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On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV]

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MessageSujet: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Jeu 15 Avr - 20:59

[Viktor, Sara, Amber. Dans cet ordre.]

Il y avait plus de trois semaines que James était arrivé à l'hôtel. Il était très peu sorti de sa chambre, de peur de croiser Amber. C'était un peu pathétique: passer plus d'un an à chercher une personne et, lorsqu'il la trouvait enfin, il ne savait plus quoi lui dire ou quoi faire. Il savait qu'elle travaillait comme femme de chambre et qu'elle n'allait pas vraiment bien, ce qui n'était pas une grande surprise. La jeune femme avait toujours eu une prédisposition à laisser le malheur gouverner sa vie. Entre un bien et un mal, elle choisissait toujours de se concentrer sur le mal, même s'il était de moindre importance. Quelque chose clochait chez elle. Il lui manquait une pièce, peut-être. Ou un mécanisme psychologique était déréglé. Amber Badley ne semblait pas pouvoir aller bien, pas sans aide. De plus, elle ne faisait confiance à personne et surtout pas à un professionnel. Il n'y avait eu que James pour la faire sourire, et encore... Même quand elle était à son meilleur, Amber n'était pas normale. Elle s'emportait pour un rien, pleurait sans savoir pourquoi, paniquait à la seule idée de rester seule pendant une journée... Disons qu'elle n'était pas, à proprement parler, une fête.

James avait été très patient avec elle. Jamais il ne l'avait traitée de folle et, à chaque fois, il l'avait consolée. Même lorsqu'il avait eu envie de lui crier qu'elle n'était pas normale, il avait simplement chuchoté que tout irait mieux avec le temps, qu'il était là pour elle. Il lui avait souri doucement quand il avait eu envie de lui lancer un regard meurtrier... James avait été plus que parfait avec Amber, la relevant à chaque fois qu'elle se jetait d'elle-même au plus bas niveau. Son besoin de la sauver avait été plus fort que celui d'être libre, de ne plus sentir peser sur lui le présent et l'avenir de cette jeune femme pour laquelle personne n'avait d'espoir. James ne pouvait envisager de l'abandonner, de prendre la responsabilité de la mort qu'elle finirait par se donner. Plusieurs fois, la fin de la vie d'Amber avait changé, mais seulement un peu: un nouvel endroit, une autre époque de l'année, une autre façon... James l'avait vue mourir des dizaines de fois.

Le jour où elle avait disparu, James avait paniqué et une seule chose avait compté: la retrouver. Pourtant, il été allé voir Jason. Officiellement, c'était pour lui demander s'il savait où elle était, mais James était parfaitement conscient que, si Amber était partie, elle n'en avait certainement pas informé celui qui l'avait trahie. Alors, pourquoi était-il allé voir Jason, ce jour-là? Bien sûr, il lui en voulait, mais James n'était pas du style à se venger. Il n'avait jamais osé réfléchir à ce qui l'avait poussé à retourner voir son ancien ami alors qu'il devait ne plus compter pour lui.

Assis sur son lit, James sortit une petite enveloppe de tissu noir de sa poche. Il l'ouvrit doucement et il prit une profonde inspiration. Il se doutait bien que, comme souvent, la mort d'Amber aurait changé et que, dès qu'il toucherait cette partie d'elle qu'il n'avait jamais quittée, il aurait une vision désagréable. Toutefois, il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas risquer de manquer une vision qui lui permettrait d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Donc, du bout des doigts, James caressa la mèche de cheveux d'Amber Badley.

L'hôtel. Le stationnement. Une femme sur le toit. Amber s'écrasait au sol.

La chambre de James revint sous son regard. Il se leva avec une certitude intolérable: ce serait aujourd'hui. Il ne s'était jamais trompé sur ce genre de choses. Rapidement, il quitta sa chambre. Il devait aller sur le toit. À tout prix.

James savait que l'accès au toit était verrouillé. Il lui faudrait donc une clef. Logiquement, l'homme à tout faire et les propriétaires en avaient une. Le jeune homme se dirigea alors au rez-de-chaussé, l'étage où les chances de croiser l'un d'eux étaient plus grandes. C'est dans le grand hall qu'il reconnut Viktor, l'homme à tout faire, lequel semblait parler à une réceptionniste. James mit ses bonnes manières de côté et il interrompit ce qui se disait, peu importe ce que c'était, pour parler à Viktor.


-Il faut aller sur le toit. Tout de suite. Quelqu'un va mourir.

