AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Oliver Michalchuck

* * * * * * * * * * * *


Messages : 23
Date d'inscription : 16/04/2010
Localisation : Caché tout près de Cybelle


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Dim 2 Mai - 0:12

[HJ : Début avril]

Oliver se dirigeait vers la chambre de Cybelle. Cela lui avait pris tout son petit change pour se convaincre, mais il avait fini par sortir de sa chambre pour se diriger vers celle de la propriétaire. Le fait est que, cette discussion qu’il allait tenter d’avoir avec Cybelle, elle aurait dû se dérouler il y a quatre mois. À Noël. En fait, il était allé au bal organisé par l’hôtel, mais était resté à l’écart, la regardant de loin, lorsqu’il l’avait vu au bras d’un autre homme. Ensuite, la crise avec une jeune femme hystérique et un haut-parleur avait occupé trop longtemps Cybelle et Oliver s’était découragé. Cependant, il avait toujours quelque chose à lui remettre, quelque chose d’important à ses yeux. Cela lui avait donc ensuite pris quatre mois, qui lui avaient semblé une éternité, avant d’être en mesure de pouvoir la rencontrer de nouveau.

Pendant ces quatre mois, Oliver avait observé les faits et gestes généraux de Cybelle, pour être en mesure de connaître ses allées et venues et ainsi pourvoir dire à quel moment elle était immanquablement dans sa chambre et disponible pour lui parler. Évidemment cette étude pourrait être la seule raison de son si long délai, simplement il y en avait un autre. Le fait est qu’Oliver est timide, le rendant ainsi parfois lâche. Cela lui avait tout prix également pour aller parler à Cybelle, lors de leur première rencontre dans le petit parc de l’Hôtel. Il l’avait d’ailleurs fait principalement par hasard et par désespoir, puisque sa bien-aimée ne se trouvait dans un état d’esprit des plus joyeux. Cependant, c’est également précisément à cause de cette dernière rencontre qu’Oliver hésitait tant à aller faire cette visite surprise à la propriétaire. En effet, ils ne s’étaient pas laissés dans les meilleurs termes. Cybelle l’avait insulté de plusieurs manières, notamment en le traitant d’attardé, puis était partie, en lui faisant comprendre qu’elle ne voulait plus jamais avoir affaire à lui… Vous comprendrez donc que cela pouvait refroidir un homme, surtout Oliver.

Ce qui avait finalement fini par convaincre Oliver de la faire était qu’il voulait trop savoir de choses. Il y avait trop de choses encore floues et nébuleuses pour qu’Oliver abandonne aussi vite son projet. Il ne voulait pas abandonner et se dire que tout ce qu’il avait fait jusqu’alors était pour rien. Toutes ces démarches lui avaient coutées beaucoup, et ce, sur différents plans. Il avait perdu du temps, de l’argent et quelques parties de lui. Cependant, il continuait de se battre pour retrouver Cybelle, pour l’avoir dans sa vie et pour connaître la vérité, car c’était tout ce qui comptait. Cybelle et la vérité était ses deux obsessions et le hasard faisait bien les choses puisque ces deux obsessions étaient en fait reliées.

Oliver avait tellement pensé souvent à ce qu’il allait dire, et encore en chemin il essayait de se répéter mentalement ce qu’il pourrait bien dire à Cybelle qu’il ne s’était même pas aperçu qu’il était déjà arrivé à destination. Relevant les yeux et remarquant le numéro de chambre, il dû même revenir légèrement sur ses pas, puisqu’il l’avait dépassée. Maintenant, il ne pouvait plus reculer. C’est donc avec les mains imperceptiblement tremblantes qu’il cogna à la porte et qu’il tenait son petit paquet cadeau. Oliver baissa la tête et attendit une réponse. Il espérait que Cybelle apprécierait le collier en forme de cœur qui s’y trouvait. Lorsqu’il releva la tête, la porte était ouverte et Cybelle s’y trouvait. Un magnifique sourire éclaira les traits d’Oliver, le rendant encore plus beau.


-Bonsoir Cybelle. Je peux entrer?

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Cybelle Douglas

* * * * * * * * * * * *
L'enragée qui dirige l'hôtel

Messages : 71
Date d'inscription : 15/04/2010
Localisation : En train d'épier mes employés


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Dim 9 Mai - 22:31

Le noir et les couleurs s'entremêlent.
S'entretuent.
Les cris et les murmures se répondent.
Se répètent.
La laideur et la beauté se dispersent.
Se discordent.

La folie et la raison se dévisagent.
Se dévorent.


La peur se cachait derrière toutes les ombres de la chambre de Cybelle Douglas. La jeune femme se craignait elle-même. Il y avait longtemps qu'elle redoutait de perdre l'esprit et, chaque jour, elle avait l'impression de s'approcher un peu plus de la démence. Elle se cachait dans une colère constante et une obsession maladive pour la perfection dans tous les domaines. Cybelle était toujours bien coiffée, bien habillée et bien maquillée. Sa chambre était toujours bien rangée et elle exigeait de ses employés la même rigueur. Son hôtel devait être impeccable. Le moindre détail de travers lui donnait une raison de crier, de rager et de menacer le coupable, ou le présumé coupable, des pires choses en son pouvoir. Cybelle devait tout contrôler, tout voir, tout savoir... Son hôtel était ce prétexte facile pour ne rien laisser d'autre prendre de l'importance dans sa vie. Personne ne s'approcherait d'elle.

