troubles will be miles away..

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:36


[Hj: J'avais pas mis l'image de la robe de Sara dans mon premier message.]
Spoiler:
 

Même de nos jours, alors que la femme prend sa place dans la société et souhaite être traitée à égalité avec l’homme, certaines traditions restent et traversent les âges. Sans être respectées de tous, ces traditions sont primées par ces femmes qui, d’un autre côté, veulent leur indépendance. Ouverture d’une porte pour laisser passer la dame, baisemain, écoute attentive lorsqu’elle parle, sont divers exemples de ce qui est attendu du « sexe fort » depuis très longtemps et qui reste dans gravé dans l’idéal féminin d’aujourd’hui. À cela s’ajoute, bien entendu, le fait que l’homme devrait inviter et aller chercher sa dulcinée lors d’une sortie en plus d’être intéressé par sa personne… et par les femmes en général. De par plusieurs points, particulièrement les deux derniers, la relation entre Viktor et Sara était loin de convenir à un conte de fées, la jeune femme en était consciente et parfaitement ravie. Elle ne voyait personne d’autre dans cet hôtel avec qui elle aurait souhaité passer la soirée, si peu traditionnelle soit cette relation. C’est avec beaucoup d’espoir en ce Noël qu’elle avait frappé à la porte, mais une ombre c’était vite porté sur ses attentes lorsque Viktor avait ouvert.

Au premier coup d’œil, Sara pensa qu’il n’avait pas eu le temps de finir de se préparer : cravate dénouée, chemise hors des pantalons et cheveux presque parfaits, mais lorsqu’elle leva les yeux sur son visage elle y remarqua quelque chose d’anormal. Son air naturellement enjoué s’était évaporé et son regard éteint, pour laisser place à un vide étrange, impossible à percevoir pour quelqu’un qui ne s’y attarderait pas. Sara pour sa part, étant très observatrice et peut-être un peu plus sensible à cela que la moyenne, l’avait détecté immédiatement. Elle pensa tout d’abord à le laisser seul, mais lorsqu’il s’écarta pour la laisser entrer, elle en déduisit qu’il l’attendait tout de même. Elle n’avait aucune idée de l’attitude à adopter ou même s’il avait toujours l’intention de l’accompagner. Il n’était pas prêt, ça se remarquait très rapidement, mais c’était une situation à laquelle la jeune femme pouvait remédier en quelques minutes seulement.

Lorsque son ami s’adossa au mur, Sara remarqua un certain malaise dans son attitude. Elle en ignorait toujours la raison, mais elle commençait à sentir que sa présence n’était peut-être pas désirée. Elle observa les alentours, cherchant un quelconque signe qu’un homme aurait pu se trouver avec Viktor. Peut-être un homme dont l’orientation devait rester secrète et qui n’apprécierait pas du tout que la jeune femme le reconnaisse. Bien qu’elle ne puisse remarquer aucun vêtement irrégulier ou un pied dépassant d’en dessous du lit, cette perspective expliquait à merveille l’accoutrement de l’homme devant elle. Un moment, elle eut envie de partir à rire pour libérer Viktor de son malaise, de lui dire de finir ... ce qu’il faisait… et de venir la rejoindre au bal ensuite, tant pis pour l’arrivée foudroyante, mais une tension étrange lui fit sentir qu’elle était peut-être sur une fausse piste. Et le regard que Viktor lui lança juste après vint renforcer cette impression. Il n’allait pas bien, quoi que ce puisse être, il n’irait probablement pas au bal ou du moins, pas immédiatement.


-Salut Viktor. Elle avait dit cela d’un ton gentil, amical.

-Qu’est-ce qui se passe? Ça ne va pas? Si tu voulais te rendre au bal seulement plus tard ou même si tu préfères ne pas y aller du tout, je comprendrais.

Elle avait bafouillé, elle ignorait même si ce qu’elle avait dit avait du sens. Sans savoir pourquoi, elle était devenue tout à coup très nerveuse de se trouver là, d’avoir à gérer cette situation. Bien qu’elle eût parlé à Viktor régulièrement depuis l’Halloween, elle se rendait compte, à cet instant précis qu’elle ne le connaissait pas du tout. Tout ce qu’elle savait du jeune homme était ce qu’il avait bien voulu lui raconter, mais cela était bien minime. Elle souhaitait bâtir une amitié franche avec lui et pour cela, elle n’avait jamais utilisé ses pouvoirs sur lui, il ignorait même qu’elle les possédait. Il était vrai que d’utiliser ses dons lui permettait de connaître et de cerner rapidement une personne, mais ce n’était pas une procédure normale. Dans la vraie vie, un ami doit pouvoir faire confiance, sans artifice qui l’aident à y parvenir. Toujours est-il qu’elle réalisait qu’elle n’avait aucune idée de la manière de s’y pendre avec lui. Était-il du genre à vouloir rester seul, ou à vouloir avoir des gens à ses côtés? Et selon cette seconde optique, préférait-il tout raconter ou juste avoir du soutient, sans avoir à parler.

-Préfères-tu que je te laisse seul?