La panique était visible dans les iris de James et son ton, même s'il était assez posé pour ne pas attirer l'attention, était coloré d'une angoisse évidente. Si Viktor ne venait pas avec lui ou refusait de lui laisser la clef, James lui sauterait probablement dessus pour lui arracher sa chance de sauver Amber.
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Mar 20 Avr - 12:33

De détour en détour, Viktor avait réussi à rejoindre le bout du comptoir où était Sara sans avoir à passer près de Christo ou à le regarder. Seulement, le simple fait de savoir qu'il était dans la même pièce que lui lui écrasait le coeur. Il sentait son regard posé sur tout sauf lui et cela le blessait réellement. Viktor avait envie de se planter devant celui qu'il avait aimé pour le regarder dans les yeux jusqu'à lui crever l'âme, lui aussi. Il luttait contre le besoin illogique de se rapprocher de Christopher, car il savait que c'était stupide. Même de loin, il parvenait à le faire sentir mal. Alors, s'il était juste à côté de lui, Viktor en mourrait peut-être. Pourtant, une partie de lui préférait avoir mal proche de Christo qu'être plus à l'abri sans sentir sa proximité. Cette partie n'était pas très intelligente, mais elle était tout de même très forte. Et Viktor essayait de l'étouffer, à défaut de lui faire comprendre que la présence de Christo ne lui faisait que du mal.

Pourquoi avait-il fallu qu'il tombe amoureux de lui? Il n'y avait pas plus méchant ou plus hypocrite que Christopher Beaudoin; Viktor en était persuadé et, s'il n'arrivait pas à le détester pour cela, il réussissait néanmoins à le craindre assez pour rester le plus loin possible de sa personne. Christo jouait à la victime, comme si c'était Viktor qui lui avait fait du mal. Les rumeurs comme quoi l'homme à tout faire avait été horrible avec lui avaient fait le tour de l'hôtel, mais Viktor avait décidé de ne pas en tenir compte...ce qui était plutôt difficile. Comment ignorer un tel mensonge? S'il n'avait pas eu peur que Christopher revienne lui faire du mal, il aurait rétabli la vérité. Seulement, Viktor se savait minuscule dès qu'il était question de son ancien amoureux. Alors, risquer que Christo vienne se donner le rôle de la victime devant lui était trop effrayant. Il l'avait assez fait souffrir. Maintenant, il l'oublierait.

Viktor était donc allé parler à son amie en faisant tout pour ignorer le pire homme de l'hôtel. Pour beaucoup, Christo était inoffensif face à des êtres tels que Jason Badley ou Cybelle Douglas, mais Viktor voyait les choses autrement. Cybelle était folle; c'était réglé. Jason était, par contre, bien mieux que Christopher. Bien sûr, il avait un petit côté fort machiavélique assez difficile à ignorer ainsi qu'une quasi-absence de valeurs morales, mais il était plus que ce que tout le monde se bornait à voir de lui. Depuis que Viktor avait commencé à passer du temps avec lui, il avait appris à mieux le connaître, à déceler ce qui était invisible aux autres. Au fond, c'était sa spécialité: deviner. Jason Badley était un être compliqué qui voulait se montrer simple et superficiel. Et tout le monde mordait à l'hameçon. Même Viktor y avait crû. Seulement, le temps et l'intuition lui avaient permis d'en apprendre plus sur celui que beaucoup de gens se plaisaient à détester et il avait même commencé à l'apprécier. Il ne le lui avait pas dit, naturellement, mais il comptait de plus en plus pour lui.

L'homme à tout faire allait donc dire à son amie quelque chose qui n'avait aucun lien avec leur travail quand un étrange et très joli jeune homme vint l'interrompre.


-Il faut aller sur le toit. Tout de suite. Quelqu'un va mourir.

C'était vrai. Viktor le sentait. Sans attendre, il porta la main à ses clefs et il courut vers l'ascenseur, lequel mit deux ou trois éternités avant d'atteindre le dernier étage. Puis, avec un air apparemment calme mais des mains tremblantes, Viktor déverrouilla la porte menant au toit et s'engagea dans l'escalier à toute vitesse.

Une fois sur le toit, il vit une jeune femme, debout sur le bord. Elle était jolie, mais très maigre. On aurait dit une poupée que le vent allait casser. Viktor s'avança doucement vers elle et sn intuition frappa presque sa conscience. *Elle va sauter. Et on ne peut rien y faire.* Pourtant, il se devait d'essayer. Et si son intuition avait tort?


-Mademoiselle... Je suis venu pour vous aider...

Sa voix était juste assez forte pour être portée jusqu'aux oreilles de la jeune femme qui menaçait de tomber dans le vide. Il espérait vraiment qu'elle le croie et qu'elle veuille bien être aidée. Pour une fois, Viktor espérait que son intuition le trompait, sans toutefois réussir à croire que c'était vraiment le cas...

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Mer 28 Avr - 17:59

L’ambiance dans le hall était plutôt étrange. Premièrement, à son arrivée à la réception, Sara avait découvert qu’elle travaillerait avec Christopher. Chaque fois, un malaise persistait. Ils ne se disaient que le strict nécessaire pour assurer un travail efficace, ce qu’ils réussissaient la plupart du temps. Malgré les différends qui les séparaient, ils restaient toujours professionnels, préférant se taire plutôt que de se crier des bêtises. Et aujourd’hui, plus que d’habitude, ils avaient eut à travailler en équipe dans plusieurs situations. L’atmosphère déjà tendue s’alourdit davantage lorsque Viktor émergea dans la grande pièce. Un malaise s’enquit de Sara alors qu’elle voyait son cher ami se plier en quatre pour la rejoindre sans croiser son «ex», mais, obligations professionnelles obligeant, elle ne pouvait quitter son comptoir. Elle pouvait, cependant prendre quelques minutes, lorsqu’il n’y avait aucun client pour parler un peu. Bon, peut-être pas quand Cybelle était dans les parages, mais dans les autres situations… De toute façon elle aurait bien aimé voir Christo les avertir.