La jeune femme ne pouvait supporter l'idée qu'une personne puisse voir à quel point elle tremblait à la seule idée d'affronter le monde extérieur et, même parfois, d'être seulement avec elle-même. D'ailleurs, depuis l'étrange scène avec Christo, Cybelle cherchait quoi penser et, surtout, comment empêcher que ce genre de choses se reproduise à nouveau. Elle ne devait pas laisser les gens s'approcher d'elle... Elle en avait sa leçon, une fois encore. Mais d'où pouvaient venir ces hallucinations qui la prenaient parfois? Habituellement, cela ne lui arrivait que la nuit, lorsqu'elle était seule dans sa chambre, à oublier un peu d'être obnubilée par son hôtel. Pourquoi avait-elle imaginé son beau-père alors qu'elle était justement en train de s'en prendre à un employé de l'hôtel? Elle devenait de plus en plus folle; il n'y avait pas de doute.

Bien sûr, elle avait pensé à consulter. Cybelle s'était dit qu'elle pourrait prendre rendez-vous avec un professionnel et suivre une sorte de thérapie pour, finalement, peut-être devoir prendre quelques médicaments qui la rendraient à peu près normale... Trois séances furent nécessaires pour qu'elle abandonne. Le psy lui avait sorti ses grandes théories tellement faciles à appliquer à tout le monde: elle avait vécu un traumatisme durant son enfance qui l'empêchait de mener une vie convenable d'adulte. Foutaises. Nommer un problème de cette façon ne pourrait pas aider Cybelle. Comment espérer aller mieux si on se faisait dire qu'au fond, on n'était qu'une personne faible, incapable de grandir à cause d'une épreuve qui nous avait écrasée alors qu'on n'était qu'une enfant? Ce n'était qu'une catégorie où jeter les gens qu'on ne voulait pas vraiment aider. Des gens moins importants, pas normaux, brisés et probablement irréparables. Une autre prison pour les fous.

Debout devant son miroir, en sous-vêtements noirs, l'air vide, Cybelle détâcha ses cheveux. Elle venait de terminer de se démaquiller, mais le tour de ses yeux demeurait noirci par toutes ces heures d'insomnies qui lui étaient si familières. On frappa à la porte, chassant brusquement le silence de la chambre, et le corps frêle de la jeune femme sursauta. Elle jeta un regard haineux à la porte en se dirigeant vers le placard, en préparant déjà le commentaire acerbe qu'elle servirait à l'employé qui osait venir la déranger. Après avoir rapidement enfilé un peignoir en satin violet foncé qui lui allait à la mi-cuisse, Cybelle ouvrit la porte.


-Bonsoir Cybelle. Je peux entrer?

La jeune femme écarquilla les yeux et resta plantée là, sans un mot, à le fixer pendant plusieurs secondes. *Il n'avait pas enfin disparu, lui?*

-Je...euh...oui...?

Pourquoi avait-elle accepté? Était-ce le sourire angélique d'Oliver? Elle n'arrivait pas à le dire. La jeune femme sentait toutefois qu'elle n'avait rien à craindre de lui et, en même temps, elle tenait à s'enfermer à nouveau dans sa chambre. L'air du corridor était si froid...et Oliver ne partirait certainement pas bientôt: il avait une franche tendance à être collant.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Oliver Michalchuck

* * * * * * * * * * * *


Messages : 23
Date d'inscription : 16/04/2010
Localisation : Caché tout près de Cybelle


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Jeu 27 Mai - 21:58

Oliver avait été choqué et blessé par la réaction de Cybelle lors de leur première rencontre. Il s’attendait à ce qu’elle ne réagisse pas comme tous les autres, qu’elle comprenne, qu’elle ressente ce lien spécial qui les unissait… À la place, Cybelle l’avait repoussé en l’insultant. Oliver avait vu, au fond des yeux de sa douce, que quelque chose n’allait pas. Il y avait une fissure, une cassure plutôt, très importante. Comme si tout l’être de Cybelle était brisé et qu’elle avait tenté de le réparer, sans grand succès. À toute les fois qu’Oliver se repassait leur premier contact, il était fâché au début, puis tentait de comprendre ce qui s’était passé et finissait par s’en vouloir de ne pas avoir été à ses côtés pour la protéger. C’est d’ailleurs pour la protéger et comprendre qu’Oliver ne la lâchait pas. Il aurait pu fuir l’Hôtel une fois cette scène passé avec Cybelle, cependant, il avait tellement espoir de retrouver à nouveau sa Cybelle d’avant, qu’il n’abandonnerait jamais. D’ailleurs, il l’avait déjà abandonné une fois et cela l’avait déchiré lui, beaucoup plus qu’elle apparemment, à un point inimaginable, il ne se voyait donc pas l’abandonner une fois de plus. Surtout que cette fois, il serait pleinement conscient que ce serait un abandon et qu’ils ne se reverraient pas…Il n’avait pas fait tout ça pour l’abandonner bêtement, il persévèrerait, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il voulait.

Il avait fini par cogner à sa porte. Ce serait leur première conversation depuis plusieurs mois et Oliver s’attendait au pire. Il ne savait même pas si Cybelle lui ouvrirait la porte. Si elle regardait dans l’œil magique de la porte et le reconnaissait, elle s’en irait probablement retourner à ce qu’elle était entrain de faire avant qu’il ne frappe à la porte. Il avait donc été surpris qu’elle ouvre la porte et qu’elle lui laisse même le temps de parler et d’installer un minimum le ton sur lequel il voulait que les évènements se produisent. En attendant une réponse, Oliver scruta ses traits, son apparence et tenta d’analyser son état d’esprit. Il avait l’habitude, cela ne lui prendrait donc pas beaucoup de temps. Elle semblait un peu perdue, mais surtout très triste et fatiguée. Elle avait mauvaise mine, sans être horrible. Elle avait les yeux cernés, comme quelqu’un qui ne dort pas ou que très mal depuis plusieurs mois, voire même des années, les cheveux légèrement en bataille, comme si elle avait simplement oublié de les brosser et ne portait qu’une robe de chambre en satin violet foncé. Oliver ravala avec difficulté sa salive et reporta son attention sur les yeux de Cybelle. En plongeant son regard dans le sien, il cru tomber dans un gouffre. Un gouffre gris et sans fin, avec les rebords parfois cassés, mais surtout tranchants de honte, de peine et de solitude. Il y avait un terrible secret qui se cachait dans les trippes de Cybelle. Oliver en était persuadé. Peut-être était-ce même relié à son histoire, à leur histoire? Il le saurait peut-être bien assez vite, si Cybelle coopérait…

