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Une descente de plus [PV: Viktor]

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Une descente de plus [PV: Viktor] Jeu 6 Mai - 19:18

[HJ: En mai... XD]

Christopher avait travaillé aujourd’hui, toute la journée. Il avait vu toutes sortes de gens passer à son comptoir de réception. Certains avaient été banals. D’autre pas. Certains sentaient bons et étaient propres. D’autres pas. Christopher se disait que si c’était son hôtel, il y aurait une loi qui interdirait à quiconque un tant soit peu négligé de séjourner dans l’établissement. Heureusement qu’il y avait beaucoup de femmes de chambres à l’Hôtel, sinon cela aurait pu dégouter le réceptionniste de penser que quelqu’un d’autre pourrait être en contact, de quelque manières que ce soit, avec quelque chose qu’une personne dont l’hygiène laisse légèrement (ou plus) à désirer… Malgré tous ces clients tous plus spéciaux les uns que les autres, le temps avait été long. Trop long. Non pas que Christo n’a pas été occupé, on l’était toujours lorsqu’on travaillait à la réception. Cependant, il n’avait pas passé assez vite à son goût. Christopher regardait environ toutes les trois minutes l’heure qu’il était, trop impatient de terminer son quart de travail et d’enfin aller rejoindre son amoureux. Il avait passé la journée à se demander ce qu’il mettrait ce soir. Il avait rendez-vous avec Marek, un rendez-vous surprise. Il ne savait donc pas ce qui l’attendait, mais il ne pouvait s’empêcher d’avoir hâte et d’être certain que ce serait génial. Il avait passé mentalement sa garde-robe environ trente-quatre fois et encore plus souvent les différentes coiffures qu’il pourrait se faire. Il avait finalement mentalement opté pour la coiffure habituelle, soit mi-soigné, mi-négligé et avait choisi de porter ses jeans foncés, légèrement moulants, avec une chemise bleue. Cependant, Christopher savait pertinemment qu’une fois dans le dortoir, devant ses vêtements, il changerait d’idée, pour la centième fois aujourd’hui.

Lorsque son quart de travail avait été terminé, il n’avait pas pu partir tout de suite de la réception. En effet, l’autre personne qui devait venir prendre la relève arriva en retard. Une fois sa collègue arrivée, il lui jeta un regard de haine, lui marmonna de passer une belle soirée et il avait presque couru jusqu’au dortoir pour se préparer. En fait, il était comme sur un petit nuage. Il ne savait pas exactement tout ce qui causait sa joie. Le simple rendez-vous était déjà exceptionnel en soi, mais, inconsciemment, il y avait autre chose. Il n’y avait pas porté attention, mais cela faisait déjà plusieurs jours qu’il n’avait pas pensé à Viktor et à tout le mal qu’il lui avait fait. Il commençait à être capable de revivre normalement et à enfin profiter du moment présent. Alors peut-être que ce rendez-vous était encore plus spécial si on prend en considération qu’il allait l’apprécier au maximum, désormais que ses soucis étaient relégués relativement loin dans son esprit. Une fois dans le dortoir, sa joie s’estompa légèrement, le temps qu’il trouve ce qu’il voulait porter. Il avait l’impression que rien n’était suffisamment correct ou que rien ne lui allait plus bien. Soit c’était trop banal, soit il était las de les mettre. Voyant que le temps filait et qu’il était déjà en retard de dix minutes, il décida de garder les jeans foncés, légèrement moulants, sa coiffure habituelle, mais opta finalement pour une chemise noire.

Il sortit précipitamment du dortoir et regarda vers le fond du couloir, pour savoir oz était l’ascenseur. Il vit qu’elle venait tout juste de partir du sous-sol pour monter. Il se dirigea donc dans les escaliers qu’il monta en vitesse. Puis, dans le grand hall, il piqua un sprint pour arriver de justesse dans l’ascenseur. Il y était presque resté. En effet, les portes commençaient déjà à se refermer lorsqu’il avait commencé son sprint et il était donc arrivé alors qu’elles étaient un peu plus loin que la moitié de leur course. Il avait fallu que Christopher se mette sur le coté et qu’il se contorsionne légèrement pour pouvoir entrer dans la cabine. *Cette scène aurait été digne d’un film d’action!* Il venait tout juste de passer in extremis, il appuya rapidement sur le bouton du deuxième étage, l’étage du resto-bar ou il allait rejoindre Marek. Il remit un peu d’ordre dans sa tenue et dans ses cheveux, tout en prenant de grandes respirations pour calmer son essoufflement dû à sa course. Seulement après ça, il décida de regarder s’il y avait quelqu’un d’autre dans l’ascenseur avec lui.

Lorsqu’il releva les yeux, son cœur s’arrêta. Christo fut persuadé, l’espace de quelques instants, que plus jamais il ne pourrait se remettre à battre. Il fut soulagé lorsqu’il prit conscience que son cœur battait toujours, légèrement plus vite que d’habitude, mais il mettait ce rythme exclusivement sur le coup de l’exercice et non pas de Viktor. Christopher sentit monter en lui toute une boule d’émotions. *Pourquoi ça me fait ça? Pourquoi TU me fais ÇA?* Il y avait autant de rage que de peine dans ce qui se trémoussait dans ses entrailles. C’était tellement intense que Christo se serait replié sur lui-même et aurait commencé à pleurer. Pour calmer cette envie, il ferma ses yeux humides, croisa ses bras et appuya son dos et sa tête contre la paroi métallique qui servait de mur de l’ascenseur.

Il prit conscience qu’il avait eu beau ne pas penser à lui pendant ces derniers jours, sa souffrance était toujours aussi forte, toujours aussi vraie. Viktor était toujours aussi lâche, menteur et égoïste. Et lui, Christopher, était toujours aussi déçu, brisé et malheureux. Il n’y avait désormais qu’une seule chose de certaine, ce n’était pas lui qui allait parler en premier, si conversation il y aurait…!

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 17 Mai - 21:25

Viktor n'aimait pas être en congé sans Sara. Ce jour-là, Cybelle l'avait menacé de choses innomables s'il osait se rendre utile et le pauvre homme à tout faire s'était retrouvé à tourner en rond dans sa chambre pour ensuite errer comme une âme perdue dans les couloirs de l'hôtel. Avec Sara, il aurait dansé, ri, parlé... Il se serait amusé. Mais Sara travaillait. Ils avaient pu manger ensemble et se prévoir une sortie au cinéma durant la soirée mais, pour le reste de la journée, Viktor n'avait pas pu compter sur elle.

L'homme à tout faire n'avait pas vraiment d'ami, en dehors de Sara. La jeune femme était merveilleusement gentille, bien sûr, mais Viktor avait la constante impression d'avoir plus besoin d'elle qu'elle de lui. Si elle quittait l'hôtel, il se retrouverait seul, vide... Sara, au moins, avait son mystérieux Maverick, le courant d'air que Viktor n'avait jamais pu apercevoir, Emyria, une autre réceptionniste... Lui n'avait qu'elle.

Il fallait avouer, cependant, que Viktor appréciait vraiment Jason, aussi étonnant que cela puisse paraître. À force de le...fréquenter, il avait appris à le connaître un peu mieux et, même si certaines choses lui échappaient encore sur l'autre jeune homme, son intuition l'aidait à voir au-delà de l'image que Jason voulait projeter. Viktor le comprenait bien plus qu'il ne le laissait paraître. On pouvait toujours fuir la douleur, la cacher au fond d'un trou creusé à même notre âme, il y avait toujours un petit fil d'horreur qui dépassait et qui n'attendait que la personne pour tirer dessus. Ce ne serait pas Viktor. Il aurait préféré coudre par-dessus. Depuis un moment, d'ailleurs, il était évident pour Viktor que Jason n'allait pas bien. Il évitait de le questionner, se doutant bien qu'il n'aurait aucune réponse satisfaisante. Jason Badley semblait fuir tout ce qui ressemblait, de près ou de loin, à une discussion sérieuse. Surtout, parler rendait les choses tellement plus réelles. Viktor essayait de faire de son mieux pour être gentil avec Jason, mais il se ne sentait pas de taille contre ce qui avait éteint une lumière dans le regard de l'autre jeune homme. L'homme à tout faire avait aussi l'impression d'être ennuyant, une impression assez récurrente chez ce cher Viktor, et de ne pas vraiment faire de bien à Jason. C'était pourquoi, en cette journée de congé, il s'était abstenu d'aller le voir.

Finalement, après avoir perdu son temps toute la journée, Viktor avait fini par se rendre à sa chambre pour se préparer pour aller au cinéma. Il s'était coiffé, légèrement parfumé et il avait enfilé une paire de jeans et une chemise d'un vert juste un peu plus foncé que ses yeux. Il savait que Sara serait prête à aller en ville dès qu'elle finirait de travailler et il n'en pouvait plus d'attendre. Il avait donc pris l'initiative d'aller chercher pour elle une veste dans le dortoir des femmes, histoire de ne pas avoir à perdre encore du temps dans l'ascenseur avant de profiter de leur moment ensemble.

L'ascenseur venait d'ouvrir ses portes sur le hall quand Viktor, à moitié sorti de celui-ci, réalisa qu'il avait oublié son téléphone cellulaire sur le lit de Sara alors qu'il cherchait sa veste. D'un bond, il remit les pieds dans l'ascenseur qu'il programma pour une nouvelle descente aux quartiers des employés.