Cette situation peinait la jeune réceptionniste. Viktor était heureux avant. Viktor avait vraiment aimé Christo… et Sara aurait pu jurer que ça avait été réciproque jusqu’à ce soir de décembre, en cette soirée qui aurait du être magique, où tout s’écroula entre eux, désignant Christo comme le méchant. Sara n’avait jamais rien compris, Viktor non plus probablement. La seule personne qui aurait pu l’éclairer se trouvait à ses côtés mais elle s’était promis de ne jamais le lui en parler. Car si elle ouvrait une conversation sur ce sujet, tout ce qu’elle pensait de ce qu’il avait fait le soir de Noël , s’étalerait dans de grands cris sans qu’elle ne puisse les retenir. Elle savait qu’elle serait incapable d’avoir une conversation sensée avec lui. Elle finirait par tout déballer en hurlant et en le traitant de tous les noms… C’était toujours très tentant. Inefficace, certes, mais au moins ça défoulerais. Mais ils travaillaient ensemble, et Sara aimait beaucoup son travail. Elle gardait donc le silence.

Viktor allait lui dire quelque chose lorsqu’ils furent interrompus.


-Il faut aller sur le toit. Tout de suite. Quelqu'un va mourir.


Plus que les mots, le porteur du message attira l’attention de la jeune femme. James Harris. Tout remontait à si longtemps. Ils s’étaient fréquentés un moment, mais tout s’était arrêté avant de devenir sérieux. Elle ne savait que très peu de choses sur ce qui s’était passé dans sa vie après, mis à part, bien sûr, ce qu’Amber lui en avait dit… mais était-ce fiable? James était beau, encore plus beau qu’avant. Étrangement, à bien y penser, elle se rendit compte qu’elle l’avait imaginé à quelques reprise à l’hôtel depuis son arrivée. Malgré son air bouleversé, il restait charmant et… sexy… S’il n’avait été de la gravité de ses paroles, Sara serait probablement restée figée devant ce revenant d’un passé qu’elle avait cru oublié de longues minutes encore… Mais à en croire ses dires, la situation était grave. Elle ne chercha pas à savoir comment il avait eu cette grave information, elle se contenta d’imiter Viktor et de se diriger vers l’ascenseur.

Cet hôtel était bien trop haut. Durant la lente montée, elle fit abstraction de tout, craignant que James n’affecte ses capacités intellectuelles si elle y pensait trop. Elle préférait penser à ce qu’elle trouverait en haut, même si elle en avait peur. À un certain moment, les portes ouvrirent et elle se précipita à l’extérieur. Pour la seconde fois en très peu de temps elle se retrouve devant la fin imminente de son amie.


-Amber.

Les mots étaient tombés à la manière de ses bras le long de son corps. Sara aurait tout abandonné. Depuis, qu’elle avait trouvé Amber dans les douches, les deux poignets entaillés, elle avait passé le plus de temps possible avec elle. Est-ce que tout serait éternellement à recommencer? Et Sara comprit quelque chose. Sans savoir quoi au juste, elle su que James et Amber étaient reliés. Comment il avait fait pour savoir? Et pourquoi Viktor lui parlait-il à elle? Pourquoi étaient-ils tous les trois là réussis à tenter de garder en vie quelqu’un qui semblait n’avoir que le seul souhait de mourir?

Sara s’approcha sans rien dire, suivant les pas de Viktor. Inconsciemment, comme la dernière fois, la panique avait provoqué le déclanchement de son pouvoir. Merveilleux… maintenant tout le monde sur le toit lui donnerait le bon dieu sans confession alors que Sara elle-même n’aurait aucun souvenir d’avoir utilisé son pouvoir. Viktor parla. Il sembla à la jeune femme que c’était inutile et que ce n’était probablement pas la meilleure tactique avec Amber, mais elle n’avait pas grand-chose de mieux à proposer. Tout ce qu’elle trouvait concernait James. À son avis il était peut-être le seul à pouvoir faire quoi que ce soit. Sara se tourna vers lui et chercha son regard.


-Fais quelque chose James.

Elle se savait impuissante, mais ne pouvait laisser Amber sauter. Elle n’en avait pas le droit. Plus qu’un ordre, c’était une supplication qu’elle avait adressée à James. Elle ignorait s’il l’avait reconnu, s’il saurait pourquoi elle connaissait son nom, mais pour le moment rien n’était important à part la vie qui s’apprêtait à se briser définitivement. À peine eût-elle parlé qu’elle se retourna vers Amber et fit quelques pas supplémentaire dans sa direction. Elle devait être prête à agir. Elle avait l’impression qu’une brise pourrait faire basculer Amber dans cet abîme qu’elle chérissait et voulait rejoindre depuis si longtemps. Qu’un rien pourrait la renverser. Priant le vent de rester discret elle avança d’un dernier pas, pour se trouver juste derrière Viktor.
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Amber Badley