Lorsque Cybelle lui donna la permission d’entrer, Oliver resta l’espace de quelques secondes, assez étonné. Il cessa de respirer et ne faisait que cligner des yeux, la bouche légèrement entrouverte. Il avait l’air stupide, mais cela ne dura pas. Il se reprit assez rapidement et passa dans l’ouverture qu’il y avait entre Cybelle et le cadrage de la porte de la chambre. En pénétrant dans cette pièce, Oliver se sentit étrange. Il ne savait pas ce qui pouvait expliquer ce sentiment. C’était un mélange de voyeurisme et de bien-être. Cependant, ce qui le frappa le plus fut la chaleur qui régnait dans la pièce. Il lui semblait presque être dans un sauna, ou alors c’était l’Enfer… Oliver portait un veston et une chemise de coton boutonné jusqu’au cou. Il se permit donc de retirer son veston, de le jeter négligemment sur son épaule, après avoir défait également quelques boutons de sa chemise. Il mit la main qui ne tenait pas son veston sur son épaule dans sa poche et fit un rapide bilan de la chambre de Cybelle. Tout était bien rangé. Peut-être trop. Cela semblait être maladif, pour Oliver. Il n’y avait rien qui trainait, rien qui semblait déplacé et rien qui dépassait de nulle part. Oliver remarqua également qu’il n’y avait pas vraiment de décoration particulière ou d’objets personnels. C’était vide et froid, malgré la chaleur qui régnait. La chambre semblait être inhabitée. Heureusement que Cybelle lui avait ouvert la porte, sinon il aurait cru être tombé sur une chambre vide. Oliver trouva cela curieux et ne comprit pas ce qui justifiait cette caractéristique. Si Cybelle avait été seulement de passage, comme un client banal, cela aurait été normal, mais elle habitait carrément dans cette chambre. C’était sa maison, son refuge, son endroit juste pour elle. Pourquoi n’avait-elle pas pris le temps de faire en sorte que sa chambre lui ressemble? Le look épuré et froid de la chambre pouvait se rapprocher du fait qu’elle soit aussi autoritaire avec ses employés et avec les étrangers. Cependant, Oliver savait que Cybelle n’était pas réellement comme ça. Ce n’était qu’une façade, qu’un jeu de rôles quotidien. Serait-elle assez perturbée pour tenter de se convaincre elle-même qu’elle est si glaciale que ce qu’elle montre?

Oliver se posait mille et unes questions. Les choses se bousculaient dans sa tête. Il aurait aimé poser toutes les questions qu’il se posait à Cybelle, mais cela était trop tôt entre eux. Il était tellement troublé par l’aspect de la chambre de Cybelle qu’il avait oublié qu’il devait lui parler et lui remettre quelque chose. Il n’avait plus dit un mot depuis son entrée dans la chambre, à croire qu’il avait oublié la présence de la propriétaire…

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Cybelle Douglas

* * * * * * * * * * * *
L'enragée qui dirige l'hôtel

Messages : 71
Date d'inscription : 15/04/2010
Localisation : En train d'épier mes employés


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Mer 21 Juil - 13:20

Cybelle avait l'impression que sa vie lui glissait entre les doigts, depuis un certain temps. Elle avait toujours senti qu'elle ne pourrait jamais contrôler à sa guise tout ce qui lui arriverait, mais c'était pire depuis quelques semaines. Elle oubliait des choses, en mélangeait d'autres... Elle avait même perdu ses clefs, quelques fois. Pourtant, habituellement, la jeune femme avait tellement d'ordre qu'elle n'égarait rien. Cybelle était une maniaque de l'ordre et de la propreté. Elle en devenait oppressante pour ses employés et, parfois, pour certains clients habitués. Le pire, c'était qu'elle s'en rendait compte. Elle le faisait exprès. La jeune femme se concentrait à essayer d'avoir une prise sur tout ce qui l'entourait, comme si cela lui permettait d'oublier que sa propre raison lui échappait. Elle ne s'expliquait pas comment ses souvenirs de jeunesse pouvaient être si flous ni pourquoi il y avait comme des trous dans sa mémoire. On aurait dit que quelqu'un avait gommé sa mémoire, ne laissant que des images résiduelles pales et déformées. Parfois, elle se rappelait de choses qui ne pouvaient pas être arrivées. Elle se souvenait de gens qu'elle ne connaissait pas, de lieux où elle n'était jamais allée, de moments qu'elle savait n'avoir jamais vécus. Plus le temps passait, plus ce qu'elle pensait savoir de sa jeunesse devenait flou et cédait la place à des images qu'elle savait fausses. Deviendrait-elle complètement folle?

Pendant quelques secondes, face à la glace, Cybelle détailla son reflet alors qu'elle relâchait ses cheveux. Presque nue, elle se trouvait repoussante. C'était pourquoi elle s'habillait toujours avec goût, sans jamais trop montrer de sa peau. Parfois, lorsque l'occasion nécessitait un vêtement plus chic, elle osait une robe qui découvrait ses épaules, mais elle n'était jamais vraiment à l'aise. Elle se savait trop mince, mais la nourriture se bloquait dans sa gorge. Cybelle ne parvenait jamais à manger beaucoup sans avoir la nausée. Il était vrai que sa silhouette était loin de produire une ombre très large, mais elle n'était pas aussi horrible que l'imaginait sa propriétaire. Elle avait tout de même un peu de chair, un peu de formes, même si elle restait assez minuscule. Si la jeune femme n'avait pas eu presque en permanence un regard si dur et une posture si droite, elle aurait pu avoir l'air fragile.