Les portes allaient se toucher quand une personne se glissa, telle un éclair, dans le petit habitacle. Une personne qu'elles auraient dû broyer. Ladite personne osa même laisser un regard brûler le pauvre homme à tout faire qui avait blanchi en la voyant. Bien sûr, il savait que Christo était encore à l'hôtel et qu'il risquait de le croiser. Il avait même dû lui parler, quelques fois, dans un cadre professionnel. Toutefois, se retrouver avec lui dans cet ascenseur était pire que se faire écraser contre le sol, le canon d'un fusil collé contre la tempe. Viktor se força à fixer le mur devant lui, même s'il sentait ses yeux dévier d'eux-mêmes vers la gauche.

Stupides yeux. De quel côté étaient-ils?

Viktor pria pour que Christo ne dise rien pour lui faire de mal pendant les quelques secondes que durerait le trajet jusqu'au sous-sol. Seulement, quelque chose empêcha l'ascenseur de poursuivre sa descente. Tout trembla, pendant un instant, et l'écran lumineux indiquant les étages se mit à clignoter.

La secousse avait arrêté l'ascenseur.

Les mains de Viktor s'étaient crispées contre le mur derrière lui et son corps s'était tendu. Malgré la violence des chocs qui avaient forcé l'ascenseur à s'immobiliser, l'homme à tout faire avait réussi à rester debout. Dans la noirceur de ses pupilles affolées, le rouge de l'écran lumineux apparaissait et repartait, reflet du danger potentiel d'être enfermé dans un ascenseur lors de ce qui semblait être un tremblement de terre.

Les miroirs verts ne purent finlement plus résister au besoin de se fixer sur Christo.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 24 Mai - 21:55

Christopher commença par en vouloir à la terre entière d’avoir fait en sorte que cette situation lui arrivait. Il avait bien tout fait pour réussir à éviter Viktor et voilà qu’alors qu’il s’y attendait le moins, il tombait face à face avec lui. C’était la dernière chose qu’il voulait. Il se sentait tellement vulnérable. Il avait honte de lui, avait encore beaucoup de peine et était aussi empli d’une rage incontrôlable. Il sentait que s’il ne se calmait pas, il se mettrait à pleurer et à trembler et c’était bien la dernière chose qu’il voulait. Viktor n’avait pas à voir que Christo souffrait encore à cause de lui. Christo voulait lui prouver qu’il n’était pas si névrosé. Il prit plusieurs grandes respirations, qui ne lui firent pas de bien du tout. Il avait tellement mal. Il avait l’impression que toutes ses blessures, qu’il croyait cicatrisées, venait de se rouvrir et recommençait à saigner et qu’en plus, quelqu’un venait de lui lancer du sel dessus. Il avait de la difficulté à respirer, il commençait à étouffer. Il ne savait pas si c’était de la claustrophobie ou simplement sa peine et sa détresse qui prenait trop de place. La boule dans sa gorge et dans son estomac grossissait de seconde en seconde et Christo était convaincu qu’il finirait par la vomir, ou alors par ne plus respirer. Il ne savait pas lequel des deux serait le mieux, dans cette situation. Cela ne lui prit pas beaucoup de temps, par contre, pour concentrer son attention à nouveau sur le jeune homme qui partageait la cabine avec lui. Il tenta d’élargir son énergie et ses sens, de sorte à être capable de sentir l’énergie de l’autre, ainsi que tous ses faits et gestes, sans grand succès.

Alors qu’il avait les yeux fermés, il ne vit pas que Viktor avait posé ses yeux sur lui. C’était mieux ainsi. Il ne voulait pas revoir ses yeux si intenses plongés dans son regard à lui. Ce serait trop, ça ne serait pas assez. Trop douloureux, trop réel, trop comme avant, trop de souvenirs et ce ne serait pas assez gentil, pas assez joyeux, pas assez comme avant. Pourtant, il aurait parié tout ce qu’il avait qu’un rayon incandescent vert était posé sur lui. Il sentait les yeux de Viktor posé sur lui et il aimait cette sensation. Il aimait avoir l’impression que Viktor lui portait encore de l’attention. Christo avait l’impression qu’il y avait peut-être encore un mince filet d’espoir. Il aurait aimé voir les yeux de Viktor ou son expression, mais il n’avait pas le courage d’ouvrir ses propres yeux. Il avait trop peur d’être déçu par ce qu’il verrait. Cependant, il voyait très bien les yeux de Viktor dans sa tête. Ils étaient d’un vert toujours aussi magnifique et d’une intensité toujours sans pareil. Ils étaient braqués sur lui et ils attendaient simplement un mouvement de sa part. Christo en était convaincu. Peut-être aussi ne faisait-il que l’imaginer. *Ce sera la plus belle hallucination de toute l’histoire de l’humanité…* De plus, il aurait tout donné pour que Viktor parle. Cela ne faisait en tout que quelques secondes qu’il était dans le cubicule, mais il avait l’impression que cela faisait des heures. Le silence et l’ambiance lourde qui régnait dans l’ascenseur donnait des crampes d’estomac à Christo. Il ne supportait pas bien, dans la vie en général, les silences. Et depuis quelques temps, il ne supportait pas bien d’être avec Viktor. Ce mélange des deux choses qu’il ne supportait pas était donc des plus pénibles pour lui.

Heureusement, cela ne dura pas plus longtemps. Une secousse vint troubler l’ambiance qui était entrain de se créer entre eux. Malheureusement, cela déstabilisa Christopher, physiquement parlant, et le secoua, faisant en sorte que son corps était aussi instable que son psychique, en ce moment. La secousse lui fit perdre l’équilibre, il se ramassa donc au sol, sur le dos. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il ne vit que du noir et ne comprit pas tout de suite. Il tourna légèrement la tête et vit finalement une lumière rouge clignoter. Étrangement, cela le rassura. En effet, au moins il n’était pas aveugle et il était seulement… coincé dans un ascenseur avec Viktor dans ce qui était visiblement un tremblement de terre. *Ce n’est vraiment pas si terrible…* Christopher disait cela beaucoup plus pour se convaincre lui-même que parce qu’il le croyait.

Le choc avait été brutal et lorsqu’il tenta de se relever, une fois la secousse passée, il émit un gémissement, un peu trop bruyant à son goût. Le silence venait d’être percé par la douleur de Christopher, il ne savait quoi en penser. Il avait d’ailleurs une douleur intense dans tout son dos, comme si on avait tiré vraiment très fort sur sa colonne vertébrale, comme si on avait voulu la lui arracher. Ironiquement, Christopher pensa que cela faisait changement de la douleur émotionnelle de ces dernières semaines. Il ne savait pas s’il pouvait se relever et tenta donc le coup. Il le regretta assez vite et poussa un petit cri de douleur cette fois, encore plus puissant. Il ne voulait pas se faire encore plus mal et ne savait pas quoi faire. Au bord des larmes, de désespoir et de douleur, il osa enfin parler à son bourreau.


-V…Viktor…? Tu… vas bien… toi?

C’était bien une des premières fois que Christopher ne parlait pas longtemps. Il n’allait vraiment pas bien…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 24 Mai - 23:28

Des centaines de clients, des dizaines d'employés, un seul Christo. Pourquoi une autre personne ne s'était-elle pas glissée dans l'ascenseur à sa place? Les probabilités jouaient pourtant en la faveur de Viktor... Il semblait qu'elles avaient choisi de l'abandonner. Un visage étranger, même totalement antipathique, aurait été préférable à cette présence indésirable à côté de lui. Même quand ses yeux lui obéissaient et que Christopher sortait de son champ de vision, Viktor sentait sa présence. Il aspirait l'air et la lumière autour de lui. Il le faisait suffoquer et presque trembler.

Viktor aurait aimé se dire, avec conviction, qu'il espérait que la secousse avait durement projeté Christo contre un mur et qu'il s'était fait très mal. Toutefois, l'homme à tout faire peinait à vouloir le mal d'une personne, peu importe la situation. Il était trop gentil pour souhaiter que les autres souffrent, même quand ces autres l'auraient mérité. Comme Christopher. Après tout, il lui avait fait du mal, lui... Alors pourquoi Viktor n'arrivait pas à espérer sa douleur? Bien sûr, il pouvait se dire qu'il préférait consacrer son énergie à l'oublier plutôt qu'à lui souhaiter du mal mais, ce jour-là, dans l'ascenseur, espérer que la secousse l'ait blessé aurait été tellement facile. Toutefois, l'homme à tout faire n'eut même pas une infime envie que Christo se soit fait mal.

Depuis Noel, Viktor avait eu le temps de retourner ce qui s'était passé avec Christo dans tous les sens. Aucun d'eux n'avait réellement atténué sa douleur. Il n'arrivait à comprendre qu'à moitié. Il se savait un peu trop naif et c'était probablement pourquoi il avait osé y croire. L'amour lui avait ouvert le coeur trop grand et sa raison était allée se cacher on ne sait où. Viktor avait fait confiance à Christo, croyant qu'il avait trouvé une personne spéciale, merveilleuse... Mais il s'était trompé. On l'avait trompé. L'autre jeune homme avait attendu que l'âme de l'homme à tout faire soit bien accrochée à la sienne avant de l'arracher froidement. De fines parcelles de celle-ci s'étaient détachées pour se perdre dans le vide, ou pour se laisser mourir auprès de l'âme qui ne voulait plus d'elles.

Alors que les yeux de Viktor se jetaient sur l'endroit où était supposé se tenir Christo, le jeune homme remarqua la douleur. Les secousses, même si elles ne l'avaient pas fait tomber, l'avaient projeté dans le mur à côté de lui. Son épaule l'élançait terriblement, mais ce n'était rien à côté de la tempête qui saccageait tout l'intérieur de sa personne alors que ses pupilles fouillaient l'espace à sa gauche. Pourquoi n'était-il plus là?