Ainsi, elle aurait une réponse claire. Elle avait bien peur qu’il lui demande de partir, car elle trouvait toujours difficile de laisser quelqu’un affronter ses problèmes seul. Elle espérait qu’il la laisserait lui venir en aide ou juste… être présente.
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:37

Viktor aurait aimé être de ceux qui gardaient leur douleur à l'intérieur. Ainsi, il aurait pu sourire à Sara, replacer ses vêtements, prendre le bras de la jeune femme et l'amener au bal. Là-bas, il aurait ignoré la présence de Christo. Il aurait essayé de ne pas laisser son regard flotter vers lui et ses pensées ne concerner que lui. Viktor aurait refoulé son envie d'aller lui parler ou encore de s'effondrer en le voyant. Il se serait amusé avec Sara, en dansant ou en buvant et il aurait eu l'air d'un jeune homme parfaitement en possession de ses moyens. Ce qu'il n'était pas. Viktor était dans un état pitoyable et il n'arrivait même plus à réfléchir convenablement. C'était à peine s'il voyait la jeune femme devant lui, tellement il était perdu entre ce qui avait fait son bonheur et ce qui l'avait détruit. Have yourself a merry little Christmas...

-Salut Viktor.

L'homme à tout faire baissa les yeux, honteux de ne pas avoir la force de faire plaisir à la jeune femme. Sara était tellement gentille. Elle aurait mérité qu'il l'accompagne à ce bal.

-Salut...Tu es très belle...

Viktor avait parlé très bas. Inconsciemment, il ne voulait pas que sa voix se brise. Il sentait qu'il ne pourrait pas cacher à Sara qu'il allait mal. Il devrait bien lui dire qu'il se sentait incapable de descendre à la fête avec elle. Cependant, la nature de l'humain le pousse souvent à cacher ses faiblesses et le jeune homme n'échappait pas à la règle. Il s'obligeait à avoir l'air plus fort, moins dévasté qu'il ne l'était en réalité. C'était pourquoi il restait debout, se servant du mur comme du dernier appui qui l'empêchait de s'écrouler, à la place de retourner s'asseoir à côté de son lit pour se repasser sans cesse la scène horrible dans sa tête.

Let your heart be light...


-Qu’est-ce qui se passe? Ça ne va pas? Si tu voulais te rendre au bal seulement plus tard ou même si tu préfères ne pas y aller du tout, je comprendrais.

Viktor sentit la nervosité de Sara et il ne parvint pas à comprendre quelle en était la cause. Bien sûr, il devinait qu'il devait avoir l'air plus que mal mais, pour lui, ce n'était pas suffisant. L'homme à tout faire n'avait pas l'habitude que les gens se préoccupent vraiment de lui. Il passait si souvent inaperçu. La seule personne, en dehors de sa mère, qui lui avait vraiment donné l'impression qu'il était important l'avait trahi, le soir même. Faithful friends who are dear to us...

Que pouvait-il répondre à Sara? Il avait vraiment envie de lui faire plaisir. Elle était si douce avec lui, plus que quiconque. Elle savait faire du bien et elle en méritait le juste retour. Toutefois, Viktor ne pouvait pas aller au bal. Même s'il ne connaissait pas le type de douleur qui lui transperçait la poitrine, l'homme à tout faire devinait qu'elle ne pourrait pas disparaître dans un lieu où il risquait de croiser Christo. Viktor frissonna. Seulement penser au nom de celui qui avait fait semblant de l'aimer ravivait sa douleur ainsi que l'espèce de sensation de froid extrême qui ne le quittait pas depuis leur discussion. Le jeune homme ne savait pas comment exprimer des sentiments aussi contradictoires. Totalement perdu, il leva à nouveau les yeux vers Sara en espérant presque qu'elle pourrait y lire son désarroi. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'elle n'avait aucune importance.


-Je...m'excuse...

Viktor baissa à nouveau les yeux vers le sol, très rapidement, car il avait senti des larmes y monter dangereusement. La période de vide semblait terminée et celle de la souffrance vive commençait tranquillement à se tailler une place dans l'âme du beau jeune homme. Viktor sentait sa peine l'étouffer de l'intérieur et prendre toute la place. Et il avait tellement froid...

-Préfères-tu que je te laisse seul?

Elle devait partir. Viktor ne s'était jamais senti ainsi et il avait peur de ce qui pourrait arriver. La dernière fois qu'il avait senti un tel froid, il savait qu'il aurait été capable de tuer la personne qui était avec lui. Ce n'avait pas été le même type de froid, puisqu'il voulait sortir de Viktor pour s'en prendre à la cause de sa colère, alors que celui de ce soir-là semblait ne pouvoir que lui écraser le coeur, lentement.

-...Je...

Viktor étouffa un sanglot et une larme se fraya un chemin jusqu'à sa joue, puis jusqu'à son menton, pour finalement tomber sur sa chemise. Le simple fait de parler lui semblait un effort immense. L'homme à tout faire éprouvait souvent de la difficulté à trouver comment exprimer ce qu'il ressentait mais, cette fois-ci, c'était autre chose. Viktor n'était tout simplement pas capable de forcer son corps à laisser sortir des mots. Il avait l'impression que parler serait comme appuyer sur le détonnateur d'une bombe. Et il ne voulait pas exploser et risquer de faire du mal à Sara.

Hang a shining star upon the highest bough...