Généralement, personne n'osait venir voir la propriétaire de l'hôtel à sa chambre. Déjà, quand elle se promenait dans les aires publiques, on essayait de l'éviter. Il fallait un sacré culot et, surtout, un courage proche de l'insouciance pour aller la déranger dans ses quartiers privés. Cybelle fut donc assez étonnée d'entendre qu'on frappait à sa porte. Il existait donc une personne assez bizarre pour transcender des règles aussi fondamentales?

Cybelle laissa néanmoins l'intrus entrer, sans trop comprendre pourquoi elle ne le chassait pas d'une série de commentaires acerbes. Lorsqu'il passa près d'elle, la jeune femme nota qu'il sentait très bon. S'il avait pu s'abstenir d'exister, de ne pas la lâcher, et s'il n'avait pu être que cette odeur si douce, Cybelle l'aurait apprécié. Mais il était là. Encore. Trop. Ne se laisserait-il pas d'elle, une bonne fois pour toutes? Il avait arrêté d'être envahissant, pendant un certain temps, mais il revenait, semblait-il... Que lui voulait-il tellement? Et pourquoi avait-elle l'impression de le connaître depuis des années alors qu'elle ne l'avais jamais vu avant qu'il ne débarque à son hôtel, quelques mois plus tôt?

Oliver enleva son veston et sembla presque sur le point de se débarrasser aussi de sa chemise. La jeune femme eut un regard mauvais. Pour qui se prenait-il? Et il faisait si froid... Cybelle le fixa sans ciller alors qu'il regardait, sans gêne, dans sa chambre, et elle réalisa qu'il avait vraiment l'air de quelqu'un qui était là pour rester. La jeune femme soupira en réalisant qu'Oliver lui userait encore les nerfs pendant plusieurs minutes avant d'enfin disparaître, mais elle ne le chassa pas. C'était un résident, après tout, et il était trop stupidement gentil pour qu'elle ait envie de le blesser. Encore. Il avait presque pleuré, la première fois, et elle n'avait pas envie de devoir repenser sans cesse à sa propre méchanceté une fois qu'il serait parti. Cybelle attrapa donc le veston de cet invité qu'elle aurait préféré éviter et elle le déposa sur une chaise, près de la porte, avant d'aller s'asseoir, dos à son miroir, plus loin.


-Alors? Je présume que tu n'es pas venu ici dans le seul but d'admirer la décoration.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Oliver Michalchuck

* * * * * * * * * * * *


Messages : 23
Date d'inscription : 16/04/2010
Localisation : Caché tout près de Cybelle


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Jeu 7 Oct - 11:05

[HJ: Pardonne mon retard, je t'en prie!!!]

Oliver regardait la chambre et ne cessait de se s’imaginer Cybelle s’y déplaçant. Il regardait chaque recoin en se demandant ce que Cybelle y faisait, comment elle s’y tenait… tout en restant évidemment dans la décence. Non pas que ce fut facile, mais Oliver se disait que d’Avoir des pensées obscènes sur Cybelle alors qu’elle se trouvait seulement à moins d’un mètre de lui était plutôt risqué. Ce n’était pas parce qu’il se disait qu’elle pouvait peut-être lire ses pensées, mais simplement que ces pensées le mettraient dans un tel embarras qu’il serait venu ici pour rien au fond, car il repartirait en oubliant probablement de lui donner son cadeau. Ce qui était ridicule. Cela lui avait tellement pris de courage, de volonté et de temps pour oser s’aventurer ici qu’il ne voulait pas tout gâcher en laissant ses pulsions purement humaines prendre le dessus. Il ne devait pas oublier ce pourquoi il était venu ici. Il devait lui remettre ce cadeau, et tenter de lui parler.

Cependant, c’était plus fort que lui. Il ne pouvait pas s’empêcher de se poser une tonne de question. Cybelle étant pour lui une véritable énigme, il ne voulait que toujours en apprendre plus sur elle. C’est en regardant sa chambre qu’il se rendit compte qu’il était bel et bien dans son environnement personnel. Ce qui pouvait être tellement révélateur de la vraie personnalité de Cybelle. Peut-être y trouverait-il un indice de leur ancienne vie commune? Tout en cherchant du regard cet indice, il ne cessait de se poser mille et unes questions, comme d’habitude. Comment elle s’assoyait sur telle chaise, comme elle faisait son lit, comment elle dormait, comment elle regardait la télévision, comment elle mangeait, comment elle se peignait, comment elle se maquillait, comment elle regardait par la fenêtre, comment elle répondait au téléphone, comment elle choisissait ses vêtements…

Cybelle interrompit ses questions mentales en venant prendre son veston. Lorsque leurs deux corps se frôlèrent, Oliver revint dans la réalité et posa son regard sur elle. Elle la regarda aller déposer le manteau sur une chaise et ne put s’empêcher de la trouver tellement belle. Il eut même un petit sourire en coin, car il réussissait à revoir la petite fille qu’elle avait été. Celle qui était tout à l’opposé de ce qu’elle montrait dans l’Hôtel… Cependant, il ne devait pas que penser à sa beauté, car elle était tellement plus que ça pour lui. En plus, il aurait simplement l’air d’un obsédé sexuel et d’un psychopathe, ce qui l’effraierait surement, ce qui n’était pas du tout dans ses intentions. Elle finit par se diriger vers une chaise un peu plus loin et s’y assit. Elle avait tellement de classe qu’elle semblait flotter. Malgré son air un peu buté et la noirceur de la chambre, Oliver trouvait qu’elle rayonnait. Comme si lui était capable de voir tout le positif qui dormait en elle et qu’elle avait laissé dormir et s’engourdir au fond d’elle, au fil des années…


-Alors? Je présume que tu n'es pas venu ici dans le seul but d'admirer la décoration.