Viktor n'aurait pas crû que l'absence de Christo puisse lui faire encore plus mal que sa proximité de quelques secondes auparavant. Pourtant, c'était bien son absence qui le torturait depuis plusieurs mois déjà.

Après quelques secondes, l'homme à tout faire réalisa que Christo était peut-être tombé. Logiquement, avec la force de ces secousses... Viktor baissa donc les yeux vers un jeune homme affalé sur le sol, un air assez douloureux plaqué au visage. Le premier gémissement de Christopher le paralysa. Que devait-il faire? L'aider, le regarder souffrir avec satisfaction, frapper sur lui maintenant qu'il en avait l'occasion? Il aurait aimé être capable d'être méchant, pour une fois. Où était passé ce Viktor sadique qui s,en était pris à Jason Badley, près de la piscine? Il se terrait certainement dans un coin sombre de la conscience de Viktor, à caresser de ses griffes tranchantes la peine du jeune homme.

Au deuxième gémissement, la douceur de Viktor prit le contrôle de son corps et le fit avancer vers celui qu'il avait tellement aimé.


-V…Viktor…? Tu… vas bien… toi?

*Pour ce que ça peut te faire...* Il voulait l'aider, parce que c'était Viktor et qu'il ne savait pas comment agir autrement, mais il n'avait pas envie de lui répondre. Lui répondre positivement serait mentir; depuis quand ne pouvait-il plus dire qu'il allait bien? Lui répondre négativement serait encore plus grave.

-Tu penses être capable de te lever?... Je veux dire... si je trouve comment nous sortir d'ici.

Il s'était agenouillé près de Christo, sa main frôlant son bras. Il évitait cependant de croiser son regard. Il n'était pas si fort...

-L'ascenseur s'est arrêté et, tant que personne à l'extérieur ne le remet en marche, on est pris entre deux étages...

C'était beaucoup de mot pour un Viktor Graham, mais fréquenter Sara et Jason l'aidait beaucoup à devenir plus confiant et à communiquer moins difficilement.

-Tu as un téléphone sur toi?

Il posait une question. Pour ne pas avoir l'air de celui qui fuit le regard de l'autre, même si c'était exactement son cas, il devait lever ses yeux vers ceux de Christo. Lentement et douloureusement, Viktor s'exécuta donc en essayant d'avoir l'air le plus normal possible. Naturellement, son regard avait quelque chose de terne et de brisé... Les deux miroirs verts avaient des fissures. Christo méritait-il toutes ces années de malheur?

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Jeu 27 Mai - 22:36

Le clignotement de la lumière du tableau de commande de l’ascenseur angoissait Christopher. Il avait l’impression qu’à chaque fois qu’elle revenait, elle était toujours un peu plus près de lui. Un peu comme si les murs de la cabine, déjà relativement petite, se rapprochaient les uns des autres, faisant ainsi en sorte qu’ils finiraient à l’écraser. Il se demandait si cela ferait vraiment mal que d’avoir tous les os et tous les organes broyés par des murs d’ascenseur. Ou si, au contraire, cela ne lui ferait pas mal parce qu’il mourrait sur le coup… Il avait l’impression désagréable que c’était comme une minuterie, sans décompte, du temps qu’il lui restait à vivre. Parce que, oui, il était convaincu qu’il mourrait. Il ne pouvait pas survivre à croiser Viktor ni à toutes ces douleurs mélangées, surtout si les murs de l’ascenseur se rapprochaient effectivement. Étrangement, il ne voyait pas tout le fil de sa vie. Il pensa d’abord que c’était des bobards ce que disait les films et tous ces témoignages. Christo ne voyait ni lumière blanche, ni film de sa vie. Il était déçu. Il réalise ensuite, qu’il ne mourrait peut-être tout simplement pas. Qu’il était tout simplement amoché, mais qu’il continuait à respirer et que son imagination avait encore une fois pris le dessus sur sa raison. C’est seulement après cela qu’il tenta de bouger et qu’il le regretta.

Christo attendait une réponse de Viktor en retenant son souffle. Il avait peur de ce qu’il ferait. Viktor avait été tellement méchant lors de leur dernière conversation, Christo s’attendait au pire. Il était même convaincu que peut-être l’homme diabolique à tout faire ne lui répondrait même pas, n’essaierait même pas de l’aider et le laisserait crever là, après avoir trouvé un moyen de sortir de la cabine, seul. Mais peut-être que Viktor le frapperait à plusieurs reprises, avant de se sauver la peau. Christo s’imaginait déjà la scène, lorsque Viktor retournerait dans le grand hall et que tout le monde lui demanderait si ça va et comment il s’en est sorti et s’il restait quelqu’un dans l’ascenseur. Il le voyait déjà jouer son personnage préféré de petit naif si gentil, sourire, épuisé, dire qu’il ne comprenait pas, que cela s’est fait tout seul et que non, il n’y avait personne d’autre avec lui. Par contre, à sa grande surprise, Viktor répondit, ce qui mettait fin à toutes ses divagations négatives.


-Tu penses être capable de te lever?... Je veux dire... si je trouve comment nous sortir d'ici.

Ce frôlement. Cette main. Cette proximité. Son soupir. Ce Viktor. Sa fermeture de paupières pour se ressaisir. Il y avait tellement d’images qui passaient dans la tête de Christo. C’était comme une fin de film dramatique. Lorsque le réalisateur décide de faire un montage mettant en vedette les meilleures scènes du film, pour finir avec brio pour créer un moment touchant et dramatique. Eh bien le réalisateur de ce film avait choisi avec le monteur les scènes les plus merveilleuses et la plus affreuses de l’histoire de Christopher et Viktor. Si histoire il y avait eu. Christo ne pouvait pas contrôler la bande du film, il avait perdu la télécommande. Il ne pouvait pas l’arrêter, la mettre sur pause. Cependant, ce moment était horrible à vivre. Il comprit que c’était Viktor qui l’avait et qu’un simple toucher, un simple regard, mettrait fin à son calvaire. Christo rouvrit les yeux et les planta dans ceux de Viktor, en guise de défi ou pour combler un besoin d’attention, de vérité, de confirmation…

-Je… peut-être… mais pas tout seul… j’ai essayé et ça n’a pas été concluant, au contraire…
-L'ascenseur s'est arrêté et, tant que personne à l'extérieur ne le remet en marche, on est pris entre deux étages... Tu as un téléphone sur toi?


Son regard toujours planté dans le sien, en quête de tout, en quête de lui. Ces yeux qui n’étaient jamais dans les siens. Cette indifférence. Cette lâcheté. Sa douleur au cœur. Ses yeux qui se fermaient.

-Oui… Minute…

Christo étira son bras et gémit de douleur. Son épaule avait protesté, elle n’était pas d’accord, elle demandait un avocat. La douleur était atroce. Cependant, Christo n’allait pas montrer sa faiblesse devant Viktor et il continua la manœuvre, tout en serrant les dents. Il finit par réussir à sortir de sa poche son cellulaire et l’ouvrit. Dès que l’interface de mise en marche de l’appareil avait terminé de s’afficher, un message indiquant que le même appareil n’avait plus de batteries et devait être rechargé s’afficha, puis le téléphone se referma, quelque secondes plus tard. Ils étaient restés en silence pendant ce temps. Christo en attente de Viktor, Viktor en attente du cellulaire. C’était atroce pour le réceptionniste de se dire qu’à une certaine époque, rien d’autre ne comptait que lui. C’était encore pire pour Christo de se dire que tout cela n’avait été qu’un leurre, un mensonge, une manipulation. *C’est dégueulasse…* Malgré tout, son cœur ne cessait de battre la chamade, allez savoir pourquoi…

-Désolé, je n’ai plus de batteries…

Christo baissa le regard, ne voulant pas voir le regard plein de colère et de déception que lui adresserait sans doute Viktor. Christo avait peur, avait mal et était détruit. Il voulait retourner dans la chaleur des bras de son amoureux au plus vite. C’était dans les bras de Marek qu’il se sentait réellement bien, seulement là…

-Alors… on fait quoi maintenant… ?

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Jeu 27 Mai - 23:39

Et s'ils y restaient, tous les deux? Des gens mourant dans un ascenseur lors d'un tremblement de terre, ce n'était pas bien original. C'était arrivé, avant, à d'autres gens, dans d'autres immeubles... D'une certaine manière, ils ne risquaient pas de mourir d'une chute, puisque l'ascenseur n'était qu'à un étage du sol, lors de son départ, et qu'il avait eu le temps de descendre un peu avant de s'immobiliser. Toutefois, si le tremblement de terre avait ébranlé suffisamment l'hôtel, celui-ci risquait peut-être de s'effondrer, complètement ou partiellement. Des parties du mécanisme de l'ascenseur pouvaient lâcher, se détacher et tomber sur la cabine, défonçant son toit et transperçant ou écrasant ses occupants. Les risques de mourir étaient bien présents.

Et les risques de survivre étaient pires. Viktor savait qu'il retournerait dans sa tête tout ce qui se passerait dans cet ascenseur pendant très longtemps. Depuis des mois, il essayait d'oublier Christo. Il y arrivait, parfois. S'il s'amusait avec Sara, il pensait à leur amitié et il essayait d'effacer toute trace de son ancien amour, à un seul sens, de sa mémoire. Lorsqu'il était avec Jason, c'était encore plus facile. L'homme à tout faire se concentrait sur l'autre jeune homme, sur son corps, sur sa personnalité si difficile à réellement cerner... Il apprenait à être plus fort, à s'amuser, à s'oublier... Jason lui faisait du bien. Un bien plutôt sombre, certainement malsain, mais un bien tout de même.

