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Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara]

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Marek d'Alembert

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Le mec aux mille visages

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MessageSujet: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Jeu 15 Avr - 20:22

[HJ: Ouais...Tard. Je sais. Tu m'aimes quand même.]
[HJ: Fin février.]

Marek tapait doucement avec sa fourchette, à répétition, sur la table à laquelle il était assis. Le jeune homme était immobile, à l'exception de sa main qui martelait la table de petits coups métalliques. Il ne réalisait pas toute la nervosité cachée que ce geste supposait. En effet, Marek d'Alembert était stressé, voire même angoissé. C'était un état presque permanent pour lui qui durait depuis le temps des fêtes. La peur que son petit manège pour obtenir Christo ne soit découvert s'estompait de jour en jour. Chaque heure apportait une sécurité nouvelle, un espoir que tout le monde oublie, que plus personne ne porte intérêt, que le moment s'efface entre les lignes du temps. Toutefois, le jeune homme avait bien plus d'une chose à se reprocher. Si cette première trahison envers Christo perdait de sa substance, celle qu'il continuait à alimenter restait entière. Bien sûr, Marek ne couchait avec Jason Badley que pour acheter son silence sur son autre trahison, mais c'était tout de même tromper Christopher. Il craignait sans cesse qu'on le surprenne avec l'autre jeune homme ou que son amoureux découvre toute l'histoire.

Il y avait aussi Heather... Marek n'aimait pas lui cacher autant de choses, mais il n'avait pas le courage de tout lui avouer. De plus, s'il avait voulu lui en parler, il n'aurait pas su par quoi commencer. Quelle horreur avait le mérite d'amener les autres? Marek craignait aussi de dégoûter son amie de lui. Bien sûr, ses propres trahisons pouvaient sembler minimes à côté du crime que la jeune femme avait commis mais, si on analysait les motivations de leurs comportements respectifs, Marek n'avait rien à envier en horreur à son amie. De toute manière, il se savait meurtrier, lui aussi... Côté culpabilité, ces deux-là faisaient une belle paire. Seulement, il était clair pour Marek que Heather ne tuerait plus jamais. Elle avait été tellement bouleversée et son meurtrer avait été poussé par un sentiment qu'elle n'éprouvait envers personne d'autre que son père. Le jeune homme, par contre, n'en avait certainement pas fini avec son comportement destructeur envers tout le monde. Il était même persuadé qu'il ne saurait jamais agir autrement.

Marek était donc, de manière générale, assez angoissé et plutôt découragé. Il passait une grande partie de ses temps libres à boire, mais aucun de ses proches ne le savait. À tout le monde, il sortait des excuses expliquant ses absences à l'hotel. Par exemple, il disait qu'il sortait prendre des photographies et qu'il avait besoin de le faire seul. Ce qui était faux. Marek ne quittait pas, ou presque pas, l'hotel. Il se métamorphosait. Il devenait Maverick, un jeune homme de son âge dont les traits ne s'éloignaient pas trop des siens, sans toutefois les rappeler clairement. Marek s'était créé cette nouvelle identité pour fuir sa vie, pour arrêter d'être lui-même, le temps de quelques verres. Ainsi, il disparaissait au fond d'une bouteille et personne ne pouvait le retrouver.

Lorsqu'il avait commencé à se perdre dans un Maverick à saveur de vodka, le jeune homme avait connu Sara Nortlen. La jeune femme était venue le voir, un soir, et ils avaient beaucoup parlé. Celle-ci avait remarqué que Maverick-Marek semblait dans un très mauvais état et elle s'était intéressée à lui. Marek n'avait pas compris ni comment ni pourquoi, mais il lui avait parlé avec une confiance presque ridicule. Il s'était confié à elle sans mentir. Bien sûr, il ne lui avait pas révélé son identité, ni même celle des gens qu'il côtoyait, mais il lui avait raconté les grandes lignes de ce qui l'amenait à déprimer tout seul devant un verre qui s'obstinait à sembler se vider de lui-même. Caché derrière une identité mensongère, il avait été incroyablement vrai, sincère, en parlant à Sara. Ils s'étaient revus souvent et, chaque fois, la jeune femme lui avait fait du bien. Elle était devenue l'amie de Maverick et un secret de plus de Marek.