Oliver eut un petit rire. C’était bien ironique qu’elle parle de décoration, alors qu’il n’y en avait même pas dans sa chambre. Et même s’il était venu pour ça, alors il n’aurait rien eu à voir et se serait déplacé pour rien, au final… Cybelle ne réalisait surement pas le potentiel d’humour de cette phrase qui semblait banale pour elle. Oliver ne savait pas vraiment si elle était heureuse de le recevoir ou non, elle semblait avoir revêtu un masque en fer forgé, impossible à déplacer, à fendre ou à déchiffrer…

-Non, tu as raison.

Oliver avait décidé de ne pas blaguer sur le manque flagrant de décoration, il ne voulait pas la mettre en colère. Déjà qu'il la sentait plus que tendue et plutôt réticente aussi à l'idée qu'il ai pénétré sa chambre, il désirait en ressortir vivant... Il se déplaça, question de se rapprocher de Cybelle. Il ne savait pas s’il devait s’asseoir ou rester debout. C’était étrange comme questionnement, il en était conscient, mais il avait peur qu’elle le prenne mal dans tous les cas. Car s’il s’assoyait, cela signifiait qu’il comptait surement rester, mais s’il restait debout, cela faisait impoli et donnait l’impression qu’il voulait seulement venir l’importuner… Tout en avançant, Oliver se disait que ce n’avait peut-être pas été l’idée du siècle de venir ici, tout compte fait. Il se demandait également le mieux à faire. Une fois arrivé à sa hauteur, il décida finalement de s’asseoir sur une chaise non loin de celle de Cybelle.

-J’ai quelque chose pour toi…

Oliver fouilla avec difficulté dans sa poche de pantalon, puis dans l’autre et en sorti finalement une petite boite en velours rouge. Qu’il tendit à Cybelle avec un petit sourire gêné.

-C’est ton cadeau de Noel, désolé du retard…

Il espérait qu’elle l’ouvrirait et qu’elle ne lui lancerait rien au visage. Il avait tellement hâte de voir sa réaction lorsqu’elle découvrait le pendentif en forme de cœur avec trois diamants sur la queue de celui-ci. Il espèrait qu'elle apprécierait et qu'elle en rirait, parce que lui, il se trouvait très drôle!

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Cybelle Douglas

* * * * * * * * * * * *
L'enragée qui dirige l'hôtel

Messages : 71
Date d'inscription : 15/04/2010
Localisation : En train d'épier mes employés


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Mer 1 Déc - 19:07

[À toi de me blâmer, maintenant...]

Cybelle était très loin de se douter qu’Oliver faisait des efforts pour éviter les pensées indécentes en sa présence. Dans un tel cas, une fois la surprise passée, elle l’aurait probablement jeté par la fenêtre. Sans ouvrir celle-ci au préalable. La jeune femme avait décidé qu’elle n’était pas attirante et personne ne viendrait la faire douter sur ce sujet. Elle était comme toutes les autres blondes peroxydées, en plus maigre. Alors, tous les Oliver Michalchuck de la terre n’avaient qu’à la laisser tranquille avec leurs grands sentiments et leurs petits malaises. À la limite, Oliver avait le droit de la trouver jolie, d’une certaine manière, un peu comme un bouquet de fleurs mortes ou un paysage hivernal mais, pour Cybelle, il était impossible qu’un homme normal puisse l’imaginer brûlante, sensuelle, vivante… Peut-être le serait-elle devenue, si ce n’avait été de la proximité malsaine de celui qui aurait dû lui servir de père, mais elle préférait ne pas y penser. Il était impensable que quelqu’un d’autre qu’elle-même ait pu influencer qui elle était. Cybelle Douglas était une femme indépendante qui n’avait rien à faire du passé, même quand celui-ci lui faisait encore faire des cauchemars et des nuits blanches. La nuit, on pouvait bien éteindre ses étoiles, elle savait qu’elle aurait toujours la force de se montrer au soleil le lendemain. Peut-être ne se rendait-elle seulement pas compte de comment elle s’enfonçait toujours plus dans la solitude et la glace.

La gentillesse et la bonne foi étaient tellement présentes chez Oliver qu’elles en coulaient presque de ses yeux. Sans cette attitude désolante, Cybelle aurait pu le trouver beau. Seulement, quelque chose en elle avait envie de sortir les griffes au contact d’autant de douceur et de compréhension. Cette partie d’elle avait envie de déchiqueter sauvagement le jeune homme pour ensuite contempler, inlassablement, les lambeaux qui resteraient de lui. La jeune femme avait toujours eu ce besoin de faire du mal aux autres, une tendance qu’elle essayait de refouler, malgré ce qu’on pensait d’elle. Si elle n’avait pas travaillé à garder le contrôle d’elle-même depuis si longtemps, elle aurait fini en quelque chose qui ressemblait à un monstre sanguinaire. Mais en blond et menu.


-J’ai quelque chose pour toi…

Cybelle laissa son regard sans couleur fixé sur Oliver pendant que son esprit fonctionnait à toute vitesse. Il avait quelque chose pour elle? Il parlait comme si c’était un cadeau ou quelque chose du genre, mais c’était improbable. Premièrement, aucune occasion prédéfinie pour les présents n’était au calendrier à cette période de l’année. Mais, surtout, personne ne faisait de cadeau à Cybelle Douglas. Oh, bien sûr, il y avait eu ce gentil Harris, au bal de Noël, mais Cybelle savait qu’il n’avait trouvé un présent pour elle que par politesse, parce qu’ils étaient allés à cette soirée ensemble. Donc, si Oliver n’avait pas de raison politiquement parfaite pour lui donner quelque chose, ce qu’il avait pour elle était certainement désagréable. Une feuille de plainte sur l’hôtel, peut-être. Mais pourquoi était-il venu jusque dans sa chambre, avec son regard désespérément gentil, si c’était pour se montrer désagréable?