Christo creva les yeux de Viktor de son regard et l'homme à tout faire eut l'impression de mourir. Encore. Comment Christopher arrivait-il à lui faire mal aussi facilement? C'était peut-être un talent naturel.


-Oui… Minute…

Mince espoir. S'il appelait à la réception, Viktor pourrait faire venir de l'aide. Il était peut-être possible d'ouvrir les portes de l'étage du dessus avec une sorte de levier et de passer par le toit de l'ascenseur pour sortir. Mais Christo en serait incapable. L'homme à tout faire chercha donc comment il pourrait faire monter le jeune homme blessé vers la sortie, sans réaliser à quel point il était ridicule. Pourquoi l'aider après qu'il ait été si méchant? Il méritait d'avoir mal, lui aussi... *Mais pas de mourir.* Viktor en voulait à Christo, mais il savait que sa douleur ne valait pas d'abandonner l'autre homme au fond de cet ascenseur aux allures de tombeau. S'il ne trouvait pas de solution pour le sortir de là, il resterait avec lui. Parce que, pour lui, même un monstre ne méritait pas de mourir tout seul.

-Désolé, je n’ai plus de batteries…

Un air à la fois ennuyé et paniqué passa sur le visage de l'homme à tout faire. Comment s'en sortiraient-ils sans aide?

-Et moi, j'ai laissé mon téléphone au dortoir...

Inutile de spécifier quel dortoir, voyons, Viktor. C'est tellement plus efficace pour laisser croire n'importe quoi à Christo. L'homme à tout faire ne s'était pas aperçu de ce que ses paroles pouvaient sous-entendre. Il avait déjà commencé à réfléchir à une solution. Et s'il défaisait le toit de la cage d'ascenseur, grimpait et essayait d'ouvrir les portes de l'étage au-dessus? S'il y arrivait, de là, il pourrait trouver une corde ou quelque chose pour remonter Christopher.

-Alors… on fait quoi maintenant… ?

Les yeux de Viktor, qui s'étaient docilement posés sur le plancher dès qu'il avait pu détacher son regard de celui de Christo, se relevèrent vers ceux de l'autre jeune homme alors que sa nature reprenait le dessus. Il le sortirait de là, même s'il le détestait, même s'il aurait préféré ne jamais le connaître, même s'il se repasserait cent fois ses actions dans sa tête en envisageant toutes les manières différentes qu'il aurait eues de le faire souffrir. Un pale sourire, déchiré par l'angoisse de mourir auprès de Christo, passa sur son visage.

-Je vais trouver une solution, ne t'inquiète pas.

N'y avait-il pas une marge entre empêcher une personne de mourir et la rassurer aussi gentiment? Viktor n'avait-il pas de limite à être imbécilement doux avec ceux qui lui faisaient du mal?

L'homme à tout faire faillit ajouter quelque chose, mais une nouvelle série de secousses l'en empêcha. L'ascenseur trembla pendant plusieurs secondes et il descendit même de plusieurs mètres avant de s'immobiliser, penché sur le côté. Les deux jeunes hommes furent durement projetés vers le mur sous le regard amusé du tableau clignotant. Viktor, qui avait instinctivement fermé les yeux, les ouvrit finalement, une fois le calme revenu, pour réaliser que les secousses lui avaient fait perdre l'équilibre pour le faire tomber très exactement sur Christo. Une terreur glaciale le pétrifia et il ne put rien faire d'autre que regarder l'autre homme avec un air implorant.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 14 Juin - 23:12

Christopher n’avait pas réalisé, avant que Viktor ne réponde, que s’il lui demandait s’il avait un téléphone c’était obligatoirement parce qu’il n’en avait pas, jusqu’à ce que Viktor ne le confirme. Il l’avait laissé au dortoir, sans spécifier quel dortoir. Christo était trop perturbé par tout le reste pour porter attention à ce détail. Christo avait voulu être fâché contre lui, mais se ressaisit vite en se disant que la situation était déjà assez tendue et compliquée sans qu’il en rajoute. Ce n’était quand même pas la faute de Viktor s’il avait oublié son cellulaire, tout comme ce n’était pas plus de la sienne s’il n’avait plus de batteries. Et de se servir de ce prétexte pour finalement cracher au visage de l’homme à tout faire toute la hargne qu’il retenait depuis tout ce temps était inutile. Cela ne changerait pas ce que Viktor lui avait fait. Même si Viktor savait à quel point il avait blessé Christo, il s’en foutrait et rirait probablement encore de lui. Non, Christo devait trouver un moyen de se ressaisir. Il essayait de focusser sur des choses qui lui faisait généralement du bien, du moins suffisamment pour le calmer. Il laissa donc son esprit vagabonder pour tenter de se concentrer sur des moments de plaisir simple qu’il vivait si souvent avec Marek. Des ballades nocturnes, des baisers volés, des rires, des films, des discussions…

Cependant, en ce moment, dans la plupart des visions qu’il tentait d’avoir, quelque chose clochait. Le visage de Marek n’était pas très clair, plutôt flou. C’était comme si Marek n’était pas vraiment là, comme s’il était trop loin pour que Christo puisse discerner ses traits ou comme s’il commençait à l’oublier. Il avait même cru voir une superposition des visages de son amoureux et de son bourreau à quelques reprises. Le visage de Viktor prenait la place de celui de Marek et il était très net, lui. Christopher décida que ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça que de penser à Marek. En effet, étant donné que ses visions et ses moments heureux avec lui étaient embrouillés à cause de la présence de Viktor, Christo devrait tenter de trouver une explication et il ne voulait pas se rendre à l’évidence. Cela lui ferait trop mal. Il se concentra plutôt sur le moment présent, mais le regretta assez rapidement. Les yeux de Viktor dans les siens étaient comme des lames de couteau qu’on s’amusait à retirer et à rentrer dans la plaie déjà faite. Ses paroles furent pires encore.


-Je vais trouver une solution, ne t'inquiète pas.

Christo aurait tellement aimé entendre tout sauf ça. Il s’attendait à une réplique méchante digne de Viktor Graham en personne du genre : Il n’y a jamais eu de ‘’on’’… Christo était plutôt déçu, mais seulement sous une bonne couche d’incompréhension. Comment Viktor pouvait-il ne pas vouloir de lui dans sa vie mais vouloir vraiment l’aider? À moins qu’il ne se joue de lui. Cela ne devait être que ça, il n’y avait pas d’autres explications. Viktor voulait sûrement lui faire croire qu’il avait des chances de s’en sortir vivant et ensuite la laisser là, comme le beau con qu’il était. En même temps, il était déçu, car il aurait aimé avoir une raison de pouvoir revenir sur cette dernière conversation qu’ils avaient eue. Il ne l’avouerait probablement jamais, mais Christo n’attendait que ce moment depuis le jour ou il avait versé la première larme à cause de Viktor. Il ne voulait pas grand-chose, seulement des explications claires et fondées. Pas ce genre de conversation inutile et simplement bonne pour détruire notre interlocuteur. Seulement, il n’avait pas le courage de le demander. C,métait tou ce qui lui manquait, du courage… Il devrait donc continuer à ne pas savoir, à ne pas comprendre et à toujours avoir peur que Marek finisse par faire comme Viktor…

Christo avait encore une fois cette envie irrésistible de pleurer. Décidément le temps n’arrangeait pas toujours les choses. Autant dans le cas que d’être avec Viktor lui faisait de plus en plus mal tout comme il n’avait pas moins envie de pleurer que lors de la première secousse. Encore une fois, Christo voulut montrer qu’il était fort et ouvrit la bouche pour parler plutôt que de fermer les yeux et pleurer.


-Il y a pas de…

Il dû cesser de parler, car de nouvelles secousses firent en sorte que l’ascenseur trembla encore une fois. Elle fut même tellement secouée qu’il finit sa descente penchée sur le côté, faisant en sorte que Christo se retrouvait désormais à moitié assis et à moitié couché, dans la jonction des deux murs de l’ascenseur. Mais ce n’était pas particulièrement ce qui le dérangeait vraiment. Non c’était plutôt cette présence de Viktor si près de lui, en fait SUR lui.Christopher devait tout faire pour se répéter que ce n’était qu’à cause du choc et non pas pour une toute autre raison que Viktor était sur lui. *Ne ferme surtout pas les yeux Christo. Concentre-toi… Tu es sensé le détester…* C’était quelque chose de si facile à oublier, surtout lorsqu’il était ainsi sur lui et qu’il sentait si bon et qu’il était si sensuel et que Christo avait tellement envie de l’embrasser. ..

Christo s’en voudrait probablement toute sa vie pour cette réaction stupide, mais son corps venait de prendre le dessus. Il ferma les yeux et inspira un grand coup, pour profiter du moment. Il sentit tout le chemin qui fit l.’odeur de Viktor, en prenant un grand détour par le cœur.Christopher ne savait pas si ce parfum allait finir par l’empoisonner ou pas, mais pour l’instant, il était magique. Christo revit tous les beaux moments.Il se voyait avec Viktor sur la terrasse et leur premier baiser. Puis tout alla vite, l’Halloween, les ballades, les moments de gênes, les gaffes, les rires, les regards pleins de sous-entendus, la mise au point… Christopher respirait de plus en plus vite sous l’effet que lui faisait tous ses souvenirs merveilleux. Il remercierait son cerveau plus tard de ne pas avoir repassé la scène de Noël.