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:38

L’air autour de Sara était lourd de sens sans toutefois être explicable logiquement, comme si la pièce entière souhaitait partager avec Sara les lourds secrets qu’elle refermait. Malheureusement, la jeune femme ignorait le langage des murs et ne savait toujours pas ce qu’avait son ami. Lorsqu’elle était entrée, il l’avait touché en la complimentant, elle s’en voulait de ne pas lui avoir renvoyé la pareille, mais elle avait presque tout de suite sauté à des conclusions malheureuses sur son état. Elle avait tenté d’en apprendre un peu plus, mais sans répondre à ses questions, il s’était contenté de lever vers elle un regard rempli de désarrois et de s’excuser, sincèrement, de ne plus pouvoir l’accompagner. Elle avait senti son estomac se nouer et respira profondément pour se calmer, elle ne souhaitait en aucun cas laisser échapper une larme de déception qui aurait probablement culpabilisé Viktor. Elle comprenait. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait une grande confiance en son ami et elle savait qu’il avait probablement une très bonne raison de rester enfermé. Ensuite, il avait rebaissé les yeux. Il fuyait constamment son regard depuis qu’elle était arrivée, comme s’il craignait quelque chose.

Elle lui avait proposé de le laisser seul. Malgré qu’elle le lui eût offert, les possibilités qu’elle l’écoute dans le cas d’une réponse positive étaient infiniment minces. Elle n’avait jamais laissé quelqu’un qui souffrait, seul avec ses larmes ou sa colère, c’était trop malsain selon elle. Elle avait aidé des tas de gens bien plus éloignés d’elle que Viktor. Malgré toute la bonne morale dont elle avait fait preuve auparavant en ne se servant pas de son don sur lui, elle savait qu’elle avait la possibilité de le forcer à la faire comprendre et de probablement l’aider. Elle ne le laisserait pas gérer cela tout seul. Elle tenait déjà beaucoup à lui et ne pouvait s’imaginer l’abandonner. Il n’était pas d’un naturel très bavard, elle le savait et le respectait. En temps normal. Ce soir était bien différent, car Viktor était bien différent. Inconsciemment, elle s’était rapprochée tranquillement, ne se tenant maintenant qu’à quelques centimètres de lui.


-…Je…

Alors qu’il avait tenté de répondre, sa voix s’était brisée et c’est à ce moment bien précis que Sara vit le signe qu’elle attendait. Avant, elle restait toujours dans le doute. Bien des émotions auraient pu le bouleverser de la sorte, mais lorsqu’elle vit une larme filer le long de sa joue, elle eût la confirmation de ses craintes. Doucement, elle franchit l’espace qui la séparait du mur et y accota sa hanche, son ventre frôlant le côté de son ami. Elle leva la main droite qui alla s’égarer dans ses cheveux, alors que l’autre prenais tendrement celle de Viktor, de manière à lui démontrer toute la sympathie qu’elle éprouvait pour lui. Elle força sa tête à se rapprocher d’elle et déposa un baiser sur sa joue. Elle souhaitait tellement qu’il comprenne qu’il avait de l’importance pour elle et en même temps, elle s’excusait à l’avance de ce qu’elle allait faire. De tout façon, il n’avait pas répondu à sa question, lui laissant le loisir d’interpréter son mutisme de la façon qu’il lui plaisait.

-Ne retiens pas tes larmes, c’est pas grave… Je suis là… T’es pas obligé de parler si tu préfères…

Hypocrisie, mensonge, appelez ça comme vous le voulez, mais accompagnant le ton doux de ses derniers mots, un sourire triste c’était dessiné sur son visage. Il pouvait facilement être interprété comme de la compassion, mais c’était plutôt une dose amplement suffisante de son pouvoir qui avait émané d’elle. Elle s’en voulait déjà, elle appréhendait ce qu’elle allait apprendre, car il était certain qu’elle apprendrait quelque chose. Personne ne pouvait résister à une dose pareille de son don, ce n’était plus que de l’incitation à la parole. Il devrait parler. Malgré tout, ce n’était pas un sérum de vérité, il était libre de lui dire ou non la vérité, mais il aurait tout à coup une très grande envie de se confier et beaucoup de confiance en elle. Il se souviendrait d’avoir parlé et n’aurait jamais l’impression d’y avoir été forcé.

Elle se sentait coupable. Complètement déchirée, elle avait choisi, comme d’habitude, le chemin facile. Elle n’en connaissait pas d’autre et ne pouvait se résoudre à l’abandonner, mais si elle voulait l’aider, elle devait savoir. Elle avait voulu y aller d’une manière franche, lui demandant ce qui se passait, mais il était resté d’un triste mutisme. Lors de sa manœuvre, sa main était retournée dans les cheveux de son ami alors que l’autre l’enlaçait doucement. Son corps s’était déplacé de manière à ce que sa tête puisse s’appuyer sur le torse du bel homme tout de suite après avoir fini sa phrase. Elle ne voulait pas avoir a affronter son regard, elle ne voulait pas qu’il la devine, qu’il voie dans ses yeux la honte de la supercherie. Elle ne voulait pas voir ses yeux changer quand son pouvoir ferait effet, quand il serait sous son emprise. Elle se détestait intérieurement. Si elle avait pu, elle aurait fait un retour en arrière. Elle qui avait tant souhaité mériter la confiance de quelqu’un, pour une fois. Mais il avait fallu qu’il aille mal. Si la confiance se bâtissait et se prouvait plus facilement en temps de crise, Sara se voyait totalement incapable de les gérer sans employer ses propres moyens. Elle était faible et inefficace sans ce maudit don. Plus elle y pensait et plus elle se sentait faible, moins par les pensées que par l’énergie qu’elle avait dû utiliser, mais ça lui plaisait de croire qu’elle l’était réellement. C’était une bonne excuse à ses agissements qui au fond, ne partaient jamais de mauvaises intentions…
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:39