-C’est ton cadeau de Noel, désolé du retard…

Les yeux gris descendirent lentement vers la petite boîte rouge que tenait Oliver et ils ne la quittèrent pas pendant plusieurs secondes. Cybelle ne bougea pas, gardant le regard vrillé sur ce qu’on lui tendait. Elle ne comprenait visiblement pas… Au bout d’un moment, la jeune femme attrapa délicatement le présent pour l’ouvrir d’une main très peu assurée. Elle en sortit le pendentif pour le mettre à la hauteur de ses yeux et le fixer avec un air incertain.

-C’est...très beau.

Puis, elle releva un regard passablement troublé vers Oliver.

-Pourquoi tu me donnes ça?

Non, elle ne pouvait pas l’accepter, tout simplement. Cybelle Douglas savait que, la plupart du temps, la gentillesse avait soit une raison, soit un prix. Mais une partie d’elle menaçait de vraiment avoir envie qu’Oliver lui ait fait ce cadeau simplement à cause d’une sorte d’affection…

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Oliver Michalchuck

* * * * * * * * * * * *


Messages : 23
Date d'inscription : 16/04/2010
Localisation : Caché tout près de Cybelle


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Mar 19 Avr - 9:04

[Voilà, j’ai battu des records… Je m’excuuuuuuse!!!!]

Même en cherchant beaucoup, Oliver ne pouvait s’empêcher de trouver la chambre qui s’offrait devant lui un peu triste. Cela lui brisait le cœur de savoir que Cybelle vivant dans un tel environnement. L’absence de décoration, la propreté et l’ordre maladif faisaient en sorte que la chambre semblait inhabitée. En fait, outre le chaleur, on aurait vraiment pu croire que c’était une chambre de démonstration, juste pour montrer aux gens la chambre parfaite pour un court séjour, mais où personne n’a le droit d’aller, pour justement préserver ce côté démonstratif et parfait, pour faire reluire la réputation de l’Hôtel. Pourtant, Oliver savait bien que c’était la chambre de Cybelle. Il l’avait surprise, espionné et s’était renseigné sur elle à un point tel qu’il n’y avait pas de doute. La propriétaire de l’Hôtel n’était pas comme d’autre paranoiaques qui changent de chambre sans cesse, ce qui explique le fait que leurs chambres n’aient pas de personnalité. Mais Cybelle, elle, avait gardé la même chambre. Sous le coup de cette vague de tristesse envers son ancienne amie d’enfance, Oliver brûlait d’envie de se jeter sur Cybelle et de la prendre simplement dans ses bras. Une seule fois, juste une, promis. Une accolade, naïve et pleine de sincérité. Juste pour recevoir cette dose d’amour et de bien-être qui y sont rattachés, mais aussi pour les recevoir de la part de Cybelle.

Comment avait-elle fait pour l’oublier? Oui, il avait quelque peu changé, mais quand même. Outre qu’il avait grandi et vieilli, en regardant les photos de l’ancienne époque, il trouvait qu’il se ressemblait, mais c’était peut-être seulement sa vision des choses qui faisait en sorte qu’il le trouvait. Pourtant, quelque chose en lui le portait à croire que non. Comme une petite voix qui lui soufflait dans l’oreille de continuer, que ça ne pourrait qu’être bénéfique, qu’il réussirait à finir par débloquer quelque chose chez Cybelle, qu’ils finiront par être réunis… Oliver ne voulait pas trop penser que Cybelle ne voudrait peut-être pas le croire. Il chassait toute pensée négative, se disant que ça ne pourrait qu’être néfaste pour sa démarche. Il devait se concentrer sur le présent, le positif. Se dire qu’il finira bien par lui parler et qu’elle entendra raison. Il se faisait souvent la scène de l’annonce faite à Cybelle, comme une pièce de théâtre. Tout se passait de la même façon, il avait son texte, mais Cybelle non. Elle, elle improvisait, dans sa tête. Même si elle lui lançait parfois des phrases méchantes, la scène se finissait toujours très bien, au grand plaisir d’Oliver. Cela lui faisait du bien de s’imaginer la scène comme dans les films américains.

Bien qu’il n’ait pas quitté Cybelle des yeux plus de deux secondes, en se perdant un peu dans ses questions intérieures, il la regardait sans vraiment la voir. Et c’était bien une première fois. Il n’avait donc pas pu remarquer le visage de Cybelle en découvrant son cadeau. En fait, si elle n’avait pas parlé, il aurait continué à ne pas la voir et le moment aurait été gâché, d’une certaine façon.


-C’est...très beau.

Oh non! Elle n’avait pas l’air sincère. Oliver se voyait déjà sur un bûcher, avec Cybelle qui riait aux éclats, un briquet et un contenant d’essence dans ses mains. Le regard qu’elle lui lançait était à la fois troublant et effrayant. Oliver ne savait pas quoi en penser. Est-ce qu’elle planifiait comment elle allait le décapiter? Ou alors elle préparait son crachat? Oliver ne savait pas, mais cela ne lui plaisait pas. C’était bien la première fois, d’ailleurs, qu’un regard lui résistait. Étant tellement habitué de déchiffrer le langage corporel des autres, à force de les observer et de les analyser, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Inconsciemment, il avait déjà prévu comment se rendre à la porte de la chambre, en suivant le chemin le plus court.

-Pourquoi tu me donnes ça?

La question était tombée. Un peu comme un coup de fusil pour Oliver. Il ne savait pas qu’elle viendrait si vite. Il croyait plutôt devoir faire la conversation tout seul, mais bon. C’était l’heure. Il ne pouvait plus reculer. Soit elle le tuait, soit elle ne le tuait pas…

-C’est parce que tout le monde dit que tu en as pas, donc, je t’ai offert un cœur…

Oliver avait un grand sourire, qui s’éteignit rapidement. Il laissa à peine quelques secondes de silence, il ne lui en fallait pas plus pour se rendre compte qu’il avait l’air d’un idiot qui croyait les rumeurs qui circulaient. Il devait donc trouver un moyen d’arranger un peu les choses.