Pris dans ce tourbillon des souvenirs et succombant de plus en plus à ses pulsions, Christopher se releva légèrement, de sorte qu’il approchait son visage de celui de Viktor. Il ne voulait pas grand-chose, juste un petit baiser. Pour se prouver qu’ils ne ressentaient plus rien l’un pour l’autre. Ce serait rapide, bref, insignifiant… Pourquoi ne pas tenter? *Parce que tu sais très bien que tu mens… tu ne ressens pas plus rien pour lui…* Voilà, son cerveau venait de recommencer à fonctionner. Christo se laissa donc retomber sur la paroi métallique et prit quelques instants avant de recommencer la conversation là où la secousse l’avait arrêtée…


-Il n’y aurait pas de bouton de secours dans cet ascenseur... dis?

Tout pour le faire s’éloigner, même si ce n’était qu’à peine trois mètres…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 21 Juin - 11:14

[Je l'aime.]

Viktor ne pouvait s'empêcher de trouver que Christopher était beau, ce jour-là... Même une fois blessé et étendu au fond de l'ascenseur, il restait attirant. L'air buté qu'il s'efforçait de garder ne lui enlevait même pas son charme. C'était assez peu pratique si on considérait que l'homme à tout faire était censé le détester, pas avoir envie de ne regarder que lui, toujours. Bien sûr, il lui en voulait profondément et le seul fait d'être proche de lui, dans cet ascenseur, était beaucoup plus douloureux que l'idée d'y mourir à cause du tremblement de terre. Mourir, ça arrivait à tout le monde, au fond. Le seul fait qui dérangeait vraiment Viktor dans le fait de vivre ses derniers instants si tôt était d'avoir encore des regrets...Et ces regrets risquaient justement de mourir avec lui.

L'homme à tout faire avait rarement des pensées méchantes. Il lui arrivait de vivre des sentiments négatifs, mais il lui venait tout naturellement de trouver des excuses aux gensou de simplement leur pardonner. Il n'avait toutefois pas réussi à trouver d'autre raison aux agissements de Christopher que le fait qu'il ait, lui-même, inventé une relation trop intense là où il n'y en avait pas. Peut-être que, pour Christo, toute cette histoire n'avait rien eu de grave et que, maintenant, il lui en voulait d'être allé raconter sa version à Sara qui ne s'était pas gênée pour le détester ouvertement, elle. Et, quand la plupart des gens avait vu qu'il y avait un froid assez glacial entre les deux hommes, une majorité avait pris le parti de Viktor, sans savoir ce qui s'était passé. L'homme à tout faire attirait la sympathie de ceux qui le connaissaient à peine. Il faisait partie de l'hôtel et, logiquement, tout le monde avait envie de prendre pour lui. Alors, Christo avait peut-être eu à faire face à une certaine animosité générale et injustifiée. Il n'était pas con... Il avait dû faire le lien avec Viktor et comprendre qu'il n'avait pas pu s'empêcher de jouer au sentimental avec sa meilleure amie, laquelle s'était mise à haϊr Christopher sans imaginer que son ami avait peut-être eu tort de se faire autant de peine à cause de lui. La haine est contagieuse...Il suffit de trouver une bonne raison de la partager. Le regard triste de l'homme à tout faire était une excuse amplement acceptable pour beaucoup de gens.

Viktor avait même vu une ou deux femmes de chambres snober ouvertement Christo sous ses yeux. Pourtant, il n'avait jamais demandé de telles choses, même inconsciemment. L'homme à tout faire n'avait pas besoin qu'on lui prouve qu'il avait raison; il en aurait fallu tellement pour lui enlever cette impression qu'il avait toujours tort. Il ne voulait pas de preuves d'une vague affection des autres employés si ceux-ci agissaient méchamment. Ce pauvre Viktor était irrémédiablement doux et gentil. C'était sa maladie, son karma, son enfer personnel...et il ne s'en rendait même pas compte. Pour lui, il était normal de toujours vouloir aider les autres, même quand ces autres lui faisaient du mal, même quand ces autres ne voulaient pas de son aide, même quand ces autres ne le méritaient pas. Même quand cela signifiait se faire du mal.

Toutefois, si Viktor avait su à quel point les pensées de Christo essayaient de se tourner vers Marek, il aurait peut-être été moins enclin à vouloir l'aider. Il se serait peut-être même découvert un nouveau ton de voix, hésitant entre acerbe et fermé. Viktor Graham pouvait-il être jaloux? L'idée en elle-même était absurde... mais n'était-ce pas justifié, après tout ce qui s'était passé? Christo était venu mettre fin à leur histoire, s'il y en avait vraiment eu une, et quelques jours plus tard, il était avec ce Marek d'Alembert dont on ne taisait pas la réputation de séducteur. Était-ce vraiment le genre de personne avec qui Christopher voulait être? Viktor n'était peut-être pas seulement jaloux. C'était plutôt de la déception et de l'incompréhension. Pourquoi Marek était-il mieux que lui aux yeux de celui qu'il aim... qu'il avait aimé? Devait-il être moins sensible pour que les gens l'apprécient? Il essayait de changer, depuis un moment, et il n'y arrivait qu'à moitié. Il avait voulu apprendre de Jason, lequel avait certains points communs avec ce Marek, mais il n'avait pas un grand talent pour séduire. Avec ses grands yeux semblables à des joyaux, son visgae d'ange et sa carrure de sportif, Viktor aurait pu, d'un battement de cils, jeter presque n'importe qui dans son lit, mais il n'y parvenait pas. Le coeur n'y était pas. Alors, il passait ses nuits tout seul, à se dégoûter de sa faiblesse. Ou avec Jason, à se demander lequel des deux profitait vraiment de l'autre.

Pendant un instant, alors que Viktor cherchait en lui la volonté d'ordonner à son corps de bouger, Christo eut l'air... étrange. Son regard avait changé; il s'était adouci. Il approcha alors son visage de celui de Viktor et, l'homme à tout faire, paralysé, ne put faire autrement que rester totalement immobile, sans même respirer. Puis, le moment incompréhensible prit fin et Christo se laissa retomber plus loin de Viktor.


-Il n’y aurait pas de bouton de secours dans cet ascenseur... dis?

Les paroles de Christopher furent ce qui raviva la volonté de Viktor, assez pour que ce dernier se dégage et regarde autre chose que l'autre jeune homme.

-Pourquoi je n'y ai pas pensé, hein?

Il était un peu gêné... À vrai dire, il était plutôt rare que Viktor demande de l'aide. Alors, l'idée ne s'était pas imposée à son esprit. L'homme à tout faire se leva donc et se dirigea vers le tableau où était ledit bouton de secours. Son doigt eut à peine le temps d'y toucher que l'ascenseur fut à nouveau secoué, mais avec une force encore plus grande. Viktor fut projeté sur le sol et l'ascenseur descendit de quelques mètres avant d'être forcé de s'immobiliser, penché de plusieurs degrés sur la gauche. Pendant la nouvelle crise du tremblement de terre, la dernière petite lumière qui éclairait l'endroit s'était fermée, signe que l'hôtel n'avait vraiment plus de courant.

La douleur dans l'épaule de Viktor s'était ravivée, mais il tentait de l'ignorer. Après tout, il avait deux épaules et l'autre allait très bien. L'ascenseur était totalement plongé dans le noir et l'homme à tout faire ne pouvait pas voir Christopher.


-Christo... tu vas bien?

Pourquoi, mais POURQUOI, venait-il de l'appeler par son surnom?

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Dim 11 Juil - 19:21

Depuis cette nuit fatidique de Noël, Christo ne cessait de retourner tout ce que lui avait dit Viktor. Il essayait de comprendre et de s’améliorer. Il ne voulait surtout pas refaire les mêmes erreurs qu’avec l’Homme à tout faire. Cependant, c’était difficile pour lui de changer les points que lui reprochait Viktor, étant donné que c’était des choses qui faisait entièrement partie de lui. Il était fait comme ça, il ne savait pas quoi faire pour le changer. Il avait vécu toute sa vie ainsi et personne ne s’en était plaint. Pourquoi lui le faisait-il? Quand il était vraiment déprimé, Christo ne pouvait s’empêcher de penser que peut-être Viktor n’avait été que le premier à oser lui en parler. Dans ces moments là, Christo se mettait à pleurer et voulait disparaître. Christo était tout simplement dépassé par tous ces évènements et ne pouvait faire autrement que de se demander quand est-ce que cela le lâcherait. Il essayait tant bien que mal de corriger ses défauts, mais beaucoup faisait partie de lui, était une partie de sa personnalité. Il fallait donc que les autres s’adapte à lui et non pas l’inverse, Christo ne le comprenait qu’à moitié pour l’instant.