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Dim 2 Mai - 15:08

Cela faisait deux semaines que j’étais sortie de l’hôpital après l’épisode des douches. J’avais porté mes bandages pendant quelques jours seulement, je cicatrisais vite. À chaque fois que je les regardais, je me rappelais ce que j’avais fait à mes poignets et le sentiment de légèreté qui m’avait envahie. Je ne m’étais jamais sentie aussi bien qu’à la limite de la mort… Tout au long de mon séjour, je lisais dans les pensées de ceux qui gravitaient autour de mon cas que je les décourageais. J’étais, selon eux, une si belle jeune femme, qu’ils ne comprenaient pas ce qui me rendait si malheureuse. C’était pourtant simple la beauté ne suffit pas et personne ne me comprends jamais. Les gens ne sont toujours que de passage dans ma vie, ils passent et m’écorchent au passage, puis me laissent pour morte dans un coin de leur mémoire et continuent leur chemin comme si de rien était. Cependant, cela ne peut pas toujours fonctionné de la sorte dans la vie. Il y a parfois des gens qui ont besoin d’aide pour réparer les blessures que leur inflige la vie et les autres, j’étais dans cette catégorie. J’étais plus fragile que les autres, j’avais peut-être un trouble mental qui expliquait tout cela, mais reste que j’avais besoin de l’aide des autres. Mais personne ne m’aide jamais. Personne ne m’avait jamais aidé et personne ne le ferait jamais. Sara avait bien essayé, mais il était trop tard. De plus, la laisser entrer dans ma vie et courir le risque qu’elle soit sincère lorsqu’elle pense qu’elle veut m’aider serait une grave erreur. Cela ferait en sorte que tous mes idéaux seraient brisés et je devrais tout remettre en question, alors qu’il n’y a déjà rien de certain et de concret dans ma vie. De plus, cela lui donnerait une trop grande importance et je sais qu’au final, elle me fera du mal elle aussi…

J’avais pris ma décision il y a quelques jours. Rien ne me ferait changer d’avis et j’avais décidé d’utiliser un moyen de mettre fin à mes jours qui serait sans autre issue que la mort. Pas comme le tranchage des veines, qui, comme j’ai pu le constater, permet à quelqu’un de finir par venir me sauver. Je ne voulais pas être sauvée. Je ne pouvais pas l’être. C’était trop tard. J’avais eu trop de blessures, mon âme saignait en permanence et ce serait finalement cette hémorragie qui me tuerait. La nuit passée, j’avais été cherché le double de sécurité de la clé du toit qui se trouvait à la réception. Je savais que les seuls autres exemplaires étaient pratiquement greffés à Cybelle et Viktor, mais j’avais réussi à apprendre l’emplacement de celle de secours et c’est ce qui me libérerait de cette vie, enfin. Je venais donc tout juste de grimper l’Escalier qui menait au toit, de débarrer la porte, de bien la refermer et la rebarrer dernière moi. J’étais seule sur le toit, seule devant ma vie. C’était encore une fois, le combat de la fin. La dernière fois, on avait dû annuler notre combat, mais cette fois c’était différent. J’avais tout prévu, rien ne m’arrêterais, sauf le sol dur et froid en bas.

En m’avançant vers le rebord, très lentement, comme au ralenti, je voyais des séquences instantanées de ma vie. Tous les moments clés, positifs ou négatifs, passaient devant mes yeux. Certaines scènes se concrétisaient réellement à mes côtés sur le toit, dont celle de ma séparation avec James et ma dernière rencontre avec mon cousin. Je devais ralentir et tourner légèrement la tête sur le côté pour être en mesure de les regarder pour la dernière fois. Tous ces évènements me revenaient en mémoire pour me harceler, pour me détruire encore un peu. Je me mis à pleurer doucement, brouillant ma vue et rendant mes pas encore plus incertains. C’était comme si mon cerveau doutait que je puisse réellement le faire et qu’il me rappelait toutes les raisons pour lesquelles je devais le faire. Aujourd’hui, ici. Pas demain, pas ailleurs. C’en était réellement trop cette fois. Je ne pouvais plus continuer. C’était trop difficile. La vie était trop dure et moi trop faible. Les gens étaient trop méchants et moi trop sensible. Cela faisait déjà trop longtemps que je déambulais dans la vie comme un rat de laboratoire dans un labyrinthe. Je ne vivais pratiquement plus, c’.était ridicule de continuer. La dernière fois que je m’étais sentie vivante était lorsque j’avais fait pénétrer la lame dans mon poignet. Je voulais me sentir vivre encore et encore. J’espérais que la chute mortelle me procurerait le même genre de sensations exceptionnelles. J’étais désormais sur le rebord du toit. Je sentais le vide sous mes orteils, je voyais le sol en bas. Je me mis à pleurer encore un peu plus. C’était trop beau pour être vrai…