[Je m'excuse s'il est plus court, mais j'ai tellement rushé. XD]

Here we are as in olden days... Avec Christo, Viktor avait eu l'impression de ne plus être seul au monde. Avant, l'homme à tout faire était persuadé qu'il était fait pour rendre les autres heureux...de loin. Il croyait qu'il n'était pas assez intéressant pour qu'on l'aime vraiment. Sa mère avait été proche de lui, mais il aurait été inhumain qu'une mère délaisse son enfant, même si celui-ci était étrangement terne. Viktor s'était toujours considéré ainsi. Sans éclat par rapport aux gens colorés qui passaient à l'hôtel. Il avait tenté de lutter contre cet aspect de lui-même en étant excessivement gentil avec tout le monde, mais les gens s'étaient contentés de profiter de lui, dans le meilleur des cas. L'homme à tout faire souriait à tout le monde, mais personne ne le regardait particulièrement, comme s'il n'avait rien de spécial. Jusqu'à Christo. Le jeune homme avait tout changé. Il avait donné de la saveur à chaque chose. Il avait fait tourner le monde. Il avait rendu Viktor vivant. Puis, il l'avait jeté, piétiné et déchiré. Et Viktor était revenu au point de départ...ou presque.

Il y avait de différent cette douleur qui le transperçait froidement, mais aussi cette impression qu'il n'était pas complètement seul. Il lui restait Sara. Viktor sentait qu'il pouvait lui faire confiance. Bien sûr, il aurait été logique qu'il se méfie. Après tout, il avait crû en l'amour de Christopher. Il pouvait encore se tromper... Toutefois, il n'avait pas l'impression qu'il avait tort de faire confiance à la jeune femme et, surtout, il n'avait pas la force de se méfier d'elle. Elle était la seule qui pouvait encore lui faire du bien et il en avait besoin. Viktor ne savait pas à quoi d'autre se retenir pour ne pas tomber. Sara pourrait peut-être l'aider... Il ne voyait pas qui d'autre pourrait le faire. Tout son univers vascillait, ce soir-là. Have yourself a merry little Christmas...

Le premier sanglot était monté en lui comme une vague atteignant la berge. Inévitablement. Il l'avait frappé, d'abord au coeur, puis dans tout son corps, l'ébranlant durement. Sa voix, même s'il avait essayé de la faire taire, avait fendu l'air dans un gémissement de douleur, comme une fausse note dans une chanson de Noël. L'âme de Viktor avait fait naufrage en ce soir de décembre et ce sanglot en était un écho. Le son ténu mais lugubre de la souffrance de Viktor transcendait le froid du triste éclat des flocons de neige qui brillaient à la lueur de la lune alors qu'il essayait de ne pas sombrer.

Sara vint tenter un sauvetage de l'épave. Armée de douces cajoleries, elle repoussa courageusement les sanglots qui menaçaient d'envahir totalement son ami. Au simple contact de ses mains et même de ses lèvres amicalement posées, un instant, sur sa joue, Viktor se sentit un peu moins mal. C'était si bien de ne pas être seul, enlisé dans ce qui commençait déjà à être de la haine. Une haine envers Christo, mais aussi envers lui-même. Envers l'amour, l'espoir... Envers la vie.


-Ne retiens pas tes larmes, c’est pas grave… Je suis là… T’es pas obligé de parler si tu préfères…

Viktor, qui avait fermé les yeux, pendant un instant, les ouvrit soudainement. Il avait senti un changement inexplicable en lui. Jamais il n'aurait pu penser que ce qui se passait avait pour cause Sara et, même s'il l'avait su, il aurait compris qu'elle faisait cela pour lui, pour son bien. Il fallait qu'il parle... D'ailleurs, il avait de plus en plus envie de parler. C'était irrépressible. L'homme à tout faire avait besoin de tout dire à son amie. Même si c'était raviver sa douleur déjà intenable. Même si cela signifiait de revivre la terrible scène. Même s'il ne s'en sentait pas la force...

-Je...c'est...Christo...

C'était prévisible: sa voix s'était brisée lorsqu'il avait dit son nom. Les larmes avaient dilué ses iris et l'air lui avait manqué. Cependant, il devait continuer.

-Il me...déteste.

Le dernier mot avait été presque craché entre ses dents. Les mains de Viktor avaient commencé à trembler, comme si verbaliser sa douleur la rendait plus réelle.

-Il a dit...qu'il ne voulait plus me voir...que j'étais ordinaire... terne...que je l'ennuyais...que j'étais comme un poids pour lui...qu'il n'en pouvait plus...

Viktor manquait d'air. Il se sentait faible, tellement faible... Il ne put faire autrement que se laisser glisser le long du mur, jusqu'au sol. Dehors le vent soufflait sur les flocons moelleux, presque aussi froid que la peine de Viktor.