C’était comme toutes les fois ou quelqu’un lui reprochait d’être homosexuel. Il avait envie de pleurer à chaque fois qu’on lui balançait quelque chose sur ce propos. Cela le ramenait en arrière, trop loin… Cela lui rappelait des choses et cela le mettait également dans le même état d’Esprit qu’il était à l’époque. En même temps, il avait envie de leur rire au visage et de leur cracher quelques insultes et quelques évidences. Il ne le faisait pas exprès et ne l’avait certainement pas choisi. Sérieusement, qui choisirait de vivre en marge de la société? Qui choisirait de se faire étiqueter, pointé du doigt et détesté par le plus grand nombre de personnes? Parce que même si beaucoup de gens disaient qu’ils n’étaient pas homophobes, pour peu de gens c’était vrai. Beaucoup de ces gens disaient ce que quelques personnes de leur entourage leur avaient dit de dire en face d’un homosexuel, alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils pensaient bien tout le contraire. Beaucoup d’eux et des autres étaient dégoutés par la simple idée de voir deux hommes se tenir la main. Parce que c’était connu : les femmes c’est acceptable, mais pas les hommes. Deux femmes qui s’embrassent c’est correct, mais pas deux hommes… Même Christo n’avait appris à l’accepter qu’il y avait quelques années. Il était encore jeune c’est vrai, mais passer une quinzaine d’années à se dégouter, c’est quand même long dans une vie, aussi courte puisse-t-elle encore être. Il avait parfois même encore de la difficulté à se regarder franchement dans un miroir. Comme s’il voulait fuir, oublier ce qu’il était. Il savait que ses parents, même s’ils avaient bien pris son coming-out préférait son frère. Christo se disait parfois qu’ils devaient justement remercier le ciel des centaines de fois par jours d’avoir eu la chance d’avoir deux enfants. Avec un raté et un normal, il était facile d’oublier le raté et d’oublier en même temps la honte et la rage qu’il nous inspirait…

Il ne fut pas facile pour Christo de s’éloigner. Tout était confus avant cet épisode et voilà que ce foutu tremblement de terre venait encore plus embrouiller les choses. Christo en voulait à mort à Viktor, et aurait probablement préféré le voir mort d’ailleurs, mais en même temps, il se sentait tellement bien en sa compagnie. Il se sentait anormalement vide, mais ne le laissait pas paraître. Il N’aimait pas s’apitoyer sur son sort et ne voulait surtout pas de la pitié des autres. Marek ne faisait que l’empêcher d’y penser, tandis que Viktor faisait en sorte que quelque chose lui redonnait sa consistance, son essence… Christo aurait tout donné pour embrasser Viktor, une fois, juste une fois, promis et rein d’Autre non plus, promis aussi… Mais Viktor n’était pas intéressé, il ne le serait probablement jamais d’ailleurs. Christopher était-il donc condamné à rester tout le reste de sa vie avec ce sentiment de vide ? Pour ne plus y penser, il s’était écarté de Viktor. Principalement pour que leurs deux corps cesse de se toucher, car il s’éloignerait probablement. Quand ils étaient le plus loin qu’ils pouvaient l’être dans cet espace contigu, c’était plus facile d’oublier Viktor. D’oublier l’effet qu’il lui faisait, d’oublier la brûlure que lui faisait la peau de Viktor, d’oublier l’explosion dans son ventre, d’oublier de lui en vouloir, d’oublier de l’aimer. D’oublier tout simplement…


-Pourquoi je n'y ai pas pensé, hein?
-Parce que ce n’est pas dans ton habitude de te retrouver coincé dans un ascenseur d…


Tandis que Viktor se relevait, Christo avait commencé à parler. Cependant, une autre secousse l’avait empêché de continuer. Christo ne pouvait en être certain, mais il aurait juré que cette secousse était la pire de toutes. Il ne se croyait pas si mal en point, mais peut-être que son dos était plus amoché que ce qu’il croyait finalement. Les douleurs dues aux mouvements brusques et saccadés que lui faisait faire la secousse l’empêchèrent de parler. Il avait d’ailleurs fermé les yeux pour visualiser quelques petites images magnifiques, de bonheur simple et ainsi tenter d’oublier qu’il avait si mal. Il avait réussi à se retrouver, au final, affalé de tout son long, sur le côté. Lorsqu’il s’en rendit compte, il se compara à un animal écrasé et ne trouvait pas cela nécessairement sexy pour la vue qu’aurait Viktor. Même s’il savait qu’il n’avait aucune chance, il essayait de mettre toutes les chances de son côté. Et avoir l’air d’un animal mort n’était pas nécessairement ce qu’il appelait mettre les chances de son côté… C’était avant qu’il ne sache qu’en fait, Viktor ne pouvait pas le voir.

Lorsque Christo ouvrit les yeux, il ne paniqua pas tout de suite. Cependant, cela ne prit que quelques secondes. Il pensa d’ailleurs qu’il s’était peut-être cogné la tête, déréglant ainsi plusieurs trucs dans son cerveau, dont son nerf optique. Après quelques secondes, ses yeux s’habituèrent à l’obscurité et il put discerner avec difficulté quelques contours. Une fois cette information stockée, il paniqua. *Non, non, NON ! Tout sauf ça ! Je vous en prie !* Il réalisait qu’il était dans le noir, enfermé dans un petit espace et cela lui rappelait trop de choses. Des mauvaises choses évidemment. Christopher était en effet claustrophobe et aussi kénophobe. Il ne supportait pas d’être enfermé ou dans le noir, alors imaginez un peu les deux en même temps…


-Christo... tu vas bien?

Le fait que Viktor ait utilisé son surnom pour lui parler ne suffit pas à le rassurer et à le calmer. Il peinait à respirer, ses poumons n’aspirait presque plus d’air, il suffoquait. Des images horribles lui revenaient en mémoire, de toutes ces fois ou il s’était retrouvé dans cette situation et ses yeux s’emplirent de larmes. En même temps, son corps se mit à trembler légèrement, sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit. C’était trop horrible.

-NON !

Christo n’allait pas bien et n’irait pas bien tant qu’il serait dans le noir. Il voulait retrouver la lumière et était convaincu qu’il ne pourrait jamais plus le faire. Il avait si peur. *Et si c’était encore lui ?* Cette seule idée suffit à lui faire la peur de sa vie. C’était une option envisageable, le connaissant. Il ne voulait surtout pas le revoir et avoir encore affaire à lui. Il était sortit de sa vie et c’était bien parfait comme ça. Christo savait que les secondes, peut-être même les minutes, passait sans que rien ne revienne. La lumière était partie et il était prisonnier dans un ascenseur. Il avait si peur, il commença à pleurer, doucement. Il ne désirait plus qu’une chose, c’était disparaître. À tout prix. Ce qu’il réussit à faire d’ailleurs… En ne se concentrant que sur sa disparition, il réussit à mettre tout son corps invisible. Évidemment, il ne savait pas qu’il pouvait faire ça et ne pouvait pas le voir. Cependant, si une source lumineuse apparaissait, là ou normalement devrait se tenir le corps de Christopher, il n’y aurait plus rien…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Lun 12 Juil - 10:47

Viktor se savait ennuyant, depuis longtemps. Il était bien au courant que le divertissement général n'était pas vraiment sa force. On le lui avait fait sentir assez souvent... Quand Christo le lui avait souligné, d'ailleurs, Viktor n'avait rien eu à lui répondre. Comment argumenter contre une chose dont on est soi-même persuadé? L'homme à tout faire n'avait même pas pu en vouloir à l'autre homme sur ce sujet. Le fait que Christo lui dise qu'il était totalement inintéressant l'avait vraiment blessé, par contre. Viktor assumait de ne pas être d'une compagnie vraiment passionnante, mais il croyait qu'il avait quelque chose de spécial, d'une certaine façon... Il y avait surtout le fait que Christopher lui avait donné l'impression d'être une personne extradordinaire et importante pour lui. Ce qui faisait le plus de mal à l'homme à tout faire, ce n'était pas la méchanceté de celui qu'il avait aimé le soir de Noel, mais bien le mensonge. Christopher lui avait fait croire à un amour qui n'avait pas existé, un amour qu'il avait créé de toutes pièces sans que l'homme à tout faire n'arrive à comprendre pourquoi. Avait-il voulu, dès le début, lui faire du mal?

Habituellement, l'intuition de Viktor le prévenait de tout. Maintenant qu'il y pensait, plus ou moins consciemment, il y avait même quelques jours qu'il pressentait que quelque chose de terrible allait arriver...et voilà que l'hôtel menaçait de s'écrouler sous un tremblement de terre. Comment n'avait-il pas pu deviner que Christopher était une personne assez horrible pour n'avoir eu pour seul but que se servir de lui et lui faire du mal? Il avait bien compris, le soir du bal, que l'autre jeune homme n'avait rien à faire de lui...depuis un moment. Qu'il ne valait rien, à ses yeux... Et il avait eu l'impression de mourir. Pourquoi ne sentait-il pas, cette fois encore, toute l'horreur qui habitait Christo? Viktor était tout près de lui et il n'arrivait pas à cerner toute sa méchanceté. Il devinait la douleur, la peur...mais aucune réelle envie de lui faire du mal. Il était toutefois persuadé que l'autre jeune homme n'était pas incapable de le blesser encore. Il l'avait fait si bien auparavant. Peut-être regrettait-il, maintenant. Mais Viktor préférait n'en avoir rien à faire. Il ne voulait pas prendre de risque...

C'était étrange, cette sensation de mort imminente qui envahissait l'homme à tout faire à chaque fois qu'il touchait Christo. Le simple contact de son corps sur le sien, alors qu'il était tombé sur l'autre jeune homme, avait suffi à couper à Viktor toute faculté. Il avait éteint jusqu'à la petite voix en lui qui lui disait d'aller se terrer au fin fond de l'ascenseur, le plus loin possible de Christopher. La barrière sur laquelle il travaillait depuis l'abandon de Christo était tombée en miettes sans opposer aucune résistance. Viktor avait senti, à ce moment, que l'autre jeune homme n'avait rien perdu de son attraction sur lui. Il aurait pu dire ou faire n'importe quoi et l'homme à tout faire ne l'en aurait pas empêché. Il se sentait horriblement faible et pathétique, mais il avait décidé de s'en vouloir plus tard, quand il serait enfin sorti de cet ascenseur... s'il en sortait vivant.

Le tremblement avait eu un nouveau caprice et les avaient plongés dans le noir le plus total. Viktor n'arrivait à rien distinguer sous cette épaisse couche d'ombre qui avait tout écrasé. Il se trouva particulièrement stupide de s'en faire autant pour Christo, d'espérer aussi fortement qu'il n'ait pas été encore plus blessé lors de cette nouvelle secousse, mais c'était bien le style de Viktor: s'en faire pour tout le monde. Même ceux qui ne le méritaient pas.