Ce soir-là, Maverick et Sara avait un rendez-vous amical au restaurant, pour faire changement du bar, où le jeune homme était beaucoup trop souvent. Marek avait donc modifié ses traits et enfilé une chemise noire, très *classe*, qu'il ne mettait que lorsqu'il était Maverick. Il s'était créé une garde-robe spéciale pour sa deuxième identité, car il ne pouvait pas risquer d'être vu avec les mêmes vêtements et un visage différent dans la même journée. Avec le temps, Marek était devenu un as du mensonge et il savait quels risques éviter de prendre.

C'était donc en jouant de sa fourchette une musique angoissante aux résonnances inconnues que Marek attendait une des rares personnes avec qui il se sentait presque totalement à l'aide. Si ce n'avait été de ce visage qui n'était pas le sien, la confiance aurait pu être de la partie...mais il s'agissait de Marek d'Alembert. La vérité ne pouvait pas prendre toute la place.

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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Jeu 15 Avr - 20:22

[HJ: Mais oui, je t'aime qund même!]


Le fait était connu, la jeune Sara adorait les causes désespérées, ce qui expliquerait pourquoi elle se sentit obligée, un certain soir de la fin janvier, de venir en aide à une pauvre âme échouée au comptoir du bar. Sa propre journée avait été difficile et elle souhaitait imbiber ça avec un verre, bien qu’une fois ne soit pas coutume. Elle avait toujours trouvé qu’un bar était l’endroit idéal pour cuver les émotions de la journée, ambiance parfois lugubre, éclairage sombre, alcool en quantité, tout semblait planifié pour garder les nouveaux venus dans un état d’esprit exponentiel à celui dans lequel ils étaient entrés. De plus, avec un peu de chance, un barman expérimenté aiderait vos émotions à progresser, vous laissant vous confier sans trop en dire et sans vous juger. Par contre, cette fois-ci, à peine était-elle entrée qu’elle le remarqua de suite. Il n’était pas à son premier verre et malgré tout la quantité ingurgitée, elle ne devait probablement pas suffire à noyer tous ses soucis, cela se voyait à sa posture et aux cernes qui décoraient son regard. Naturellement, comme attirée par la souffrance d’autrui, Sara ne put s’empêcher de tenter un sauvetage. Elle avait de moins en moins de scrupules à user de ses pouvoirs, ce qui lui permit d’en apprendre déjà beaucoup sur le jeune homme qu’elle apprit à connaître sous le nom de Maverick.

Il aurait pu être l’homme parfait : sympathique, beau, charmant, à l’écoute… exactement le genre de personnes digne de plaire à la belle, mais il avait deux grands défauts. Premièrement, il était déjà pris, bien qu’un pion puisse se tasser, ce n’était pas le genre de la jeune femme. Le deuxième défaut quant à lui était bien plus difficile à ignorer. En fait, Sara n’était pas le genre du jeune homme, celui-ci préférant les gens avec moins de poitrine, bien moins de poitrine, si nous nous comprenons bien. Du moins, c’est ce qu’elle en avait déduit lorsqu’il lui avait exposé les problèmes concernant son copain et lui. Malgré tout, ce n’était pas le genre de chose à rebuter la jeune femme, elle avait déjà Viktor comme ami et en avait eu plusieurs à l’université, c’est juste que ça ne fait pas des enfants forts. Mais bon, elle aurait tout le temps de se trouver un futur mari, elle était bien jeune et pour le moment, la compagnie de Maverick lui plaisait grandement. Ils pouvaient passer des heures à parler de choses sérieuses ou non et à se découvrir l’un l’autre, toujours aidés par le petit « plus » de la jeune femme.

Bien entendu, Sara ignorait tout de la faculté de transformation du jeune homme et évidemment que le visage et le nom sous lesquels elle le connaissait étaient faux. Elle n’avait jamais entendu parler de Marek et ignorait complètement son existence, ainsi que son apparence, du moins, elle ne savait pas qu’il était le barman qu’elle avait croisé quelques fois. Sa capacité à changer d’apparence lui était totalement inconnue et elle n’avait aucun soupçon le concernant. Pour elle, Maverick était un client de l’hôtel qui résidait dans la chambre de son copain, ce qui expliquait l’absence de son nom dans les registres, et qu’elle adorait voir fréquemment.