Soudain, j’entendis une voix derrière moi. Je ne les avais pas entendus arriver. J’étais trop occupée à penser à ma mort. Je me retournai avec précaution et une lenteur presque maladive vers eux, pour ne pas tomber tout de suite. Il y avait l’homme à tout faire de l’Hôtel, Sara et… James. Je n’arrivais pas à y croire. Je sentais que le couteau qu’il m’avait planté dans le dos venait de sortir de sa plaie béante pour y retourner et se tourner et se retourner. Sa seule vue me faisait du mal. Je sentis mes genoux défaillirent légèrement, causant une perte d’équilibre mineure. Si je n’avais pas eu plus envie de mourir que de le tuer, je me serais élancée vers lui. Oui Jason avait été affreux, mais James avait tout de même sa part de responsabilités. Il m’avait laissée partir sans rien faire et, inconsciemment, je lui en avais toujours voulu pour cela. Je sentais que mes yeux s’écarquillaient de rage, d’horreur et de peine. Mon visage se décomposait légèrement, pour faire apparaître une grimace démente et souffrante.


-Mademoiselle... Je suis venu pour vous aider...

Je reportai donc mon regard sur l’homme à tout faire. Il avait l’air sincère. C’était dommage de devoir faire ça sous le regard de témoins. Je croyais pouvoir être seule et ne traumatiser personne. Apparemment, ce ne serait pas le cas. Malgré toute la bonne volonté de ceux qui étaient présents sur le toit, je finirais par me jeter du haut du toit. C’était une évidence. Ils ne pouvaient rien y faire. À la limite, j’entrainerais quelqu’un avec moi dans ma chute, mais au moins je mourrais. Sara et James restaient à l’écart et Sara venait de dire quelque chose à James. Cependant, je ne l’avais pas entendu. Je pouvais lire dans leur esprit toute leur détresse et leur panique face à cette situation et cela me fit éclater de rire. C’était un rire profond, grave et rauque. Un rire de cinglée. Un rire de Badley.

-Il est trop tard. Personne ne peut plus m’aider. Ce sera bientôt fini…

Je tournai légèrement la tête pour regarder vers le sol avec envie, puis retournai mon attention vers mes supposés sauveurs.

-Alors je saute pendant que vous êtes ici ou vous partez pour ne pas voir ça ?

J’étais arrogante, mais c’était tout ce qu’ils méritaient. Ils auraient du venir à ma rescousse il y a bien longtemps. James le premier. Malheureusement, rien de cela ne s’était passé et j’en étais rendue là. Rien ni personne ne me ferait changer d’idée. Je terminerais sur la chaussée, en bas, avec certaines parties de mon corps en miettes, et ce, d’ici la fin de la journée…
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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Sam 15 Mai - 15:55

Heureusement, l'homme à tout faire n'avait pas donné à James l'occasion de s'emporter. Tout de suite, il avait agi, comme s'il savait que l'autre homme ne mentait pas. James n'avait pas eu à s'en prendre à lui ou à paniquer encore plus. Il avait suivit ce Viktor qui avait docilement rejoint l'ascenseur, prêt à aller sauver une hypothétique personne qui allait se jeter du haut de l'hôtel. Il n'avait même pas posé de question. Rien. D'un côté, c'était mieux ainsi; il ne faisait pas perdre de temps à James mais, en même temps, c'était étrange. Quelle personne normale irait avec un inconnu sur le toit de l'hôtel simplement parce qu'il sortait d'on ne sait où que quelqu'un allait mourir?

Ce n'est qu'une fois dans l'ascenseur, alors qu'il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre d'être enfin arrivé au dernier étage que James avait enfin porté attention à la jeune femme qui parlait avec l'homme à tout faire lorsqu'il était allé les interrompre. Elle les avait suivis et, finalement, le regard de James s'était enfin posé sur elle vers le vingtième étage, puisque regarder les chiffres qui défilaient l'angoissait encore pus. Sara Nortlen... Une vieille histoire. Un amour avorté. Et il était le seul responsable. Il y avait quelques années, James avait commencé à fréquenter Sara et une complicité certaine était née entre eux. Puis, il avait eu cette vision de la mort d'Amber et il avait choisi de la sauver plutôt qu'essayer de s'investir avec Sara. D'une certaine manière, Amber n'avait été qu'une excuse, qu'une fausse raison de s'éloigner de Sara. James avait eu peur, comme toujours. Il s'était plus facilement tourné vers une fausse relation, un amour qui n'existerait probablement jamais. Puis, il avait oublié Sara, de plus en plus, effaçant avec elle cette idée qu'ils auraient pu s'aimer. De toute manière, il n'aurait pas su comment faire. L'amour lui avait toujours fait très peur et il n'avait jamais été assez courageux pour l'affronter. Qui sait dans quel état il aurait fini?

Seulement, même s'il avait essayé de la sortir de sa mémoire, Sara avait continué à exister et, ce jour-là, elle était juste à côté de lui. Comme il y avait longtemps, James ne savait pas quoi lui dire. Alors, il se tut. Tout comme il en avait dit le moins possible lorsqu'il avait décidé de ne plus la fréquenter. La tristement célèbre lâcheté de James Harris avait toujours le dessus.