-C’est… c’est de l’humour!

Oliver baissa les yeux et serra ses mains. Il était nerveux et craignait un peu la réaction de Cybelle. D’après ce qu’il savait, elle pourrait trouver ça très drôle, comme lui le faisait. Seulement, il ne pouvait s’empêcher de douter...

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Cybelle Douglas

* * * * * * * * * * * *
L'enragée qui dirige l'hôtel

Messages : 71
Date d'inscription : 15/04/2010
Localisation : En train d'épier mes employés


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Mar 26 Avr - 22:08

[Pour te faire sentir coupable, je te réponds rapidement.]

Cybelle ne se souvenait pas qu’on lui ait fait de cadeau spécialement pour elle. Bien sûr, elle se rappelait des cadeaux impersonnels que sa famille d’accueil commandait pour elle par catalogues, sans trop se soucier de ce qu’elle avait déjà ou, encore moins, de ce qui lui plaisait. À son anniversaire, devant une bonne dizaine de ce que sa mère adoptive nommait des amies mais qui, pour la jeune fille, ressemblait plus à un troupeau d’envieuses, Cybelle ouvrait des paquets emballés directement au magasin, par un employé de l’endroit, des objets auxquels ses parents n’avaient certainement jamais touché. À Noël, c’était plus ou moins la même scène, mais les décorations changeaient de couleurs et un sapin impeccable mangeait la moitié de l’espace libre du salon. Peu de gens avaient réussi à s’approcher suffisamment de la jeune femme, depuis très longtemps, pour lui offrir un présent autrement que par obligation. Elle n’avait jamais eu de petit ami ou même de réel ami. Il y avait bien ce client de l’hôtel, ce Harris, qui lui avait offert un petit cadeau lors du bal de Noël organisé par l’hôtel, mais lui aussi ne l’avait fait que parce que c’était la chose à faire. Offrir un cadeau à sa cavalière, pour un bal, c’était un classique auquel n’importe quel garçon bien élevé ne pouvait échapper. Néanmoins, Cybelle avait été un peu touchée par le geste. Surtout parce que cela avait été son seul cadeau de Noël, cette année.

Effectivement, depuis ses dix-huit ans, Cybelle n’avait plus de contact avec sa famille adoptive. Elle était partie le jour où elle avait appris que son parrain l’avait choisie pour seule héritière de son important hôtel à San Francisco. Sa mère l’avait recontactée, car la jeune fille n’avait pas encore vingt-et-un ans, mais Cybelle lui avait parlé d’une telle manière que la femme lui avait promis de la laisser tranquille. Pendant de longs mois, la jeune blonde avait surveillé chaque client entrant dans l’hôtel, en appréhendant avec horreur de voir apparaître son père. Heureusement, trois ans plus tard, il n’était toujours pas venu à l’hôtel de sa fille adoptive et Cybelle avait presque complètement cessé de l’imaginer à chaque détour de couloir.

La jeune femme ne comprenait vraiment pas pourquoi Oliver lui faisait ce cadeau. En fait, elle n’arrivait même pas à saisir comment une telle chose était possible. Elle agissait pourtant comme un monstre avec tout le monde. Personne, et surtout pas ce pauvre petit tellement trop gentil si visiblement sensible et fragile, ne devait avoir envie de lui faire plaisir. La seule raison qui pouvait pousse une personne à vouloir contribuer au bonheur de Cybelle Douglas était simplement de chercher à éviter son courroux. Alors, venir la voir dans sa chambre pour lui offrir un cadeau… C’était tout bonnement incroyable.


-C’est parce que tout le monde dit que tu en as pas, donc, je t’ai offert un cœur…

Cybelle posa à nouveau les yeux sur le présent, incertaine de ce qu’elle devait en penser. Elle n’était pas vraiment outrée de ce que venait de dire Oliver. La jeune femme savait bien ce que tout le monde disait d’elle derrière son dos. Habituellement, cependant, elle aurait fait ravaler n’importe quelles paroles désagréables sur son compte à l’inconsciente personne qui aurait osé les prononcer. Seulement, le jeune homme devant elle avait quelque chose qui calmait un peu son envie constante de tout griffer autour.

-C’est… c’est de l’humour!

Cybelle releva la tête vers son interlocuteur et scruta son visage. Les yeux fixés sur le sol, Oliver semblait plutôt nerveux. À lui aussi, elle faisait peur…

-Oliver…je… Merci.

Les seuls mots à peu près gentils que Cybelle savait prononcer se trouvaient dans de belles phrases toutes faites qui servaient à contenter les clients. Pour le reste, les vraies choses, elle n’y connaissait rien. Que des mots coupants, des phrases froides, des répliques qui repoussaient quiconque voulait voir du bien en elle. Seulement, cette fois-ci, elle avait comme une envie de ne pas rejeter violemment une personne qui essayait d’être gentille avec elle, mais elle ne savait pas comment.

La jeune femme soupira et laissa son regard vagabonder autour d’elle, comme si le décor possédait une solution miracle. Mauvaise idée. Les ombres étaient encore là, comme toujours, n’attendant qu’un regard de la part de Cybelle pour s’animer. Très vite, la jeune femme baissa les yeux vers le sol, mais il était trop tard. Les ombres s’étaient mises à danser le long des murs, menaçantes, et à venir lécher le sol tout près d’Oliver et elle. Les battements du cœur de Cybelle — car elle en avait bien un — s’étaient accélérés, comme toutes les fois où les ombres apparaissaient. La jeune femme se leva d’un bon en attrapant un bras de son invité pour le tirer vers la sortie.


-Tu sors. Bonne nuit.