Ce soir là, devant le rejoindre au restaurant de l’hôtel, elle avait mis une bonne heure à se préparer. Bien que cela puisse paraître inutile vu des circonstances, elle accordait une grande importance à plaire aux autres et étrangement, particulièrement à lui. Si elle ne pouvait l’intéresser, elle souhaitait le charmer, l’envouter, sans même savoir d’où provenant ce besoin. Quand elle le voyait, elle voulait être à son meilleur, ce qui lui donnait une grande confiance en elle. Elle avait enfilé ce soir-là, une robe bustier noire, simple, mais qui lui allait à ravir. Ses cheveux avaient été patiemment coiffés, ses yeux et son teint délicatement soulignés et elle achevait maintenant de poser une fine couche de rouge sur ses lèvres. Un coup d’œil au miroir lu prouva qu’elle était prête à monter.

Grimpant les escaliers au rythme marqué de ses escarpins, elle eût tôt fait d’arriver au deuxième et de pousser la porte du restaurant. Elle se sentait étrangement nerveuse et c'était presque toujours le cas avec Maverick. Elle se sentait comme en performance, avec quelque chose à prouver. Toutes les fois, elle tentait de se calmer, mais y parvenait seulement devant lui. Elle ne mit pas longtemps à le repérer et fut bien heureuse de le voir élégamment habillé, elle ne détonnerait pas trop.


-Bonjour toi.

Elle avait furtivement placé la main sur son épaule et avait accompagné ses mots d’un magnifique sourire.

-J’espère que tu ne m’as pas attendue trop longtemps… Comment vas-tu?

Elle avait l’habitude d’être ponctuelle et bien qu’elle ne put voir l’heure d’où elle se trouvait, elle était pratiquement certaine de ne pas être en retard. Elle prit place face à lui, sans toutefois avoir cessé de sourire, c’était si simple lorsqu’elle se trouvait avec lui. Sa seule présence parvenait ensoleiller une journée de pluie et à réjouir un cœur abimé.
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Marek d'Alembert

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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Jeu 15 Avr - 20:22

Marek était doué, lorsqu'il travaillait, pour amener les clients à se se confier, se sentir mieux, avoir l'impression qu'ils pouvaient lui faire confiance. Certains lui avouaient même que, sans lui, leur soirée n'aurait pas été la même. La plupart du temps, le jeune barman ne les écoutait pas vraiment, devinant qu'ils avaient plus besoin de s'exorciser de leurs préoccupations que d'une oreille réellement attentive. De plus, Marek se moquait éperduement d'une grande majorité de gens. Aussi, le jeune homme se contentait d'acquiescer, de sourire ou d'avoir l'air affligé, de placer une ou deux répliques et, surtout, de servir à boire, toujours plus. Les faux airs complices de Marek ainsi que sa tendance à toujours trouver quoi dire lui apportaient de bons pourboires. Ses talents d'hypocrite battaient tous les décolletés plongeants en matière d'aimant à pourboire.

Bien sûr, il lui arrivait de réellement s'intéresser à certains cas, mais c'était rare. Il fallait qu'il tombe sur des gens vraiment particuliers, avec cette lueur au fond du regard, cette petite lumière qui fascinait tant le jeune homme. Il l'avait vue chez Christo et c'était ce qui avait justifié son obsession pour lui. Marek recherchait l'art dans les yeux des gens. Il essayait de trouver ces personnes spéciales qui souffrent différemment des autres, qui perçoivent la vie autrement, qui sourient plus fort ou qui rient plus souvent. Il voulait l'intensité, voire la folie. Avec Marek, les demi-mesures n'avaient qu'à aller au diable. C'était tout ou rien. Si c'était fade, c'était vide. Si c'était moyen, c'était inintéressant. Le jeune homme avait besoin de se brûler au fond d'un regard, de fondre sous la caresse d'une main, de sentir les larmes le glacer à l'écoute d'une histoire... Il lui fallait la vie à son plus fort. Qu'elle soit magnifique ou hideuse, il n'en avait rien à faire, tant qu'elle était puissante.