Une fois sur le toit, James cessa de respirer pendant plusieurs secondes. Il avait déjà vécu cette scène, longtemps auparavant. C'était exactement la vision qu'il avait eu d'Amber la première fois qu'il l'avait touchée. Alors, si elle se réalisait, cela signifiait deux choses: Amber mourrait, et tout était de la faute de James. Il avait voulu la sauver et, au final, c'était leur rencontre qui avait orienté le destin vers ce saut brutal dans un abîme mortel. S'il n'avait pas essayé de l'aider aussi maladroitement, avec tous ces mensonges, elle n'en serait pas arrivée à vouloir se jeter du haut de ce toit. C'était là le sens de la première vision qu'il avait eu. Mais il n'avait pas compris. Et elle mourrait à cause de lui. C'était presque comme s'il était son meurtrier.

-Fais quelque chose James.

La voix de Sara le fit sortir de son état de torpeur. Il y avait peut-être une chance, toute petite, que ses visions aient eu tort depuis le début. C'était insensé, mais James préférait ne pas réfléchir au sens des choses, ce jour-là. Il tenta de faire un sourire rassurant à Sara, pour lui laisser croire qu'il pouvait tout arranger, mais sa bouche refusa de lui obéir, préférant se tordre légèrement vers le bas. Puis, James contourna l'homme à tout faire et s'approcha d'Amber.

-Il est trop tard. Personne ne peut plus m’aider. Ce sera bientôt fini…

Ce rire, ce regard presque affectueux vers le sol... Amber avait perdu la raison. James refoula un frisson, un frisson qui lui reviendrait souvent, quand il serait seul. Devait-il vraiment l'empêcher de sauter? Elle voulait mourir, depuis aussi longtemps qu'il la connaissait. Peut-être ne pourrait-elle jamais être heureuse? Non. Il ne pouvait pas penser ce genre de choses. Il y avait toujours un moyen...et il le trouverait, même s'il devait encore se sacrifier. James ne se sentait pas capable d'assumer une nouvelle mort sur sa conscience.

-Alors je saute pendant que vous êtes ici ou vous partez pour ne pas voir ça ?

James s'avança alors vers la jeune femme, doucement mais pas trop lentement, l'air profondément gentil. Une fois assez proche d'elle, il arrêta d'avancer, mais il lui tendit la main.

-Amber, s'il te plait. Ça fait un an que je te cherche partout, pour t'aider. Je suis ici pour toi. Ne saute pas, je t'en prie. On va trouver ensemble comment te rendre heureuse.

Sa voix tremblait sous l'émotion, mais James était sincère. Il voulait tellement la sauver...
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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Sam 15 Mai - 16:18

[Désolé pour la longueur, mais bon.]

L'intuition de Viktor ne se trompait que très rarement. En réalité, la seule fois qu'elle l'avait trahi, c'était en lui laissant croire que Christopher Beaudoin était une personne bien. L'homme à tout faire avait appris trop tard à quel point c'était faux. Lui qui n'avait jamais aimé d'amour auparavant, il avait découvert la douleur d'un coeur qu'on brise. Christo avait arraché un morceau du sien et le vide qu'il avait laissé brûlait encore l'âme de Viktor. Peut-être qe l'intuition de l'homme à tout faire devenait inefficace quand il était question d'amour. C'était la seule explication possible puisqu'elle ne lui avait jamais menti dans un autre cas.

Amber allait mourir, ce jour-là, en se jetant du haut de ce toit. C'était une certitude qui empoisonnait Viktor avec de plus en plus d'efficacité. Il ne pourrait pas l'aider; il le savait. Sara et l'autre homme n'y pourraient rien non plus. Elle était déjà condamnée. Elle s'était déjà condamnée. Pourtant, l'homme à tout faire espérait se tromper. Il souhaitait tellement trouver comment aider Amber. Peut-être que l'homme qui savait qu'elle risquait de mourir trouverait comment l'empêcher de sauter?

Le rire d'Amber résonna dans la tête de Viktor, comme une mélodie funèbre sur un piano désaccordé. Il n'avait rien de joyeux ou de musical. Il était fait de fausses notes tranchanes et amères. C'était le dernier rire d'un fou qu'on emmenait à la chaise électrique. Amber Badley avait disjoncté, c'était plus que clair. Même si on empêchait son corps de se jeter dans le vide, son esprit s'était déjà déconnecté de ce monde.


-Il est trop tard. Personne ne peut plus m’aider. Ce sera bientôt fini…

La présence de Sara, derrière lui, le rassurait dans cette tempête démente dont Amber était la source. Un ouragan d'un calme inquiétant. Ils étaient dans l'oeil du cyclone, bercés par les paroles coupantes et le rire douloureux de la jeune femme. Bientôt, ils en sortiraient et devraient affronter l'horreur. La mort.

James s'avança vers Amber en lui tendant la main et Viktor pria silencieusement pour qu'elle la prenne. Si elle le faisait, ce serait prouver qu'il y avait encore une partie d'elle qui espérait, qui désirait vivre.


-Amber, s'il te plait. Ça fait un an que je te cherche partout, pour t'aider. Je suis ici pour toi. Ne saute pas, je t'en prie. On va trouver ensemble comment te rendre heureuse.