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:39

Sara serra les dents, elle savait ce qui devait arriver, que ce soit les confidences qu’elle attendait ou pas, il parlerait, elle n’en avait aucun doute. Elle avait peur de se qu’elle découvrirait, elle avait parfois même peur d’elle-même. Elle redoutait la puissance et le potentiel destructeur de son pourvoir, car lorsqu’elle se mettait à imaginer tout le mal qu’elle pourrait en faire, elle se voyait facilement sombrer dans la folie. Il était si simple de manipuler les autres lorsque l’on possédait un argument convaincant, si simple de trahir une confiance acquise malhonnêtement. Et si dans la vie en général, le choix du bien sur le mal était plus difficile que l’inverse, c’était bien pire avec un don pareil.

La jeune femme était profondément gentille, et Dieu en soit loué, car s’il eût fallu qu’un tel don tombe entre de mauvaises mains, ce même Dieu est le seul a savoir ce qui aurait pu se produire. D’un autre côté, administré par une personne de bonne foi, il permettait de sauver bien des âmes en perditions et soigner plusieurs cœurs écorchés, cela, par contre seulement si la personne qui le détient possède les outils nécessaires pour donner de bons conseils. Bien sûr, Sara avait suivi des cours de psychologie dans ce but précis, mais son simple BAC ne lui donnait que de petites bases dans le domaine. La plupart du temps, lorsque le problème était trop important, elle recommandait la personne vers un professionnel, mieux équipé qu’elle pour conseiller adéquatement. Contrairement à ses expériences précédentes, elle savait pertinemment qu’elle devrait se débrouiller seule, peut importe les confidences de Viktor. Lorsqu’il s’agissait d’une connaissance quelconque, elle pouvait se permettre de la laisser se débrouille avec un psychologue quelconque, mais avec cet homme c’était différent, il fallait que ce soit différent.

Il était un de ces seuls amis à l’hôtel, et elle souhaitait vraiment approfondir cette amitié. Sans qu’elle n’en sache la raison, ce besoin était né en elle et persistait depuis leur première rencontre. D’un naturel très peu bavard, il l’avait intrigué. Elle sentait qu’il avait quelque chose de bien à lui apporter et voulait vraiment être proche de lui. Elle avait eu plusieurs amis dans sa vie, qu’elle avait cru vrais, à qui elle avait donné toute sa confiance et qui la lui avait redonnée avec une pointe de mépris et une claque en pleine face. Des relations superficielles qu’elle aurait souhaité approfondir, mais qui l’étaient restées jusqu’à en mourir à petit feu. Des personnes qui gravitaient autour d’elle juste pour les avantages que cela aurait pu apporter, mais qui c’étaient empressé de l’oublier dès qu’elle eut quitté leurs champs de vision. « Loin des yeux, loin du coeur », c’était d’autant plus vrai avec les connaissances et même ceux qu’elle jugeait ses amis. S’il était vrai que les « vrais amis » devaient se compter sur les doigts d’une seule main, elle n’en avait probablement jamais eu, mais souhaitait ardemment que Viktor soit le premier. Même son éternelle amie de l’université ne pouvait se compter comme une amie sincère. Quels amis vrais et honnêtes oublieraient son anniversaire? Elle décelait chez cet homme qu’elle connaissait trop peu une franchise qui la séduisait et qui la forçait à user de patience avec lui, la convainquant qu’elle en récolterait que de plus beaux avantages.

Aussi, cette situation la mettait mal à l’aise. Elle en apprendrait forcément plus sur lui qu’il ne lui en aurait dévoilé en aussi peu de temps et elle ceignait de ne pas trouver les mots pour réagir convenablement. Sa tête sur l’épaule du jeune homme, elle attendait que sa douce illusion de confiance fasse effet. Dès qu’il se mit à parler, un poids se fit sentir dans sa gorge, elle avait réussi, mais n’en tirait aucune satisfaction. Il n’avait presque rien dit, un nom, Christo, de qui elle ne savait presque rien, sinon qu’ils se fréquentaient probablement. Elle avait levé les yeux vers lui. C’était une chose de détourner le regard à cause de la honte qui s’était emparée d’elle, mais maintenant qu’il lui faisait artificiellement confiance, elle se devait, aussi dur que cela pouvait être de le regarder, d’appuyer ses paroles de faits conséquents. Instinctivement, elle avait resserré ses doigts autour des siens en signe de réconfort, comme pour l’encourager à continuer.


-Il me … déteste.

Même si la jeune femme n’avait que peu de notions sur la nature de la relation entre Viktor et Christo, à la manière son ami avait prononcé ces mots pénibles, elle devinait qu’il était très important pour lui, et ça lui fit mal d’entendre qu’on pouvait détester Viktor. De ce qu’elle connaissait de lui, rien ne pouvait justifier qu’on le déteste. Tout en lui semblait le désigner pour être apprécié, aimé. Elle ne comprenait pas comment une personne avait pu souhaiter lui faire tant de mal. Elle augmenta la pression sur la main du jeune homme, presque comme si sa vie en dépendait. Elle voulait qu’il sache qu’elle tenait à lui et qu’elle voulait le soutenir. Elle voulait qu’il comprenne qu’elle ne l’abandonnerait pas.

-Il a dit...qu'il ne voulait plus me voir...que j'étais ordinaire... terne...que je l'ennuyais...que j'étais comme un poids pour lui...qu'il n'en pouvait plus...