-NON !

Il y avait tellement de terreur et de panique dans la voix de Christo que Viktor eut du mal à conserver son calme, lui-même. On aurait dit que ce dernier avait commencé à s'enfuir, coulant le long de l'angoisse de l'autre jeune homme pour finir par se diluer dans la crainte. Viktor se redressa un peu, incertain de ce qu'il pouvait faire pour aider Christopher. Il n'avait aucun pouvoir sur ce tremblement de terre, tout comme il n'avait trouvé aucune solution pour les sortir de là. Il se sentait impuissant, inutile...

Doucement, il s'approcha de l'autre jeune homme jusqu'à pouvoir poser une main sur son épaule. Il ne le bougea pas, car il le savait blessé et il ne voulait pas lui faire encore plus mal. Il avait déjà assez de cette peur suffocante. D'ailleurs, même si Christo n'avait jamais confié directement à Viktor qu'il avait peur du noir, celui-ci l'avait deviné, avant même qu'ils ne soient confinés dans cet ascenseur aussi facile à ouvrir qu'un coffre-fort. L'autre jeune homme lui avait confié, à demi-mots, les atrocités que lui faisait subir son frère à une certaine époque, et l'homme à tout faire avait senti à quel point celles-ci avaient bouleversé celui qu'il avait aimé. Il avait compris la peur qui s'était collée au coeur de Christo, qui y avat planté ses griffes pour ne jamais partir sans trop le briser. Alors, ce jour-là, dans cet ascenseur, Viktor n'aurait pas eu besoin que son intuition lui fasse deviner la peur de l'autre jeune homme, car il la connaissait déjà.

Seulement, ce n'était pas une raison suffisante pour que l'intuition de Viktor Graham se mette en veille. Ainsi, il sentit très clairement à quel point la noirceur plantait ses couteaux froids jusque dans le passé de Christopher, les tournant lentement, remuant toute l'horreur que la lumière parvenait parfois à adoucir. Seulement, maintenant, aucune lueur ne tentait de faire un baume sur la terreur de Christopher. Il n'y avait que le noir, la solitude... À moins que...

Viktor plongea la main dans la poche de son pantalon, espérant presque follement y avoir laissé ce qui y dormait parfois. Un petit sourire, invisible derrière ce brouillard sombre, vint animer son visage. Il était là. Sara avait presque forcé son meilleur ami à s'acheter un Ipod, petit appareil qui permettait d'emmagasiner des morceaux de musique pour une écoute ultérieure, parce que, selon elle, il était inadmissible que Viktor travaille tout ce temps dans le silence. L'homme à tout faire n'avait opposé aucune résistance et il avait laissé son amie choisir pour lui le modèle, la couleur... Il s'était donc retrouvé avec un Ipod bleu électrique, de grosseur moyenne, avec un écran...lumineux. c'était bien pourquoi il était heureux de le trouver dans sa poche. Il pourrait s'en servir pour faire reculer un tout petit peu les ténèbres.


-Hey, Christo... Regarde.

Et Viktor alluma son Ipod, après avoir retiré les écouteurs. Il voulait utiliser le moins possible l'énergie de l'appareil. Qui savait combien de temps ils resteraient dans cet ascenseur? Il voulait que Christopher puisse compter sur la lumière le plus longtemps possible.

Au bout de quelques secondes, Viktor osa poser les yeux sur l'autre jeune homme mais, curieusement, il ne le vit pas. Pourtant, il sentait la chaleur de son corps, juste à côté.


-Christo... Je...te vois pas.

[Merci à Sara de m'avoir fortement aidée à trouver cette idée du Ipod :P]

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Sam 7 Aoû - 20:55

Christopher ne voyait que du noir, ce qui le faisait paniquer. Le noir était associé pour lui à de trop longs moments enfermés dans une garde-robe. Son frère, Alexandre, lui avait fait subir plus qu’.un séjour dans ce petit endroit fermé. Alex avait trouvé le moyen de le verrouiller de l’extérieur, rendant Christo ainsi plus que vulnérable et seul dans le noir. Ce dernier avait d’ailleurs développé sa phobie à partir de là. Son frère lui avait fait subir tellement de choses horribles dans la garde-robe, qu’instantanément, Christo eut des flashs de ces moments qu’il aurait préféré réussir à oublier…

Il sentit monter sur lui des insectes. Christo était comme paralysé ou ligoter, il ne savait pas très bien, mais il ne pouvait pas bouger, c’était tout ce qui comptait. Christo essayait de crier, mais savait que s’il ouvrait la bouche les insectes entrerait dans celle-ci et il ne le voulait surtout pas. Il fermait la bouche et les yeux, mais les insectes essayaient tout de même d’entrer dans ses oreilles. C’était une sensation horrible. Il ne voulait qu’une seule chose et c’était qu’ils disparaissent. Les larmes coulaient doucement, tranquillement, lui souillant le visage, un peu comme les pattes des insectes souillaient tout son corps. Il gémit de peur et de tristesse. Christo secouait sa tête pour les chasser, mais elles étaient trop nombreuses, elles revenaient toujours. Soudain, elles disparurent.

Un autre souvenir. Toujours dans le noir. Christo sentit son espace vital diminuer de quelques centimètres encore. L’épaisseur d’une vitre. De quatre vitres. Les murs étaient recouverts d’une cage en vitre, un peu comme un aquarium. C’était tout de même assez grand pour qu’il puisse de tenir debout et même un peu plus. Christo sentit sur lui quelques gouttes d’eau, comme de la pluie fine. Elle se transforma rapidement en pluie forte, tellement qu’on aurait dit que quelqu’un lançait des chaudières dans son piège. L’eau montait de plus en plus, il en avait aux chevilles, amis elle n’arrêtait pas. Elle semblait ne jamais s’arrêter. Quand il en eut au cou, il commença à crier. Évidemment il n’eut pas de secours et l’eau continua de monter encore et encore. Jusqu’à le recouvrir entièrement. Comme si ce n’était pas assez qu’il allait mourir noyé, une dizaine de grosses méduses apparurent dans l’eau. L’espace était trop restreint pour que Christo puisse les éviter. Il fut brûlé par elles. Il ressentit réellement les brûlures, comme à l’époque. Les méduses disparurent, l’eau commença à redescendre. Après un bon bout de temps à pleurer et à supplier de l’aide, les brulures se guérirent, mais la sensation de douleur était restée plusieurs jours après. Soudain, plus rien.

Cette fois, il y avait de la lumière. Un autre souvenir ne l’assaillirait donc pas. Jamais il n’y avait eu de petite lumière douce comme celle-ci dans ses passages dans la garde-robe. Christo se rapprocha le plus qu’il put de la source lumineuse, mais il était déjà relativement près. Cela ne l’empêcha pas de se rapprocher encore plus. Christo mit ses jambes sur celles de Viktor, passa ses bras autour de sa taille et mit sa tête sur son torse. Christo avait ainsi les yeux à la hauteur du Ipod et compulsivement, il serrait de toute ses forces le corps contre lequel il s’était instantanément blotti, tout en fixant, sans cligner des yeux, la lumière de l’appareil. Bien qu’il ne réussissait pas à cesser de pleurer totalement et peinait encore à respirer, les choses allaient mieux pour Christo. En revenant de plus en plus à la réalité, il se rappela qu’il était coincé dans un ascenseur et que le corps qu’il broyait en ce moment et qui l’empêchait d’aller encore plus près était celui de Viktor. Il pouvait sentit le corps chaud, la respiration normale et le cœur de Viktor battre normalement. Tout cela lui fit un bien fou, jusqu’à le faire arrêter de pleurer. Il desserra son étreinte, puis s’essuya les yeux et les leva vers Viktor…


-Christo... Je...te vois pas.

Christopher ne comprenait pas pourquoi il lui disait ça, ni ce qu’il voulait dire. Ce n’était pas normal. Il regarda son corps et ne vit rien lui non plus. Et ce n’était pas parce qu’ils étaient dans le noir, mais parce qu’il était carrément invisible. Christopher ne savait même pas qu’il était capable de faire ça. Il en fut tellement surpris que tout redevint à la normale. Son corps réapparut, rendant donc sa position encore plus déplacée, ce qui ne l’empêcha pas de rester dans la même position. Il se sentait trop bien contre Viktor pour bouger et s’éloigner.

-Est-ce que tu me vois maintenant?

Sans trop savoir pourquoi et sans même lui laisser le temps de répondre, Christo succomba finalement a la tentation. Depuis déjà plusieurs minutes qu’il en avait envie et s’était retenu tout a l’heure. Mais tout à l’heure il y avait de la lumière et tout cela ne venait pas tout juste de se produire. Christo ne se sentait plus aussi fort pour résister à cette envie folle qu’il avait eu tout à l’heure. Il franchit donc la distance assez réduite qui le séparait des lèvres de Viktor et apposa les siennes sur celles-ci. Aussitôt, il se sentit absorber dans un tourbillon de magie et de pur bonheur. Les lèvres de Viktor étaient encore plus douces que dans son souvenir et Viktor sentait encore meilleur qu’avant. Christo passa sa main dans la nuque de Viktor et mit un peu plus de passion dans son baiser, jusqu’a sortir la langue, mais c’était presque timidement qu’il le faisait, avec la peur que Viktor le repousse subitement. Christo ne voulait en fait que ce baiser ne s’arrête jamais…

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Viktor Graham

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Mar 14 Sep - 12:00

Viktor ne comprenait pas comment on pouvait délibérément faire du mal à une personne. Il n'arrivait pas à concevoir que des gens soient capables de blesser les autres volontairement. Quand il avait appris le genre de choses qu'Alex faisait endurer à son frère, il avait été révolté, surtout en considérant à quel point Christo était quelqu'un de bien. Même maintenant, après avoir eu le coeur brisé par les paroles de son ancien amant, Viktor n'acceptait pas que l'autre jeune homme ait dû endurer autant des caprices sadiques de son frère. Pauvre petit homme à tout faire! Il était tellement gentil que la notion de méchanceté lui échappait. Pour lui, chaque personne avait du bon, chaque personne avait sa chance. Pourtant, Alex Beaudoin n'aurait certainement pas eu droit à une telle clémence s'il s'était trouvé sur le chemin de l'homme à tout faire. Déjà, juste songer à lui faisait bourdonner quelque chose d'indescriptible au fond de Viktor. C'était un mélange de brûlure et de morsure glacée... Son coeur se serrait et voulait exploser à la fois. Si Alex venait à se tenir devant lui, une force terrible se déchaînerait certainement, même si l'homme à tout faire n'en avait pas vraiment conscience.