Ni Viktor ni Sara ne pouvaient agir. L'homme à tout faire voyait dans les yeux d'Amber que James avait la plus grande importance. Lui seul pouvait encore la sauver. Il était leur seul espoir, avec sa main tendue vers elle, comme une bouée dans une mer déchaînée de larmes acides.

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Lun 7 Juin - 18:09

[HJ: Sorry pour la longueur]

Le vide semblait lancer un ultime appel à Amber, la suppliant dangereusement de venir le rejoindre. Et la pauvre jeune femme semblait avoir affreusement envie de le rejoindre, comme en témoigna l’affreux rire qui sortit de sa bouche. Un rire macabre, un rire dément. La chose devant Sara n’était plus l’amie qu’elle avait tenté d’aider. Le vent, le vide, la mort, l’avait transformé en bête étrange, assoiffée par sa propre déchéance.

-Il est trop tard. Personne ne peut plus m’aider. Ce sera bientôt fini…

Et Sara la crut. Étrangement, à cet instant elle sut qu’elle ne pourrait rien faire. Elle pouvait tout abandonner, ne plus se soucier d’Amber, c’était terminé, elle en était certaine. Ou du moins, si elle s’en sortait, ce serait elle qui l’aurait décidé. Et malheureusement, ce ne serait que partie remise. «À la prochaine fois.» Amber n’était pas de celles qui mourraient de vieillesse dans un foyer de personne âgée. Elle aurait une mort tout aussi tragique que l’avait été sa vie.

-Alors, je saute pendant que vous êtes ici ou vous partez pour ne pas voir ça?

Elle semblait presque s’amuser. Elle approchait du dernier « GameOver » du grand jeu qu’était sa vie, continuant de tourner autour de la mort, sachant que la fin était inévitable. Elle ne semblait plus vouloir combattre, seulement s’amuser une dernière fois. Elle prenait plaisir à cette mise en scène, ce qui dégoutait Sara. Elle savait qu’elle ne partirait pas avant qu’Amber ne soit descendue, d’un côté ou de l’autre, de la rambarde. Et elle savait aussi que la jeune femme ne se souciait plus du choc qu’ils auraient, après. Peut-être encouragé par ce que Sara lui avait dit, James s’avança vers Amber, la main tendue.

-Amber, s'il te plait. Ça fait un an que je te cherche partout, pour t'aider. Je suis ici pour toi. Ne saute pas, je t'en prie. On va trouver ensemble comment te rendre heureuse.

Sara souhaitait plus que tout qu’Amber saisisse cette main. Saisisse sa vie, sa chance. Tant pour la jeune femme que pour ceux qui assisteraient à sa chute si elle ne la saisissait pas. Elle pensait à Viktor, si sensible, qui aurait faussement sur la conscience cette mort. Faussement, car la seule responsable serait Amber elle-même, si personne ne pouvait l’empêcher, personne ne la provoquerait. Sara pensa aussi à James. Si ce qu’il disait était vrai, il tenait à la jeune femme, et serait probablement bouleversé de sa perte. Elle ne pensa pas à elle. Elle n’était pas très importante dans tout cela. Amber était son amie oui, mais dans tout ce tumulte en hauteur, elle ne pensa pas une seconde à ce qu’elle ressentait, ou pourrait ressentir si le pire arrivait. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était qu’Amber finisse par tendre sa main à celle de James, pour qu’enfin tout se termine.
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Amber Badley

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Déprimée et déprimante

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MessageSujet: Re: On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV] Sam 7 Aoû - 21:54

[HJ : Désolée du délai, je ne veux voulais tout simplement pas la tuer… Sad]

S’il y avait bien une chose au monde que je souhaitais, c’était que les choses s’arrangent. Je voulais seulement retrouver une existence normale et sereine. Comme tout le monde. J’avais toujours eu cette impression d’être différente et de que je le serais toujours. C’était comme s’il y avait quelque chose dans mon aura qui me mettait dans une classe à part. Comme si tout le monde pouvait voir une affiche en néon au dessus de ma tête avec écrit : oiseau de malheur. Ma différence je ne la comprenais pas, mais mon rejet venait exclusivement des autres. C’est pourquoi je faisais tout pour qu’ils m’aiment. Mais je l’avoue, j’avais abandonné le combat. Il y avait quelques temps. Cela n’en valait pas la peine. La race humaine était trop dégoutante pour faire quoi que ce soit de bien. C’est d’ailleurs pourquoi, malgré toutes mes bonnes intentions pour que les choses aillent mieux, je ne croyais pas au fait qu’elles pourraient éventuellement le faire, mais peut-être qu’avec de l’aide, tout irait mieux. Elles allaient réellement mieux, à une certaine époque. Cependant, cette époque était révolue, ma source d’aide était partie. Je l’avais abandonné en partant à la recherche de Jason. C’était la première fois que je le revoyais. C’était si bon. Il y avait une douce chaleur en moi, comme un ultime espoir que les choses pourraient réellement s’arranger. En effet, si, si près du but, je le retrouvais, c’était bien un signe positif pour le futur, non?