La jeune femme déglutit péniblement et inspira profondément. Elle trouvait si difficile d’assister à ce spectacle, qu’elle avait pourtant elle-même créé. Elle pouvait difficilement contredire Christo, Viktor n’était pas l’homme le plus extraverti du monde et même lui devait le savoir. Par contre, de là à le lui reprocher…

Terne… non. Il avait tort. Christo avait tort. Et s’il le pensait vraiment, il le connaissait très mal. Viktor était d’une si belle compagnie. La jeune femme en voulait à Christo… il n’avait pas le droit de gâcher le Noël de tout le monde en disant des choses comme cela quelques heures avant le bal. Elle aurait voulu descendre pour aller lui gâcher son petit plaisir d’homme libre et lui dire ses quatre vérités, devant tout le monde, pour l’humilier davantage. Pour qu’il comprenne que si lui ne tenait pas à Viktor, certaines personnes feraient bien des choses pour lui et l’appréciaient à sa juste valeur. Mais tous les cris du monde n’auraient pas apaisé le chagrin du cœur brisé qui traînait à ses côtés. Certes, aller voir Christo lui aurait permis, à elle, de se défouler, mais elle ne pouvait lui en tenir véritablement rancune. L’autre homme avait le droit de faire ce qui lui plaisait… peut importe ce que Viktor ressentait. Il s’était trompé… ses sentiments n’étaient pas partagés, personne ne pouvait le reprocher à Christo. De toute façon, le jeune homme avait bien plus besoin d’un amie a ses côtés que d’une hystérique dans la salle de bal. Elle tenta de réprimer en elle toutes les méchancetés qu’elle aurait volontiers dites de l’autre homme et se força à rester calme.

Alors que Viktor allait s’assoir sur le sol, Sara le suivit doucement jusqu’à être à sa hauteur. Elle glissa une main dans ses cheveux et l’incita très doucement à poser sa tête sur son épaule. Elle cherchait désespérément quelque chose à lui dire, sans trouver les mots justes. Ses doigts s’entremêlaient dans les mèches brunes de son ami, essayant de se faire rassurants.


- Il, il a tort. Je sais, que je le dise ne t’avance probablement à rien, mais il a tort. Tu es une personne merveilleuse et…

Elle essayait péniblement d’improviser, mais avait l’impression que ses efforts ne menaient à rien. Ce qu’elle pouvait penser, il devait s’en ficher complètement. Si elle s’était attachée rapidement à lui, elle doutait que ce soit réciproque.

- Je suis là… Elle l’avait dit très doucement, à la limite du perceptible. Je suis là pour toi. Elle était tellement sincère, vraie. Elle le pensait réellement. S’il en avait besoin, elle resterait à ses côtés jusqu’à demain matin. Ce n’était pas important. Elle voulait seulement qu’il soit moins seul.
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:40

[HJ: Je m'excuse!!!!!! Plus d'un mois à te faire attendre!!!]

Sara avait quelque chose de spécial, quelque chose de bien plus grand que ce qui permettait à Viktor de parler sans se retenir. Il y avait en elle une énergie réconfortante qui inspirait bien plus que de la confiance. On sentait qu'elle trouverait toujours les mots ou les gestes pour faire paraîtres les choses moins douloureuses. Elle savait écouter, bien sûr, mais elle semblait aussi connaître les réponses, les mots à dire pour atténuer l'horreur. Faithful friends who are dear to us... Ses bras avaient la douceur des ailes des anges; ils protégeaient sans emprisonner. Sara était une amie, tout simplement. Pour Viktor, elle était cette personne qui avait trop tardé à arriver, mais qui semblait avoir collé son destin au sien pour longtemps... L'homme à tout faire n'osait pas penser à toujours plutôt que longtemps, pas après ce qui venait de se passer.

Les toujours blessent, écorchent, vous vident de ce que vous croyiez être... Ils vous transpercent d'idées d'éternité et repartent, tels d'éphémères utopies, vous laissant parsemé de trous invisibles. Les toujours vous arrachent des bouts de coeur, des parcelles d'âme, des morceaux de rêves... Les toujours semblent vrais, puis vous trahissent sans remords. Les toujours deviennent alors des jamais...et vous ne pouvez plus y croire.

Let your heart be light... Viktor parlait, en espérant se sentir mieux, mais l'appaisement était si minime. Bien sûr, partager sa douleur lui faisait un peu de bien, mais celle-ci ne disparaissait pas pour autant. L'abandon de Christo restait entier et le mensonge qu'ils avaient vécu ne perdait pas de son importance aux yeux de l'homme à tout faire. Seulement, savoir qu'il n'était pas seul lui permettait de comprendre qu'autre chose existait en dehors de son coeur brisé. Si l'amour le rejetait, l'amitié semblait vouloir de lui. Il se devait donc de vivre, de se relever, doucement peut-être, péniblement, mais de se relever tout de même. Il ne pourrait peut-être plus jamais faire confiance à un homme au point de lui offrir ce coeur que Christopher avait piétiné, mais Viktor sentait qu'il devait trouver en lui le courage de continuer, parce que le reste existait encore. Le soleil n'arrêterait pas de se lever parce qu'un être humain parmi tant d'autres n'avait un coeur qui n'avait plus la force de faire autre chose que battre douloureusement. Il devrait apprendre à ignorer sa douleur, à être fort, à oublier...Oui, à oublier. Viktor oublierait Christo, la douleur, l'amour... Au fond de lui, la solution commençait déjà se se dessiner...