Sans lui laisser le temps de lui poser trop de questions et, surtout, sans laisser son regard croiser le sien, qu’elle savait complètement perdu et paniqué, Cybelle claqua la porte au visage d’Oliver. Puis, elle recula lentement jusqu’à son lit, guettant les ombres qui, elle en était persuadée, la regardaient. Elle monta sur son lit où elle se recroquevilla en serrant très fort dans sa main le pendentif en cœur que le jeune homme lui avait donné. Il lui semblait que les ombres en avaient peur… Elles restaient plus loin, même si elles ne partaient pas. Heureusement, Oliver était parti… Il ne pouvait pas voir les ombres, lui; il ne savait pas quel danger le guettait quand il était près de Cybelle. Cette dernière avait très peur de ses ennemies trop envahissantes. Toutefois, elle s’était inconsciemment promis qu’elle ne les laisserait pas approcher le si gentil jeune homme. Jamais.

[Terminé pour moi. Dans le prochain, tu souffres.]

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Oliver Michalchuck

* * * * * * * * * * * *


Messages : 23
Date d'inscription : 16/04/2010
Localisation : Caché tout près de Cybelle


Feuille de personnage
Liens:
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle] Lun 2 Mai - 15:21

[Terminons ce magnifique sujet exactement un an après son ouverture… XD]

Oliver avait baissé les yeux, mais ce n’était pas parce qu’il avait peur du courroux de Cybelle. C’était plutôt parce qu’il ne pouvait supporter de la regarder sans rougir. Elle était si belle et envoûtante, mais surtout, elle avait passé tellement de nuit avec lui… Et il ne voulait pas rougir imbécilement devant la propriétaire de l’Hôtel. Elle ne lui faisait pas peur, bien au contraire. Il se souvenait parfaitement de la jeune Cybelle qui courrait en robe dans le champ fleuri et qui riait aux éclats et c’était d’ailleurs le plus souvent celle-là qu’il voyait dans sa tête. Il était conscient qu’elle avait vieilli, mais surtout qu’elle avait désormais une âme beaucoup plus sombre, mais c’était plus fort que lui. Comme si de la voir si malheureuse lui était insupportable. Chaque fois qu’il épiait Cybelle et qu’il la voyait essayer rageusement une larme ou alors se recroqueviller pour se protéger d’un ennemi invisible, Oliver avait le cœur serré et une boule dans la gorge. Comme si tout ce que Cybelle vivait, Oliver le vivait aussi. C’est pour ça qu’il avait l’impression qu’il se devait de rétablir la situation, peu importe le prix qu’il paiera. Comme si se souvenir du temps des fleurs et du temps du bonheur aiderait Cybelle a s’en rappeler elle aussi, un jour…

-Oliver…je… Merci.

Oliver eut chaud au cœur en entendant ces paroles. Un grand sourire illumina ses traits et il releva la tête, pour regarder son interlocutrice. Elle ne l’envoyait pas promener et ne le menaçait pas de le tuer ou de le brûler, comme il l’avait tellement craint. Au contraire, elle le remerciait et il lui semblait qu’elle voudrait bien qu’il lui mette lui-même, puis qu’il reste à avoir une petite discussion, enfin. Alors qu’il s’apprêtait à étirer ses mains vers le pendentif et ainsi lui demander de se retourner pour qu’il lui mette au cou, Cybelle réagit abruptement en l’agrippant par le bras, non sans planter ses ongles dans sa chair, puis l’avait tiré vers la porte. Oliver, trop sous le choc de ce subit changement, pour comprendre et résister, se laissa trainer par le minuscule Cybelle qui le poussa dans le corridor, puis lui ferma la porte au nez, non sans lui avoir lancé quelques paroles des plus acerbes.

Oliver resta planté dans le corridor, face à la porte de Cybelle, longtemps. Vraiment très longtemps. Probablement plus longtemps encore que le temps que Cybelle mettrait à combattre les ombres avant de s’endormir. Il était comme figé, blessé par le douleur de Cybelle. Pourquoi le remercier et commencer à être gentille si c’était pour le foutre dehors, presque à grands coups de pied dans le derrière, quelques secondes plus tard. Si le cadeau ne lui plaisait pas, elle aurait pu le lui lancer au visage, plutôt que de faire semblant et s’enflammer par la suite. Cependant, quelque chose poussait Oliver à se dire que ce n’était pas ça. Cybelle ne détestait pas son cadeau. Si elle lui avait dit merci, c’était qu’elle le pensait. Son instinct n’avait pas repérer de signes avant coureurs d’agressivité, ni de mensonges et son instinct ne se trompait jamais. Alors c’était autre chose. Mais Oliver ne se rappelait pas avoir fait quelque chose de mal. Et il n’avait rien vu ou entendu d’autre que leurs deux respirations et leurs deux voix. Cybelle lui cachait quelque chose.

Sa souffrance était perceptible, même derrière la porte close. Tellement que c’était comme un aimant et du fer; ça empêchait Oliver de s’éloigner et de retourner à sa chambre. Il était cloué sur place, avec sa boule dans la gorge et son envie de défoncer cette foutue porte pour aller serrer Cybelle dans ses bras. Il l’entendait haleter ou sangloter, il ne savait pas trop, mais cela lui faisait mal à un point inimaginable.

Quand finalement il n’entendit plus rien en provenance de la chambre de Cybelle, car soit elle s’était calmée ou elle s’était endormie, Oliver réussit alors à marcher et à retourner à sa chambre. Cependant, il lui restait l’impression étrange d’être encore devant la porte de Cybelle. Il pensait tellement fort à elle, qu’elle devait bien avoir les oreilles qui bourdonnaient comme après un concert rock. Il ne savait pas ce qui torturait ainsi sa belle, mais il finirait bien le découvrir. Et ce quelque chose se ferait défoncer la gueule sans remords et sans hésitation une fois démasqué.

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

* * * * * * * * * * * *



MessageSujet: Re: Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle]

Revenir en haut Aller en bas

Mieux vaut tard que jamais... [PV Cybelle]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Union Life :: Hors-Jeu! :: Les Archives :: RPs terminés-