Il était étrange de réaliser que Marek, au fond, avait besoin de vérité. Le faux ne l'intéressait pas, puisqu'il ne pouvait pas être intense. Alors, pourquoi se noyait-il dans le mensonge? Il cachait des parties considérables de sa personnalité à presque chaque personne. Il dissimulait ses faiblesses, jouait avec celles des autres, imaginait les pires machinations pour qu'on ne devine pas à quel point il était horrible. Et seul. Il avait même inventé une autre personne, une personne qu'il n'était pas, mais qui était, au fond, peut-être plus vraie que le Marek que tout le monde connaissait. Maverick, en dehors de son visage et son nom, était moins faux que son créateur. Il ne mentait pas, ne trichait qu'à peine... Il avouait même certaines faiblesses. S'il ne voulait pas se livrer sur un sujet, il le disait, tout simplement, plutôt que trouver une quelconque manière de se sauver de la discussion. Maverick ne se cachait puisqu'il était lui-même une cachette. Marek n'avait pas besoin de mentir, puisque c'était le mensonge lui-même qui exprimait une vérité, ce qui lui enlevait toute sa puissance, son danger. Le jeune homme ne risquait pas qu'on sache ses faiblesses puisque, même en les avouant, il réussissait à cacher qu'elles étaient les siennes. Planqué derrière son masque, Marek pouvait se laisser aller à exprimer tout ce qui lui aurait pris des efforts incroyables pour dire alors qu'on posait un regard sur son vrai visage.

Pourtant, Maverick n'était pas si différent de Marek. Il l'avait créé semblable à lui, même si, d'un premier coup d'oeil, ce n'était pas si visible. Le plus intéressant était qu'ils avaient très exactement les mêmes yeux...


-Bonjour toi.

-Salut...


Il aurait pu dire *Wow.* que ç'aurait été la même chose. Le ton éperdu, le regard agrandi, la bouche entrouverte... Il avait l'air d'un beau con. Sara était magnifique et un connaisseur comme Marek ne pouvait pas s'empêcher d'y être sensible. Son regard erra de lui-même sur le visage joliment maquillé de la jeune femme, sur sa tenue, ses cheveux, ses... Maverick en secoua presque la tête. Il avait déjà assez de coucher avec Jason sans, en plus, dévisager toutes les poitrines qui se présentaient à lui, même aussi joliment habillées... Mais seulement une? Non. Il était avec Christo et, même s'il l'oubliait parfois, il devait ne vouloir regarder que lui.

-J’espère que tu ne m’as pas attendue trop longtemps…

-À peine une minute, le temps de nous trouver la table proche de la fenêtre pour qu'on puisse profiter du soleil.


Marek ne pouvait pas s'empêcher de sourire. L'arrivée de Sara lui avait même fait lâcher sa fourchette. Leur voisin de table en remercia d'ailleurs le ciel, car il commençait à ne plus être capable de l'entendre frapper contre la table.

-Comment vas-tu?

-Maintenant, ça va parfaitement. Et toi?


La présence de Sara le rassurait comme aucune autre. Bien sûr, il y avait Heather, laquelle lui faisait un bien fou, mais il avait toujours peur de la décevoir. Il l'avait déjè abandonnée et il lui cachait tellement de choses qu'il ne savait pas par laquelle commencer... Avec Sara, c'était comme si chaque horreur pesait moins.

-Que me vaut une beauté aussi...exquise? Tu es toujours belle mais, aujourd'hui... Je crois que tu vas faire s'évanouir le serveur quand il va venir prendre notre commande.

Il essayait. Il essayait vraiment de ne pas succomber à l'envie de la séduire, mais c'était dans sa nature. Marek d'Alembert avait un besoin viscéral de charmer...