- Il, il a tort. Je sais, que je le dise ne t’avance probablement à rien, mais il a tort. Tu es une personne merveilleuse et…Je suis là…Je suis là pour toi.

Elle était tellement gentille. Sara était une pierre précieuse au milieu des grains de sables insignifiants. Elle brillait, surtout lorsqu'il n'y avait plus de soleil. Elle était une étoile, mais pas une étoile filante. Elle restait là, à luire doucement alors que le noirceur aurait pu l'inciter à s'éteindre. Elle ne partait pas...

Au fond, Sara n'avait pas besoin de dire à Viktor qu'elle était là pour lui. Il le savait. Il le sentait. Même sans cette intuition surhumaine qui était la sienne, le jeune homme aurait deviné qu'il avait trouvé une personne qui ne le lâcherait pas, et surtout pas alors qu'il pouvait sombrer. Il n'était pas seule...et elle non plus. Si un jour elle en avait besoin, Viktor lui rendrait la pareille; il en avit la certitude. Il se devinait prêt à tout pour que celle qui devenait sa meilleure amie ne souffre pas. If the Fates allow...


-Merci...Je...Moi aussi...Si un jour tu as besoin...

C'était décousu, dit d'une voix tremblante et basse, mais c'était Viktor. Il était sincère et c'était visible, même au fond de son regard dont le vert pâlissait toujours un peu plus sous le poids des larmes. Il avait beau être brisé, à ce moment-là, il pensait tout de même à son amie, à lui exprimer qu'il serait là pour elle, lui aussi. Viktor n'agissait pas ainsi pour se donner bonne conscience, pour se justifier de prendre un appui aussi considérable sur la jeune femme. Il le faisait par pure gentillesse, parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. Le jeune homme ne pouvait pas nier cette certitude qu'il ferait tout pour rendre la pareille à Sara, et plus d'une fois si c'était nécessaire. Il se créait entre eux un lien très fort qui devenait plus solide à chaque jour, un lien qui ficelait leurs âmes entre elles.

Viktor avait l'impression que la nuit l'avalerait moins grâce à la présence de Sara. Il avait besoin d'elle. Bien sûr, il s'était promis d'être fort, d'oublier...mais pas tout de suite. Il s'accordait une nuit, une seule, pour se vautrer dans sa douleur. Ensuite, il l'effacerait, l'enterrerait au fond de sa conscience. Seulement, il lui fallait encore un moment pour apprivoiser le trou que Christopher avait laissé dans son coeur. Il ne pouvait lutter contre ce besoin viscéral d'être consolé par son amie. From now on, our troubles will be out of sight...

Le jeune homme se leva donc, assez péniblement puisque ses jambes s'étaient engourdies avec le temps, et il aida Sara à faire de même. Puis, il l'entraîna vers son lit où il s'installa en se blotissant contre elle, tel un chaton qui aurait passé une nuit d'hiver tout seul dehors. Peut-être raconterait-il les détails à son amie ou peut-être garderaient-ils tous les deux silence, se contentant de la présence de l'autre. L'important était qu'ils seraient ensemble dans ce moment difficile pour le jeune homme.

Viktor ne bougeait pas. Son regard était fixé sur la fenêtre de sa chambre d'où provenait la lumière bleutée de cette nuit d'hiver. Les seules preuves qu'il était encore vivant étaient le mouvement subtil de son corps qui respirait de plus en plus doucement et les larmes qui ne se lassaient pas de couler sur son visage pour aller rouler jusque sur l'oreiller. Les flocons de Noel tombaient, à la fois tranchants et moelleux, tels de pales étoiles qui abandonnaient le ciel. Viktor sentait un vent glacial souffler sur son coeur. Demain, il serait fort. En attendant, il fermerait les yeux et se laisserait couper par ses propres sentiments enneigés...

And have yourself a merry little Christmas now...


[HJ: Terminé pour le plus joli.]

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MessageSujet: Re: Quand le prince est trop charmant [Terminé] Jeu 15 Avr - 17:41

[HJ: Je suis désolée, comme tu le sais, j'ai eu beaucoup de difficultées, et je n'ai pas pu en faire un aussi long que toi... Je pourrai me reprendre bientôt peut-être? ]

Quelques heures plus tôt, alors qu’elle se préparait minutieusement, Sara s’imaginait dans la grande salle de bal, tournoyant fébrilement dans les bras de son bel ami. Voulant qu’il soit fier de la présenter à son bras, elle avait porté une attention particulière à son apparence pour cette soirée. Elle y serait certainement admirée des autres pour sa robe et son charmant cavalier, et même si elle n’en savait rien, elle supposait qu’il devait danser admirablement bien. Elle voyait ses cheveux onduler légèrement au rythme d’une grande valse, ou d’une rumba sensuelle, car pour sa part, elle adorait danser et, si son partenaire partageait son avis, elle serait bien difficile à mettre dehors. Elle voulait que cette soirée soit différente; que cette soirée efface un peu de la timidité que chacun avait envers l’autre, qu’elle diminue les limites de leur amitié, pour qu’elle ait, enfin quelqu’un sur qui elle puisse compter vraiment. Car des limites, il y en avait toujours, elle sent même nécessaires. Ce sont elles qui empêchent de briser l’amitié, qui retiennent les mots avant qu’ils ne franchissent les lèvres, ce sont elles qui refoulent les questions dont les réponses ne sont pas prêtes à se percer à jour. Les limites sont une sorte de doute, le sentiment que l’amitié reste fragile, et ce, même après des années. Les limites sont nécessaires, et la vraie amitié se trouve peut-être là : au point exact où la limite est la plus mince possible.