Lorsque je le vit s’approcher, je fis un pas vers lui moi aussi. C’était un pas rempli d’espoir, d’excuses et surtout de tendresse. Je restais cependant sur le rebord du toit. Les larmes coulaient toujours sur mes joues. Des larmes de joie et de tristesse qui se mélangeaient les unes aux autres pour ne créer qu’un barbouillis sur mes joues. Je voulais qu’il vienne me prendre dans ses bras et me dise que tout irait bien, comme avant. Comme il y a trop longtemps. J’avais fait bien des crises en sa compagnie et il était toujours resté calme et aimant, à mes côtés, en attendant que la tempête passe. Et elle était passée. Mais elle ne passait plus. J’étais désormais prisonnière d’une tempête qui ne s’arrêtait pas, qui ne s’arrêterait jamais. La plus violente, la plus longue et la plus douloureuse que j’ai jamais vécue… Peut-être était-il le seul moyen de revenir parmi les vivants?


-Amber, s'il te plait. Ça fait un an que je te cherche partout, pour t'aider. Je suis ici pour toi. Ne saute pas, je t'en prie. On va trouver ensemble comment te rendre heureuse.
-James…

Ses paroles étaient tellement réconfortantes et tellement sincères, je le sentait. Elles sonnaient comme la plus belle des musiques dans mon cœur. Je le retrouvais enfin et il ne voulait que m’aider. Comme moi je ne voulais qu’il m’aide. Il avait été le seul à me comprendre, encore une fois. Mon cœur s’était instantanément rempli de joie et d’espoir. Je sentais déjà les nuages disparaître pour laisser place au soleil. Le soleil ne brillait que lorsque j’étais avec lui… Je m’étais accroupie, pour être plus près de lui et m’étais mise à pleurer, de joie seulement cette fois. J’avais enfoui la tête dans mes genoux et de petits sanglots faisaient trembler tout mon corps. Lorsque je relevai la tête et que je vis sa main tendue, je craquai. J’avançai ma main vers la sienne, lentement, tout en pleurant.

Je ne sais pas trop pourquoi je ne l’avais pas fait avant, mais je réalisai, à ce moment précis, que quelque chose clochait. Je suspendis mon geste, quelques secondes, alors que ma main était à mi-chemin d’avec la sienne et le regardai intensément dans les yeux. Normalement, cela suffisait pour que je puisse avoir un contact avec quelqu’un, si je ne l’avais pas instantanément. Cependant, cette fois, c’était différent. Je ne réussissais pas à avoir ce contact mental. Je n’avais plus accès à ses pensées. Pourtant, je l’avais la dernière fois qu’on s’était parlé, qu’on s’était vu, qu’on s’était embrassé. Quelque chose avait changé en lui. Quelque chose de trop gros pour que je puisse le tolérer. Je cessai de pleurer totalement, je fronçai les sourcils et ramenai ma main vers moi. Peut-être même n’était-il pas le vrai James. Qu’un faux, envoyé par je ne savais qui que pour me faire souffrir, encore un peu. Cependant, personne n’aurait le dessus sur moi cette fois-ci. Je ne me laisserais pas berner. Le soleil ne brillerait plus jamais, même si j’étais avec lui. C’était fini. C’était trop tard. J’avais eu raison. Je me relevai rapidement et reculai d’un pas, pour ainsi revenir à ma position de départ.


-Désolée James, mais j’ai dit que c’était trop tard…

Ma voix avait été froide et basse. C’était presqu’un chuchotement, une excuse. Je savais exactement la distance qui me restait avant de tomber. Il ne me fallait qu’un pas, un seul pas. Je regardai les autres gens présents sur le toit, puis plantai mon regard dans celui de James. Je recommençai a pleurer. J’y avais tellement cru. J’avais eu tellement d’espoir en lui, même si je ne lavais revu que quelques secondes. J’y avais réellement cru et cette dernière déception était tellement trop douloureuse. Je gardai mon regard dans le sien encore quelques secondes, puis fit le dernier pas vers le vide.

Je me sentais soudain tellement bien. Je fermai les yeux pour garder en moi l’image de James, jusqu’à ma fin. Le vent me portait presque, je me sentais tellement légère, tellement invincible. La liberté totale, enfin libérée de tout ce poids sur mes épaules. J’avais même l’impression d’avoir des ailes, tellement ma chute était douce et lente. Je vis ce fameux fil de ma vie. Il était en noir et blanc, presque monochrome, a quelques exceptions près. Tous les moments passes avec James étaient en couleur, eux, sauf ce dernier moment. Je comprenais que trop bien la signification de ces couleurs. J’avais fait le mauvais choix. Mais même l’aide de James ne valait pas la sensation que j’étais entrain de vivre. En tombant, je me dis que l’hôtel était plus haut que ce que je croyais finalement, mais cela n’avait pas d’importance. Je tombais et j’étais enfin bien. C’est ce bien-être que j’avais recherché si longtemps. Je l’avais enfin.

Lorsque j’heurtai le sol de bitume, je ne le sentis presque pas. J’étais morte heureuse, contrairement à ce que j’avais cru une bonne partie de ma vie…
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On ne peut pas s'envoler avec des ailes brisées [PV]

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