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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Lun 19 Avr - 22:43

[Oui, je sais, bien plus court que le tiens... mais tu saiscomme ça n'a pas été facile... de plus des réponses plus courtes permetront d'aller plus vite?! ]

De la main qu’elle avait passée sur l’épaule de Maverick, jusqu’au moment où elle s’était assise, ses agissements n’avaient rien de naturel. Jambe croisée, sourire charmeur, yeux enjoués, une main délicatement posée sur la table, l’autre sur son genou, toute l’attitude de Sara était outrageusement calculée, voire fausse. Comme si elle avait dû passer un examen ou un test dans une discipline qu’elle ne maîtrisait que trop peu. Pourtant, elle n’avait pas l’habitude d’être dépassée par une telle situation, mais avec lui tout était atrocement différent, douloureusement différent. Elle n’arrivait pas à rester passive près de lui, elle devait tout faire pour lui plaire, pour qu’il veuille toujours plus être avec elle. De son côté, plus elle se rapprochait de lui et plus des sentiments indésirables s’emparaient d’elle. Elle l’appréciait, elle l’appréciait de plus en plus, elle l’appréciait beaucoup trop… Plus elle tentait de luter contre ce qui s’emparait d’elle et plus son besoin de lui tissait une toile serrée autour d’elle, l’emprisonnant peu à peu dans une enceinte destructrice. Elle essayait de se résonner. Et elle avait bien des raisons de le faire, puisque ses sentiments ne pouvaient mener qu’au désastre. Ils ne serviraient qu’à lui faire du mal et à, éventuellement, l’obliger à s’éloigner. Elle avait déjà tenté de le faire; repousser un rendez-vous, espacer leurs rencontres, mais sans succès. Il parvenait toujours à la convaincre et elle, sans arguments plausibles, ne pouvait résister. Elle n’avait plus la force de se débattre et se laissait mourir tranquillement dans ce piège qu’elle avait elle-même fabriqué.

Malgré tout, elle savait rester raisonnable du moins, devant lui et en apparence. Il avait beau coller parfaitement à sa description du parfait, de par son attitude, son caractère et son physique, elle restait en mesure de l’apprécier comme ami, de toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix étant donné les circonstances. Elle le laissait douloureusement lui raconter sa vie de couple, en trouvant toujours les bons conseils et les bons mots pour lui remonter le moral. Elle était une masochiste dans l’âme qui demandait toujours plus de détails sur sa vie sentimentale en l’encourageant à se livrer.

Lorsqu’il la salua, Sara ne remarqua rien de l’air de poisson affiché sur son visage, trop occupée à avoir l’air normale. Elle ne porta aucune attention sur les étincelles au fond de ses yeux, ni sur ce sourire qui était fixé à son visage depuis son arrivée.


-Maintenant, ça va parfaitement.

-Maintenant? Dit-elle sur un ton proche du chuchotement.


Maintenant? Qu’est-ce qu’il avait avant? Et pourquoi maintenant était-ce mieux? Pourquoi la faisait-il toujours sentir si spéciale à ses yeux? Pourquoi lui donnait-il cette impression d’avoir besoin d’elle? Pourquoi?

-Et toi?

Il avait déjà enchaîné avec la question à laquelle elle aurait dû s’attendre et à laquelle, pourtant, elle ne voulait pas répondre. Et elle? Non, elle devrait mentir, la vérité était trop atroce, trop vraie, trop dévastatrice. Et elle? Si on excluait la sensation désagréable incrustée dans son estomac à chacune de leurs rencontres, ses mains moites, et l’état mélancolique dans lequel elle était plongée en son absence, ça allait relativement bien…

-Bien, très bien, merci.

Sourire toujours aussi charmeur, regard sincère, sa main qui vient nerveusement rejoindre l’autre sur son genou, pourtant, rien n’aurait pu être plus faux. Elle allait bien, avec lui, c’était vrai. Mais dès qu’elle se retrouvait seule, la perspective de le rester jusqu’à la fin de ses jours, de ne jamais pouvoir oublier qu’il est l’homme idéal, la rendait maussade et triste.

-Que me vaut une beauté aussi...exquise? Tu es toujours belle, mais, aujourd'hui... Je crois que tu vas faire s'évanouir le serveur quand il va venir prendre notre commande.

-Je te trouve mal placé pour me dire que je suis si belle… pour juger de la beauté d’une femme!