Sara laissait ses doigts glisser doucement dans les cheveux de Viktor, tortillant une mèche, caressant l’autre, sa paume effleurant son cou de temps à autre. La soirée était loin d’avoir tourné comme elle l’avait prévue, malgré tout, elle ne regrettait rien. Elle se sentait que pour une fois, elle était exactement où elle devrait être, et que son pouvoir pouvait vraiment l’aider. Elle ignorait ce qu’il aurait dit, ou fait, avec une personne « normale », qui n’aurait aucunement pu le faire parler de manière artificielle. Elle l’ignorait, car elle n’avait jamais su être normale, après tout elle ne l’était pas. Toutes les fois qu’une situation similaire se présentait, elle faisait appel à ce petit don si pratique et se simplifiait les choses au nom de l’entraide. Plus elle s’en servait et plus elle avait besoin de l’utiliser encore, comme une drogue. Malheureusement, celle-ci comporte un effet secondaire assez grave : plus elle utilisait se don, et moins elle ne savait comment agir autrement, et malgré tout, elle adorait sa. Il lui permettait d’assouvir sa propre curiosité, en même temps que son besoin d’aider et d’être utile, sans peut-être, tenir vraiment compte de l’opinion de l’autre… Elle adorait la simili puissance qu’il lui donnait sur les autres. Elle aimait dangereusement cela…

Toujours assise à ses côtés, elle aurait tant voulu apaiser les souffrances de Viktor, car maintenant qu’elle les connaissait, elle souhaitait mettre un baume sur sa blessure toujours à vif. Il comptait énormément pour elle et avait du retenir plusieurs larmes depuis le début de la conversation, pleurer n’aurait avancé à rien. Elle devait plutôt être l’infirmière qui soignerait son cœur blessé, avant qu’il ne s’infecte et se glace pour empêcher qui que ce soit d’y entrer, à tout jamais. Il avait trop à donner pour rester seul, trop à donner pour souffrir ainsi. Le voir faisait mal à la jeune femme, elle aurait tant aimé qu’il puisse se départir de sa douleur sur elle, que pour le voir aller un peu mieux…


-Merci...Je...Moi aussi...Si un jour tu as besoin...

Un triste sourire maquilla les lèvres de la jeune femme et cette seule phrase l’empêcha de retenir une larme qui fuyait déjà sur sa joue. L’essuyant rapidement afin que Viktor ne l’aperçoive pas, elle serra sa main doucement, la caressant du pouce.

-Tu… tu es incroyable… je te remercie, mais… ne pense pas à moi ce soir…

Sa voix tremblait affreusement et les larmes se bousculaient dans son regard sous le coup de l’émotion et l’enlaça pour lui camoufler ce spectacle. Elle imaginait mal comment quelqu’un pouvait rejeter un être si profondément gentil. Une personne qui se soucie plus des autres que de soi, même dans un moment pareil. Ordinaire… Christo avait dit qu’il était ordinaire… pourtant, la jeune femme ne voyait rien de plus faux en cette nuit d’hiver qui aurait dû être magique. Elle aurait tout fait pour le défendre, tout dit, tout tenté. L’homme dans ses bras état tout simplement merveilleux, et méritait tellement mieux que tout ce qu’il ne pourrait jamais trouver. Il serait toujours trop gentil, trop attentionné pour qu’on le mérite… mais lui méritait tellement d’être aimé.
Elle aurait aimé rester dans ses bras jusqu’à la fin des temps, elle le voulait pour elle seule et fût donc déçu lorsqu’il se leva. Et lorsqu’il l’aida à faire de même, elle crû d’abord qu’il la mettrait à la porte. Elle comprenait, elle devait comprendre, c’était sa peine à lui, et lui seul pouvait savoir comment la gérer, elle l’avait beaucoup trop forcé à l’impliquer déjà. Elle allait lui souhaiter bonne nuit sans qu’il n’ait à le lui demander quand il l’entraîna vers son lit.

Les larmes refirent surface, sans se laisser aller vers sa joue, préférant faire luire ses pupilles d’émois. Elle le suivit docilement et prit place dans son lit, où il se lova contre elle. Elle fit passe affectueusement un bras autour de lui et déposa un léger baiser dans son cou, pour lui communiquer, de manière probablement bien trop subtile, que malgré tout, elle n’aurait voulu passer sa soirée de Noël nulle part ailleurs. Elle redéposa sa tête sur l’oreiller et ferma les yeux, sans trop se soucier de rien. Ni de sa robe qui serait fripée, ni de ses cheveux non défaits, ni de son maquillage qui coulerait et surtout, elle ne se souciait nullement de l’heure à laquelle elle se réveillerait demain. Elle ne dormirait probablement pas tout de suite, trop de choses flottaient à son esprit, mais pour le moment, elle était bien, juste bien.

[HJ:Terminé]
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