Après ce qui était arrivé, à la piscine, avec Jason Badley, Viktor avait essayé de mieux connaître ses pouvoir magiques. Jusque là, il n'avait jamais expérimenté un contrôle du froid. Depuis, avec beaucoup de concentration, il arrivait à chauffer sa chambre de lui-même ou même à tempérer l'eau de sa douche par sa simple volonté. Il faisait beaucoup de progrès, peu à peu, mais il n'avait toujours pas atteint un contrôle assez grand pour appeler cette puissance qui s'était déchaînée contre le tombeur. Un jour, Viktor serait certainement assez fort pour le faire, mais ce n'était pas pour tout de suite et, au fond, il n'y tenait pas tant que ça. Qu'aurait-il à faire d'une telle force magique? Peut-être réchauffer les rues de San Francisco, l'hiver, pour que moins de sans-abris y meurent... Ça valait la peine d'y réfléchir.

Tout absorbé par...Christo, Viktor avait mis du temps à sentir cette impression étrange qui commençait à l'envahir. C'était comme si la force qui sommeillait en lui s'était un peu plus éveillée. Pourtant, aucune colère ne la poussait à sortir. On aurait dit qu'elle avait gagné en puissance et en intensité, qu'elle n'aurait eu besoin que d'une petite poussée pour sortir. Viktor se dit que ce devait être dû à la peur, mais quelque chose lui soufflait que c'était plus grand, plus définitif, plus grave... Son intuition? L'homme à tout faire ne pouvait expliquer pourquoi, mais il était persuadé que son pouvoir ne reprendrait jamais la place ténue qu'il avait occupée et qu'il était désormais d'une puissance incroyablement supérieure à celle qu'il avait pu expérimenter. Il eut pour réflexe de commencer à s'en inquiéter, avant que la présence de Christopher se fasse à nouveau sentir et le force à remettre ses réflexions personnelles à plus tard.

Viktor cessa de respirer, comme l'accroc qu'il était, lorsque Christo se rapprocha dangereusement de lui. Sentir son corps contre le sien était douloureusement agréable. En posant son regard sur le vide qui se trouvait là où un corps devait être, l'homme à tout faire redevint un peu plus intelligent en se demandant ce qui se passait. Néanmoins, après avoir passé un commentaire sur la situation à l'autre jeune homme, il comprit que celui-ci devait avoir le pouvoir d'être invisible et qu'il devait l'avoir déclenché par accident. Viktor connaissait bien les accidents magiques...


-Est-ce que tu me vois maintenant?

Christo était à nouveau visible et, puisqu'il s'était tourné vers lui pour le voir, Viktor se retrouvait avec le visage beaucoup trop proche du sien pour que son cerveau reste allumé. Il n'eut cependant pas vraiment le temps d'être mal à l'aise, car Christo rompit les quelques centimètre qui les séparaient pour venir poser ses lèvres sur les siennes. Logiquement, Viktor aurait dû le repousser. Logiquement, il aurait dû être fâché. Logiquement, il n'aurait pas dû répondre au baiser. Logiquement...

Viktor passa ses bras autour de Christopher et perdit ce qui lui restait de raison pour l'embrasser tout aussi passionnément. Il s'en voudrait certainement plus tard mais, pour le moment, il oubliait complètement comment l'autre jeune homme lui avait fait du mal. À vrai dire, il ne pensait pas à grand chose alors qu'il serrait Christo de plus en plus fort. Une lumière vint les interrompre. Elle était assez puissante pour que l'homme à tout faire la perçoive à travers ses paupières closes. En ouvrant les yeux, il constata que des gens avaient réussi à ouvrir le toit de la cage d'ascenceur.


-Ne bougez pas, on revient vous chercher.

Les gens disparurent de la vue d'un Viktor qui s'éloignait de Christo, à la fois gêné et honteux. La colère viendrait plus tard. Les secours revinrent et on fit monter les deux jeunes hommes avec précaution avant de jeter Christopher dans une ambulance en constantant qu'il semblait blessé. Viktor eut envie de le suivre, mais se retrouver à nouveau à la lumière du jour lui permettait de réféchir plus normalement: il n'allait pas partir avec le mec qui lui avait brisé le coeur. Il regarda donc les ambulanciers hisser son ancien amant dans le véhicule qui le conduirait à l'hôpital avec un air assez triste... avant de finalement monter lui aussi. Bravo Viktor, c'était une très belle démonstration de volonté.

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Christopher Beaudoin

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MessageSujet: Re: Une descente de plus [PV: Viktor] Mar 14 Sep - 22:04

[Désolée pour la longueur, mais tu sais que de un, je t’aime et de deux dans la vie… ya une fin à tout et c’est le cas ici! :P]

Même si Viktor n’était pas le premier ni le seul homme que Christo avait embrassé dans sa vie, il restait le plus agréable. Jamais Christopher ne s’était senti aussi bien que lors de ce baiser. Il y avait définitivement quelque chose de magique dans l’air. Quelque chose se produisait, quelque chose de gros et d’hors de contrôle. Mais ce ne serait pas Christo qui s’en plaindrait. Il passerait plutôt le reste du temps comme ça. Il aurait tout donné pour que ce moment ne s’arrête jamais. Il avait l’impression que Viktor venait de balayer du revers de la main tous ses problèmes, ses angoisses et ses petits travers. Il se sentait si bien, si libre, si… comme avant. Christopher se laissait simplement aller au baiser, profitant plus que pleinement du moment présent. Il fut d’ailleurs agréablement surpris lorsque Viktor répondit aussi positivement à son baiser. Il aurait plutôt pensé qu’il le repousserait et l’enverrait promener, mais non. Viktor mettait lui aussi plus d’Ardeur dans leur étreinte et Christopher en eut le souffle coupé.

Même s’il n’aurait jamais voulu que ce moment s’arrête, Christo devait se retenir pour ne pas pleurer. Même si la sensation des lèvres de Viktor sur les siennes était la plus douce qu’il n’ait jamais ressentie, il avait l’impression que de minuscules couteaux pénétraient dans sa peau, à chaque centimètre qui était en contact avec celle de Viktor. Comme si son contact était soudain empoisonné. Ou alors comme si le fait de revivre cet instant de bonheur lui faisait réalisé qu’il aurait une fin, encore une fois. Comme si chaque seconde qui passait s’insinuait dans sa tête pour lui rappeler que c’était une seconde de moins et que la fin de ce merveilleux moment approchait plus vite qu’il ne l’aurait voulu. Ou alors c’était seulement le fait d’être si bien, après tant de malheurs, qui lui faisait peur et lui coupait le souffle jusqu’à en avoir mal…


-Ne bougez pas, on revient vous chercher.

Christo avait été conscient de la lumière et du vacarme qui se déroulait au-dessus de lui, mais avait préféré l’ignorer pour se concentrer sur Viktor. Il n’y avait plus que lui qui comptait. Et même si Christo était soulagé de bientôt se savoir sorti de ce cauchemar trop petit et trop noir, il en était triste. Cela voulait dire liberté, mais surtout retour à la liberté. En effet, il ne fallut pas beaucoup de temps après le départ des secouristes pour que Viktor desserre son emprise. Aussitôt, Christo resserra la sienne, pour l’empêcher de partir, de le trahir, de le blesser encore une fois… Cependant, cela ne fut pas assez et Viktor se recula finalement. Christopher aurait voulu lui hurler son refus et le supplier de revenir dans ses bras, mais les secours revinrent et s’occupèrent de Christopher.

Alors que les ambulanciers le faisaient embarquer, sur sa civière, dans l’ambulance, Christopher avait le regard fixé sur Viktor. Le fond de l’âme de Christo était teinté d’espoir et d’un amour de plus en plus avoué. Silencieusement et souffrant, il l’implorait du regard de venir avec lui, de ne pas l’abandonner cette fois. Il sentait ses larmes venir, trop fortes maintenant pour qu’il puisse les retenir trop longtemps, alors qu’un des ambulanciers commençait à fermer les portes. Christopher gémit, plus de tristesse que de douleur et ferma les yeux. Une larme glissa lentement sur sa joue tandis que Viktor grimpait à bord du véhicule. Lorsque Christopher ouvrit les yeux et le vit, il lui sourit, les yeux luisants de larmes.

Christopher prit la main de Viktor, la frotta sur sa joue, mais ne parla pas. Les mots n’étaient pas nécessaires. Ils comprenaient tous deux tout ce que cela impliquait. Christopher soupira d’aise, ferma ses yeux et perdit conscience. Alors que Viktor s’affolait silencieusement et que les ambulanciers s’occupait de vérifier son état, Christopher, lui, était serein et heureux…


[Terminé pour moi, suite à l’hôpital…]

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