C’était sorti sans qu’elle n’ait eût le temps d’y penser, trop vite, trop directement, trop franchement. Elle avait planté son regard dans le sien, un regard dur et lourd de sens. Immédiatement, elle éclata d’un rire qu’elle voulait sincère pour tenter de minimiser la portée de ses mots. Elle baissa les yeux et le rouge lui monta aux joues. Ses mains s’étaient enlacées nerveusement alors qu’elle fuyait toujours son regard. Elle avait peur de ce qu’il en déduirait. Elle en avait trop dit, elle jouait un jeu dangereux, auquel elle misait gros, car elle préférait endurer tout ce qu’elle endurait plutôt que de le perdre…
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Marek d'Alembert

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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Mar 20 Avr - 12:00

[Je m'excuse. Je m'étais emportée. Vendu pour les réponses moins longues. Du moins, je vais essayer... XD]

Marek était bien heureux de ne pas avoir, comme souvent, un pourcentage élevé d'alcool dans son sang. Ainsi, il pouvait se retenir un peu. Ne pas la fixer sans cligner des yeux, par exemple. Essayer d'avoir l'air détendu, de ne pas trop saccader ses gestes. Ne pas faire trop de remarques sur son physique, lequel était très loin de le rendre indifférent. Le plus difficile était d'ailleurs de garder une distance sécuritaire entre son corps et celui de Sara. Marek se connaissait assez pour savoir que s'il en avait l'occasion, il la prendrait dans ses bras et, dès cet instant, il peinerait vraiment à se retenir...

Ce n'était pas comme s'il n'avait jamais eu de coupables images mettant en vedette sa douce amie. Elle était tellement belle, tellement...désirable. Sa peau semblait douce, chaude, parfumée... Ses lèvres étaient juste assez pulpeuses pour qu'il soit obligé de refouler l'envie de les dévorer. Elle avait des cheveux magnifiques et, pour Marek, c'était important. Tout comme le fait qu'elle sache toujours comment être à son avantage. Elle n'était pas très grande, mais Marek était loin d'être un géant, alors c'était génial pour imaginer certaines situations. Il essayait d'effacer de telles pensées de son esprit dès qu'elles y arrivaient, mais il ne pouvait pas se battre contre une force de cette ampleur. Dès qu'elle remontait ses cheveux, il s'imaginait déjà avec le visage dans son cou. Ses mains devaient toujours trouver à s'occuper pour ne pas se lancer autour de sa taille. Et si, par malheur, elle portait un décolleté un peu trop plongeant, Marek devait impérativement trouver autre chose à regarder que son amie pour ne pas la fixer en essayant d'imaginer ce qui restait encore caché à ses yeux.

Il s'était promis d'arrêter, maintenant qu'il était avec Christo. Il ne voulait plus chercher à plaire à chaque personne dont le physique lui plaisait. Marek avait longtemps été esclave de son besoin de charmer et, en choisissant d'être avec Christopher, il avait choisi de lui être fidèle. D'accord, il ne l'avait pas exactement été, puisqu'il couchait avec Jason Badley, mais c'était autre chose. S'il avait eu le choix, il n'aurait pas cédé au chantage du jeune homme. Et il essayait d'ignorer qu'au fond, il ne détestait peut-être pas ses obligations tant que ça... Marek réussisait donc plutôt bien à éviter de penser à ramener chaque personne dans son lit. Alors, pourquoi n'y arrivait-il pas avec Sara? Il avait beau lutter, des images toujours plus brûlantes venaient le hanter. Il devait se raisonner avec beaucoup de volonté pour se souvenir qu'elle était le genre d'amie qu'il ne voulait pas perdre pour ça. Il avait déjà perdu Lou... Marek ne voulait pas qu'il arrive la même chose avec Sara. Et oui, ça passait avant sa fidélité envers Christopher. Était-il un monstre? Bien entendu.


-Maintenant?

-Mais oui, maintenant que tu es là.


Il lui fit un clin d'oeil, histoire de la rassurer. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'il allait (encore) mal. Il lui avait assez écrasé l'esprit de ses nombreux remords sur tout. Il n'était d'ailleurs toujours pas arrivé à comprendre pourquoi il parvenait si bien à se confier à elle. Au fond, il s'en moquait un peu. Elle était là, il se sentait bien et c'était suffisant. Marek n'avait pas envie d'analyser, de chercher plus loin. Il croyait à la magie de leur amitié.

-Bien, très bien, merci.

Il aurait bouffé ce sourire.

-Je te trouve mal placé pour me dire que je suis si belle… pour juger de la beauté d’une femme!

Marek fut plutôt étonné du ton de son amie. Depuis quand lui parlait-elle ainsi? Il ne crût pas une seule seconde au rire qui suivit les paroles de Sara. Quelque chose clochait et il ne parvenait pas à dire quoi. Voyant qu'elle fuyait son regard, Marek décida de la rassurer. Peut-être pensait-elle qu'il se moquait d'elle. Parfois, les gens croyaient que les homosexuels ne pouvaient pas avoir un avis éclairé sur l'apparence physique des personnes de l'autre sexe. Marek n'était pas d'accord et, de plus, il n'était même pas gay. Il réalisa alors qu'il ne l'avait jamais spécifié à Sara. Si elle ne savait pas qu'il aimait aussi les femmes, elle était presque en droit de ne pas accepter le compliment à sa juste valeur. Il devait lui expliquer.

-Euh...je me trouve bien placé, pourtant. Tu sais, Sara, en tant que femme hétéro, tu es très capable de savoir si une autre femme est belle. C'est le même principe pour les gays.

Son ton était doux, amusé sans être moqueur.

-Et, puisqu'on en parle, je ne suis pas exactement gay. J'aime aussi les femmes. Enfin, pas toutes...mais si je te dis que je te trouve belle, je sais vraiment de quoi je parle.

Il lui fit un petit sourire en essayant d'ignorer l'espèce de malaise qui le gagnait. Il avait l'impression d'avancer en terrain dangereux sans comprendre pourquoi et, pour une fois, la sensation était désagréable.

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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara] Lun 14 Juin - 9:57

-Euh...je me trouve bien placé, pourtant. Tu sais, Sara, en tant que femme hétéro, tu es très capable de savoir si une autre femme est belle. C'est le même principe pour les gays.

Douche froide. Tu sais quoi Maverik? Peut-être devrais-tu reprendre le couteau et le renfoncer un tout petit peu plus loin dans cette plaie que tu causes sans cesse et qui ne parvient pas à guérir. Juste assez profondément pour qu’oublier devienne impossible. Pour que les éternels « Et si » et «Peut-être que » disparaissent à tout jamais, entrainant avec eux les doutes et les espoirs. Pour qu’une fois pour toutes, malgré les certitudes qu’elle possédait déjà, elle soit confortée dans l’idée qu’ils ne seraient jamais plus que des amis. Elle le savait. Depuis leurs toutes premières rencontres. Il avait été sincère dès le départ, ne négligeant pas de lui parler de son petit ami.

Elle avait voulu se raisonner, ordonner à son cœur de rester fermé à son charme… mais comment résister à l’homme idéal? Maverick représentait en tout point ce que Sara pouvait appeler la perfection. Un jour elle devrait probablement s’éloigner, pour se permettre de passer à autre chose. Alors qu’elle tentait de se convaincre intérieurement qu’elle réussirait à trouver quelqu’un pour elle, son ami poursuivit son discours, mais les mots qu’il prononça sonnèrent comme un rêve aux oreilles de la jeune femme.


- Et, puisqu'on en parle, je ne suis pas exactement gai.

Habituellement, après lui avoir parlé ainsi, il lui annonçait qu’il n’était plus avec son copain. Il se rapprochait doucement pour lui dire qu’en réalité c’était d’elle dont il était amoureux et terminait sa phrase en lui donnant un léger baiser sur la joue. Ensuite ils échangeaient un long regard qui en disait énormément et alors qu’elle amorçait un mouvement pour l’embrasser, il la devançait et déposait tendrement ses lèvres sur les siennes. À chaque fois, un immense bonheur et un sentiment de liberté la gagnaient… jusqu’à son réveil, où, inévitablement, elle croyait que son songe s’était réellement déroulé. Jusque-là tout était bien, le plus dur était l’instant où elle comprenait, où la réalité la regagnait la projetant dans un océan de vérité sans bouée de sauvetage et sans préparation. Dans cette mer secouée par les vagues, elle ne voulait plus nager, elle préférerait s’y noyer, mais elle devait survivre, pour revivre l’aventure presque chaque nuit.

Elle entendit à peine le reste de sa phrase. Elle perçut les mots qui avaient suivi «J'aime aussi les femmes», mais le reste s’était perdu dans la mer tourmentée. Elle réalisa réellement qu’elle ne rêvait pas lorsqu’elle s’aperçut qui la regardait un souriant timidement… Elle prit soudainement conscience que le rêve s’appliquait à la réalité. Son cœur s’emballa légèrement jusqu’à ce qu’un autre vague la frappe violemment. *Il a toujours son copain*. Rien n’avait changé. Tout était pareil. Non. Tout était pire. Elle ne pouvait plus se raccrocher au fait qu’il était gai pour expliquer qu’ils n’étaient pas ensemble. Elle était seulement arrivée trop tard. Elle aurait voulu rester forte, mais la noyade la guettait et commençait à envahir ses yeux. Elle devait partir.


-Excuse-moi, je dois aller à la salle de bain.

Elle se leva et dès qu’elle fut de dos à son ami, la marée déborda, envahissant ses joues. Elle accéléra le pas pour gagner rapidement sa destination. À peine la porte fermée, elle s’appuya sur le comptoir et pleura librement. Elle devait se ressaisir rapidement. Elle devait le garder comme ami, ne pas tout détruire pour des sentiments non partagés. Malgré les doutes, malgré les peut-être, malgré l’attente continuelle dans laquelle elle serait plongée, elle le préférait en ami, qu’éloigné d’elle. Elle en avait besoin; de sa présence, de ses conseils, de son amitié, de ses sourires…

L’image que lui renvoyait le miroir était déformée par le chagrin, enlaidie par la douleur. Si le miroir pouvait conter toutes les peines qu’il avait dû refléter, il pourrait écrire la pire tragédie grecque n’ayant jamais existé. Toutes les larmes qui s’étaient heurtées à leurs reflets alors qu’elles auraient souhaité être essuyées doucement. Le pauvre objet en avait vu de toutes sortes, mais dans le cas de Sara, l’issue était problématique, car son bonheur semblait irrémédiablement relié au malheur du copain de Maverick. Tout était pire qu’avant. Désormais, les «peut-être» devenaient possible. Elle prit quelques minutes pour se calmer, souhaitant que personne ne vienne la déranger dans ses problèmes. Elle devait se ressaisir rapidement, pour retourner terminer la soirée dignement.

Après avoir atténué le mascara qui s’était échoué sur ses joues rougies, elle prit le chemin de la table qu’elle venait de quitter. Lorsqu’elle croisa la porte d’entrée et de fuir à tout jamais fit irruption dans son esprit, mais elle se contint pour arriver, finalement, à sa chaise. Elle n’avait pas vraiment réfléchit à se qu’elle raconterait pour excuser son comportement,mais elle se lança tout de même dans une tirade peu assurée.


-Je, je suis désolée… Je … j’… *Dire quelque chose d’intelligent* Je ne serai pas capable.

Les derniers mots se noyèrent dans une crise de larme imprévue et sara se détourna rapidement pour quitter, non sans hâte, le restaurant. Elle avait tout fait pour tenter de rester normale afin que leur amitié ne soit pas influencée, mais elle n'y arriva pas. Elle ne se sentait pas capable d'agir normalement alors que l'incessante phrase «Pourquoi pas moi» viendrait la hanter sans relâche. Avant de quitter, elle aurait voulu tout expliquer, mais ça avait été a dessus de ses forces. Elle avait décidé qu'à la toute dernière minute de comment elle agirait, et à peine eut-elle quitté l'endroit qu'elle le regretta.



[HJ: Voilà, modifié. C'est pas très bon, mais je l'ai fait vite pour permettre de continuer. Alors à moins de quelque chose de vraiment exceptionnel, c'était ma dernière réponse.]
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MessageSujet: Re: Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara]

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Un mensonge plus vrai que la réalité [PV: Sara]

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